LOGINQuelque chose se serre dans ma poitrine. Pas de la douleur , quelque chose de plus dense, de plus lourd, qui s'installe derrière mon sternum comme une pierre chaude. Je me redresse, m'appuyant sur mon propre coude, et nos visages sont maintenant à la même hauteur. Je peux voir les cils de ses yeux, la cicatrice fine au coin de sa mâchoire, la façon dont ses lèvres sont légèrement entrouvertes. — Continue. — Eres todo lo que siempre quise. Tout ce que j'ai toujours voulu. Todo. Cada parte de ti. Chaque partie de toi. Cada respiración. Chaque respiration. Ma main part d'elle-même, se pose sur sa joue. Sa barbe courte gratte ma paume. Il ferme les yeux une seconde, et quand il les rouvre, ils sont brillants , pas de larmes, pas tout à fait, mais cette lueur vitreuse qui précède le débordement. — No te vayas nunca, dit-il. Ne pars jamais.
Je gémis contre elle. Le son , grave, humide, presque animal , se propage dans ma chair. Ma langue tourne autour de son clitoris, pas directement dessus, autour, traçant des cercles lents qui me font trembler des cuisses. Mes mains tiennent ses hanches ouvertes, fermes mais douces, et je ne bouge pas vite. Je ne bouge pas vite du tout. Chaque coup de langue est une promesse. Chaque baiser est un serment. Chaque gémissement qui monte de ma gorge et vibre contre sa chair est un mot que je ne sais pas dire en français. — No te vayas nunca, murmuro-je contre elle, ma bouche pleine d'elle, ma voix déformée par le désir et par les larmes que je retiens. Ne pars jamais. Je ne comprends pas. Pas les mots. Mais mes mains trouvent mes cheveux, et mes doigts s'enfoncent dans mes mèches noires, et je murmure mon nom encore et encore, comme une réponse, comme un serment que je ne sais pas non plus formuler autrement.
Je murmure ça contre sa clavicule, là où je viens de poser mes lèvres. Un baiser sec, presque chaste. Puis un autre, un centimètre plus bas. Et un autre. Et un autre. Chaque baiser est une phrase, chaque contact de mes lèvres un mot que je n'arrive pas à dire autrement. Je défais sa jupe. Le bouton d'abord , mes doigts luttent, tremblent, et j'ai un sourire nerveux, presque gêné, qui me serre le cœur. Puis la fermeture éclair. Puis le tissu qui glisse sur ses cuisses. Je reste un moment immobile, à genoux, regardant ses jambes. Mes mains reposent sur ses genoux, immobiles aussi. Mon souffle s'est accéléré , je vois mon torse se soulever rapidement, les muscles de mon abdomen se contracter. — Alejandro … Mon prénom dans sa bouche. Je lève les yeux. Il y a quelque chose de brisé dans mon regard, quelque chose de trop grand pour mon visage. — No tengas miedo, me susurro. N'aie pas peur.
Ximena Je découvre la date par hasard. Un document oublié sur son bureau, une mention dans un article, une coïncidence. C'est son anniversaire. Il n'en parle jamais. Il ne célèbre rien. Mais je le sais. Et je décide de braver l'interdit. Je passe des jours à chercher. Je fouille les boutiques de Salamanque, les marchés aux puces, les librairies anciennes. Je demande aux vendeurs, je fouille les bacs, je retourne les cartons. Et je le trouve. Un disque vinyle, usé, rayé, mais encore lisible. De la musique classique mexicaine. Des boléros, des rancheras, des chansons d'amour. Des chansons que sa mère écoutait, peut-être. Des chansons qui lui rappelleront quelque chose. Des chansons qui le feront sourire. Le jour de son anniversaire, je me rends à la propriété sans être invitée. Je sais que c'est interdit. Je sais qu'il n'aime pas les surprises. Je sais qu'il va se mettre en colère. Mais je le fais quand même. Parce que je l'
Ximena J'obéis. Je m'immobilise, les bras le long du corps, les paumes contre les touches de bois, et je le laisse me pénétrer avec une lenteur atroce. Il ajuste l'angle, cherche quelque chose et quand il le trouve, quand la tête de sa queue bute contre ce point profond à l'intérieur de moi, un ré aigu jaillit du piano sous mon rein droit. Mon souffle se bloque. Le son traverse ma chair comme une décharge électrique. Il sourit. Un vrai sourire, le premier depuis des semaines, et il fredonne cette note, l'intègre à sa mélodie. Ses hanches pivotent légèrement, cherchant un autre angle, et quand il trouve, un si surgit, clair et brillant cette fois. Sa composition grandit. Les phrases s'allongent, s'enrichissent, modulent. Il me prend avec la précision d'un pianiste qui travaille un passage difficile , chaque coup de reins calculé pour extraire une note spécifique du clavier sous mon dos. Mes gémissements deviennent sa partie de voix, ses coups de reins d
XimenaLe dernier accord dissonant vibre encore dans l'air quand Valerio ralentit ses mouvements. Ses doigts desserrent leur prise dans mes cheveux, glissent le long de ma nuque, et je sens sa respiration contre mon épaule, rauque, irrégulière, comme un souffle de cuivre après un solo trop long. Il reste en moi, immobile, et la chaleur de son bassin collé contre mes fesses envoie des ondes jusqu'au sommet de mon crâne. Les cordes du piano frémissent encore sous la caisse de résonance, et chaque vibration traverse mes os, mes reins, la courbe de mes fesses plaquées contre les touches noires.— XimenaSa voix est grave, presque cassée. Il se retire lentement, et le glissement de sa queue le long de mes parois provoque un frisson qui me fait agripper les touches , un fa grave résonne, sourd et solitaire. Le vide qu'il laisse en moi palpite, ouvert, béant, et mes doigts s'enfoncent dans l'ivoire comme pour s'ancrer à quelque chose de solide.Je m







