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Chapitre 23 : La Marque

Autor: Déesse
last update Data de publicação: 2026-09-05 08:17:35

Scarlett

La marque brûle.

Elle brûle sans cesse, jour et nuit, comme un charbon ardent enfoui sous ma peau. Elle brûle plus fort quand Kaelen est proche. Elle s'apaise à peine quand il s'éloigne. Elle est devenue mon horloge interne, mon baromètre secret, mon fardeau et mon indicateur.

Je suis dans mon petit appartement, seule, allongée sur le canapé usé. Les rideaux sont tirés, la pièce plongée dans une pénombre chaleureuse. Un thé refroidit sur la table
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    ScarlettJe me lève.Je ne sais pas que je vais le frapper avant de le faire. Ma main part toute seule, avec sept ans de course derrière elle, sept ans de peur, le visage de ma mère, la toux de mon père, les nuits sans chauffage, les lentilles, les faux noms, les fossés anonymes où j'ai failli finir, tout ça part dans mon bras, et ma paume frappe sa joue avec un claquement qui résonne dans tout le bureau.Sa tête tourne sous l'impact.Il ne bouge pas. Il ne se défend pas. Il redresse simplement le visage vers moi, la marque rouge de ma main sur sa peau, et il attend.Et moi, moi j'éclate.Pas en sanglots. En quelque chose de pire, de plus ancien, quelque chose qui monte du ventre et qui déchire tout au passage, une hystérie que je ne me savais pas capable de produire, des larmes qui coulent sans que je pleure, une voix qui n'est plus une voix :— Toute cette mort... toute cette ruine... le manoir, ma mère, mon père qui meurt, sept ans de terreur, sept ans à dormir un œil ouvert... pou

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    ScarlettJe crois que je ne respire plus.Les mots sont là, dans l'air du bureau, et ils refusent de rentrer dans ma tête, ils rebondissent, ils ricochent, parce que s'ils entrent, le monde entier change de forme.— Répète, dis-je.— Tu as entendu.— Répète tout. Depuis le début. Pas la version de tout à l'heure. La vraie.Il se redresse. Il ne fuit pas. C'est la seule chose que je peux dire en sa faveur en cet instant, et elle est infime : il ne fuit pas.— La guerre économique contre les O'Connor, dit-il. Elle n'est pas née du conseil. Elle est née de moi.— Quoi.— Il y a six ans. Un an après le bal. Un an à te chercher dans tous les registres, tous les clans, tous les ports, et à ne rien trouver, parce que ton oncle est bon, il est très bon, il t'a effacée proprement. Et un jour, en épluchant pour la centième fois les listes des grandes maisons vampires, j'ai compris que je cherchais au mauvais endroit. Tu n'étais nulle part parce que ta famille te cachait. Les O'Connor te protége

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