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Chapitre 6

Penulis: Scholee
last update Tanggal publikasi: 2026-03-01 23:31:11

Point de vue du narrateur

À des milliers de mètres d'altitude, l'avion fendait les nuages ​​du matin. La cabine était faiblement éclairée. L'air était frais et les lumières tamisées se reflétaient sur les boiseries polies et les sièges en cuir.

À l'intérieur, un verre de vin attendait patiemment sur une table basse, près de longues jambes. On devinait qu'il avait envie de regarder, mais il gardait son regard captivé, rivé sur l'ordinateur portable posé devant lui.

Pendant ce temps, juste en face, Neveah était assise, les yeux fermés, plongée dans un profond sommeil. Sa posture témoignait de sa détente, et sa respiration douce emplissait l'espace tandis qu'un certain individu rivalisait – involontairement – ​​avec le bruit de son clavier.

Les hublots étaient hermétiquement fermés, comme Lucien l'avait ordonné afin que rien ne vienne perturber le sommeil de la jeune femme.

Neveah semblait paisible. Un étranger qui l'aurait vue dormir aurait pu la croire libérée des tourments de la vie.

Son corps laissa tomber toute défense dès l'instant où elle fit la paix avec elle-même.

« Qui suis-je devenue ? »

« Naveah Carter », s'était-elle dit. « Mais maintenant, je vais me transformer en celle que je suis vraiment, celle que je mérite d'être : Naveah Dior Lourne. »

Un regard d'un bleu océan se posa sur elle, un regard empreint de complexité.

Les yeux se détournèrent d'elle et revinrent moins d'une minute plus tard, cette fois-ci calculateurs.

Lucien scrutait Naveah, comme s'il cherchait à comprendre comment elle s'était transformée en cette humaine sans défense qui dormait juste en face de lui.

Il secoua la tête avant de reporter son attention sur l'ordinateur portable devant lui, se replongeant dans son travail.

Les rides de son front se creusèrent, ses paupières se plissant simultanément.

Son petit doigt se porta à ses lèvres tandis que son regard errait à nouveau, s'arrêtant sur Naveah, endormie paisiblement.

Il avait manifestement perdu la bataille qu'il menait contre lui-même. Il tendit la jambe droite en avant, s'appuya sur sa jambe gauche et plongea la main dans sa poche.

À côté de sa main, un téléphone apparut. Les yeux toujours rivés sur Naveah, il rapprocha l'appareil et composa un numéro.

La communication fut établie après une seule sonnerie.

« Monsieur », fit une voix féminine à l'autre bout du fil.

« Préparez immédiatement une équipe de médecins chez les Lourne ! » ordonna-t-il.

« Pourquoi ? » demanda la voix à l'autre bout du fil, mêlant curiosité et crainte.

« Elle ne se sent pas bien. Assurez-vous qu'ils soient là ! » dit-il d'un ton définitif avant de raccrocher.

Son regard se posa enfin sur Nevaeh – sans hésitation, sans peur. Il la fixa, impassible, le regard et les émotions indéchiffrables.

Il la fixait encore lorsque sa tête bascula sur le côté, la force du mouvement faisant glisser son haut d'un millimètre, dévoilant sa nuque.

Lucien s'immobilisa, son regard s'attardant une seconde de trop. Ses yeux suivirent sa poitrine qui se soulevait et s'abaissait, sa bouche s'entrouvrant lentement.

« C'est absurde », murmura-t-il, les yeux rivés sur le clavier.

Son esprit était prêt, mais son corps en avait décidé autrement, comme le reflétait encore un coin de son œil.

Naveah glissa lentement un peu plus, sa tête s'éloignant toujours plus de l'appui-tête.

« Elle va s'habituer », murmura Lucien, mais l'instant d'après, son ordinateur portable heurtait le sol.

Avant même qu'il ait pu entendre le bruit, la tête de Naveah reposait dans sa main, tandis qu'il s'accroupissait maladroitement pour la retenir.

La tête de Naveah reposait dans sa paume, sa taille semblant étrangement adaptée, comme si elle avait été faite sur mesure.

Pendant un instant, aucun des deux ne bougea. Naveah dormait profondément, son souffle caressant son poignet d'une douce chaleur.

Lucien ne réalisa pas qu'il ne respirait plus, son regard parcourant chaque centimètre de son visage, des cernes qui soulignaient ses yeux à ses lèvres entrouvertes.

Elle paraissait plus petite et plus fragile qu'il ne s'en souvenait… Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il comprit enfin ce que cela signifiait.

Le monde autour de lui avait disparu ; il n'y avait plus qu'eux deux.

Le silence se fit dans la pièce, la tension dans ses épaules se dissipant peu à peu.

Il vit ses lèvres trembler légèrement et, par instinct, il se pencha pour entendre ses paroles.

« Mon bébé… »

Son estomac se noua à ces mots, mais son cerveau refusait d'y croire jusqu'à ce que…

« Pas mon bébé… » répéta-t-elle, la voix tremblante, teintée d'une peur palpable.

Luicen se figea. Le monde qui s'était refermé sur lui s'ouvrit à nouveau.

Sa mâchoire se crispa tandis que ses doigts se retiraient lentement de sa tête.

La douceur d'avant s'évanouit. Son expression se durcit à nouveau lorsqu'il lui caressa doucement la tête.

Il la reposa d'un geste brusque, se redressa et épousseta son pantalon en ramassant l'ordinateur portable.

Il l'inspecta : il n'avait subi aucun dommage. Il lui jeta un dernier regard avant de se rasseoir.

Un nouveau message s'affichait à l'écran.

Il l'ouvrit et y trouva un lien.

Aucune trace de surprise ne transparaissait sur son visage ; il s'y attendait déjà.

Il jeta un dernier coup d'œil à Naveah, son regard s'attardant sur sa main qui serrait fort le collier brisé.

Il cliqua finalement sur le lien. Un document s'ouvrit.

Le chargement prit quelques secondes, le curseur se déplaçant sur la page blanche avant que l'en-tête ne s'affiche.

« Killian Carter »,

Ses yeux parcoururent l'écran, lisant chaque phrase lentement et attentivement.

Chaque méfait. Financier. Moral.

Chaque méfait de Killian s'affichait sous les yeux de Lucien. Il jeta un nouveau coup d'œil à Naveah, la mâchoire serrée.

Sans manifester la moindre réaction, il répondit simplement à l'expéditeur : « Commencer ».

Trois points apparurent à l'écran : l'expéditeur était en train d'écrire.

Lucien observa calmement les points disparaître puis réapparaître.

« Compris ! »

Aucune explication. Aucune question.

Lucien avait manifestement préparé quelque chose pour Killian, qui ignorait tout du danger qui le guettait.

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