FAZER LOGINBrisée par un Alpha, Réclamée par trois lycans Rejetée en public par l'Alpha qu'elle croyait aimer, Ambre pensait avoir touché le fond. Jusqu'au jour où son sang s'éveille et où la prophétie oubliée de la Première Meute se réalise enfin : elle est la lycan que trois rois vont réclamer en même temps. Damien, rongé par la culpabilité d'un rejet qu'il n'a jamais voulu. Kai Thorne, glacial et stratège, qui voit en elle la clé d'un pouvoir absolu. Ronan Drake, hors-la-loi redouté de tous, qui ne la veut, elle, pour aucune autre raison que la vouloir. Un lien triple n'a jamais existé dans l'histoire des meutes. Aucun des trois ne peut reculer sans se détruire lui-même. Et pendant que le Conseil des Anciens complote pour l'éliminer avant qu'elle choisisse, Ambre comprend une chose : peu importe sa décision, le monde ne sera plus jamais le même.
Ver maisAmbre
Le vent glacial de la nuit me fouette le visage tandis que je me tiens droite, seule au pied de l'estrade de pierre. Des centaines d'yeux braqués sur moi. Des centaines de souffles retenus. La lune, pleine et blafarde, éclaire la clairière sacrée comme un projecteur cruel. Je porte la robe blanche traditionnelle, celle que ma mère avait portée avant moi. Le tissu brodé de fils d'argent me colle à la peau, imprégné de l'humidité ambiante. Mes mains tremblent légèrement, alors je les serre contre mes cuisses pour les calmer. Personne ne doit voir ma nervosité. Personne ne doit deviner à quel point mon cœur bat si fort qu'il menace d'exploser dans ma poitrine. Autour de moi, la clairière sacrée s'étend comme un amphithéâtre naturel. Les arbres centenaires, dont les troncs noueux doivent faire au moins cinq hommes de circonférence, forment un cercle parfait autour de l'estrade de pierre grise. Leurs branches s'entrelacent si haut au-dessus de nos têtes qu'elles créent une voûte végétale à travers laquelle la lune filtre à peine. Des torches plantées dans le sol projettent des ombres dansantes sur les visages assemblés. Ils sont tous là. Les membres de la Première Meute, ma meute, alignés en rangs serrés sur ma gauche. Je reconnais chacun d'eux. Le vieux Bartholomew, le forgeron, qui me fabriquait des figurines en fer quand j'étais enfant. Helena, la cuisinière, dont les tartes aux baies faisaient ma joie les jours de fête. Les jumeaux Rask, toujours inséparables, qui m'apprenaient à grimper aux arbres en cachette de nos parents. Tous ces visages familiers, ces odeurs que je connais depuis toujours, cette chaleur de la meute qui m'a vue grandir. Et pourtant, en cet instant, ils me semblent étrangers. Leurs regards sont chargés d'attente, d'espoir, de fierté. Ils attendent de moi que je remplisse mon rôle. Que je scelle l'alliance avec la Lune Noire. Que je devienne la compagne de Damien Volkov. Sur ma droite, les représentants de la Lune Noire se tiennent en rangs tout aussi serrés. Leurs visages sont moins familiers, mais je les ai croisés lors des réunions officielles, ces dernières années. Des hommes et des femmes au regard dur, aux épaules larges, vêtus de noir et d'argent aux couleurs de leur Alpha. Ils m'observent avec une curiosité teintée de méfiance. Je suis une étrangère pour eux. Une omega de la Première Meute. Une inconnue qu'ils devront accepter comme la compagne de leur chef. Et au centre, sur une estrade surélevée, les Anciens. Ces figures d'autorité dont le simple regard suffit à faire plier les plus forts. Ils sont sept, vêtus de longues robes cérémoniales brodées de symboles anciens, leurs visages dissimulés sous des capuches. Je ne distingue que leurs mentons ridés et leurs bouches pincées. Ils ne bougent pas. Ils ne parlent pas. Ils observent, impassibles, comme des statues de pierre. Mon père se tient parmi eux. Kristoff. Sa silhouette haute et maigre se détache des autres, sa robe plus sombre, plus austère. Je devine son visage fermé, ses yeux clairs , les mêmes que les miens , fixés sur moi avec une intensité que je ne comprends pas. Pas de fierté. Pas de tendresse. Juste cette froideur calculatrice qui a toujours régi nos relations. Je ne m'attends pas à des effusions. Kristoff ne m'a jamais prise dans ses bras. Ne m'a jamais dit qu'il m'aimait. Ne m'a jamais consolée quand je pleurais. Il m'a élevée comme on élève un soldat , avec discipline, rigueur, exigence. L'amour était une faiblesse, disait-il. Une faiblesse qu'il ne pouvait pas se permettre. Mais aujourd'hui, j'espérais un signe. Un hochement de tête. Un regard qui aurait signifié je suis fier de toi. Quelque chose qui m'aurait prouvé que, malgré tout, j'avais réussi à gagner son approbation. Rien. Je ravale la boule qui monte dans ma gorge et reporte mon attention sur Damien. Il se tient de l'autre côté