로그인Cinq ans à espérer, un jour pour tout briser : Nina quitte Marco sans se retourner, mais il refuse de la laisser s'enfuir Nina Vitale et Marco Fontana sont mariés depuis cinq ans. Tout au long de leur vie commune, Marco s'est montré glacial, mais Nina n'a jamais perdu espoir de faire fondre sa carapace. Le jour de son anniversaire, elle apprend la vérité : Marco a toujours été amoureux d'une autre femme. Lorsque Giulia confie qu'elle aimerait que cette femme devienne sa nouvelle maman, Nina sent enfin quelque chose se briser : elle se rend compte qu'elle vient de tout perdre . Sans un regard en arrière, elle prépare les papiers du divorce, renonce à la garde de Giulia et disparaît de leur vie. De retour au travail, elle se relève avec rage. En quelques mois, elle bâtit sa propre réussite. Mais les semaines passent, et le divorce n'arrive jamais. Marco, qui évitait leur domicile, y revient sans cesse. Il est devenu jaloux, possessif. Quand il comprend que Nina veut vraiment le quitter, il la plaque contre le mur : — Divorcer ? Jamais je ne te laisserai partir.
더 보기Nina
Le 10 avril. Mes yeux s’ouvrent sur le plafond blanc de notre chambre. Le chiffre s’imprime sur ma rétine avant même que mon cerveau ne soit pleinement réveillé. Vingt-quatre ans. Aujourd’hui, j’ai vingt-quatre ans.
La place à côté de moi est vide. Froide. Les draps n’ont même pas été dérangés de l’autre côté. Il n’est pas venu. Encore une nuit.
Je refuse de laisser la tristesse m’envahir, pas aujourd’hui. Je prends une grande inspiration et je force mes lèvres à sourire. C’est mon anniversaire. Peut-être qu’il a prévu quelque chose. Oui, c’est ça. Il est peut-être déjà en bas, en train de préparer le petit-déjeuner, ou une surprise.
Cela fait cinq ans que nous sommes mariés. Cinq ans que j’ai épousé Marco Fontana, l’homme le plus froid que je connaisse.
Je repasse ses chemises avec une précision maniaque, je m’assure que ses plats préférés sont sur la table quand il rentre tard du travail, je fais en sorte que la maison soit un sanctuaire de calme pour lui. Je suis parfaite. Ou du moins, j’essaie. Parce que si je suis parfaite, si je lui donne assez d’amour, assez de patience, assez de moi-même, il finira par m’aimer. C’est ce que je me répète chaque matin en me regardant dans le miroir.
C’est ce qui m’a portée pendant cinq ans.
Je me lève, je passe une robe légère, celle qu’il préfère, une robe d’été jaune pâle. Je me maquille un peu, juste assez pour camoufler les cernes. En descendant l’escalier, mon cœur bat plus vite.
Le salon est vide. La cuisine est vide. Le silence est total. Seul un rai de lumière filtre sous la porte du jardin. Je m’en approche, le souffle court. J’ouvre la porte.
Ils sont là, tous les deux. Marco et Giulia , notre fille.
Ils sont assis sur la balançoire, serrés l’un contre l’autre. Marco lui lit un livre, sa voix est basse, douce. Une voix que je ne connais pas. Une voix que je n’ai jamais entendue. Giulia rit, un rire cristallin qui me transperce. Il pose un baiser sur ses cheveux.
— Papa, dit-elle, tu sais ce que je souhaiterais pour mon anniversaire le mois prochain ?
— Quoi donc, mon trésor ? demande-t-il, et son regard est si tendre que j’en ai le vertige.
— J’aimerais tellement que maman Elena soit là. Tu crois qu’un jour, elle pourrait revenir et être ma maman pour de vrai ?
Le livre se referme. Le silence qui suit est plus assourdissant que n’importe quel cri.
Je reste figée sur le seuil de la porte-fenêtre, invisible derrière la moustiquaire. Je sens le sang quitter mon visage. Elena.
Ce prénom, je l’ai déjà entendu. Dans un demi-sommeil, une fois, il a murmuré ce prénom. Dans le regard de Marco, parfois, quand il pense que je ne le vois pas, il y a un vide, un manque… c’est elle.
Toutes ces années, j’ai cru que sa froideur venait de son caractère, d’un passé douloureux qu’il finirait par me confier. J’ai cru qu’avec assez de patience, je finirais par atteindre son cœur. Mais il n’était pas vide. Il était plein. Plein d’une autre.
Et Giulia… ma petite Giulia… elle le sait. Elle sait qu’elle a une « maman Elena » quelque part. Elle l’attend, elle aussi.
Soudain, une mémoire plus ancienne me revient. La nuit où Giulia a été conçue. C’était il y a six ans, juste avant notre mariage arrangé par nos familles. Une soirée d’entreprise, trop d’alcool. Marco avait les yeux vitreux, il m’avait prise dans ses bras sans vraiment me voir. Le lendemain matin, il sétait réveillé avec la gueule de bois et un trou noir. Il ne se souvenait de rien. Pas de la nuit, pas de moi. Rien.
Quand j’avais découvert ma grossesse, j’avais eu peur. Mais j’avais aussi espéré. Espéré que cet enfant nous rapprocherait. J’avais accouché de Giulia en croyant que ce bébé serait le début de notre histoire d’amour.
