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CHAPITRE TROIS — APPRENDRE LES LIMITES

Author: Aveline K
last update Petsa ng paglalathala: 2026-07-17 05:38:50

POV D'EZRAN.

La table sombra dans le silence.

Les yeux de maman me suppliaient, Jeanne fixait son frère et Charlyn et Robert semblaient indifférents à ce que nous étions en train de faire.

« Comment tu viens de m'appeler, putain ? » demandai-je à nouveau, la rage s'infiltrant lentement en moi.

« Un gamin difficile. Ça te pose un problème ? »

Bon sang ! Je jure que je déteste Lucian.

« Écoute, je préférerais que tu t'occupes de tes putains d'affaires, Lucian Banks. »

« Surveille ton langage, Ezran. » intervint maman. « C'est ton aîné. Donne-lui son res— »

« Occupe-toi de tes putains d'affaires aussi, Mme Banks. » criai-je, la coupant. « Tu ne m'as jamais demandé mon avis, donc si le fait que je parle à ton beau-fils ne te convient pas, tant pis. »

J'attrapai mon sac à dos et sortis en trombe de la salle à manger, me précipitant hors de la maison.

….

Le matin après notre première vraie confrontation, la maison ressemblait à un champ de bataille. 

Chaque pas résonnait trop fort, chaque porte grinçait sur mes nerfs. Je n'arrêtais pas d'imaginer le regard perçant de Lucian tapi derrière chaque coin, attendant de me punir pour un crime imaginaire.

Je fixai mon reflet dans le miroir en enfilant ma robe de chambre. J'avais l'air épuisé. J'essayais de me convaincre que c'était dû au trop-plein d'études mais au fond, je connaissais la vraie cause de mon épuisement soudain.

Un léger coup à ma porte ramena mon attention à la réalité.

« Ezran chéri, il faut qu'on parle. »

Maman poussa la porte avec un sourire sur son visage. Un sourire nerveux, en fait.

« Si tu es venue me faire la leçon sur comment parler à ta nouvelle famille, s'il te plaît, ne commence pas. J'ai une douzaine de devoirs scolaires à terminer d'ici ce soir. »

Elle soupira bruyamment, s'approchant de moi à pas lents. Elle s'arrêta devant moi, ses yeux fixés sur les miens.

« Je suis désolée pour tout. De t'avoir forcé à accepter ma nouvelle famille. » Elle marqua une pause et passa doucement ses doigts dans mes cheveux. « Mais s'il te plaît, j'ai besoin que tu fasses en sorte que ça marche. J'ai besoin que tu acceptes Robert et ses enfants. »

« Bon, je suis désolé pour la façon dont j'ai parlé ce matin. Je vais m'excuser auprès de Robert et des filles pour le manque de respect. » Un sourire se dessina sur son visage et elle m'attira dans une étreinte, enroulant ses bras autour de ma taille.

« Et Lucian. Tu ne vas pas t'excuser auprès de lui ? »

« Jamais. » marmonnai-je avec entêtement.

Elle rit doucement, me tapotant le dos. « Descends pour le dîner. J'ai demandé aux domestiques de cuisiner selon tes préférences aujourd'hui. »

Je lui adressai un léger hochement de tête.

…

Le dîner fut silencieux après mon éclat du matin. Jeanne gazouillait à côté de moi, essayant de combler le vide avec des histoires sur ses amis de fac, mais je n'écoutais qu'à moitié. 

Mon esprit dérivait constamment vers Lucian. Il ne parlait pas beaucoup, comme toujours, mais il y avait une intensité tranquille chez lui qui me rendait hyper conscient de chaque mouvement, chaque mot.

« Ezran, n'aie pas l'air si grincheux, » chuchota Jeanne, me donnant un coup de coude. « C'est un dîner, pas une condamnation à mort. »

Je forçai un sourire, lui rendant son coup de coude. Elle pouffa, complètement inconsciente de la tension dans la pièce.

