MasukElle ouvre les bras, l'attire contre elle. Le baiser claque sur ses joues, un à gauche, un à droite. Ses lèvres s'attardent une fraction de seconde de trop sur la peau de Marc. Ses mains se posent sur ses épaules, puis glissent le long de ses bras, descendent jusqu'aux biceps, pressent légèrement le muscle à travers le lin de la veste. Un geste d'évaluation, un geste d'appréciation, un geste qui n'a rien d'une belle-mère accueillant le meilleur ami de son fils. — Tu es de plus en plus beau, toi. C'est insupportable. Elsa, comment tu fais pour supporter ça ? La plaisanterie est lancée avec un rire cristallin, un rire de femme du monde qui ne pense pas à mal. Mais ses yeux, ses yeux ne rient pas. Ils évaluent, ils calculent, ils apprécient. Ils remontent le long du corps de Marc, s'attardent sur ses épaules, sur son cou, sur sa bouche. Ils regardent Marc comme on regarde une pâtisserie dans une vitrine quand on a faim depuis longtemps.
C'est excitant, a-t-il répondu. Il avait raison. Il a toujours raison, et c'est bien ça le problème. C'est bien ça qui me tient, c'est bien ça qui me lie à lui par une chaîne plus solide que l'acier. Je pose la main sur mon ventre, j'appuie doucement, comme pour sentir si quelque chose a déjà changé. Rien, évidemment. C'est trop tôt. Mais je sais déjà que si le test est positif, je le garderai. Cet enfant, cet enfant du péché, cet enfant de la trahison, je le garderai. Parce qu'il sera la preuve que cet après-midi a existé, la preuve que cet amour est réel, la preuve que je n'ai pas rêvé. Je ferme les yeux, je respire l'odeur de Marc sur l'oreiller, je glisse dans une somnolence peuplée de mains et de lèvres et de sexe dressé. Mercredi prochain. Dans sept jours. Une éternité. Je survivrai. J'ai appris à survivre entre ses visites, à faire semblant, à sourire, à jouer la comédie de l'épouse modèle. J'ai appris à c
Elle sourit, se recale contre la vitre, referme les yeux. Sa main reste sur ma cuisse, chaude et rassurante. Ma femme. Mon roc. Mon alibi. La couverture parfaite pour une vie de mensonges. Brigitte. Chloé. Elsa. Trois femmes, trois cercles concentriques, trois niveaux de réalité qui ne se touchent jamais. La mère de mon meilleur ami, la femme de mon meilleur ami, ma propre femme. Toutes reliées à Lucas, ce pauvre Lucas qui dort dans sa voiture quelque part sur cette même autoroute, qui ne soupçonne rien, qui ne voit rien, qui m'appellera demain pour me raconter son déjeuner dominical. La voiture avale les derniers kilomètres, le soleil baisse à l'horizon, la nuit de septembre commence à tomber doucement sur la campagne. Dans ma tête, le plan se précise, le puzzle s'assemble, les pièces s'emboîtent les unes dans les autres. D'abord, le prétexte. Un appel à Brigitte pour la remercier du déjeuner, pour lui dire combien j'ai passé un bon moment, combien elle est toujours aussi cha
Je suis en période d'ovulation. Je le sais depuis ce matin. L'application sur mon téléphone me l'a rappelé avec une petite notification innocente, le petit ovule qui clignotait sur l'écran, le pic de fertilité en rouge vif. Je l'ai vu, et je n'ai rien dit. Je n'ai pas arrêté, je n'ai pas sorti le préservatif de la table de nuit. J'ai continué, j'ai voulu qu'il jouisse en moi, j'ai même resserré mes cuisses autour de ses hanches pour l'empêcher de se retirer. Lui non plus n'a rien dit. Lui aussi a vu le calendrier, peut-être. Ou peut-être qu'il a simplement senti mes jambes qui se refermaient, mon bassin qui basculait pour le garder au plus profond. Lui aussi a choisi de ne pas s'arrêter, de ne pas se retirer, de jouir en moi comme si de rien n'était. Nos regards se croisent dans la pénombre de la chambre. Il y a dans ses yeux une question qu'il ne pose pas. Il y a dans mes yeux une réponse que je ne formule pas. Mais nous savons tous les deux. Nous savons ce que nous venons de f
Ses mains justement. Elles écartent mes cuisses plus largement. Son pouce trouve mon clitoris, le caresse en cercles lents pendant que sa bouche continue de s'occuper de mes seins. Le double contact est insoutenable. Je gémis, je me tortille sur le plan de travail, je sens le granit qui se réchauffe sous mes fesses. Il me fait descendre du plan de travail, me retourne. Mes mains se posent à plat sur la table de la cuisine, celle où Lucas et moi dînons tous les soirs, celle où nous parlons de nos journées, celle où nous faisons des projets d'avenir. Cette table que j'ai choisie avec Lucas chez un antiquaire, cette table que nous avons payée ensemble, cette table qui est le symbole de notre foyer. Et Marc est derrière moi. Je le sens qui défait sa ceinture, qui baisse son pantalon. Le bruit du cuir, le cliquetis de la boucle, le froissement du tissu. Sa main se pose sur ma hanche, sa chaleur contre mes fesses nues. Il ne me pénètre pas tout de suite, il se frotte contre moi, se la
Je fais glisser la chemise sur ses épaules. Le coton frôle sa peau, tombe à son tour, rejoint la cravate sur le parquet. Il est là, torse nu dans le couloir de ma maison, et je le regarde comme on regarde une œuvre d'art. Ses épaules larges, ses bras musclés, ses abdos qui se dessinent à chaque respiration. La cicatrice sur son flanc gauche, cette vieille cicatrice qu'il s'est faite en tombant de vélo à quinze ans, et que je connais maintenant par cœur.Sa peau est chaude, presque brûlante. Ses muscles se contractent sous mes paumes quand je pose les mains sur son ventre. Je prends mon temps à mon tour, j'explore chaque centimètre, je dessine la carte de son torse du bout des ongles. Je sens son cœur qui bat sous mes doigts, ce cœur qui bat pour moi en ce moment. Le duvet de sa poitrine, la texture de sa peau, cette petite tache de naissance sous l'omoplate droite que j'ai découverte lors de notre deuxième rendez-vous.Il me déshabille avec la même lenteu