Mais non. Giulia était juste le fruit d’une nuit où il avait trop bu pour oublier Elena. Un accident. Et moi, je n’étais que celle qui était restée.
Ce n’est pas une surprise que Marco préparait pour mon anniversaire. C’est un rêve. Le rêve de Giulia. Un rêve dans lequel je n’ai jamais eu ma place.
Toutes ces années à espérer, à me donner, à me fondre dans ce moule d’épouse parfaite… pour quoi ? Pour être la remplaçante, la silhouette floue qui occupe le terrain en attendant le retour de la véritable propriétaire.
Pour la première fois, je sens quelque chose céder en moi. Ce n’est pas de la colère. C’est pire. C’est la certitude absolue que je viens de tout perdre.
Elle marque une pause, prend ma main dans la sienne, la serre doucement.— Je ne dis pas qu'il n'a pas changé. Je ne dis pas qu'il ne regrette pas sincèrement. Je dis que tu ne peux pas prendre le risque. Tu ne peux pas prendre le risque de revivre ce que tu as vécu. De souffrir à nouveau, de perdre à nouveau, de te détruire à nouveau. Tu as trop donné, Nina. Tu as trop souffert. Tu mérites la paix, la sécurité, la confiance. Tu mérites Gabriel. Un homme qui ne t'a jamais menti, qui ne te mentira jamais. Un homme qui t'aime pour ce que tu es, pas pour ce que tu représentes, pas pour ce que tu lui apportes, pas pour ce que tu lui pardonnes.Je baisse les yeux, je ne réponds pas. Les mots de Léa résonnent en moi, font écho à mes propres peurs, à mes propres doutes, à ma propre raison. Elle a raison, bien sûr. La raison est de son côté, la prudence, la sagesse, l'expérience. Gabriel est le choix sûr, le choix sain, le choix raisonnable.Mais le cœur
NinaLes semaines qui suivent la réception de la lettre sont un enfer de doute et de confusion. Je vis suspendue entre deux mondes, deux hommes, deux avenirs possibles, incapable de choisir, de trancher, de me décider. Chaque matin, je me réveille avec une certitude, et chaque soir, je me couche avec son contraire. Mon cœur balance, mon esprit vacille, mon âme se déchire entre ce que je devrais faire et ce que j'ai envie de faire, entre la raison et l'émotion, entre le passé et l'avenir.D'un côté, il y a Gabriel. Gabriel Delcourt, l'homme que j'ai rencontré à Paris, qui m'a invitée à dîner, qui m'a écoutée, comprise, respectée. Gabriel qui ne m'a jamais menti, qui ne m'a jamais trahie, qui ne m'a jamais fait souffrir. Gabriel qui est là, présent, attentif, aimant. Gabriel qui me voit vraiment, qui me comprend vraiment, qui m'aime vraiment, pour ce que je suis, pour ce que je vis, pour ce que je ressens.Gabriel est tout ce qu'une femme peut dési
La tentative d'avortement, Nina. C'est le pire. Le pire de tous mes crimes, de toutes mes lâchetés, de toutes mes trahisons. J'ai voulu tuer notre fille avant sa naissance, pour sauver mon couple, pour préserver mes mensonges, pour ne pas te perdre. J'ai été prêt à sacrifier notre enfant pour te garder. C'est monstrueux, je le sais. C'est impardonnable, je le sais. Je ne me le pardonnerai jamais, Nina. Jamais.Aujourd'hui, je ne te demande rien. Ni pardon, ni oubli, ni retour. Je ne mérite rien de tout cela. Je ne mérite que ta haine, ton mépris, ton indifférence. Mais je voulais que tu saches. Que tu saches qui j'étais, qui je suis devenu, qui j'essaie d'être.J'ai changé, Nina. Vraiment changé. Les mois de solitude, de misère, de désespoir, m'ont ouvert les yeux, m'ont brisé le cœur, m'ont lavé l'âme. Je ne suis plus l'homme que tu as connu, que tu as aimé, que tu as quitté. Je suis quelqu'un d'autre. Quelqu'un de plus humble, de plus vrai, de plus frag
NinaLa lettre est arrivée un matin de printemps, glissée sous ma porte comme un secret, comme une confession, comme un fantôme du passé qui refuse de mourir tout à fait. Je l'ai reconnue tout de suite, avant même de l'ouvrir, avant même de voir l'écriture sur l'enveloppe. Cette écriture que j'avais apprise à déchiffrer il y a des années, quand Marco et moi échangions encore des mots doux, des promesses, des rêves d'avenir. Cette écriture penchée, un peu maladroite, pleine de ratures et d'hésitations, qui trahissait l'homme derrière le masque, l'enfant derrière l'adulte, l'âme derrière les apparences.Je suis restée un long moment immobile dans l'entrée, l'enveloppe entre les mains, à peser le pour et le contre, à hésiter entre l'ouvrir et la jeter, entre lire et oublier, entre savoir et ignorer. Giulia était à l'école, la maison était silencieuse, le soleil entrait à flots par les fenêtres, illuminant les particules de poussière qui dansaient dans l'air












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