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Lieu : la gare de Blackstone City
Léna est assise devant une immense baie vitrée. Les passagers entrent les uns après les autres.Elle serre un billet de train froissé dans sa main. Son téléphone ne cesse de vibrer “Lucas” Elle ne répond pas mais le téléphone ne cesse de vibrer. Elle fixe le prénom pendant plusieurs secondes avant d’éteindre complètement son téléphone. Puis, Elle murmure : — À partir de maintenant… plus personne ne pourra me faire de mal Quelques heures plus tard Le train ralentit progressivement avant de s’arrêter dans un long grincement métallique. Les portes s’ouvrirent Une vague de voyageurs se précipita sur le quai. Au milieu de cette foule, Léna descendit lentement, une valise dans chaque main et un sac à dos sur l’épaule. Elle leva les yeux vers les immenses immeubles qui dominaient la ville. — Alors… c’est ici, murmura-t-elle. Le vent joua avec quelques mèches de ses cheveux. Cette ville était différente de tout ce qu’elle connaissait. Plus grande. Plus bruyante. Plus vivante. Elle posa ses valises un moment puis alluma son téléphone au même moment, Son téléphone se mit à vibrer dans sa main “Maman” Elle fixa l’écran quelques secondes avant de décrocher. — Allô ? — Ma chérie ! Tu es bien arrivée ? — Oui, je viens juste de descendre du train. Sa mère poussa un soupir de soulagement. — Dieu merci… Je m’inquiétais. Un silence s’installa. — Tu peux encore revenir, tu sais. Léna baissa les yeux vers ses valises. — Non, maman.Cette fois, je dois avancer. — Tu n’es pas obligée de tout affronter seule. Elle ferma les yeux. — Si je reste là-bas… je continuerai à vivre dans mes souvenirs. Sa mère ne répondit pas immédiatement. — Tu penses encore à lui ? Son cœur se serra. — Je ne veux plus parler de lui. — Ma chérie… — Je vais bien. C’était faux. Mais elle avait appris à mentir. — Promets-moi une chose, dit sa mère. — Laquelle ? — Ne laisse plus personne te faire oublier qui tu es. Les yeux de la jeune femme s’humidifièrent. — Je te le promets. Elle raccrocha doucement Après avoir raccroché, elle resta immobile plusieurs secondes. Puis elle souffla profondément. — Nouvelle ville… Elle regarda les immenses gratte-ciel devant elle. Elle murmura : — Nouvelle vie. Mais au fond d’elle, elle savait qu’on ne pouvait pas fuir son passé aussi facilement. Soudainement, il se mit à pleuvoir. Elle ouvre son parapluie puis héla un taxi. Le chauffeur, un homme d’une cinquantaine d’années, descendit pour ranger ses bagages. — Première fois dans la capitale ? — Ça se voit tant que ça ? Il éclata de rire. — Les nouveaux regardent toujours les immeubles avant de regarder la route. Elle sourit timidement. Pendant le trajet, le chauffeur tenta de discuter. — Vous venez pour les études ? — Non. — Le travail ? — Oui Elle hésite — et pour tout recommencer… murmura t-elle Le chauffeur la regarde dans le rétroviseur un long moment. Puis dit — Vous allez voir, cette ville ne dort jamais. Elle esquissa un léger sourire. — Tant mieux… Moi non plus — Alors dans quelle entreprise allez-vous travailler ? Elle baissa les yeux et resta silencieuse un moment L’air devint tendu — Si mes questions vous posent problème vous pouvez… — Anderson Corporation… répond t-elle brusquement Le chauffeur siffla d’admiration. — Rien que ça ? Elle haussa légèrement les épaules. — J’ai eu beaucoup de chance. — Ce n’est pas de la chance. Cette entreprise ne recrute que les meilleurs. Elle détourna le regard vers la fenêtre. Pourtant… Elle n’avait pas l’impression d’être la meilleure. Seulement quelqu’un qui essayait de recoller les morceaux de sa vie. Quelques minutes plus tard, le taxi s'arrête devant une résidence moderne. — Je vous souhaite bonne chance. J’espère que vous pourrez recommencer votre vie comme il se doit car cette ville change les gens. — Merci. Elle descendit. Elle resta figée un moment en regardant l’immeuble. Elle repensa aux mots du chauffeur « Cette ville change les gens » — J’espère qu’elle me changera pour le meilleur… se murmura t-elle Le gardien lui remit un trousseau de clés. — Appartement 1208. Bienvenue — Merci. L’ascenseur monta lentement jusqu’au douzième étage. Quand les portes s’ouvrirent, un long couloir silencieux apparut. Elle trouva enfin son appartement. Sa main trembla légèrement lorsqu’elle inséra la clé dans la serrure. Clic. Elle poussa doucement la porte C’était un petit appartement. Le logement était simple, lumineux et vide. A l’exception de quelques cartons qui lui avaient été livrés et disposés par ci par là. Elle entra lentement. Déposa ses valises Puis s’approcha de la baie vitrée Elle ouvre les volets. La vue est magnifique. Elle donnait sur toute la ville. Des milliers de lumières illuminaient déjà les rues et le son de la pluie rendait ce moment apaisant et agréable. Elle resta silencieuse , ferma les yeux et laissa le vent caresser son visage. Pour la première fois depuis longtemps… Elle respire. Puis un faible sourire apparut sur son visage. — Je vais y arriver. Cette phrase sonnait davantage comme une prière silencieuse que comme une certitude. Elle déballe quelques vêtements. Accroche une photo d’elle avec sa sœur. Elle sortit un autre cadre photo d’un carton. On la voyait souriante entourée de sa famille. Elle posa la photo sur une étagère. Puis retire la photo de son ex de son portefeuille. Elle hésite. La regarde. Puis la déchire. C’est un symbole. Cette vie est terminée. Soudainement, Son téléphone vibra de nouveau. Un prénom apparut sur l’écran. Un message “Tu crois vraiment pouvoir m’oublier en changeant de ville ?” Son sourire disparut aussitôt. Son souffle se coupa. Ses mains se mirent à trembler. Elle fixa l’écran pendant de longues secondes. Puis, sans répondre, elle bloqua le numéro Elle éteignit son téléphone. Le silence revint. Elle s’approcha de la fenêtre. La ville brillait toujours autant. Mais cette fois, elle avait compris une chose. Changer de ville était facile. Échapper à son passé… L’était beaucoup moins. « Je suis venue ici pour avancer et non pour regarder en arrière » pensa t-elle Sur cette pensée, elle alla se coucher.Le dimanche matin, Léna vint travailler plus tôt que d’habitude pour s’assurer que rien ne manquait dans son rapport. Elle travailla toute la journée. Le bureau affichait dix-neuf heures trente. Les néons de l’open space éclairaient encore quelques bureaux. Le reste de l’étage était plongé dans le silence. Léna n’avait toujours pas quitté son écran. Des feuilles couvertes de chiffres étaient éparpillées autour d’elle. Elle soupira. — Ça ne peut pas être ça… Elle recommença son calcul. Une deuxième fois. Puis une troisième. Les résultats ne correspondaient toujours pas. Elle passa une main dans ses cheveux. Depuis la réunion, une seule phrase tournait dans sa tête. “Une excellente analyste voit ce que les chiffres annoncent.” — Qu’est-ce qu’il voulait dire par là… ? Plus loin, Ethan rangeait ses affaires. Il s’approcha de son bureau. — Tu rentres quand ? — Je ne sais pas. — Léna… Il est presque vingt heures. Elle leva à peine les yeux. — J’ai promis que j
Le lendemain matin. Lorsque Léna franchit les portes vitrées de l’Anderson Corporation, une étrange sensation l’envahit. Les conversations s’interrompaient à son passage. Deux employées, qui riaient quelques secondes plus tôt, baissèrent immédiatement la voix. Un homme détourna le regard lorsqu’elle croisa le sien. Léna fronça les sourcils. — Qu’est-ce qu’il se passe… ? Elle poursuivit son chemin jusqu’au service stratégie. À peine avait-elle posé son sac qu’Ethan pivota sur sa chaise. — Tu es devenue une célébrité. — Pardon ? — Toute l’entreprise parle de toi. Sophie leva les yeux de son écran. — Pas de la bonne manière… Léna soupira. — Je suppose que c’est à cause d’hier. — À cause d’hier ? répéta Ethan. Tu as défié Aleksander Anderson devant le conseil d’administration! — Je n’ai défié personne. Je défendais simplement mon travail. Ethan secoua la tête. — Tu ne connais pas encore le Président. Ici, personne n’ose le contredire. Victoria referma lentement son
