เข้าสู่ระบบLe point de vue de SloaneIl a refusé de laisser le médecin l'examiner tant qu'elle n'en aurait pas fini avec moi.Quatre points de suture à la lisière des cheveux. Un bleu barrant ma clavicule, épousant exactement la forme d'une ceinture de sécurité que je ne me souvenais pas avoir bouclée. Le médecin a dit que j'avais eu de la chance ; Lucien, lui, se tenait au pied du lit, chemise déchirée, du sang noir séché le long d'une manche, sans dire un mot.Ce n'est que lorsqu'elle s'est tournée vers lui que je l'ai vu vaciller.— Assieds-toi, ai-je dit.— Ça va.— Tu saignes sur mon sol.— Notre sol. Mais il s'est assis.Trois côtes fêlées. Une entaille sur l'avant-bras, causée par la fenêtre par laquelle il s'était échappé. Le médecin lui a bandé le
Point de vue de SloaneJe n'ai pas pris de petit-déjeuner.Hannah m'a pris l'assiette des mains à l'entrée de la cuisine — en affichant un sourire à l'intention de Bella — et a jeté les œufs à la poubelle dès que Bella a eu le dos tourné. Le registre a été confié à Emma, glissé dans un sac à linge sale, en route pour la pierre dissimulée derrière le mur est du jardin.Quant au dossier, je l'ai gardé. Je ne saurais l'expliquer, même à moi-même. Je savais simplement que je ne laisserais pas le nom de Lucien quitter mes mains dans un sac à linge. Il est resté plaqué contre mes côtes, sous ma veste, toute la matinée ; le sceau de cire s'enfonçait dans ma peau à chaque fois que je respirais.À midi, Bella m'a trouvée dans le jardin.« Allons au lac », a-t-elle dit. « Juste nous deux. Nous irons voir Mère. »Ma mère. Pas la sienne. Depuis cinq ans, Bella l'appelait « ta mère », généralement avec une moue de mépris, et elle ne s'était jamais recueillie sur sa tombe.« Pourquoi ? »« Parce
Point de vue de SloaneLa première chose dont je pris conscience, c'est que je n'étais pas seule dans ma propre tête.Lucien était là. Pas sa voix, pas des mots, juste lui : un grondement brûlant, furieux et terrifié qui pressait contre mes côtes, telle une louve se jetant contre une porte verrouillée. C'était douloureux. C'était la seule chose qui m'indiquait que j'étais encore en vie.La deuxième chose que je remarquai, ce fut une main plaquée sur ma bouche.Mes yeux s'ouvrirent brusquement. Le visage de Hannah surplombait le mien, grisâtre dans la pénombre, un doigt posé sur ses lèvres. Des pas résonnèrent dans le couloir, lents, sans hâte : des talons sur le parquet. Ils s'arrêtèrent devant ma porte.Hannah retint son souffle. Moi aussi.Les pas s'éloignèrent.Ce n'est q
Le point de vue de SloaneUne fois de plus, je me suis sentie obligée de me faire toute petite dans cette maison. J'y avais vécu en retrait pendant cinq longues années, apprenant à occuper le moins d'espace possible, à modérer ma voix et à renoncer à tout ce qu'une telle demeure refusait à une fille comme moi ; mon corps s'en est souvenu dès que j'ai franchi le seuil : mes épaules se sont voûtées et mon regard s'est fixé sur le sol avant d'oser croiser celui de quiconque.— La Luna prodigue, lança Bella assez fort pour que sa voix porte jusqu'à la cuisine. Venue te réconcilier avec ta pauvre famille délaissée.— Je suis là pour Carl.— Tu es là parce que ton mari t'a envoyée. Son regard a dardé vers ma gorge, vers la marque qui s'y trouvait encore, en pleine cicatrisation. Une émotion a traversé son visage si rapidement que je n'ai pu l'identifier ; elle s'est évanouie avant même que je puisse dire s'il s'agissait de haine ou de faim. Tu portes sa marque comme une laisse tout en la qu
Le point de vue de LucienJe n'avais jamais envoyé quelqu'un que j'aimais dans la demeure d'Oscar. La dernière fois qu'une personne chère avait franchi ce portail, elle n'en était jamais revenue ; j'avais passé douze ans à tout faire pour ne plus jamais connaître cette attente angoissante. J'avais érigé des murs, rédigé des contrats et prévu des mesures de sécurité précisément pour éviter cela. Et pourtant, j'étais là, à donner mon accord de ma propre main, car il n'y avait pas d'autre moyen de sauver une enfant qui valait la peine qu'on se batte pour elle.Ce matin-là, j'allais pourtant ressentir cette angoisse malgré tout.Je l'embrassai — la marque à sa gorge était encore à vif —, doucement d'abord, puis avec plus d'ardeur ; ma main trouva sa hanche pour la ramener contre moi, comme si la nuit m'avait déjà offert bien plus que ce que j'aurais pu espérer.Elle souffla : « Encore ? »« Une dernière fois, avant que je doive te confier à une maison en laquelle je n'ai pas confiance. »
Point de vue de SloaneLes Omégas sans loup sont sourds. C’était la seule chose dont je n’avais jamais douté à mon sujet, la seule certitude sous tous les autres doutes de ma vie. Aucun changement, aucun hurlement, aucun loup sous ma peau. Une fille née dans un monde fait pour des créatures qu’elle ne sera jamais.Je l’ai entendue alors que je me tenais sur le seuil, mon sac bouclé, à onze jours de l’opération de Carl et à une nuit du Clair de Lune.*Compagne.*Ce n’était pas une pensée. Ce n’était pas ma voix, épuisée. C’était autre chose, une voix grave et assurée, émanant d’un endroit plus profond que la pensée elle-même ; la même sensation que l’attraction ressentie pour Lucien des années plus tôt, dans la cour de l’université,
Point de vue de SloaneSa poitrine se soulevait lentement, puis retombait lentement. Ce soir, je n'étais plus Sloane, la jeune fille naïve qui avait écrit une lettre à son coup de cœur. J'étais Sloane, la femme par contrat de Lucien. Son sexe était en érection entre ses cuisses, ses veines palpitai
Point de vue de Sloane.J'ai haleté quand Lucien m'a soulevée du sol et déposée sur le lit. Il ne s'est pas éloigné et son visage était si près que j'ai dû déglutir.Son corps était pressé contre ma poitrine nue et sa main s'est posée sur mon dos. Inconsciemment, je me suis cambrée, le laissant fai
Point de vue de Sloane.On dit que les Omégas ne comptent pas. On nous a rappelé que nous ne sommes rien. Par conséquent, une personne comme moi ne peut pas rêver d'être avec quelqu'un comme Lucien. Ce qu'il m'a fait à la fac l'a confirmé.Les Omégas comme moi sont traités comme des parias et je vi
Point de vue de Sloane.Il m'a suffi de frapper à la porte du bureau de papa. Sans attendre sa permission, j'ai tourné la poignée et poussé la porte.Papa était assis sur son fauteuil pivotant, la main tapotant lentement sur le bureau.« Tu es sûr de vouloir faire ça ? » demandai-je en m'arrêtant d







