LOGINRORY
— Je n’étais pas censée jouir comme ça.
Pas ici.
Pas sur les genoux d’un inconnu dans un coin sombre d’un club masqué pendant que des gens bougeaient et gémissaient autour de nous.
Pourtant, je l’avais fait.
Mon corps était mou, tremblant contre son large torse, chaque respiration saccadée et douce. La petite partie de mon cerveau qui fonctionnait encore murmurait la même question stupéfaite :
Comment puis-je me sentir aussi à l’aise avec un homme dont je n’ai jamais vu le vrai visage ?
Ses doigts épais étaient encore profondément enfouis en moi, luisants de mon plaisir. Sous mes fesses, son sexe tendait durement son pantalon, palpitant comme s’il mourait d’envie de remplacer ses doigts.
Pourtant, il n’avait rien tenté pour lui-même.
Était-ce l’anonymat du club ?
Le simple soulagement d’être enfin touchée par quelqu’un d’autre après plus d’un an à n’avoir que ma propre main ?
Ou était-ce lui.
Le calme autoritaire dans sa voix, cette odeur de forêt profonde, la façon dont il me tenait comme si mon plaisir était la seule chose qui comptait ?
Je clignai fort des yeux, essayant de dissiper le brouillard du meilleur orgasme de ma vie.
Quand je me redressai, ses doigts bougèrent en moi et mon clitoris gonflé frotta contre sa paume. Une vive et délicieuse secousse me traversa. Je haletai, les hanches remuant malgré moi.
Il retira lentement ses doigts, accrocha mon regard à travers nos masques et, sans rompre le contact, les glissa entre ses lèvres pour les sucer.
Putain.
Aucun homme n’avait jamais fait ça.
La faim brute sur son visage tandis qu’il me goûtait, le grognement sourd qui vibra dans sa poitrine… Cela me fit rouler des hanches contre son énorme renflement avant que je puisse m’arrêter.
Ses mains se refermèrent fermement sur mes cuisses, me clouant sur place. Ses lèvres diaboliques s’étirèrent en un lent sourire dangereux.
— À moins que tu veuilles que je t’emmène directement dans une salle privée tout de suite, murmura-t-il, je te suggère d’arrêter de bouger, beauté. Ça fait longtemps qu’une femme n’a pas autant mis ma maîtrise à l’épreuve… et je préférerais ne pas jouir dans mon pantalon comme un adolescent ce soir.
Un rire essoufflé m’échappa.
Il y avait quelque chose d’incroyablement addictif dans le fait de savoir que je pouvais l’affecter à ce point simplement en me désagrégeant pour lui.
Mais le rire s’évanouit vite.
Et maintenant ?
Je ne pouvais pas juste prendre et partir. Ça semblait injuste.
Il venait de m’offrir un orgasme qui avait rewiré tout mon système nerveux. Je voulais lui rendre la pareille.
Ma main glissa vers le bouton de son pantalon, les doigts encore tremblants d’adrénaline.
Avant que je puisse l’ouvrir, sa grande main se referma doucement sur la mienne pour m’arrêter.
— Ce n’est pas ce dont j’ai besoin ce soir.
Je me figeai.
— Mais… tu es tellement dur.
— Je sais. Et crois-moi, j’ai envie de tes mains sur moi. De ta bouche, de ta chatte, de tout. Mais ce n’était pas une transaction, dit-il en caressant mon poignet de son pouce en cercles lents et apaisants. Te voir te perdre, sentir que tu me faisais assez confiance pour te lâcher comme ça… c’était plus que suffisant pour ce soir.
Il était visiblement en souffrance. Je sentais chaque centimètre épais de lui.
Pourtant, il choisissait d’arrêter.
Je scrutai ses yeux.
— Tu es vraiment d’accord avec ça ?
— Je suis plus que d’accord, murmura-t-il en passant son pouce sur ma lèvre inférieure. J’ai adoré chaque seconde passée à te faire du bien. Mais si on continue maintenant, je ne serai pas doux. Et je veux que tu reviennes pour en avoir plus quand tu seras prête.
