MasukPoint de vue de Clark
Les jours s'étiraient dans une torpeur pesante, et pourtant, quelque chose dans l'air sentait le soufre.
Un pressentiment diffus, cette sensation viscérale qui m'avait rarement trompé, me tenait en alerte. Je n'en laissais rien paraître. Les monstres comme moi n'offrent jamais le luxe de leur inquiétude au reste du monde.J'avais invité Jennifer chez moi.
Point de vue de Clark NellyL'obscurité m'enveloppait comme un linceul.Des voix étouffées perçaient le brouillard de mon inconscience murmures feutrés, mots échangés à voix basse qui s'insinuaient dans mon crâne comme des serpents.Le chaos revenait par vagues, fragments de souvenirs ensanglantés, l'odeur âcre de la fumée, le métal tordu de ma voiture calcinée.Une vérité s'imposa à moi avec la violence d'une détonation : jamais la Reine ne m'aurait conduit dans un hôpital après une tentative d'assassinat.J'étais en danger.Mes paupières se soulevèrent d'un coup sec.Le néon blafard m'agressa la rétine. Une silhouette se découpait dans cette lumière crue une femme blonde à la
Point de vue de RANI« Putain ! » Le juron de Jennifer claqua depuis la cuisine, tranchant le silence comme une lame.Je sursautai.Cette femme, brune, le regard acéré, dégageait une aura qui me glaçait le sang.Elle n'était pas grande, mais sa simple présence suffisait à emplir une pièce d'une tension palpable, une terreur sourde qui me comprimait la poitrine.Je ne savais pas exactement pourquoi son frère m'avait laissée seule avec elle. Clark voulait me savoir en sécurité, chez lui, je le comprenais. Mais la présence de sa sœur était une ombre constante, une sonde qui fouillait mon esprit à la recherche de la moindre fissure.Elle n'avait cessé de me harceler de questions, disséquant mes silences, mes regards, mes souvenirs.Une vraie psy
Point de vue de ClarkLes jours s'étiraient dans une torpeur pesante, et pourtant, quelque chose dans l'air sentait le soufre.Un pressentiment diffus, cette sensation viscérale qui m'avait rarement trompé, me tenait en alerte.Je n'en laissais rien paraître.Les monstres comme moi n'offrent jamais le luxe de leur inquiétude au reste du monde.J'avais invité Jennifer chez moi.Elle s'affairait dans la cuisine avec Rani, leurs voix mêlées aux cliquetis des ustensiles.Une scène domestique presque touchante, si l'on oubliait le sang qui maculait nos existences.Lucia, elle, traînait devant la télévision, l'ennui creusant ses traits juvéniles.Elle fixait l'écran sans le voir, perdue dans ce silence d'enfant qui a déjà trop vu.
Point de vue de ClarkLa pénombre du salon enveloppait nos rires d'une douceur trompeuse.Rani et Lucia partageaient avec moi un instant de répit, de ceux qui se font rares dans mon existence marquée par le sang et les trahisons.Le tintement de la sonnette déchira ce calme précaire.Je n'eus pas besoin de deviner.Clarissa.Elle est ma maîtresse de longue date, celle dont l'ombre s'accrochait à mes pas comme une malédiction.Chaque visite de sa part empestait le désespoir et la possessivité maladive.En traversant le couloir, mes intentions étaient claires : la renvoyer sans ménagement, couper court à cette mascarade épuisante. Mais lorsqu'elle franchit le seuil, elle se jeta sur mes lèvres avec une voracité animale. Avant que mon esprit ne puisse ordon
Point de vue de RANIJamais je n'aurais osé formuler pareille requête, même dans mes rêves les plus enfouis. Clark voulait goûter à mes seins. Cette demande, tombée de ses lèvres comme une sentence douce, avait fait vaciller tout mon être.Je n'eus pas besoin de réfléchir. Pas même une seconde. Je lui accordai ce qu'il désirait, sans hésitation, comme si mon corps avait déjà signé ce pacte bien avant ma raison.Il était adossé à l'autre extrémité de la baignoire, l'eau chaude dessinant des remous autour de son torse. Lorsqu'il se redressa, mon cœur manqua un battement, puis un autre. Le monde entier sembla se suspendre.Il s'assit face à moi, souverain. Mon corps entier brûlait déjà d'une passion noire, dévorante.— Approche un peu, ordonna-t-il.Mais
Point de vue de RaniSes mains me touchaient avec une précision si dévastatrice que toute résistance devenait vaine. Plus il se montrait doux, plus cette douceur m'attirait vers des abîmes que je ne connaissais pas, vers cet inconnu qui m'appelait comme une promesse interdite.« S'il te plaît, Clark… vérifie. »Les mots étaient sortis de ma bouche avant que je puisse les retenir. C'était une chose que je voulais expérimenter, une curiosité qui me rongeait de l'intérieur. Un toucher profond.Je tournai la tête vers lui. Sa moustache frôlait ma joue, mes lèvres tremblaient sans que je puisse les contrôler. Il m'observa un long moment, refusant de céder à ma demande, et cette attente me rendait presque malheureuse. Son toucher me manquait déjà, alors même qu'il était encore là.Je me décollai de lui pour aller m'habiller. Il devait penser que j'étais le genre de femme qui faisait ce genre de demande à tous ses clients. Cette pensée me glaça le sang.« Je veux bien le vérifier, grogna-t-i







