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Chapitre 1

last update Tanggal publikasi: 2026-07-29 18:38:11

Le vent froid balayait l’allée du manoir De La Capa lorsque Stephanelle Robio franchit les grandes grilles pour la dernière fois.

Dans sa main droite, elle tenait son dossier médical qu’elle serrait contre elle comme le dernier morceau de bonheur qui lui restait. Dans l’autre, elle tirait difficilement une valise posée devant elle quelques minutes plus tôt par les domestiques.

Sur l’ordre de sa belle-mère.

En quelques instants seulement, elle avait perdu l’endroit qu’elle appelait autrefois sa maison.

Elle s’arrêta un moment devant l’immense demeure.

Trois ans.

Cela faisait trois ans qu’elle avait vécu entre ces murs. Trois ans à attendre un regard tendre de Diego, un geste d’affection, une preuve qu’un jour il finirait par l’aimer.

Elle avait attendu.

Elle avait espéré.

Mais elle s’était trompée.

Les lourdes portes du manoir se refermèrent derrière elle dans un bruit sec.

Stephanelle resta immobile.

Ce son lui donna l’impression qu’une partie de sa vie venait d’être définitivement enfermée derrière ces murs.

Une larme silencieuse descendit le long de sa joue.

— Madame...

Une voix douce l’appela derrière elle.

Stephanelle se retourna et aperçut Mary, l’ancienne gouvernante de la maison, qui avançait rapidement vers elle en regardant autour d’elle pour s’assurer que personne ne les observait.

La vieille femme prit délicatement sa main et y glissa une carte bancaire.

— J’ai mis un peu d’argent de côté pendant des années... Prenez-la. Partez loin d’ici. Vous ne pourrez pas rester dans cette maison.

Ses yeux étaient remplis d’inquiétude.

— Ici... personne ne prendra votre défense.

Stephanelle baissa les yeux vers la carte avant de la rendre doucement à Mary.

Elle secoua la tête avec un petit sourire triste.

— Merci, Mary. Mais gardez-la.

Elle referma les doigts de la gouvernante sur la carte.

— Vous en aurez sûrement plus besoin que moi.

Les lèvres de Mary tremblèrent.

Cette femme qui venait d’être rejetée trouvait encore le moyen de penser aux autres.

Les larmes de la gouvernante finirent par couler.

— Vous êtes la personne la plus gentille que j’ai rencontrée dans cette maison...

Stephanelle détourna légèrement le regard pour cacher son émotion.

Elle ne voulait pas pleurer ici.

Pas devant cette demeure qui ne lui appartenait plus.

Après un dernier regard à Mary, elle attrapa sa valise.

Puis elle partit.

Cette fois, elle ne se retourna pas.

---

Pendant ce temps, dans le salon du manoir De La Capa...

Rosalie Ramla était installée confortablement sur le canapé où Stephanelle avait passé tant de soirées seule à attendre son mari.

Elle posa lentement sa main sur le tissu luxueux, un sourire satisfait aux lèvres.

— Enfin...

Elle regarda autour d’elle comme si elle possédait déjà tout.

— Tout est à moi maintenant.

La mère de Diego, assise non loin d’elle, afficha un sourire satisfait.

— Tu es la seule femme qui mérite de porter le nom De La Capa.

Rosalie releva fièrement le menton.

Elle avait obtenu exactement ce qu’elle voulait.

Mais Diego, lui, resta silencieux.

Depuis le départ de Stephanelle, un malaise étrange pesait dans sa poitrine.

Il revoyait encore son visage lorsqu’elle avait découvert les papiers du divorce.

Ce regard...

Elle semblait complètement détruite.

Pourquoi ?

Pourquoi avait-elle réagi comme si elle venait de perdre bien plus qu’un simple mariage ?

Diego fronça légèrement les sourcils, perdu dans ses pensées.

À cet instant, son téléphone vibra.

Il regarda l’écran.

Un message de son assistant venait d’arriver.

« Monsieur, nos recherches concernant le pendentif de Madame Stephanelle viennent d’aboutir. Cet objet est extrêmement rare. Il appartient à une famille qui a disparu il y a vingt-cinq ans. »

Le regard de Diego changea.

Un pendentif ?

Il allait ouvrir le rapport lorsque Rosalie se rapprocha de lui et passa son bras autour du sien.

— Diego...

Sa voix était douce, presque suppliante.

— Aujourd’hui devrait être un jour heureux. Ne gâchons pas ce moment en pensant au passé.

Avant qu’il ne puisse répondre, elle prit son téléphone de ses mains.

Le rapport resta fermé.

---

De son côté, Stephanelle avançait seule dans les rues animées de New York.

Les passants marchaient autour d’elle sans remarquer la douleur qu’elle portait.

Son corps était épuisé.

Sa tête était remplie de questions auxquelles elle n’avait aucune réponse.

Elle posa doucement une main sur son ventre.

Ce petit être était la seule chose qui lui restait.

Sa voix trembla légèrement.

— Ne t’inquiète pas...

Elle caressa doucement son ventre.

— Peu importe ce qui arrivera, maman te protégera.

Elle inspira profondément, essayant de retenir les larmes qui menaçaient de revenir.

C’est alors qu’une longue limousine noire s’arrêta juste devant elle.

Stephanelle s’immobilisa.

La portière s’ouvrit rapidement.

Quatre hommes en costume descendirent du véhicule. Leur attitude était sérieuse, mais leurs regards portaient une étrange émotion.

L’un d’eux s’avança vers elle et inclina respectueusement la tête.

— Excusez-moi...

Il hésita une seconde avant de demander :

— Êtes-vous Mademoiselle Stephanelle Robio ?

Stephanelle recula légèrement.

Son instinct lui criait de rester prudente.

— Oui...

Elle serra son dossier contre elle.

— Pourquoi me cherchez-vous ?

L’homme ne répondit pas immédiatement.

Il sortit une vieille photographie soigneusement conservée et la lui tendit.

Sur l’image, une petite fille d’environ cinq ans souriait devant l’objectif.

Autour de son cou se trouvait un pendentif.

Le même qu’elle portait aujourd’hui.

Stephanelle fixa la photo, incapable de détourner les yeux.

L’homme leva ensuite son regard vers elle.

Sa voix était remplie d’émotion.

— Mademoiselle...

Il prit une profonde inspiration.

— Nous vous cherchons depuis vingt-cinq ans.

Le cœur de Stephanelle manqua un battement.

Vingt-cinq ans ?

Elle regarda ces inconnus devant elle, incapable de comprendre.

Qui étaient-ils réellement ?

Pourquoi la regardaient-ils comme si elle était quelqu’un qu’ils avaient attendu toute leur vie ?

Et surtout...

Pourquoi semblaient-ils prêts à tout pour la protéger ?

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