Il ne me rejetait pas.
Il me respectait.
Toujours à califourchon sur ses genoux, je me penchai et l’embrassai doucement, goûtant mon propre plaisir sur sa langue.
— Merci, chuchotai-je contre ses lèvres. C’était… incroyable.
Ses mains se crispèrent sur mes cuisses.
— Est-ce que je te reverrai ici ?
Mon ventre fit un salto d’excitation nerveuse.
— Tu veux que je revienne ?
Il prit mon visage entre ses mains et se rapprocha jusqu’à ce que nos masques se touchent presque.
— Ce n’était que le début. Je veux plus de toi, colombe. Je veux te goûter vraiment. Je veux te regarder te briser encore et encore. Vendredi prochain. Dis oui.
Mon pouls s’emballa.
— Je ne suis qu’invitée ce soir. L’adhésion de mon amie se termine ce soir.
— Je m’en occupe, répondit-il simplement. Je te ferai obtenir une adhésion complète. Tu n’auras qu’à te présenter.
Je ris, un peu tremblante.
— Tu ne connais même pas mon nom. Ces adhésions coûtent cher.
Un coin de sa bouche se releva dans ce sourire dangereusement assuré.
— Si tu franchis ces portes vendredi prochain, alors je saurai tout ce dont j’ai besoin.
Mon esprit tournoyait.
— Mon amie ne voudra peut-être pas revenir, et je ne suis pas sûre que je…
— Raven, coupa-t-il d’une voix qui me fit taire de la meilleure façon. Je te veux ici la semaine prochaine. Je suis heureux de payer l’adhésion. La seule question, c’est si tu vas l’utiliser.
— C’est un énorme risque pour toi.
— Certains risques valent chaque centime.
Je ne savais plus quoi dire.
Mes jambes tremblaient encore quand je glissai enfin de ses genoux et tirai ma jupe vers le bas d’une main mal assurée.
Il se leva aussi, me dominant de toute sa hauteur, et pendant une seconde folle je souhaitai arracher nos deux masques pour voir le visage derrière cette voix et ces mains parfaites.
— Laisse-moi te raccompagner jusqu’à ton amie, proposa-t-il.
Je secouai la tête, la poitrine serrée par trop d’émotions.
— Je vais la trouver. Elle est sûrement au bar. J’ai… besoin d’un moment pour respirer.
Il n’avait pas l’air ravi de me laisser partir seule, mais il le respecta.
— Sois prudente, beauté.
Je réussis à lui offrir un vrai sourire doux.
— Merci… pour tout. Vraiment.
Puis je me retournai et disparus dans la foule avant de changer d’avis et de remonter sur ses genoux.
Mon cœur battait encore la chamade quand Zoé apparut soudain, un grand sourire aux lèvres comme si elle savait déjà tout.
— Alors ? demanda-t-elle. Est-ce que M. Grand, Sombre et Diabolique t’a complètement retourné la tête ?
Je laissai échapper un rire tremblant et heureux.
— On peut dire ça.
Elle poussa un petit cri et passa son bras sous le mien, m’entraînant vers la sortie.
— Raconte-moi tout sur le chemin du retour. Chaque détail cochon.
Nous rendîmes nos bracelets d’invités à l’accueil. La femme scanna le mien, puis sourit d’un air entendu quand une carte noire élégante sortit de la machine dans un léger ronronnement.
Elle la poussa vers moi.
— Quelqu’un a dû être très impressionné.
Je pris la lourde carte noire, encore chaude de l’impression.
Les yeux de Zoé s’agrandirent.
— Il t’a vraiment acheté une adhésion complète ?
Mes doigts se refermèrent autour.
Il l’avait vraiment fait.
Il avait payé pour que je revienne.
Vendredi prochain.
La seule question qui restait était…
Allais-je le faire ?
