La mariée de substitution

La mariée de substitution

last updateTerakhir Diperbarui : 2026-07-03
Oleh:  Nanalie Baru saja diperbarui
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Après la mort de sa sœur, Lurie une jeune fille de,20 ans est forcée d’épouser Lux, son beau-frère , pour remplacer la femme qu’il aimait. Dans cette maison, elle n’est pas une épouse. Elle est une remplaçante. Lux est froid, brisé, incapable de la regarder autrement qu’à travers le souvenir de Nevia. Et pourtant, il est son mari. Isolée dans un mariage sans amour, Lurie doit apprendre à survivre dans une vie qui ne lui appartient pas, tout en élevant l’enfant de sa sœur. Mais entre devoir, silence et humiliation, une vérité devient dangereusement claire : elle n’a jamais été choisi, elle a été imposée. Et dans l’ombre de Nevia, Lurie commence à se demander : peut-on exister quand on vit à la place d’une morte ?

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Bab 1

Chapitre 1: La sœur parfaite

Les gens aiment répéter qu’il n’existe rien de plus fort que les liens du sang.

Je n’ai jamais su quoi répondre à cette phrase. Pas parce qu’elle me touchait, mais parce qu’elle m’a toujours semblé étrangère, comme une vérité inventée pour les familles heureuses.

Chez nous, l’amour ne se donne pas librement. Il se mérite, se négocie presque. Il faut être brillante, utile, admirable. Il faut obligatoirement ressembler à quelqu’un qu’on a envie de montrer au monde.

Et moi, je n’ai jamais été cette personne-là.

Je m’appelle Lurie. Je suis la cinquième enfant de mes parents. Avant moi, il y avait eu trois garçons, solides, bruyants, soudés comme une meute. Puis ma sœur aînée, la fierté de la maison, celle dont le prénom revenait dans toutes les conversations avec une douceur que je n’ai jamais entendue quand on parlait de moi.

Et puis il y a moi.

Mes parents ne m’ont jamais maltraitée au sens où les gens l’entendent d’ordinaire. Ils ne m’ont ni battue ni mise à la porte. Ils faisaient quelque chose de plus discret, de plus difficile à nommer.

Ils m’ont laissée grandir dans les marges.

J’étais là sans vraiment compter. Une présence commode, silencieuse, qu’on remarquait surtout lorsqu’elle dérangeait. Ma mère avait pour moi des sourires absents, étirés par politesse plus que par tendresse. Mon père, lui, me regarde souvent comme on regarde un objet posé au mauvais endroit, sans hostilité franche, mais avec une fatigue muette.

Quand ma sœur désirait quelque chose, la maison entière semblait se mettre en mouvement pour le lui offrir. Les obstacles disparaissaient, les finances se réorganisaient, les priorités changeaient. Pour elle, il y avait toujours une solution.

Quand je demandais exactement la même chose, les visages se fermaient. Ma mère pinçait les lèvres avant même de répondre. Mon père poussait un soupir bref, les sourcils déjà froncés, comme si ma simple demande était une preuve d’ingratitude. On m’expliquait que ce n’était pas le bon moment, que l’argent ne tombait pas du ciel, que je devais apprendre à renoncer. On prononçait le mot sacrifice avec cette sévérité tranquille réservée à ceux dont les rêves importent peu.

J’ai très tôt compris que, dans cette maison, nous n’étions pas nées du même côté de la balance.

Puis ma sœur a rencontré l’homme parfait.

C’est ainsi que tout le monde le décrivait, avec cet éclat particulier dans les yeux qu’ont ceux qui se sentent soudain plus importants par association. Riche , Puissant et Respecté. Un homme dont le nom ouvrait les portes avant même qu’il ne frappe.

La première fois que je l’ai vu, il portait un costume sombre taillé au millimètre et un sourire impeccable, lisse comme une vitrine. Mes frères redressaient instinctivement les épaules en sa présence. Mon père riait plus fort que d’habitude à chacune de ses remarques, le menton relevé avec une fierté presque puérile. Ma mère, elle, ne cessait de réajuster ses manchettes, de lisser une mèche invisible, comme si elle avait peur que le moindre faux pli trahisse l’origine modeste qu’elle cherchait désespérément à dissimuler.

Ma sœur rayonnait à son bras.

Elle avait ce sourire tranquille des femmes qui savent qu’elles ont gagné. Son regard glissait sur nous avec une douceur étudiée, mais au fond de ses yeux brillait autre chose : la certitude d’être au-dessus, enfin confirmée par le monde entier.

Le mariage était célébré dans un domaine si somptueux qu’il en paraissait irréel. De hauts plafonds couverts de moulures dorées, des nappes épaisses comme du velours, des bouquets immenses dont le parfum entêtait l’air au point d’en devenir presque suffocant. Les lustres suspendus au dessus de la salle projetaient une lumière chaude sur les verres en cristal, sur les bijoux, sur les sourires tirés à la perfection.

