Sa Chaleur  1

Sa Chaleur 1

last updateDernière mise à jour : 2026-06-13
Par:  DéesseComplété
Langue: French
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2 Notes. 2 commentaires
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8.5KVues
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Théo Delmas, vingt-quatre ans, est un jeune avocat idéaliste dont la vie bascule lorsque son père, un cadre financier innocent, est incarcéré à la suite d’un scandale qu’il n’a pas commis. Lors de l’audience, Théo remarque un juge aux yeux gris dont le regard insistant semble dissimuler des intentions inquiétantes. Convoqué dans le cabinet du juge Édouard Delacroix, il découvre une vérité glaçante : ce dernier aurait lui-même orchestré les accusations contre son père afin d’attirer Théo dans son univers. Fasciné par le jeune avocat depuis une conférence où il l’a aperçu pour la première fois, Delacroix lui propose un marché aussi troublant que dangereux : Théo devra se plier à ses exigences, et en échange, son père retrouvera la liberté. Pris entre son désir de sauver son père et son aversion pour cet homme manipulateur, Théo accepte à contrecœur. Au fil des rencontres, leur relation évolue de manière inattendue. Derrière les rapports de force et les tensions grandissantes apparaissent des confidences, des failles et des sentiments contradictoires que ni l’un ni l’autre ne parvient à ignorer. Mais alors que des menaces extérieures viennent fragiliser leur fragile équilibre, Théo doit affronter une question essentielle : peut-il réellement faire confiance à un homme qui a fait de son malheur un moyen de l’approcher ? Entre manipulation, secrets et émotions conflictuelles, cette romance sombre M/M explore les limites du pouvoir, les ambiguïtés de l’attachement et la difficulté de reprendre le contrôle de son propre destin.

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Chapitre 1

Chapitre 1 : Le verdict brisé

Théo

La salle d'audience retient son souffle. Moi, je ne respire plus.

Le prétoire est bondé, suffocant, étouffant, des corps pressés sur les bancs de bois, des souffles courts, des chuchotements qui ressemblent à des prières. Mais je n'entends que les battements de mon cœur qui résonnent dans mes tempes, un tambour sourd qui accélère, qui martèle, qui menace de briser ma poitrine. Mes mains sont crispées sur le bois de la barre, si fort que mes jointures blanchissent, que mes ongles s'enfoncent dans la paume sans que je ressente la douleur. Devant moi, la silhouette de mon père se tient droite, trop droite, comme s'il refusait de plier même quand tout s'effondre autour de lui, même quand le sol se dérobe sous ses pieds, même quand le monde qu'il a construit pendant cinquante-deux ans n'est plus que poussière.

Jacques Delmas. Mon père. Cadre financier irréprochable depuis trente ans. Mari fidèle. Père aimant. Et aujourd'hui, accusé.

Le président du tribunal feuillette ses papiers avec une lenteur qui me donne envie de hurler, de bondir par-dessus la barre, d'aller lui arracher ces feuilles maudites des mains. Chaque page tournée est un couperet qui se rapproche, chaque seconde une éternité de torture. Ma mère, assise à côté de moi, serre si fort mon avant-bras que ses ongles s'enfoncent dans ma chair, traçant des croissants rouges sur ma peau. Je ne sens rien. Ma sœur Isabelle, dix-neuf ans, pleure en silence derrière nous. J'entends ses sanglots étouffés, ceux qu'elle tente de cacher dans son écharpe, de retenir au fond de sa gorge pour ne pas ajouter à notre douleur. Ses épaules secouent le banc par à-coups.

La lumière crue des néons fait briller la sueur sur mon front, coule dans mes yeux, sale, brûlante, je n'ose pas l'essuyer. Je reste figé, statue de chair et d'angoisse.

Détournement de fonds. Abus de confiance. Association de malfaiteurs. Des mots énormes, monstrueux, des mots qui ne devraient jamais être prononcés dans la même phrase que le nom de mon père. Des mots qui ne correspondent à rien de ce que j'ai connu, de ce que j'ai vécu, de ce que j'ai aimé. Mon père, piégé par des collègues qui ont fui à l'étranger en laissant derrière eux un cadavre financier, des comptes vidés, des bilans truqués, une entreprise en ruine. Lui, il est resté. Il a cru à la justice. Il a cru qu'en étant honnête, en coopérant, en ouvrant ses livres de comptes, en répondant à toutes les questions, il serait protégé.

Naïf. Nous étions tous naïfs.

L'avocat général, une femme sèche au regard de glace, termine son réquisitoire. Sa voix est un couteau qui cisaille l'air, qui découpe la réputation de mon père en morceaux, qui le réduit à une somme de chiffres et de soupçons. Elle parle de responsabilité, de confiance trahie, de la nécessité d'un exemple. Je l'écoute à peine. Je regarde mon père. Il tourne légèrement la tête vers moi, nos regards se croisent une fraction de seconde, un éclair dans la tempête. Il essaie de sourire, pour me rassurer, pour me dire que tout ira bien, que ce n'est qu'une formalité. Le sourire d'un homme qui sait qu'il va tomber, qui a déjà accepté sa chute, et qui veut seulement épargner à son fils la vision de sa peur.

Puis le président prend la parole. Sa voix est grave, solennelle, elle résonne sous la haute verrière comme un glas.

La détention provisoire est requise. En attendant le procès. En attendant la vérité, si jamais elle existe encore quelque part.

Ma mère hoquette, un son rauque, déchirant, qui vient des profondeurs de son être. Isabelle émet un petit cri, étouffé aussitôt, comme si elle avait honte de sa propre douleur. Moi, je reste figé, comme si le temps s'était arrêté au moment exact où ma vie a basculé, où tout ce que je croyais solide s'est révélé être du sable.

C'est à cet instant que je le vois.

Lui.

Au deuxième rang des magistrats, à peine visible derrière ses collègues, à moitié dans l'ombre, un homme d'une quarantaine d'années observe la scène avec une intensité qui me glace le sang, qui arrête mon cœur une fraction de seconde, qui fait se dresser tous les poils de mon corps. Grand, les épaules larges sous la robe noire, des cheveux sombres striés de gris aux tempes, une mâchoire puissante, des lèvres fines et pourtant incroyablement sensuelles. Son visage est taillé à la serpe, des traits durs, une beauté froide, presque inquiétante. Mais ce sont ses yeux que je remarque d'abord.

Des yeux gris, presque métalliques, fixés droit sur moi.

Non, pas sur moi. Sur ma bouche.

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commentaires

elsa lencrerot
elsa lencrerot
génial, j'adore
2026-07-10 22:20:59
1
0
Mervedi
Mervedi
Très intéressant j’adore
2026-03-24 23:53:34
4
1
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