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Chapitre 4 : La Métamorphose

Autor: Déesse
last update Data de publicação: 2026-09-02 18:58:25

La musique s'achève. Les applaudissements éclatent autour de nous. Mais lui ne me lâche pas. Sa main reste posée sur ma taille, son regard plongé dans le mien.

— Venez, dit-il.

Il m'entraîne hors de la piste, à travers la foule, vers les jardins. La nuit y est plus sombre, plus dense, pleine de murmures et de secrets. Les senteurs de roses et de chèvrefeuille se mêlent au parfum de la terre humide.

— Où m'emmenez-vous ?

— Loin des regards.

Nous nous arrêtons près d'une fontaine abandonnée. L'eau y stagne, couverte de pétales fanés. Il se tourne vers moi, retire lentement son masque.

Je retiens mon souffle.

Il est beau. D'une beauté sauvage, presque irréelle. Des traits fins mais virils, une mâchoire carrée, des lèvres pleines. Et ses yeux... ses yeux sont d'un doré intense, brillants dans l'obscurité, comme deux soleils prisonniers.

— Des yeux de loup, murmuré-je sans réfléchir.

Il se fige. Son sourire s'efface.

— Qu'avez-vous dit ?

Mon cœur s'arrête. Mon sang se glace. Je viens de comprendre. Ce regard doré, cette chaleur, cette aura de puissance animale... Il est un loup-garou.

Un loup-garou.

Mon ennemi héréditaire. La bête que mon père m'a appris à haïr depuis que je suis enfant. La créature qui a assassiné ma mère.

— Lâchez-moi, dis-je d'une voix étranglée.

— Attendez...

— Lâchez-moi !

Je le repousse violemment. Il recule d'un pas, surpris, blessé. La confusion se peint sur son visage.

— Qu'y a-t-il ? demande-t-il. Qu'ai-je fait ?

— Vous êtes un loup-garou, dis-je, et chaque mot est un crachat.

— Vous ne le saviez pas ?

— Non, je ne le savais pas. Et si je l'avais su, je ne vous aurais jamais adressé la parole.

Le silence tombe, lourd, chargé de douleur. Il me regarde, incrédule, comme si je venais de le poignarder.

— C'est donc cela, dit-il lentement. La haine des O'Connor.

Je me fige à mon tour.

— Comment connaissez-vous mon nom ?

— Je vous ai reconnue, Scarlett. Dès que je vous ai vue.

La peur m'envahit, glaciale, viscérale. Il sait qui je suis. Il m'a piégée.

— C'était un jeu ? demandé-je, la voix tremblante. Tout cela n'était qu'un jeu ?

— Non, ce n'était pas un jeu. Pas pour moi.

— Vous mentez. Vous êtes un loup, vous ne savez que mentir.

Il avance d'un pas. Je recule. La fontaine abandonnée est derrière moi. L'eau stagnante reflète la lune.

— Scarlett, écoutez-moi...

— Ne m'approchez pas !

Je ne sais pas si c'est la peur, la colère ou la honte qui me pousse. Mais je lève la main et le frappe. Pas une gifle. Un coup violent, porté avec toute la force de mon sang vampire.

Il encaisse sans broncher. Ses yeux dorés ne quittent pas les miens.

— Vous n'êtes pas obligée de me haïr, dit-il doucement.

— C'est tout ce que je peux faire.

— Pourquoi ?

— Parce que vous êtes un monstre. Parce que votre espèce a tué ma mère. Parce que tout ce que vous touchez pourrit.

Il pâlit. La douleur sur son visage est si vive, si réelle, que je ressens une pointe de remords. Mais je l'étouffe aussitôt.

— Partez, dis-je. Partez avant que je ne crie.

— Scarlett...

— Partez !

Il recule. Lentement, à contrecœur. Puis il se détourne et disparaît dans l'obscurité, avalé par la nuit.

Je reste seule près de la fontaine, le cœur battant à tout rompre, les joues baignées de larmes que je ne savais même pas avoir versées. Ma main me brûle. Mon poignet me brûle. Je baisse les yeux. Une marque étrange est apparue sur ma peau, juste sous la paume. Une marque qui n'y était pas avant. Une marque qui ressemble à une brûlure, mais qui ne s'efface pas.

Je ne le sais pas encore, mais cette nuit vient de sceller mon destin. Et le sien.

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