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Chapitre 2

Author: Bellounie
À peine arrivé à la porte, une douleur fulgurante à la poitrine m’a presque fait perdre connaissance.

Je me suis accroupi contre le mur. J’ai fouillé à la hâte pour trouver des antalgiques puissants et j’en ai avalé plusieurs d’affilée avant que la douleur ne s’apaise.

Depuis la chambre, j’ai entendu ma mère continuer à me reprocher ma froideur.

Elle a estimé que je ne me souciais pas de Mathis.

Mais je savais que ma présence seule mettait Mathis mal à l’aise.

C’était sa manière habituelle d’attirer toute l’attention sur lui.

En réalité, il n’en avait même pas besoin, car depuis toujours, mes parents, ma femme et ma fille n’avaient aimé que lui, le faux héritier.

Ma mère avait dit qu’elle espérait que je serais prudente, et que je ne devrais jamais m’égarer à cause d’une richesse soudaine et d’un statut nouvellement acquis.

À l’époque, je pensais qu’elle me donnait sincèrement une leçon, jusqu’à ce soir-là où je l’avais entendue consoler Mathis.

Elle avait dit que, dans son cœur comme dans celui de mon père, il n’y avait que lui comme fils.

Ce soir-là, j’avais l’impression qu’on m’avait versé un seau d’eau glacée sur la tête, et je m’étais complètement arraché à la joie d’avoir enfin des parents.

J’aurais dû le savoir : depuis le début jusqu’à la fin, je n’étais qu’un enfant que personne ne voulait.

Après avoir quitté l’hôpital dans un état de torpeur, j’ai pris un taxi pour me rendre au laboratoire de recherche où travaillait Mathis.

J’avais déjà pris rendez-vous avec eux pour faire don de mon corps pour leurs expériences de cryoconservation.

Au moment de signer le contrat, une employée m’a demandé : « M. Dubois, vos parents et votre femme sont-ils au courant de votre décision ? »

J’ai esquissé un sourire et j’ai répondu calmement : « Ils respectent et soutiennent tous mon choix. »

Elle a dit avec envie : « Quelle chance, votre famille doit beaucoup vous aimer pour espérer qu’un jour vous puissiez être ramené à la vie. »

Face à son regard plein d’admiration, j’ai eu l’impression d’être réellement un homme aimé par ses parents et sa femme.

Sans m’en rendre compte, j’ai souri en disant : « Bien sûr, qui n’aime pas sa propre famille ? »

Sur ces mots, je lui ai tendu le contrat.

Une fois tout vérifié, je suis parti et je suis rentré chez moi.

À peine entré, j’ai vu mes affaires entassées dans tout le salon.

J’ai froncé les sourcils en regardant Marie, qui se tenait là à donner des ordres. C'était la nourrice qui avait élevé Mathis, que faisait-elle ici ?

Marie, tout comme mes parents, ne m’avait jamais aimé.

En me voyant, elle a dit d’un ton faussement aimable : « Monsieur, Mathis sort aujourd’hui de l’hôpital, Mme Zoé m’a demandé de m’occuper de lui et de lui choisir une chambre pour qu’il se repose correctement. »

« La chambre principale est la plus ensoleillée, je l’ai donc préparée pour Mathis. »

« Les autres pièces de la villa sont déjà utilisées, vous devrez donc vous contenter du débarras du rez-de-chaussée. »

J’ai répondu d’un ton léger : « D’accord. »

Marie ne s’attendait visiblement pas à ce que j’accepte si facilement, et toutes les remarques qu’elle retenait sont restées coincées dans sa gorge.

Elle m’a regardé avec suspicion et a demandé : « Vous n’êtes pas en colère ? »

J’ai secoué la tête et je me suis dirigé vers le débarras.

Marie a lancé avec mépris : « On dirait que vous êtes enfin devenu raisonnable, vous auriez dû être ainsi depuis longtemps. »

« Ainsi, Monsieur et Madame ne vous auraient pas autant détesté. »

Je n’ai rien répondu et, en entrant dans le débarras, une odeur de moisissure m’a agressé.

Dans cet espace exigu s’entassaient toutes sortes d’objets, avec pour seul meuble un lit d’une place, à moitié couvert de livres.

Je me suis allongé dessus et je me suis endormi.

J’étais trop épuisé et je voulais seulement dormir un peu.

Mais je n’aurais jamais cru que même ce souhait dérisoire m’était refusé.

Je ne savais pas combien de temps s’était écoulé lorsqu’une force brutale m’a tiré du sommeil, et en ouvrant les yeux, j’ai croisé le regard de Zoé, emplis de panique.

En me voyant éveillé, son regard inquiet s’est aussitôt durci et elle m’a interpellé à voix haute : « Pourquoi as-tu rendu public notre mariage sur Internet ? »

« Mathis subit un harcèlement en ligne, il vient de se faire opérer et son corps est déjà très affaibli. »

« À cause de ça, il a été tellement bouleversé qu’il s’est évanoui. »

« Je pensais que tu avais enfin changé, mais tu préparais simplement ta vengeance en silence ! »

J’ai eu l’impression qu’un énorme marteau frappait sans relâche dans ma tête.

La douleur était si intense que je l’entendais à peine, et j’ai murmuré sans force : « Je n’ai rien fait, si tu ne me crois pas, tu peux vérifier mon téléphone. »

Zoé a hurlé de colère : « Ça suffit, les journalistes ont tous affirmé que c’était toi qui les avais payés pour monter cette affaire en épingle. »

« Combien de temps comptes-tu encore jouer la comédie ? Viens tout de suite avec moi et va t’agenouiller pour t’excuser auprès de Mathis ! »

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