Se connecterLe silence de la chambre était doux, épais, comme une couverture qu'on n'a pas envie de retirer. Nos souffles reprenaient peu à peu leur rythme normal. La ville, dehors, continuait son bruit lointain, mais ici, dans ce lit, le temps semblait suspendu.Ma tête reposait sur son torse. Je sentais les battements de son cœur sous ma joue, d'abord rapides, puis plus calmes, plus profonds. Sa main caressait machinalement mon épaule nue, de longs mouvements lents qui me faisaient frissonner à intervalles réguliers.Je ne voulais pas bouger. Je ne voulais pas que ce moment s'arrête.Mais il y avait quelque chose qui me pesait. Une petite voix au fond de moi, insistante, qui ne me laissait pas tout à fait en paix.Je relevai la tête. Mes cheveux tombèrent en rideau autour de mon visage. Marcus ouvrit les yeux je ne savais pas qu'il les avait fermés et me regarda, interrogateur, sans rien dire.— Marcus , dis-je.Son expression ne changea pas. Pas d'inquiétude, pas de fuite. Juste cette attent
Ce fut moi qui l’attirai cette fois.D’une main tremblante de désir, je glissai mes doigts entre nos corps brûlants et saisis son sexe dur, lourd et palpitant. Je le guidai lentement vers mon intimité trempée. Le gland épais, gonflé et brûlant, effleura d’abord mes lèvres gonflées, les écarta avec une pression douce mais insistante. Je sentis mon propre miel couler abondamment sur lui, facilitant son passage.Puis il entra.Centimètre par centimètre, dans une lenteur exquise et presque cruelle. Je sentis chaque relief de son membre m’ouvrir, m’étirer, me remplir. Ma chair intime, chaude et mouillée, se resserrait autour de lui comme un fourreau étroit et soyeux. Un long gémissement rauque m’échappa lorsque je le sentis s’enfoncer profondément, jusqu’à la garde, jusqu’à ce que ses hanches touchent les miennes et que ses couilles lourdes reposent contre ma peau.Je fermai les yeux, submergée par cette sensation d’être complètement possédée, comblée.Marcus resta un instant immobile en m
Marcus répondit à mon baiser. Pendant une longue minute, le monde extérieur cessa d'exister. Il n'y avait plus que ses lèvres contre les miennes, sa main sur ma nuque, l'autre qui remontait le long de ma colonne vertébrale, lentement, comme s'il voulait mémoriser chaque vertèbre.Je sentis son souffle se mêler au mien. Sa bouche quitta la mienne pour effleurer ma joue, mon oreille, le coin de ma mâchoire où ma peau frissonnait. Mon cœur battait si fort que je l'entendais résonner dans mes tempes.— Elsa, murmura-t-il contre ma peau, on devrait…— Ne dis rien, soufflai-je.Je l'attrapai par le col de sa veste et le tirai vers la porte de l'immeuble. Il comprit. Il sortit de la voiture, fit le tour, me rejoignit devant l'entrée. Mes doigts tremblaient en cherchant mes clés. Il posa sa main sur la mienne, calma mon geste, prit les clés lui-même et ouvrit la porte.Dans l'ascenseur, il se tint face à moi, ses mains sur mes hanches, le regard plongé dans le mien. La lumière blanche du plaf
Dans le rétroviseur, je vis mon reflet une dernière fois avant que Marcus ne démarre. J'avais bu mon café, j'avais respiré l'air froid de la rue, et maintenant j'étais là, assise à côté de lui, à me demander ce qu'il avait derrière la tête. Je vérifiai mon maquillage dans le petit miroir du pare-soleil. Les cernes étaient moins visibles, les joues légèrement rosies par le vent. Je me souriais à moi-même, timidement.— Tu es belle, dit Marcus sans me regarder.— Tu ne peux pas savoir, tu conduis.— Je t'ai vue dans le rétroviseur.Je baissai les yeux sur ma tasse vide, un sourire niais aux lèvres que je n'arrivais pas à dissimuler.— Alors, c'est quoi cette surprise ? demandai-je.— Attends. Tu vas voir.Il prit une direction que je ne connaissais pas, loin de Dumbo, loin des quartiers que je fréquentais. On traversa des ponts, des zones industrielles, puis des petites rues pavées que je n'avais jamais explorées. Marcus conduisait d'une main assurée, l'autre posée sur le levier de vite
La lumière traversa mes paupières comme une lame. Je me retournai dans le lit, enfouis mon visage dans l’oreiller, mais le mal était déjà là pulsatile, insistant, installé derrière mes yeux comme un locataire indésirable.Gueule de bois.Je n’avais pas eu ça depuis des années. Depuis Londres, peut-être. Depuis cette nuit où j’avais pleuré sur le canapé de Sophie en lui racontant tout. Ce matin, c’était pire. La bouche pâteuse, la tête lourde, et cette nausée diffuse qui vous rappelle que votre corps n’a pas aimé ce que vous lui avez fait subir.Je m’assis lentement. La chambre tourna une seconde, puis se stabilisa. Mes pieds touchèrent le sol. Je frissonnai j’avais dormi en pull, sans couverture, fenêtre entrouverte.Et puis les souvenirs remontèrent.Le canapé. La vodka. Marcus.Ses mains sur ma nuque. Ses lèvres.— Oh non, murmurai-je.Je posai mes mains sur mon visage. La honte montait, chaude et rouge, de ma poitrine à mes joues. Je me rappelais tout. L’avoir embrassé. M’être ac
L’appel de Maître Fontaine arriva à dix-sept heures, alors que je finissais de ranger mon bureau. La lumière de fin d’après-midi entrait par les fenêtres, trop douce pour être honnête. Clara était déjà partie. L’académie était vide. Je décrochai sans méfiance.— Elsa, j’ai examiné les dernières pièces du dossier. Je vais être franche avec vous.Sa voix professionnelle, habituellement rassurante, avait un pli que je ne lui connaissais pas.— Allez-y.— La clause du contrat de mariage est solide. En l’état actuel des choses, Alexandre a des droits réels sur une partie des actifs générés pendant le mariage y compris *Voix Libérée* dans sa composante new-yorkaise. Pour contrer cela, il faudrait prouver une faute grave de sa part ayant directement compromis vos intérêts. L’administration des contraceptifs est une preuve, certes, mais nos avocats estiment qu’un juge pourrait la requalifier en « décision unilatérale discutable » plutôt qu’en « intention malveillante caractérisée ». Pour l’in







