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Chapitre 117

last update publish date: 2026-06-29 02:34:25

Chapitre 117

Une ancienne connaissance

Chloé Deveraux sortit de prison par un matin de septembre, après avoir purgé la totalité de sa peine pour diffamation, menaces et complicité de calomnie, et le monde qu'elle retrouva n'était plus celui qu'elle avait quitté. Les portes de la maison d'arrêt s'étaient refermées derrière elle avec un claquement sourd, et elle s'était retrouvée sur le trottoir, seule, une petite valise à la main, vêtue d'un tailleur bon marché que l'administration pénitentiaire
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    Chapitre 150NoamL'idée me vint un soir d'hiver, alors que nous étions assis devant la cheminée, Élina et moi, à regarder les flammes danser dans l'âtre et à écouter le vent qui gémissait dans les branches des oliviers. Les bûches crépitaient doucement, et leur lumière orangée dansait sur les murs de pierre blonde, sur les poutres centenaires, sur le visage d'Élina qui lisait un roman, ses lunettes posées sur le bout du nez. Elle venait de prendre sa retraite, et depuis quelques semaines, je la voyais tourner en rond dans le mas, ranger des papiers, feuilleter de vieux albums de photos, s'asseoir sur la terrasse pour regarder le soleil se coucher, et je sentais qu'elle cherchait un nouveau sens, une nouvelle raison de se lever le matin. Elle avait consacré toute sa vie à la science, aux patients, au laboratoire, et voilà que tout cela s'arrêtait, que le silence prenait la place du vacarme, que les journées s'étiraient, longues et vides, comme des pages blanches qu'elle ne savait plus

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    Chapitre 149ÉlinaQuelques mois plus tard, par une matinée de printemps où les glycines explosaient en grappes mauves sur la façade du mas et où les abeilles bourdonnaient paresseusement autour des lavandes, je pris ma retraite. La décision avait mûri lentement, comme un fruit qui se détache de la branche, et j'avais passé des nuits entières à peser le pour et le contre, à me demander si je pouvais vraiment quitter ce laboratoire qui avait été ma raison de vivre pendant tant d'années. Mais depuis l'alerte cardiaque de Noam, quelques mois plus tôt, une certitude s'était imposée à moi : le temps était venu de passer le flambeau, de profiter de la vie, de me consacrer à ceux que j'aimais.Ce matin-là, je m'étais levée à l'aube, comme chaque jour, mais au lieu de me précipiter sur mes dossiers, j'étais restée un long moment assise sur la terrasse, une tasse de thé fumant entre les doigts, à regarder le soleil se lever sur les collines. Le ciel était d'un bleu limpide, le vent portait le

  • Il l'a perdue pour toujours    Chapitre 148

    Chapitre 148NoamLe petit souci de santé survint un matin de janvier, sans prévenir, alors que je travaillais dans mon bureau, entouré de dossiers et de livres. Le feu crépitait dans la cheminée, et une tasse de café fumait sur le sous-main. Dehors, la neige tombait en flocons lents et silencieux, recouvrant les oliviers d'un linceul blanc, et le silence était si profond que j'entendais le tic-tac de l'horloge comtoise qui égrenait les secondes avec une régularité de métronome.Une douleur à la poitrine, brève, fulgurante, qui me coupa le souffle et me fit lâcher mon stylo. Ce n'était pas une douleur violente, non, plutôt une étreinte, une main invisible qui se refermait sur mon cœur et le serrait doucement, comme pour me rappeler qu'il avait beaucoup battu, qu'il avait beaucoup donné, et qu'il demandait un peu de repos. Je restai un instant immobile, la main plaquée sur le cœur, attendant que cela passe, les yeux fixés sur la fenêtre où la neige continuait de tomber. Je pensai à tou

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    Chapitre 147Vieillir ensembleLes années passèrent sur le mas comme des eaux tranquilles, glissant sur les pierres blondes sans les éroder, et un matin, en me regardant dans le miroir de la salle de bains, je vis des rides au coin de mes yeux, des fils d'argent qui striaient mes cheveux bruns. Je restai un long moment immobile, les doigts posés sur ma joue, à contempler ce visage qui était le mien et qui, pourtant, avait changé, s'était creusé, s'était patiné comme une pierre ancienne façonnée par le vent et la pluie. La lumière du matin entrait par la fenêtre, crue, impitoyable, et chaque ride, chaque sillon, chaque marque du temps était comme une carte de ma vie, une carte où l'on pouvait lire les nuits blanches passées au laboratoire, les larmes versées dans l'aile abandonnée du manoir, les rires échangés avec Noam, les premiers sourires de Livia, les batailles gagnées, les victoires remportées, les deuils traversés.Je me souvins de ce jour, des décennies plus tôt, où j'avais fui

  • Il l'a perdue pour toujours    Chapitre 146

    Chapitre 146ÉlinaLe soir même, après avoir dîné en tête-à-tête pour la première fois depuis des mois, nous étions assis sur la terrasse, Noam et moi, à regarder les étoiles. Le mas était silencieux, presque trop silencieux, et la chambre de Livia, vide, semblait attendre son retour. La porte était restée entrouverte, et j'apercevais son lit fait, ses livres rangés sur l'étagère, son microscope recouvert d'une housse de plastique. Tout était en ordre, tout était prêt pour son retour, mais pour la première fois, elle n'était pas là, et son absence emplissait la maison d'un vide étrange, presque palpable, comme si les murs eux-mêmes ressentaient son départ.Noam était pensif, son regard gris perdu dans l'immensité du ciel, et je sentais sa mélancolie comme une vague, douce mais profonde. Il n'avait presque pas parlé pendant le dîner, se contentant de manger en silence, de temps en temps un sourire triste aux lèvres, et je savais qu'il pensait à elle, à toutes ces années qui avaient fil

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    Chapitre 145NoamJe restai un long moment immobile sur le parvis de la faculté, les mains dans les poches de mon manteau, les yeux fixés sur les portes de l'amphithéâtre qui s'étaient refermées derrière Livia comme un rideau de théâtre à la fin du premier acte. Le vent d'automne faisait tourbillonner les feuilles mortes sur les pavés, des feuilles de platane et de marronnier qui crissaient sous les pas des étudiants, et le ciel était d'un gris tendre, chargé de nuages qui s'effilochaient vers l'horizon en longues traînées cotonneuses. Les étudiants continuaient de se presser autour de moi, leurs rires, leurs conversations, leurs pas pressés sur le gravier, mais je ne les entendais plus, je ne les voyais plus. Tout mon être était tendu vers cette porte close, vers cette silhouette gracile que je venais de voir disparaître, vers cette petite fille qui avait grandi trop vite et qui, aujourd'hui, entrait dans le monde des adultes.Je ne sais pas combien de temps je restai ainsi, debout,

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    Chapitre 15AdrienLe matin s'est levé sur un parc dévasté, des branches arrachées jonchant les pelouses, des flaques immenses miroitant sous la lumière blafarde d'un soleil qui peine à percer les nuages en lambeaux. La tempête de la nuit a laissé derrière elle un chaos végétal, des massifs de rose

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