ETHANLe matin de notre mariage se leva clair et doré, le genre de ciel qui ressemblait à une promesse. Je me tenais dans la petite suite du domaine que nous avions choisi — un vieux manoir de pierre à l’extérieur de la ville, avec de vastes pelouses et un jardin qui sentait la rose et la terre fraîche — et j’ajustais mes boutons de manchette pour la troisième fois. Hugo posa une main sur mon épaule, un large sourire aux lèvres.— Nerveux ?— Non, répondis-je, et je réalisai que c’était vrai. Pour la première fois de ma vie, je ne me préparais pas à ce que quelque chose tourne mal. — Juste prêt.Il rit. — Tant mieux. Parce que si tu te sauves, Rory te traquera, et je l’aiderai.Je souris à ces mots. Ma future femme ne fuyait pas les choses difficiles. Elle les affrontait, les reconstruisait, les rendait meilleures. Exactement comme elle avait reconstruit Noir & Lait. Exactement comme elle m’avait reconstruit, moi.Dehors, le jardin se remplissait déjà d’invités. Des chaises blanches b
ETHANJe souris intérieurement à l’idée que Rory pourrait avoir envie d’étendre Noir & Lait. Nous avons besoin d’un café dans le hall de Genesis-1, et ce n’est pas seulement parce que c’est le sien. Je pense sincèrement que l’esprit durable et communautaire de sa boutique correspond parfaitement à Genesis-1, tandis que la qualité du café satisfera les résidents aisés.Je compte aussi lui proposer de faire venir Milo pour diriger le nouvel établissement, maintenant qu’il a suffisamment d’aide à la boutique. Ce n’est pas que je cherche à les séparer. Rory m’a raconté ce qu’il lui avait dit le soir où je les ai vus s’enlacer, et j’ai reconnu qu’il avait raison. Je n’aime pas qu’il ait avoué être attiré par elle, mais je ne peux pas vraiment lui en vouloir. Et je n’ai aucune inquiétude sur les sentiments de Rory envers lui. Comment le pourrais-je, alors qu’elle me montre chaque jour à quel point elle m’aime ? Non, la jalousie n’a rien à voir avec ma proposition. Milo a largement prouvé sa
ETHANJe ne peux pas retenir le sourire qui se dessine sur mon visage en voyant la femme avancer vers moi sur le tapis blanc de l’allée. Le vert luxuriant des jardins botaniques forme un arrière-plan éclatant derrière elle. Son expression déborde d’amour et son ventre arrondi se devine à peine sous la belle robe blanche à taille haute qu’elle porte.À côté de moi, Timothée s’est figé complètement tandis que sa future femme s’approche.— Respire, mec, murmuré-je du coin de la bouche. Ça risque de faire mauvaise impression si tu tombes dans les pommes juste au moment où elle arrive jusqu’à toi.— Je respire, répond-il. Mais sa voix tremble légèrement. Ses yeux brillent alors qu’il garde le regard fixé sur Yara.Ma propre poitrine se serre devant son émotion. Voir son bonheur, la façon dont Timothée l’a rendue comblée, me remplit d’une gratitude immense. Et je suis infiniment reconnaissant de pouvoir comprendre ce qu’il ressent pour celle qui va bientôt devenir sa femme.Je cherche Rory
RORYMon réveil sonne ce qui me semble seulement quelques heures après que je me sois endormie. Je cligne des yeux dans la grisaille du petit matin. Trop tôt.Je repousse mes cheveux de mon visage et tends la main vers mon réveil, me demandant pourquoi il s’est déclenché, quand je comprends que ce n’était pas lui qui m’avait réveillée. C’était ma sonnerie de téléphone.En me frottant les yeux, je cherche mon portable à tâtons. Mon pouls s’emballe quand je vois le nom d’Ethan s’afficher à l’écran.J’appuie sur le bouton pour répondre.— Allô ?— Butterfly, il faut que tu m’ouvres.Mon estomac se serre violemment au son de sa voix grave et rauque.— Tu es là ? demandé-je, tout en repoussant déjà mes couvertures et en sortant du lit.— Je ne voulais pas frapper à la porte et réveiller tous tes voisins.Je voudrais lui demander ce qu’il fait ici alors que Jeremy m’avait dit qu’il était en Californie, mais j’ai encore plus besoin de le voir. Je me précipite donc vers la porte d’entrée et l
