ログインNina
Je sors du café sans me retourner. L'air frais de la rue me frappe au visage, vivifiant, libérateur. Je respire profondément, à pleins poumons, comme si j'émergeais d'une longue plongée en apnée. Marcello est à côté de moi, silencieux, présent.
— Vous avez été parfaite, dit-il sim
Nina La salle de conférence est comble. Les journalistes se pressent derrière les cordons de sécurité, les caméras sont braquées sur l'estrade, les micros sont tendus, les flashs crépitent. L'air est chargé d'électricité, de curiosité, d'impatience. Ils sont venus pour moi, pour le scandale, pour le spectacle. Ils sont venus voir la femme du triangle amoureux, la femme qui a fait chavirer le cœur de Marco Fontana, la femme qui a brisé Gabriel Stern, la femme qui défie la famille Fontana. Je suis assise derrière la table, droite, impassible, glaciale. Mon tailleur est noir, strict, austère. Mes cheveux sont tirés en arrière, mon maquillage est sobre, mon regard est fixe. Je ne tremble pas, je ne faiblis pas, je ne montre rien. Je suis Nina Vitale, je suis Nyx, je suis la femme qui ne plie jamais, qui ne rompt jamais, qui ne perd jamais. Léa est à ma droite, fidèle, discrète, efficace. Mes avocats sont à ma gauche, silencieux, vigilants, prêts à intervenir. Et derrière moi, un écran
NinaLe lendemain du gala, la presse s'est déchaînée. Les journaux, les magazines, les sites internet, les réseaux sociaux. Toute la presse people, toute la presse économique, toute la presse à scandale. Le triangle amoureux de l'année, le feuilleton de l'hiver, le soap opera du siècle.Paris Match titre en une : « Nina Vitale, la femme qui fait chavirer le cœur de Marco Fontana. » Avec une photo de moi au gala, en robe de soirée, le visage pâle, les yeux brillants. Et une photo de Marco, au même gala, me regardant avec adoration, avec passion, avec désespoir.Voici renchérit : « Gabriel Stern, l'architecte trompé, le compagnon bafoué, l'homme qui menace de quitter Nina. » Avec une photo de Gabriel, sortant de l'Hôtel de Ville, le visage fermé, le regard dur, la mâchoire crispée.Gala
ElenaJe suis rentrée chez moi, ou plutôt dans ce qui me sert de chez-moi, cet appartement luxueux, ce penthouse glacé, ce mausolée de solitude. J'ai claqué la porte, j'ai jeté mon sac contre le mur, j'ai arraché mes talons, mes bijoux, mes vêtements. Et je me suis retrouvée seule, en sous-vêtements, tremblante de rage, de haine, de frustration.Marco m'a reniée. Marco m'a rejetée. Marco a choisi cette femme, cette traîtresse, cette intrigante. Il l'aime, il l'admire, il la respecte. Et moi, il me hait, il me méprise, il m'abandonne. Moi, sa sœur, son sang, sa chair. Moi qui l'ai protégé, soutenu, guidé toute sa vie. Moi qui ai pris les rênes de l'entreprise quand il sombrait dans la dépression. Moi qui ai tout fait pour lui, pour la famille, pour l'empire.Et voilà comment il me remercie. En me reniant, en m'hu
MarcoLe lendemain du gala, je me réveille avec une détermination nouvelle, une clarté soudaine, une résolution inébranlable. Pendant des années, j'ai laissé ma mère et ma sœur diriger ma vie, manipuler mes relations, détruire mon mariage. Pendant des années, j'ai été faible, lâche, complice. Cette nuit, au gala, elles ont franchi une ligne rouge, elles ont humilié Nina publiquement, elles ont tenté de la briser, de l'anéantir, de la détruire. Et c'est fini, définitivement fini. Je ne les laisserai plus jamais faire.Je convoque Elena dans mon bureau, celui que j'ai fait nettoyer, ranger, restaurer. Les débris ont disparu, les livres ont été remplacés, le fauteuil a été réparé. Mais les cicatrices restent, sur les murs, sur les meubles, sur mon cœur. Elena arrive, ponctue
NinaLe gala de charité de la Fondation Fontana est l'événement mondain le plus prestigieux de l'année. Il se tient dans la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville, sous les dorures et les fresques, sous les lustres monumentaux et les plafonds peints. Tout le gratin de Paris est là, les politiques, les artistes, les journalistes, les héritiers. Les femmes portent des robes de créateurs, des bijoux de famille, des sourires de circonstance. Les hommes portent des smokings, des montres de luxe, des masques d'hypocrisie.Je suis venue avec Gabriel, bien sûr. Gabriel, qui a accepté de m'accompagner malgré la crise que nous traversons, malgré l'ultimatum qu'il m'a posé, malgré la douleur que je lui ai infligée. Il est à mon bras, élégant, distant, courtois. Il fait bonne figure, pour les apparences, pour les photographes, pour Giulia qui est r
NinaJe suis revenue au bureau, mécaniquement, instinctivement, comme un animal blessé qui retourne dans sa tanière, comme un navire en perdition qui cherche un port, comme une âme perdue qui cherche un refuge. Les couloirs étaient vides, les bureaux étaient éteints, le silence était total. Tout le monde était parti, en week-end, en vacances, en paix. Tout le monde sauf moi.Je me suis enfermée dans mon bureau, j'ai fermé la porte à clé, j'ai tiré les stores, j'ai éteint les lumières. Et je me suis effondrée dans mon fauteuil, la tête dans les bras, le cœur en miettes, l'âme en lambeaux. Et j'ai pleuré. Pleuré comme je n'avais pas pleuré depuis des années, depuis le divorce, depuis la séparation, depuis la fin du monde.Gabriel sait tout, Gabriel a découvert le br







