MasukSix mois plus tard, la serrure de Montreuil s'ouvre toujours avec la même clé.Romy entre, dépose sa valise et retire les housses posées sur les tréteaux. La résidence de Genève s'est terminée la veille. La fondation a acheté le mur bleu, commandé l'installation du Rhône et proposé un nouveau programme de recherche de trois mois par an. Romy a accepté les trois mois. Son atelier principal reste ici, avec Garance et Malik devenus associés sur les nouveaux projets.Elle ouvre les fenêtres. Dans la cour, une voisine secoue un tapis. Le bruit, l'odeur du café du rez-de-chaussée et la marque claire laissée par une ancienne fuite au plafond lui avaient manqué.Son téléphone vibre. Côme a envoyé une photographie depuis la piste d'Asterion : le jeune pilote du simulateur vient d'effectuer son premier vol d'essai com
Les clés genevoises restent dans la poche de Romy lorsqu'elle revient à Montreuil pour préparer les six mois de résidence.Son appartement n'a pas changé. Le lit occupe toujours la moitié de la grande pièce, séparé des tréteaux par la bibliothèque basse. Une tasse oubliée attend près de l'évier. Garance a arrosé la plante et déposé le courrier sur la table.Romy ouvre deux valises. Elle emporte les vêtements de travail, ses carnets et la robe rouge. Les moules, les archives et la vaisselle restent ici. Le bail aussi. Daphné lui a demandé si cela valait la peine de payer un logement presque vide. Romy a répondu oui avant de calculer le prix.À dix-huit heures, Côme sonne. Il a prévenu une heure plus tôt et attendu sa réponse. Il entre avec des cartons plats, du ruban et le devis de la ta
Les dimensions restent inscrites au mur lorsque Romy part pour Genève. Côme promet de laisser la pièce vide jusqu'à ce qu'elle choisisse la table.Une semaine plus tard, la fondation lui remet les clés du logement de la résidence. Garance et Malik repartent à Paris après l'installation du premier poste de travail. Romy déballe deux assiettes, trois livres et la cafetière donnée par sa mère. Elle accroche sa robe rouge dans l'armoire. Le reste peut attendre.À dix-neuf heures, quelqu'un sonne.Côme se tient devant la porte avec un sac de voyage et une bouteille de vin. Romy avait reçu son message annonçant une réunion à Zurich. Il n'avait pas écrit qu'il passerait la nuit ici.— Comment as-tu eu l'adresse exacte ?— Le chauffeur l'a demandée à la fondation.— Et le code de l'immeubl
Trois jours après la signature, Côme demande à Romy de monter au dernier étage de son appartement.Elle connaît l'escalier qui mène au toit, mais pas la porte dissimulée derrière les cartes aériennes du bureau. Côme la pousse. Une petite pièce mansardée apparaît, encombrée d'un lit ancien, de valises et de cartons d'archives.— Je croyais que c'était un placard.— C'en est devenu un.Il ouvre les volets. La lumière découvre un parquet rayé, un radiateur en fonte et une fenêtre donnant sur les cheminées. Le lit occupe presque tout l'espace.— À qui est la chambre ? demande Romy.— À personne. Aurèle y a dormi deux fois quand il était adolescent. Gaspard une nuit pendant une grève. Ma mère y stockait des draps.— Une pièce tr&
La plaque privée part vers Paris le lendemain matin. Romy la regarde disparaître dans le camion, coincée entre deux caisses portant le nom de la fondation lausannoise.À dix heures, la directrice de cette fondation revient à la villa avec son architecte. Elle veut acquérir l'installation complète à la fin des deux mois et commander une seconde œuvre pour un ancien entrepôt au bord du Rhône. Elle propose aussi à Romy une résidence de six mois : atelier équipé, logement à Genève, budget de recherche et accès aux laboratoires de l'École polytechnique fédérale.Le montant dépasse tout ce que Romy a facturé seule jusque-là.Elle ne répond pas dans le hall. Elle demande les conditions écrites, le calendrier, la propriété des prototypes et le droit de travailler avec Malik et Gara
La marque de la main de Romy disparaît au moment où les portes s'ouvrent.Elle change de vêtements dans le bureau du régisseur, attache ses cheveux et revient dans une robe rouge qui laisse ses épaules nues. Les premiers invités ont déjà posé les doigts sur le mur. Des empreintes pâles se croisent, se superposent et s'effacent. Personne ne remarque les huit centimètres ajoutés pendant la nuit. Les journalistes, eux, lisent le cartel et demandent pourquoi elle a choisi de montrer l'incident technique.— Parce que la matière réagit aussi à ce qu'on lui impose, répond Romy. Cacher le nouveau support aurait effacé une partie du travail.Elle explique la fuite, la dépose et la structure indépendante sans transformer Côme en sauveur. Malik est cité pour la solution. La thermicienne pour le diagnostic. Asterion appara&icir







