LOGINLiaisons féminines 1 Ce livre est pour un public averti : contenues explicites et pour des femmes qui aiment des femmes . Élena, 28 ans, assistante juridique au chômage, décroche un poste d'assistante personnelle chez Adriana Volkov, milliardaire froide et magnétique. En couple depuis quatre ans avec Thomas, sa vie est stable, prévisible... tiède. Dès l'entretien, le regard gris d'Adriana la transperce. Une question résonne : Savez-vous obéir ? Entre les murs de verre du bureau, l'attirance devient obsession. Regards appuyés, frôlements, baisers volés. Élena découvre un désir qu'elle n'a jamais connu pour une femme. Mais chaque nuit passée chez Adriana est un mensonge de plus envers Thomas. Entre la culpabilité et la passion dévorante, entre son couple qui s'effrite et cette femme qui la consume, Élena devra choisir : rester dans sa vie tiède, ou s'abandonner à l'incendie. Une histoire de désir interdit, de domination consentie, et de révélation de soi.
View MoreÉlena
Ce matin, je me réveille dans notre appartement du neuvième arrondissement, et la première chose que je vois, c'est la place vide à côté de moi. Les draps sont encore froissés, l'oreiller porte encore l'empreinte de sa tête, mais Thomas est déjà parti. Comme toujours.
Je tends la main vers son côté du lit. Tiède. Pas froid, juste tiède. C'est exactement comme notre relation, je réalise soudain : tiède , pas froide, pas brûlante. Juste... confortablement tiède.
Je me lève, j'enfile mon peignoir, je traîne mes pieds nus sur le parquet qui grince. La cuisine sent le café, et sa tasse est encore sur la table, à moitié pleine. Je la touche. Elle est tiède, elle aussi. Tiède, toujours tiède.
Quatre ans que nous sommes ensemble. Quatre ans que nos vies se sont installées dans cette routine douillette, comme un vieux canapé dans lequel on s'enfonce sans même y penser. On se dit je t'aime en passant, machinalement, comme on dit bonjour ou merci au boulanger. On fait l'amour le samedi soir parce que c'est le jour prévu, et parfois on le reporte parce qu'on est fatigués, et ça n'a pas d'importance. On regarde la télévision sans vraiment se parler, chacun sur son téléphone, chacun dans sa bulle.
Est-ce que c'est ça, l'amour après quatre ans ? Est-ce que c'est ça, être adulte ? Accepter que la passion s'éteigne doucement, comme une bougie qu'on a oublié d'éteindre ?
Je secoue la tête. Pourquoi je pense à ça, ce matin ? Pourquoi aujourd'hui, ce vide soudain dans ma poitrine, ce sentiment que quelque chose manque ?
Parce que je suis au chômage depuis six mois, voilà pourquoi. Parce que je passe mes journées à envoyer des CV qui finissent dans des trous noirs, à passer des entretiens qui n'aboutissent jamais, à regarder mon compte en banque fondre comme neige au soleil. Parce que Thomas paie presque tout, et qu'il ne dit rien, mais je le vois regarder les relevés, je le vois serrer les dents.
Assistante juridique sans boulot, sans perspective, sans espoir. À trente ans bientôt, je devrais être installée, stable, enceinte peut-être, comme mes copines de fac. Au lieu de ça, je suis là, dans ma cuisine, à toucher une tasse de café tiède en me demandant où j'ai merdé.
Mon téléphone sonne. Je réponds par automatisme, sans même regarder l'écran.
— Élena Dubois ?
— Elle-même.
La voix est féminine, professionnelle, avec un léger accent que je ne peux pas identifier. Russe, peut-être.
— Ici Irina Petrova, directrice des ressources humaines de Volkov Industries. Pouvons-nous vous rencontrer cet après-midi pour un poste d'assistante personnelle ?
Volkov Industries.
Je reste figée, le téléphone collé à l'oreille. Volkov Industries, l'empire. Le genre de boîte dont on lit les exploits dans Les Échos sans jamais imaginer y mettre un pied. Des milliards, des immeubles partout dans le monde, des articles qui parlent de méthodes impitoyables, de rachats hostiles, de destructions de concurrents.
Et à la tête de tout ça, Adriana Volkov.
Je l'ai vue une fois, en photo, dans un magazine. Une femme brune, belle d'une beauté froide, habillée de noir, qui regardait l'objectif comme si elle voyait à travers. Trente-cinq ans, célibataire, sans enfants, sans histoire. La milliardaire la plus mystérieuse de Paris. Celle dont on dit qu'elle a bâti son empire toute seule après la mort de son père, qu'elle est impitoyable, qu'elle ne sourit jamais.
Pourquoi est-ce que mon cœur s'emballe un peu en pensant à elle ?
Je regarde mon jean usé, mon t-shirt froissé, mes cheveux attachés à la hâte. Je suis ridicule. Je n'ai aucune chance.
— Cet après-midi ? Bien sûr, oui, tout à fait.
— Parfait. 14h30, au siège. Ne soyez pas en retard. Mme Volkov déteste les retards.
Elle raccroche sans attendre de réponse. Je reste là, le téléphone toujours collé à l'oreille, à fixer le mur blanc de ma cuisine. Le mur blanc, l'évier plein, la plante morte sur le rebord de la fenêtre. Ma vie.
14h30. Il est 9h. J'ai le temps.
Je file sous la douche. L'eau chaude me réveille, me fait du bien. Je ferme les yeux, et je vois une femme brune en tailleur noir. Pourquoi je pense à elle ? Je ne la connais pas. Je ne l'ai jamais rencontrée. C'est juste une photo dans un magazine.