Les employés quittèrent la salle les uns après les autres, évitant soigneusement de croiser le regard d’Aleksander. Léna referma son ordinateur d’un geste un peu brusque. Elle sentait encore le poids des regards sur elle. Elle venait de contredire le PDG devant toute l’équipe. Elle savait déjà que cette histoire ferait le tour de l’entreprise avant la fin de la journée. — Tu es complètement folle… murmura Ethan en marchant à côté d’elle. — Pourquoi ? — Tu es la première personne que je vois répondre au Président sans baisser les yeux Sophie acquiesça. — J’ai cru qu’il allait te renvoyer. Léna laissa échapper un petit rire nerveux. — Moi aussi. Ils arrivèrent devant leurs bureaux. Victoria était déjà installée. Elle releva lentement les yeux. Un sourire discret apparut au coin de ses lèvres. — Tu as eu beaucoup de courage… ou beaucoup d’inconscience. Léna posa son sac. — Merci du compliment. Victoria haussa légèrement les épaules. — Ce n’en était pas un. Puis ell
« Non c’est pas possible »« j’ai insulté le PDG de l’entreprise » Soudainement, Madame Lewis rompit le silence. — Monsieur le Président, permettez-moi de vous présenter les nouveaux collaborateurs. Aleksander détourna enfin les yeux de Léna. Comme si elle n’avait aucune importance. — Commencez. Les présentations débutèrent avec Léna… — voici Léna Carter. Nouvelle recrue du département stratégie. Elle tenta de garder une voix stable. Aleksander consulta brièvement son dossier. Puis releva les yeux. — C’est vous. Ce n’était pas une question. Le silence tomba dans toute la pièce. Léna sentit tous les regards se poser sur elle. — Nous nous sommes déjà rencontrés. Sa gorge se serra. — Oui… monsieur. Madame Lewis fronça les sourcils. — Vous connaissez déjà Monsieur Anderson ? Avant que Léna n’ait le temps de répondre…e Aleksander referma le dossier — Une rencontre assez inattendue. Je ne savais pas que mon entreprise engageait maintenant les
Le vendredi matin. Léna se réveilla avant même que son réveil ne sonne. Elle regarda l’heure. 6 h 03. — Aujourd’hui… Elle n’avait jamais ressenti une telle pression avant d’aller travailler. Après une douche rapide, elle enfila une chemise blanche parfaitement repassée, un pantalon noir ajusté et attacha soigneusement ses cheveux en queue-de-cheval. En se regardant dans le miroir, elle inspira profondément. — Tout ira bien. À sept heures vingt, Anderson Corporation était déjà en effervescence. Les agents de sécurité étaient deux fois plus nombreux. Les réceptionnistes vérifiaient chaque détail. Le moindre grain de poussière semblait avoir disparu. À peine Léna franchit-elle les portes du bâtiment que Madame Lewis l’interpella. — Mademoiselle Carter. — Bonjour, madame. — La réunion Horizon commencera à neuf heures. Avant cela, personne ne quitte son poste. — Bien compris. Madame Lewis observa sa tenue. Puis hocha discrètement la tête. — Vous
Le jeudi matin, l’atmosphère d’Anderson Corporation était différente. Dès son arrivée, Léna sentit que quelque chose avait changé. Le hall était méconnaissable. Des fleuristes terminaient d’installer d’immenses compositions florales. Des agents de sécurité circulaient dans tous les sens. Des agents d’entretien polissaient le sol en marbre avec une minutie presque excessive Les écrans géants diffusaient une vidéo de présentation de l’entreprise, comme lors des grands événements. Les employés marchaient rapidement, dossiers serrés contre eux Même les réceptionnistes semblaient plus nerveuses que d’habitude Les conversations étaient plus discrètes. Même les éclats de rire habituels semblaient avoir disparu. Personne ne semblait avoir le temps de discuter Léna observa la scène avec curiosité. — On dirait que tout le monde retient son souffle… Elle fronça légèrement les sourcils. — Il se passe quoi aujourd’hui ? Pensa t-elle A peine arrivée, elle se dirigea vers le bureau







