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CHAPITRE 34 : LE PLAN DU PATRIARCHE 2

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2026-10-04 08:34:53

Je connais les gens comme elle. Je les ai étudiés toute ma vie. Les pauvres. Les marginaux. Les invisibles. Ils ont une chose en commun. Une seule. Ils s'accrochent. À leurs petites joies. À leurs petits bonheurs. À leurs petites fiertés. Ils s'accrochent à un diplôme, à un appartement, à une amitié, à un amour. Ils s'accrochent à tout ce qu'ils peuvent, parce qu'ils n'ont rien d'autre. Et quand on leur enlève tout ça, un par un, lentement, patiemment, ils s'effondrent. Ils ne résistent
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  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 38 : LE PIÈGE SE REFERME

    OttavianoVendredi. Le jour est arrivé. Je me lève tôt, comme toujours. Cinq heures. Je ne dors jamais plus de cinq heures. C'est une habitude que j'ai depuis que je suis jeune, depuis que je construisais mon empire avec mes mains, avec ma sueur, avec ma rage. Le sommeil, c'est pour les faibles. Les puissants n'ont pas besoin de dormir. Les puissants n'ont pas besoin de repos. Les puissants n'ont besoin de rien.Je bois mon café noir, sans sucre, debout devant la fenêtre de ma chambre. Le jour se lève sur Rome. Une lumière pâle, grise, hivernale. Les toits brillent sous la rosée. Les dômes se découpent sur le ciel. Les cloches sonnent au loin. Rome s'éveille. Rome s'étire. Rome se prépare à une nouvelle journée. Et moi, je me prépare à une nouvelle bataille.Aujourd'hui, je vais rencontrer la fille. La fille qui a volé mon fils. La fille qui menace mon empire. La fille qui va apprendre, ce soir, à ses dépens, ce que c'est que de s'attaquer aux Fa

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 37 : L'ACCEPTATION

    J'ai plié la feuille. Je l'ai mise dans une enveloppe. J'ai écrit son nom dessus, Ottaviano Fabbri, et j'ai glissé l'enveloppe dans mon sac. Je la posterai en sortant. Ou je la déposerai moi-même. Je ne sais pas encore. Je ne sais pas si je veux qu'il sache que j'ai accepté. Je ne sais pas si je veux qu'il sache que j'ai peur. Je ne sais pas si je veux qu'il sache quoi que ce soit. Je marche dans les rues de Rome. Le ciel est bas, gris, lourd. Il va pleuvoir. Je le sens dans l'air, dans cette odeur de terre mouillée qui monte du sol, dans cette humidité qui colle à la peau. Je marche vite. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas pourquoi je marche. Je sais seulement que je ne peux pas rester chez moi. Que je ne peux pas rester enfermée avec mes pensées, avec mes doutes, avec mes peurs. J'ai besoin d'air. J'ai besoin d'espace. J'ai besoin de sentir que le monde existe encore, que la vie continue, que tout ne s'arrête pas à cette lettre, à ce dîner, à

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 36 : L'INVITATION

    Je souris. Une larme coule sur ma joue. Une larme de peur. Une larme de gratitude. Une larme d'amitié. Fiorenza a raison. Je suis forte. Je suis une survivante. Je ne me laisserai pas briser par un homme, quel qu'il soit. Pas même par Ottaviano Fabbri. Pas même par le père de l'homme que j'aime.— Qu'est-ce que je réponds ? demandé-je.— Rien pour l'instant. Attends. Laisse-le mariner. Laisse-le croire que tu hésites. Laisse-le croire que tu as peur. Ça le mettra en confiance. Ça le rendra moins méfiant.— Et après ?— Après, tu répondras. Mais pas maintenant. Dans deux ou trois jours. Et tu répondras quelque chose de neutre. De poli. De distant. Pas trop enthousiaste. Pas trop froid. Juste ce qu'il faut.— Je ne sais pas écrire ce genre de choses.— Je t'aiderai. On l'écrira ensemble. On trouvera les mots. On trouvera le ton. On trouvera la stratégie.— Fiorenza ?— Oui ?— Merci.—

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 35 : L'INVITATION

    ZairaL'enveloppe est posée sur la table de la cuisine, entre la bouilloire et le pot de sel. Elle est épaisse, crème, avec un cachet de cire rouge que je n'ai jamais vu de ma vie en vrai, seulement dans les films, seulement dans les livres. Mon nom est écrit à la main, à l'encre noire, d'une écriture fine et régulière, presque trop parfaite, comme si elle avait été tracée par une machine ou par un calligraphe. Je l'ai trouvée ce matin en rentrant du cours. Elle était glissée sous ma porte. Pas dans la boîte aux lettres. Sous la porte. Ce qui veut dire que quelqu'un est monté jusqu'à mon palier. Ce qui veut dire que quelqu'un connaît mon adresse. Ce qui veut dire que quelqu'un m'a vue, m'a suivie, m'a localisée.Je fixe cette enveloppe depuis dix minutes. Je n'ose pas l'ouvrir. J'ai peur. J'ai peur de ce qu'elle contient. J'ai peur de ce qu'elle signifie. J'ai peur de ce qu'elle va déclencher. Mais je sais que je vais l'ouvrir. Je sais que je n'ai pa

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 34 : LE PLAN DU PATRIARCHE 2

    Je connais les gens comme elle. Je les ai étudiés toute ma vie. Les pauvres. Les marginaux. Les invisibles. Ils ont une chose en commun. Une seule. Ils s'accrochent. À leurs petites joies. À leurs petits bonheurs. À leurs petites fiertés. Ils s'accrochent à un diplôme, à un appartement, à une amitié, à un amour. Ils s'accrochent à tout ce qu'ils peuvent, parce qu'ils n'ont rien d'autre. Et quand on leur enlève tout ça, un par un, lentement, patiemment, ils s'effondrent. Ils ne résistent pas. Ils ne savent pas résister. Ils n'ont jamais appris.Cette fille. Zaira. Elle est pauvre. Elle est seule. Elle n'a que deux choses dans sa vie. Son diplôme. Et mon fils. Si je lui enlève son diplôme, elle n'aura plus rien à quoi s'accrocher. Si je lui enlève mon fils, elle n'aura plus rien du tout. Et une fois qu'elle n'aura plus rien, une fois qu'elle sera à genoux, une fois qu'elle sera brisée, Leandro la quittera. Tout seul. Sans que j'aie besoin de lever le petit doigt. Parce q

  • ENTRE LE PÈRE ET LE FILS    CHAPITRE 33 : LE PRESSENTIMENT 2

    Je regarde par la fenêtre. La nuit est tombée complètement. Les réverbères dessinent des taches jaunes sur le trottoir. Un chat traverse la rue, silencieux, le dos rond. Je me demande où il va. Je me demande s'il a peur. Je me demande s'il sait ce qui l'attend. — Qu'est-ce que je fais ? — Tu fais attention. Tu ne restes pas seule. Tu ne vas pas chez lui. Tu ne réponds pas à ses appels si tu ne sais pas qui c'est. Tu me tiens au courant de tout. Et si quelque chose te semble bizarre, même un détail, même une petite chose que tu n'arrives pas à expliquer, tu m'appelles. Jour ou nuit. — Tu crois qu'il pourrait m'arriver quelque chose ? — Je ne crois pas. Je sais. Les hommes comme Ottaviano Fabbri ne s'attaquent pas directement. Ils ne viennent pas te menacer chez toi avec une arme à la main. Ils sont plus intelligents que ça. Ils te coincent. Lentement. Par les côtés. Ils utilisent les gens que tu aimes, les ch

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