de l'estrade, à quelques pas à peine. Alpha de la Lune Noire. Le lycan le plus puissant de notre génération. Ses cheveux noirs tombent en mèches désordonnées sur son front, encadrant un visage aux traits durs, taillés dans le marbre. Sa mâchoire carrée, sa bouche fine, ses pommettes hautes , tout en lui respire la puissance, le contrôle, la domination. Il porte une tunique noire brodée d'argent, ajustée à sa carrure imposante. Ses bras sont croisés sur sa poitrine, ses poings fermés. Ses yeux , d'un gris orageux, presque argentés sous la lumière lunaire , ne croisent pas les miens. Ils fixent un point au-delà de mon épaule, quelque part dans la foule. Comme si je n'existais pas. Comme si je n'étais qu'un détail insignifiant dans le décor. Mon estomac se noue.AmbreNous partons avant l'aube, quand le ciel n'est encore qu'un gris de cendre et que la neige craque sous les pas comme du verre pilé.Elias a fermé la cabane du mieux qu'il a pu. Un volet cloué sur la fenêtre fendue. Une planche sur le plancher brûlé. Rien qui résisterait à quelqu'un qui voudrait entrer, et nous le savons tous les deux. Si quelqu'un suit la trace de ce qui s'est passé cette nuit, aucun volet ne nous sauvera.Nous marchons longtemps. Deux heures, sans doute, peut-être trois. Je n'ai plus de repère, parce que mes sens me disent trop de choses et que cette abondance d'informations me désoriente plus qu'elle ne m'aide. J'entends la neige se tasser à trente pas derrière nous et j'entends une taupe remuer sous un mètre de sol gelé. Je sens la peur d'Elias. Elle est là, tout le temps, une petite odeur aigre qu'il ne peut pas cacher, et je m'en veux de la sentir, et je m'en veux d'en tirer une espèce de pouvoir, une espèce de satisfaction
AmbreJe me réveille parce que quelque chose marche sous le plancher.Un mulot. Je le sais avant de savoir que je le sais. Je l'entends gratter la terre entre deux planches, je l'entends respirer, je l'entends faire trois petits bonds, je l'entends s'arrêter pour écouter le danger. Et je l'entends prendre peur, soudain, à cause de moi. À cause de mon souffle.J'ouvre les yeux.Et le monde me tombe dessus.Je ne trouve pas d'autre mot. C'est une avalanche. La lumière de la fenêtre, cette lumière pâle d'hiver qui ne m'avait jamais gênée, me frappe les yeux comme une poignée de sel. Je me couvre le visage. Mes paupières fermentaient mal, elles sont sèches, et même derrière elles la lumière brûle.Les sons arrivent en paquets. Le feu, dans l'âtre, dont je distingue chaque langue séparément, chacune avec sa petite voix distincte. L'eau qui goutte dans la marmite. Le vent qui n'est pas un vent mais une somme de frottements, des mi
AmbreJe ne dors pas.Je reste allongée sur le dos, les yeux ouverts dans le noir, et j'écoute la cabane vivre autour de moi. Le feu s'est éteint depuis longtemps. La nuit est d'un silence tel que j'entends la neige se tasser sous la fenêtre, un craquement minuscule, un soupir de cristaux qui s'affaissent. J'entends le vent dans le sapin le plus proche, et sous le vent, un autre bruit, un frôlement, une bête qui marche quelque part dans le noir, loin, à l'orée.Et j'entends mon cœur. Trop fort. Trop vite. Comme s'il y avait dans ma poitrine quelque chose de plus grand que moi qui se réveillait en sursaut.La marque me brûle. Pas une douleur, non. Une chaleur qui monte, qui s'étale, qui descend le long de l'épaule, traverse la cage des côtes, s'insinue dans le ventre. Je pose la main dessus. Ma peau est normale au toucher, et pourtant dessous, c'est un fourneau. Je jette la couverture. J'ai trop chaud. J'ai trop chaud dans une cabane où l'eau gèle la nuit.Ambre, calme-toi.Je me répèt
Ambre Trois semaines. Trois semaines que je vis dans l'odeur du bois brûlé, de la résine et des herbes qui sèchent, suspendues en bottes sous les poutres. Trois semaines que je dors sur un lit de peaux qui sent le bouleau, dans une cabane qui n'existe sur aucune carte, à une distance que je ne sais pas mesurer du territoire où je suis née, où j'ai été humiliée, où j'ai été chassée avant même que le jour se lève. Le vieil homme s'appelle Elias. Il est grand, sec, voûté comme un arbre qui a trop penché vers la rivière. Il parle peu. Il pose des questions plus souvent qu'il n'y répond. Il m'a trouvée au bord de l'eau gelée, à moitié morte, le ventre ouvert par des crocs que je n'ai pas vus venir, et il m'a portée sur son dos pendant des heures sans demander à qui j'appartenais. Je ne sais toujours pas si je lui en suis reconnaissante. La reconnaissance, c'est encore une chaîne. Une chaîne plus douce que les autres, mais une chaîne quand même. Ce matin, la lumière entre par la petite


















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