J’attendis que la porte d’entrée se referme.Viviane était partie. J’avais entendu sa voix dire quelque chose à Alexandre, légère, presque désinvolte un « à plus tard » sans doute, ou un « merci pour le café » puis ses pas dans le couloir, le clic net de la serrure, et enfin le silence. Un silence qui retomba sur l’appartement comme une chape de plomb, dense et définitif.Je ne me levai pas tout de suite. Je restai sur le lit, les mains à plat sur mes genoux, et je laissai le silence s’installer vraiment. Pas le silence tendu de tout à l’heure, celui qui sentait encore la présence de Viviane, son parfum, sa tasse, son peignoir gris sur mon canapé. Non. Un silence plus ancien, plus profond, celui qui m’habitait depuis bien avant ce matin. Celui que j’avais apprivoisé au fil des années, en refermant sans cesse la même porte.J’avais abandonné le chant.Je me le disais rarement de façon aussi directe. J’avais l’habitude de tourner autour, de trouver des formules plus douces. J’ai arrêt
Last Updated : 2026-03-28 Read more