Et puis je le vis. Lucian, assis à la tête de la table, café en main, les yeux me suivant comme un faucon. C'était exaspérant. Tout en lui criait le contrôle : sa posture, les lignes acérées de sa mâchoire, l'intensité sombre dans ses yeux. Il pouvait m'écraser d'un mot, et je me détestais de remarquer cette attraction.

« Euh... je veux m'excuser pour tout à l'heure. Ça ne reflétait pas bien mon éducation. Je m'excuse. »

Robert m'adressa un sourire calme, ses grandes paumes posées sur les miennes. « Je suis content que tu aies reconnu ton erreur, petit. Je suis super fier de toi et je vais te récompenser pour ta responsabilité. »

J'acquiesçai et tournai mes yeux vers les filles. Charlyn haussa les épaules et retourna à son repas, Jeanne serra doucement mes paumes.

Mes yeux dérivèrent vers Lucian et je le trouvai en train de me fixer en retour.

« Excuses acceptées, » dit-il platement. Aucune chaleur. Aucune inflexion au-delà du strict minimum.

« Ouais, » marmonnai-je en retour, faisant attention à ne rien lui donner à utiliser contre moi.

Deux jours dans ce foyer partagé et c'était déjà une véritable torture. Nos interactions étaient minimales mais électriques. L'atmosphère était tendue et étouffante, surtout avec la façon dont Lucian me fixait.

La façon dont il m'observait quand je n'y prêtais pas attention — tout me mettait sur les nerfs.

Le dîner se termina et bientôt, tout le monde alla se coucher. J'avais emporté mon ordinateur portable dans le salon ; la maison était silencieuse, la seule lumière provenant de la lueur de mon écran. J'étais plongé dans du code, les doigts volant sur le clavier, quand je sentis un mouvement derrière moi.

« Ezran. »

Mon cœur fit un bond. Je me figeai.

« Il faut que je te parle. » dit Lucian, sa voix, basse et maîtrisée, mais tranchant néanmoins le silence comme une lame.

Je déglutis difficilement. « Parler de quoi ? »

« De ton attitude, » dit-il simplement, s'asseyant sur un canapé, les bras croisés. Sa présence était oppressante. Je voulais détourner le regard, mais je ne pouvais pas.

« Mon attitude ? » demandai-je, essayant de garder ma voix stable, bien que mon pouls me trahissait. « Ce n'est pas moi qui ai parlé grossièrement en premier, c'est toi le vrai prédateur. »

Ses sourcils se levèrent. « Je ne suis pas un prédateur. Le problème, c'est toi. »

Je bondis du canapé, repoussant mon ordinateur portable sur le côté. « Le problème ? Tu penses que je suis le problème ? Tu ne me connais même pas ! »

« Je sais suffisamment, » dit-il calmement, se rapprochant. Sa proximité était dangereuse. Mon pouls s'accéléra, et je détestais à quel point j'étais conscient de la chaleur émanant de lui.

« Et tu ne sais pas ce que ça signifie de faire partie d'une famille comme la mienne. Tu dois apprendre les limites. Maintenant ou jamais. »

J'ouvris la bouche pour répliquer, mais quelque chose dans ses yeux — quelque chose d'acéré, de perçant, d'autoritaire — m'arrêta. Il n'avait pas besoin de me toucher pour affirmer sa domination ; sa présence suffisait.

Je reculai, faisant semblant de ramasser mon ordinateur portable, mais en réalité, j'essayais de retrouver mon sang-froid.

« D'accord, » marmonnai-je, la voix tendue tandis que je serrais mon ordinateur contre ma poitrine haletante. « Apprendre les limites. Compris. »

« Bien. »

Ses lèvres frémirent, presque imperceptiblement, et je me demandai s'il réalisait à quel point il était près de me briser, pas physiquement, mais mentalement.

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