LOGINLe badge de Julia fut refusé au premier passage. Elle le présenta de nouveau, plus lentement. Le voyant passa au vert et le tourniquet libéra l’entrée. La réceptionniste la regardait déjà. — Je ne savais pas que vous reveniez. — Les ressources humaines, si. Elle aurait voulu répondre plus aimablement. La femme n’avait rien fait d’autre que constater sa présence. Mais Julia avait aperçu, derrière le comptoir, la photographie publiée la veille : Mégane au bras de Collen, souriante, l’alliance bien visible. Elle détourna les yeux. Son contrat lui donnait une mission temporaire sur des dossiers qu’elle connaissait. Elle comptait l’exercer. Le travail lui fournirait une raison de rester dans le bâtiment sans devoir réclamer chaque jour la permission d’y entrer. Au sixième étage, un assistant lui montra son bureau. — L’écran sera installé dans la matinée. Vos accès sont ici. Elle parcourut la liste. Plusieurs dossiers qu’elle avait autrefois suivis ne figuraient pas parmi les auto
Mégane lissa la manche de Collen avant d’entrer. Il avait cessé de regarder les marches pour observer une femme qui traversait la cour avec un bouquet. Son regard la suivit jusqu’à la porte, puis revint vers Mégane. — C’est ici ? — Oui. Elle lui prit le bras. Le geste était tendre, vu de loin. Ses doigts se resserrèrent lorsqu’il ralentit devant le seuil. Dans le bureau municipal, les chaises avaient été disposées en deux rangées. Rhonda était déjà assise au premier rang. L’avocate vérifiait une dernière fois les pièces dans une chemise. Mégane s’approcha d’elle. — Le dossier précédent ? — Classé avec l’état civil présenté. — Je ne veux pas de question sur Chantelle aujourd’hui. L’avocate releva les yeux, puis referma la chemise. Les documents faisaient apparaître Collen comme libre de se remarier. Mégane savait ce qu’avait nécessité cette version des faits ; elle n’avait aucune intention de laisser une hésitation de son compagnon la compromettre. Elle regagna sa place. —
— Tu as mangé ce qu’il y avait dans le bol ? Chantelle regarda la table de chevet. — Je ne sais plus. Hélène souleva le couvercle. Le bouillon était presque intact. Elle le reposa sans commentaire et prit le verre d’eau. — Alors bois déjà ça. Chantelle avala deux gorgées. Elle avait la bouche sèche et se sentait pourtant incapable de supporter davantage. La sage-femme venait de repartir après sa visite ; elle aurait dû profiter de cette accalmie pour dormir. À la place, elle regardait ses enfants. Le village avait entamé sa deuxième journée autour d’eux. Dans la cour, quelqu’un tirait un seau sur les dalles. Une porte grinçait au fond du couloir. Leur hôtesse avait présenté ces bruits la veille, comme on donne des repères à quelqu’un qui ne connaît pas encore une maison. Chantelle les reconnaissait déjà. Elle n’en sursautait pas moins. — Tu veux que je ferme ? demanda Hélène. — Non. Je veux entendre quand quelqu’un vient. Sa mère laissa la porte entrouverte. Les deux jours
Ils ne repartirent pas dès que Nathan en eut l’idée. La sage-femme le fit attendre pendant qu’elle réévaluait les enfants et parlait au médecin qu’on avait pu joindre. Chantelle suivait leurs échanges avec une inquiétude neuve : à chaque mot qu’elle ne comprenait pas, elle cherchait le visage de sa mère. — Elle vous expliquera, murmura Hélène. Laisse-la finir. La parente de Nathan habitait à présent plus près que l’hôpital vers lequel on les aurait dirigés au départ. On organisa une première prise en charge sur place, sans renoncer à un transfert si l’état de la mère ou des petits le nécessitait. La sage-femme devait rester avec eux pendant le trajet. — Vous ne repartez pas seuls avec deux bébés dans une couverture, précisa-t-elle. Nathan acquiesça immédiatement. Clarisse récupéra son véhicule et aida Manon à y remettre les sacs. Théronie plia les vêtements inutilisés. Lorsque Chantelle voulut se lever, ses jambes se mirent à trembler. — Attends, dit Hélène. — Je vais encore
La communication revint lorsque Clarisse se plaça à l’entrée de la remise. Elle donna de nouveau leur position, puis tendit le téléphone à Théronie. Celle-ci répondit aux questions sans quitter Chantelle des yeux. Le secours médical avait été demandé ; il fallait maintenant qu’on puisse les atteindre. — Vous restez avec nous ? demanda-t-elle à la voix dans l’appareil. Elle attendit la réponse, puis posa le téléphone assez près pour entendre. Manon avait étendu les vêtements propres qu’ils avaient pu récupérer dans leurs sacs. Hélène s’installa derrière sa fille, le dos contre une cloison. Chantelle se cramponna aussitôt à son bras. — Je vais te faire mal. — Tu peux serrer. — Non, vraiment… Une contraction l’empêcha de finir. Elle enfonça les doigts dans la manche d’Hélène et courba la tête. Théronie écarta une mèche collée à sa joue. — On ne te demande pas de faire attention à nous. Elle avait déjà vu des naissances, mais ce n’était pas une expérience qui lui permettait de
Chapitre 457 — Tu connais cette voiture ? demanda Nathan.Dans le rétroviseur, celle qui suivait Clarisse venait de ralentir. La seconde arrivait à sa hauteur, lui masquant une partie de la chaussée.Stéphane plissa les yeux.— Pas le conducteur. L’autre était au groupe quand ils m’ont sorti de mon bureau.Nathan regarda brièvement ses mains crispées sur le téléphone.— Dis-le à la police.Il le fit. Clarisse signalait la même chose de son côté. Elle ne criait plus ; sa voix était devenue très précise. Elle décrivait les voitures, les mouvements des hommes à l’intérieur et le véhicule qui essayait de se placer devant elle.À l’approche du carrefour, Nathan vit un des poursuivants s’avancer en travers de la rue vers laquelle ils allaient. L’homme à côté du conducteur abaissa sa vitre.— Ils veulent nous faire arrêter, dit Stéphane.Nathan renonça à prendre cette rue. Clarisse le suivit. À l’arrière, Hélène passa un bras devant Chantelle pour l’empêcher de basculer contre la portière.