Tout scintillait.

Sauf ce qu’on m’accordait.

Je me souviens des regards qui glissaient sur moi sans s’arrêter, des salutations distraites, des lèvres polies qui se relevaient à peine avant de se tourner vers quelqu’un de plus important. Sur les photos, j’étais toujours au bord du cadre, légèrement en retrait, comme si même l’image savait où était ma place.

Un an plus tard, ma sœur a donné naissance à une petite fille.

L’arrivée de l’enfant transforma la famille en cour royale. Ma mère pleurait d’émotion dès qu’elle la prenait dans ses bras. Mon père, d’ordinaire si avare de gestes tendres, la regardait avec une expression adoucie que je ne lui connaissais pas. Même mes frères parlaient moins fort en entrant dans la pièce, comme si le bébé portait autour d’elle une forme de sacré.

On disait qu’elle avait les yeux de son père, la bouche de sa mère, le front de notre grand-mère. Chacun cherchait à se reconnaître en elle, à s’y refléter, à revendiquer une part de ce nouveau miracle.

Moi, je la trouvais surtout minuscule. Fragile. Perdue dans des couvertures trop grandes, avec ses poings fermés et ses paupières translucides. Quand elle dormait, son visage semblait totalement paisible, comme si elle ignorait encore la violence silencieuse qui vivait au cœur d’une famille.

Puis, quelques mois après sa naissance, un jour de samedi, le téléphone sonnait. Soudain, un bruit se faisait entendre au salon. Gérard et moi avons échangé un regard, perplexes. Une seconde plus tard, un autre son retentit. C'était un cri.

Pas un cri ordinaire, mais un cri arraché à la douleur elle-même . On s'est précipités vers le rez-de-chaussée pour voir ce qui s'était passé.

Je revois encore ma mère figée au milieu du salon, une main crispée sur l’accoudoir, l’autre serrant le combiné contre son oreille. Son visage était vidé de toute couleur. Ses yeux remplis de larmes, elle avait du mal à respirer.

Mon père a presque arraché le téléphone des mains de ma mère, avec une brusquerie nerveuse. Je l'ai vu écouter sans dire un mot, la mâchoire si crispée que ses tempes tremblaient légèrement. Puis ses épaules se sont affaissées légèrement juste assez pour que je comprenne que quelque chose venait de se briser.

Gérard s'est approché de maman. Il ne comprenait pas ce qui se passait, et moi non plus. Je me suis approchée à mon tour et, avec hésitation, j'ai demandé ce qui se passait.

C'est alors que notre père, le visage ravagé par le chagrin, nous a annoncé la nouvelle :

-Votre sœur est morte.

Elle a eu un accident de voiture.

Les mots se sont répandus dans la maison comme un froid brutal. Plus personne ne parlait vraiment. Il n'y avait que des sanglots étouffés, des murmures et des regards perdus, comme si chacun attendait encore que quelqu'un démente cette terrible nouvelle.

J'étais sous le choc. Mais, contrairement aux autres, je ne ressentais pas cette douleur dévastatrice qui semblait les consumer. Nevia et moi n'avions jamais été proches. En vérité, nous avions passé une grande partie de notre vie à nous opposer. Elle pouvait être insupportable, et je ne l'avais jamais réellement appréciée.

Pourtant, la voir disparaître aussi soudainement avait quelque chose d'irréel. Une présence qui avait toujours existé venait de s'éteindre, et même moi, je ne savais pas vraiment quoi ressentir.

L’enterrement a eu lieu sous un ciel gris, sans lumière, un ciel lourd qui semblait retenir la pluie par pure cruauté. Les visages étaient fermés, ravagés pour certains, soigneusement composés pour d’autres. Ma mère sanglotait avec cette détresse désordonnée qui déforme les traits. Son mascara avait coulé dans les plis de ses joues. Mon père, lui, paraissait pétrifié. Il serrait les dents si fort qu’on distinguait le jeu nerveux de sa mâchoire à chaque respiration.

Autour d’eux, les gens parlaient de tragédie, de destin, d’injustice. Ils baissaient la voix en prononçant le prénom de ma sœur, comme on le ferait dans une église.

Deux semaines ont passé depuis son enterrement.

Quatorze jours à voir la maison figée dans le deuil. Les rideaux souvent tirés. Les tasses de café oubliées à moitié pleines. Les pas plus lents. Les conversations interrompues dès que j’entrais dans une pièce. Je pensais que nous avions déjà traversé le pire, que la douleur, aussi immense soit-elle, finirait par trouver une forme supportable.

Je me trompais.

Le véritable bouleversement n’avait pas encore commencé.

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