Je me savonne lentement, mes mains glissent sur ma peau, et je pense à ses mains à elle. À quoi elles ressemblent ? À quoi elles touchent ? Je rouvre les yeux brusquement, je coupe l'eau. Je suis ridicule.
Je fouille ma garde-robe, je trouve le seul tailleur décent qui me reste. Il est noir, un peu démodé, les épaulettes sont trop larges, la jupe est trop longue. Mais il est propre, repassé, et il fera l'affaire. Je me maquille à la hâte, un peu de mascara, un peu de rouge à lèvres discret. Je me regarde dans le miroir de la salle de bain.
Mes yeux sont marron, ordinaires. Mes cheveux sont châtains, ordinaires. Mon visage est quelconque, ordinaire. Rien en moi ne mérite qu'une milliardaire me regarde.
— Tu n'as aucune chance, je murmure à mon reflet.
Mais j'y vais quand même. Parce que je n'ai rien à perdre.
Il apporte les plats. Un rôti, parfaitement cuit, encore fumant. Des légumes rôtis, carottes, pommes de terre, panais. Une sauce brune, onctueuse, qui sent le vin et les champignons.Mon plat préféré. Celui que sa mère lui a appris à faire. Celui qu'il prépare pour les grandes occasions. Les anniversaires. Les réussites. Les moments importants.— C'est magnifique, dis-je.— Merci.Il s'assied en face de moi.Ses yeux brillent. Il est nerveux. Je le vois à ses mains qui tremblent légèrement sur la nappe. À sa voix qui hésite, qui cherche ses mots. À sa pomme d'Adam qui monte et descend quand il avale sa salive.— Élena, dit-il.— Oui ?— Ça fait dix ans qu'on est ensemble.Sa voix est grave. Solennelle. Comme s'il prononçait un discours qu'il a r&eac
Je perds pied. Je perds connaissance. Je ne suis plus qu'un corps qui tremble, qu'une bouche qui crie, qu'un cœur qui bat pour elle.Elle ne s'arrête pas.Ses doigts continuent. Plus doucement maintenant, mais sans s'arrêter. Elle me prolonge. Elle me fait durer. Elle me garde dans cet état second, entre plaisir et douleur, entre conscience et extase.Sa bouche descend sur mes seins, mon cou, mes lèvres.— Encore, dit-elle.— Adriana... je ne peux pas...— Si. Tu peux. Encore une fois. Pour moi. Pour nous.— Adriana...— Encore. Je veux encore.Elle me retourne.Mes mains s'agrippent à l'accoudoir du canapé. Mes genoux s'enfoncent dans les coussins. Mes fesses se lèvent vers elle.Ses mains sur mes hanches. Fermes. Autoritaires. Qui me maintiennent en place.Sa bouche sur ma nuque. Des baisers humides, br
Les mots sortent d'un coup, en vrac, sans ordre, sans filtre. Ils sont là depuis des jours, coincés dans ma gorge, et maintenant ils explosent, ils se libèrent, ils s'envolent vers elle.— Moi aussi. Je t'aime plus que tout. Plus que ma vie. Plus que ma raison. Plus que ma fierté.On se rejoint.Nos mains se touchent.Ses doigts sont froids. Les miens aussi. Mais ensemble, ils créent une chaleur, une étincelle, un feu.Nos doigts s'entrelacent. Lentement, précautionneusement, comme si on avait peur que l'autre se brise. Ses doigts s'enroulent autour des miens, les serrent, les pressent.Nos corps se rapprochent.— Ferme la porte à clé, murmure-t-elle.Sa voix est chaude maintenant. Pleine de promesses. Pleine de désir.Je me retourne. Je tourne la clé dans la serrure. Le bruit résonne dans le silence. Un bruit d&
Au bureau, je croise Sophie. Elle me voit arriver avec les fleurs et ses yeux s'arrondissent.— C'est pour... ? demande-t-elle.— Élena. Tu les déposes sur son bureau. Maintenant.— Tout de suite, Adriana.— Et Sophie ?— Oui ?— Ne dis pas que c'est de moi. Elle saura.Sophie sourit. Elle prend le bouquet, disparaît dans le couloir. Elle ne pose pas de questions. Elle sait. Tout le monde sait, probablement. Les regards insistants dans les couloirs. Les chuchotements. Les sourires entendus.Je m'en fous.Je m'enferme dans mon bureau. Je ne peux pas travailler. Je ne peux pas faire semblant. Je ne peux rien faire d'autre qu'attendre.J'attends devant mon téléphone. Les minutes sont des heures. Les heures sont des jours.Je regarde l'écran. Rien.Je regarde la porte. Rien.Je regarde l'écran. Rien.
Elle me regarde. Calme. Pas surprise. Pas fâchée.— Pourquoi ?— Parce que... Thomas. Parce que je ne sais pas. Parce que j'ai peur.— Peur de quoi ?— De vous. De moi. De ce qu'on devient. De ce que je deviens.
AdrianaElle est partie. Je reste seule dans la salle de réunion, et je souris.J'aime jouer avec elle. J'aime la voir trembler, rougir, perdre tous ses moyens. J'aime ce pouvoir que j'ai sur elle, cette capacité à la réduire à l'état de d&e
AdrianaElle est partie.Je reste là, au milieu de mon bureau, à toucher mes lèvres du bout des doigts. Elles sont encore chaudes, encore imprégnées d'elle.Je l'ai embrassée. J'ai craqué. J'ai fait exactement ce que je m'étais promis de ne pas faire.Et je ne regrette rien.Ses lèvres étaient douc
AdrianaJ'entre sans faire de bruit.C'est un talent que j'ai développé enfant, pour surprendre ma mère, pour échapper à mon père, pour me fondre dans les murs quand il le fallait. Aujourd'hui, ce talent me sert à la voi
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