RORYCette nuit-là, je m’allongeai dans mon lit et revis les derniers mois avec une lenteur presque douloureuse. Je revécus chaque caresse de la main d’Ethan, chaque baiser, chaque secret murmuré contre ma peau, cette sensation d’être à lui, complètement et sans réserve. À chaque souvenir, mon inquiétude et ma méfiance face à la nature inhabituelle de notre relation s’estompaient peu à peu, comme de la brume au soleil, et mon cœur se reconstruisait lentement, pierre après pierre.Le lendemain, Jeremy était là, impeccable comme toujours, avec un autre mot soigneusement plié.— Rory,Quand toi et ton père êtes venus pour la remise de diplôme de Hugo, je vous ai observés tous les trois et je me suis demandé ce que cela ferait d’avoir ce genre de lien étroit avec ma propre famille. Quand tu as serré ton frère dans tes bras après la cérémonie, j’ai imaginé un instant que tu pourrais me serrer dans tes bras aussi. Spoiler : tu ne l’as pas fait.Toujours tien,EthanJe ne pus m’empêcher de ri
RORYEthan recula et passa la main dans ses cheveux.— Ce que nous avons fait n’était pas légal, et je ne pouvais pas prendre le risque que tu sois impliquée si ça tournait mal. Si les choses dégénéraient et que la police intervenait, tu ne pouvais pas être mêlée à ça. Si tu avais su, tu aurais pu être accusée de complot ou de complicité.Je titubai jusqu’au canapé et m’assis tandis que ses paroles s’imprimaient en moi.— Donc tu as rompu nos fiançailles et tu m’as laissée dans l’ignorance pour me protéger ?Il répondit d’un simple hochement de tête.Je ne savais plus quoi penser. Ma tête tournait tellement que je parvenais à peine à tout assimiler. Sacha qui se révélait être un criminel et quelqu’un qui m’avait trahie encore plus qu’avant. Ethan qui me protégeait en me brisant le cœur. Tout ce qui s’était passé ces derniers mois. Ces dernières années. Même le redressement du Noir & Lait. C’était trop.Un froid s’installa dans ma poitrine et mon corps se mit à trembler. Ethan s’assit
RORY— Hé, bébé, murmura quelqu’un derrière moi. Il y a de la place pour un de plus ?Je tournai brusquement la tête, le cœur bondissant, espérant que c’était M. Masque Phénix brûlant… mais la déception qui se logea dans mon ventre fut vive et amère.Je n’avais jamais autant attendu le vendredi. Qu
ETHAN— Rory est de retour ?Je clignai fort des yeux en regardant Hugo au moment où Jeremy, mon chauffeur, s’arrêta devant le restaurant. La dernière fois que j’avais entendu parler d’elle, Rory était encore hors de l’État.— Ouais. Je ne t’en ai pas parlé ? demanda Hugo en descendant de la voitur
ETHAN— Alors, qu’est-ce que tu en dis, colombe ?J’étais impatient de la toucher, mais je ne bougerais pas tant qu’elle ne m’aurait pas donné son accord.Je n’avais pas ressenti une attirance aussi forte pour une femme depuis longtemps.Ce n’était pas seulement parce qu’elle était belle sous son m
RORYEnfin, j’ai compris pourquoi Zoé revenait sans cesse ici. L’énergie, le danger, ces hommes capables de faire grimper votre pouls d’un simple regard… Je ne lui en aurais pas voulu.Et puis il est apparu — Monsieur Masque Phénix brûlant.Sa grande main s’est glissée derrière ma nuque, m’attirant







