FAZER LOGINIl s'éloigne et il prend un livre. Il l'ouvre et il écrit. Il note et il analyse.— Nous commençons demain à l'aube dans la cour d'entraînement. Ne sois pas en retard.Je pars et je ne cours pas. Je marche et je sens son regard sur mon dos. Je sens sa froideur dans mon cœur et je sens sa curiosité dans mon âme.Le lendemain je suis dans la cour d'entraînement à l'aube. Le soleil se lève et les rayons dansent sur la pierre. Les oiseaux chantent et les gardes regardent.Ronan arrive et il est vêtu de noir. Ses mains sont gantées et ses yeux sont froids. Il me regarde et il ne sourit pas.— Cours.— Quoi ?— Cours dix tours de la cour. Maintenant.Je cours et mes pieds frappent la pierre. Mes jambes brûlent et mes poumons brûlent. Mais je cours et je cours. Je cours.Je tombe et je me relève. Je tombe et je me relève. Je ne pleure pas et je ne supplie pas. Je continue.— Plus vite.Je cou
LunaLe lendemain, Ronan me convoque.Je suis dans les écuries et je suis agenouillée dans la paille depuis des heures. Mes mains sont plongées dans la litière et mes ongles sont noirs de crasse. Mes cheveux sont collés à mon front par la sueur et mon dos me fait souffrir atrocement. Mes jambes me font mal et mon âme me fait mal.Cela fait des jours que je nettoie et des jours que je survis. Je compte chaque respiration comme une victoire et je ne me suis pas lavée depuis une éternité. Je ne me suis pas reposée et je ne me suis pas plainte.Les chevaux me connaissent maintenant et ils ne ruent plus quand j'approche. Ils ne mordent plus quand je les touche et ils me regardent avec leurs grands yeux sombres. Des yeux qui comprennent et des yeux qui compatissent. Des yeux qui ne jugent pas.Je préfère les chevaux aux humains parce que les chevaux ne mentent pas. Les chevaux ne trahissent pas et les chevaux ne frappent pas. Les chev
LunaLe lendemain, Kael me convoque.Je vais dans sa chambre. Je ne veux pas. Je ne devrais pas. Mais je vais. Parce que je suis une esclave. Parce que je suis une chose. Parce que je suis une poubelle.Il est là. Il m'attend. Assis dans son fauteuil. Le portrait d'Elara sur la table. Ses yeux gris sont froids. Plus froids que d'habitude. Plus froids que dans mes souvenirs. Plus froids que dans mes cauchemars.— Tu as parlé à Séraphine.Sa voix est calme. Trop calme. Dangereusement calme.— Elle m'a parlé.— Tu l'as menacée.— Non.— Tu mens.Il s'approche. Lentement. Chaque pas est une menace. Chaque pas est une promesse. Chaque pas est une douleur.— Je t'ai achetée. Tu es à moi. Tu m'obéis.— Je ne suis pas à toi.Il me gifle. Fort. Ma tête tourne. Ma joue saigne. Mon cou craque. Je ne pleure pas. Je ne tremble pas. Je le regarde. Je le défie. Je le hais.— Je t'ai achetée. Tu es à moi. Tu m'obéis.— Je ne suis pas à toi.Il me gifle encore. Encore. Encore. Chaque gifle est plus fo
Il s'approche. Lentement. Chaque pas est mesuré. Chaque pas est prudent. Chaque pas est doux. Ses pieds glissent sur la paille. Ses mains se balancent le long de son corps. Ses yeux ne quittent pas les miens. — Kael t'a protégée. — Oui. — Je suis jaloux. Je le regarde. Je ne comprends pas. Pourquoi serait-il jaloux ? Il est un alpha. Il est un guerrier. Il est un prince. Il peut avoir toutes les omégas qu'il veut. Toutes les femmes. Tous les plaisirs. Pourquoi serait-il jaloux d'une poubelle ? — Jaloux ? — Oui. Je voulais te protéger. Mais il l'a fait avant moi. Je voulais te sauver. Mais il l'a fait avant moi. Je voulais t'aimer. Mais il l'a fait avant moi. Il s'approche. Il s'approche trop. Son souffle est sur ma peau. Son odeur est dans mon nez. Le cuir. La sueur. Le sang. Son pouvoir est dans ma tête. Il m'enveloppe. Il m'étouffe. Il me protège. — Je suis jaloux parce que je t'aime. Je recule. Je croise les bras. Je le regarde. Je ne dis rien. Je ne sais pas quoi dire. Je
Je m'approche. Elle recule. Je m'approche. Elle recule. Jusqu'au mur. Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus reculer.— Tu as peur. Tu as peur de moi. Tu as peur de perdre Kael. Tu as peur de perdre ton pouvoir. Tu as peur de retourner dans la boue.Je touche sa joue. Ma main est froide. Ma main est sale. Ma main est dangereuse.— Mais tu retourneras dans la boue. Un jour. Bientôt. Parce que je le déciderai.Elle me gifle. Fort. Ma joue saigne. Mon cou craque. Je ne pleure pas. Je souris.— Tu vas payer.Sa voix est un murmure. Un sanglot. Une promesse.— Je paie déjà.Elle part. Elle court. Elle fuit. Je reste seule. Je souris.Séraphine a peur. Elle a peur de moi. Elle a peur de perdre Kael. Elle a peur de perdre son pouvoir. Elle a peur de retourner dans la boue.Je vais l'utiliser. Je vais la briser. Je vais la détruire.Parce que je suis Luna. Je suis une survivante. Je suis une combattante. Je suis une oméga sans loup. Mais je suis plus forte que tous les loups de cette meute.Je ret
Il se lève. Il va chercher une bassine. De l'eau. Des bandages. Il revient. Il s'agenouille encore. Il nettoie mes mains. Lentement. Délicatement. Ses doigts caressent ma peau. Ma peau meurtrie. Ma peau blessée. Ma peau qui tremble sous ses doigts.— Pourquoi ?Ma voix est un souffle. Un murmure. Une question que je n'aurais pas dû poser.— Pourquoi quoi ?— Pourquoi tu me protèges ?Il s'arrête. Il me regarde. Ses yeux gris me lisent. Ils me jugent. Ils me comprennent.— Parce que tu es à moi.— Je ne suis pas à toi.— Si. Tu es à moi. Je t'ai achetée. Tu es ma propriété. Ma chose. Mon oméga.— Je ne suis pas une chose.— Non. Tu n'es pas une chose. Tu es une femme. Une oméga. Une survivante. Une combattante.Il touche ma joue. Sa main est chaude. Douce. Tremblante.— Tu es à moi. Et je te protégerai. Toujours.Il me regarde. Ses yeux gris sont doux. Plus doux que d'habitude. Plus doux que dans mes souvenirs. Plus doux que dans mes cauchemars.— Dors. Je veille.Je m'endors. Je ne ve







