Mag-log inMARCUSMarcus ne se souvenait pas d’avoir quitté la cathédrale.Une seconde plus tôt, il se tenait face à douze vampires anciens, leurs yeux plantés en lui, leurs voix résonnant d’accusations, de menaces, de trahison… Tout ce qu’il savait, c’est qu’il avait obéi à l’appel du Conseil.La suivante—Du sang. Et des cris partout. C’était une élimination planifiée.Des corps s’écrasant contre la pierre.Quelque chose en lui avait cédé si net que ça n’avait même pas fait de bruit.Tout ce qu’il entendait, c’était une seule chose.Noah. Ils étaient liés, évidemment.Ce lien n’était plus silencieux. Ce n’était plus un simple amour dans son cœur.Il hurlait. Fort. Violent.Douleur. Peur. Faiblesse.Marcus recula d’un pas en titubant, sa main agrippant le pilier de la cathédrale assez fort pour le fissurer. Sa respiration sortait rauque, irrégulière, comme s’il venait d’être traîné à travers le feu.« Noah… »Le nom sortit comme un rugissement.L’un des Anciens s’avança, la voix calme, froide.
Je n’arrivais pas à croire que mon père faisait partie des gens qui me voulaient pour des expériences.Pas seulement en train de regarder. Il était littéralement assis là, en train d’écouter comment ses élites lubriques et cupides parlaient de moi.Il était l’un d’eux.Je m’agenouillai lentement, mes genoux heurtant le sol froid plus fort que je ne m’y attendais, mais je le sentis à peine. Mes yeux restèrent collés à l’écran, comme si en clignant des yeux il allait disparaître et que tout ce cauchemar allait se réinitialiser pour revenir à la normale.Mais ce ne fut pas le cas. Il me manquait mes jours de PDG, d’être juste humain… non, blague à part, ce n’était pas un rêve. C’était ma réalité maintenant.Les voix continuaient de se chevaucher sur les moniteurs. Calmes. Polies. Contrôlées. Comme s’ils discutaient d’actions ou d’immobilier.« Quelle est la limite d’extraction par session ? »« Le sujet peut-il se régénérer après une perte de sang ? »« La souche hybride est-elle stable
Les alarmes continuaient de hurler comme si le bâtiment lui-même avait perdu la tête.Les lumières rouges inondaient la pièce, transformant les parois de verre en tranches de peur couleur sang. Kris Heather se tenait au milieu de tout ça comme s’il possédait le chaos, une main sur le panneau de contrôle, l’autre posée nonchalamment le long de son corps, comme s’il ne venait pas de me traîner en enfer avec un sourire aux lèvres.Mes genoux tremblaient encore à cause du collier.Chaque fois que j’essayais de me ressaisir, la chose autour de mon cou émettait un petit bruit laid, comme si elle m’écoutait. Mon corps se sentait réduit à l’os, exposé d’une façon qui me donnait la chair de poule. Je détestais ça. Détestais la faiblesse. Détestais le fait de sentir des gens me regarder sans pouvoir rien y faire.« Lève-toi », dit Kris, presque ennuyé.Je le regardai à travers le tintement dans mes oreilles. « Va en enfer. »Ça lui arracha un sourire. « J’y suis déjà, chéri. »Il tapa l’écr
Dès que les mots de Kris Heather me parvinrent aux oreilles, ma poitrine se glaça. Célèbre. Le genre de célébrité qui ne rend ni riche ni puissant… elle fait de vous une proie. Mes jambes semblaient remplies de plomb. Je voulais fuir, je voulais crier, je voulais retourner la situation… mais le collier neutralisateur en avait décidé autrement. Chaque montée de mon énergie dorée, chaque instinct, chaque mouvement que j’essayais de faire s’éteignait dans le néant.Kris ne perdit pas de temps. Il me tira vers la porte du penthouse comme une poupée de chiffon, son visage meurtri tordu en un sourire qui me retourna l’estomac. « Détends-toi, M. Vale », dit-il d’une voix râpeuse comme du papier de verre. « On va juste faire un petit show-and-tell, mon beau. »J’avais envie de le frapper, de lui cracher dessus, de lui réduire ce visage suffisant en charpie, mais mon corps se moquait de moi. Mes poings peinaient à bouger. Mes jambes obéissaient à peine. J’étais redevenu humain. Faible. Vulné
**************L’eau de la douche était si froide qu’elle aurait dû me faire mal… très mal. Mais elle ne le faisait pas.Elle coulait sur ma peau en fins filets, dégoulinait de mes cheveux, glissait le long de mon dos, mais la chaleur à l’intérieur de mon corps ne voulait pas partir. Mes veines vibraient encore, comme si quelque chose en elles se réveillait lentement.Je m’appuyai le front contre le carrelage mouillé et fermai les yeux.Ma poitrine battait. Des respirations lentes, irrégulières.La lumière dorée en moi s’était estompée après l’explosion dans les bois. Elle ne faisait plus rage. Elle s’était retirée quelque part, profondément sous mes côtes.**********Mais le sentiment qu’elle avait laissé derrière elle…Ce vide douloureux, ce besoin… était toujours là.C’était comme si quelque chose en moi tendait la main vers une ancre.Et la seule ancre qu’il connaissait, c’était Marcus. Il était évidemment mon compagnon. J’étais lié à lui.Je coupai l’eau et sortis de la douche. L
POINT DE VUE D’ELARA************Je sus exact le moment où Marcus Blackwood jeta sa vie aux orties.Je le goûtai. Je le sentis.Je me tenais sur la crête surplombant le col de montagne, le vent froid s’infiltrant sous mon manteau et fouettant mes cheveux sur mon visage. La forêt en contrebas était noire et silencieuse… jusqu’à ce que l’onde de choc arrive.Elle déchira la vallée comme un coup de tonnerre.Une lumière violette éclata entre les arbres, violente et brute. Le sol trembla sous mes bottes et le souffle de l’explosion me vola l’air des poumons.***********Un instant, toute la forêt s’illumina. Noah avait réveillé la malédiction.Puis la lumière s’éteignit.Mais le pouvoir, lui, ne s’éteignit pas.Il restait suspendu dans l’air, comme l’odeur qui suit la foudre… et quelque chose de plus ancien. Quelque chose de furieux.Pourtant, ce n’était pas cela qui me tordit l’estomac.C’était l’odeur. Sueur, sang et désespoir.La puanteur lourde de deux corps enlacés dans la terre pen







