Beranda / Loup-garou / L'ALPHA INCONTRÔLABLE [TOME 1] / Chapitre 01 : Le prix de la liberté

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Chapitre 01 : Le prix de la liberté

last update Terakhir Diperbarui: 2026-01-01 03:07:34

POINT DE VUE D'OXANE

L'éveil est un processus lent et douloureux, chaque muscle protestant contre le mouvement. J'ai l'impression que chaque fibre de mon corps a été utilisée comme conducteur pour une surtension électrique, puis vidée de sa substance. La première chose qui revient, c'est l'odeur : un mélange étrange d'encens ancien, de pierre fraîche et d'une légère senteur métallique qui me donne la nausée.

J'ouvre les yeux. L'endroit est vaste et sombre. Je suis allongée sur ce qui semble être un lit de camp, dur et peu confortable, mais étonnamment sec. Au-dessus de moi, le plafond est fait de poutres massives de bois sombre, et une unique fenêtre, très haute et étroite, filtre une faible lumière grise qui signale que le jour n'est pas encore levé, ou qu'il l'est à peine. Mes mains sont libres, mais je sens qu'une force, invisible mais bien réelle, pèse sur moi.

J’essaie de me lever. La douleur fulgure à travers mes tempes. Je m'assois, chancelante, et pose les pieds sur un sol froid en dalles de pierre. Mon sac est posé juste à côté de moi. Le talisman, cette petite pierre noire polie et incrustée de lignes dorées, y est toujours. Sa présence me rassure un peu. Il est mon ancre.

Où suis-je ? Le bâtiment que j'ai aperçu dans la panique du Prologue était immense, comme une ancienne forteresse perdue au milieu de New York, masquée par une sorte de technologie que je ne comprends pas. Les murs de cette pièce sont épais, et même si mes sens sont affaiblis par l'épuisement, je sais qu'ils sont plus que de simples murs.

Je me concentre, essayant de retrouver la puissance électrique qui m'a échappé dans la ruelle. Rien. La batterie est à plat. Il n’y a qu'une faible lueur, un vestige lointain de ma capacité. C’est la conséquence de l’avoir libérée de façon si désordonnée.

Soudain, la porte, faite de ce qui semble être du chêne massif renforcé de fer, s'ouvre avec un grincement lent et lourd qui résonne dans la grande pièce. Torres entre. Il est encore plus imposant à l'intérieur, dans cet espace confiné. Ses yeux d’un bleu glacial balayent la pièce, puis se posent sur moi. Il tient un plateau contenant de la nourriture simple : du pain, du fromage et une cruche d'eau. Il le dépose sans un bruit sur une petite table en bois près du lit.

Torres : Je vois que l'Alpha Incontrôlable est enfin réveillée.

Sa voix est profonde, rauque, et ne laisse transparaître aucune émotion. C’est la voix d’un bourreau, d’un chasseur d’élite.

Oxane : Qu'est-ce que tu me veux ? Où suis-je ?

Torres : Tu es en sécurité, pour le moment. Quant à ce que je veux... Tes questions sont déplacées. Tu devrais plutôt te demander ce que le Maître veut.

Oxane : Le Maître ?

Torres : Il n'est pas ici pour l'instant. Et je te conseille d'utiliser ce temps pour t'habituer à l'idée que ta liberté est terminée.

Oxane : Je n'ai pas l'intention de rester ici. Tu me libères immédiatement ou...

Torres : Ou quoi, Oxane ? Tu vas t'énerver et faire sauter un autre panneau de signalisation ? Tu as utilisé toute l'énergie que tu avais accumulée en trois jours en une seule décharge chaotique. Tes réserves sont à sec. Tes menaces sont vides.

La vérité de ses paroles me frappe comme un poing. L'humiliation d'être si facilement vaincue, si rapidement mise hors d'état de nuire par ma propre faiblesse et inexpérience, me brûle les joues.

Oxane : Comment connais-tu mon nom ? Et qu'est-ce que l'Alpha Incontrôlable ? Dis-moi tout !

Torres : Je ne te dois rien. Tu es la propriété du Maître. Tes informations, ton passé, ton destin... tout lui appartient. Mange. Tu auras besoin de force pour ce qui vient.

Il se tourne pour partir, mais je me lève brusquement, faisant basculer la petite table et le plateau de nourriture. Le bruit des ustensiles heurtant la dalle est assourdissant.

Oxane : Je ne suis la propriété de personne ! Je ne suis pas un objet !

Torres s'arrête, son dos massif face à moi. Il ne se retourne pas immédiatement. Le silence qui s'installe est lourd d'une menace à peine contenue. Il expire lentement.

Torres : Tu es exactement ce qu'il a toujours cherché. Une anomalie. Une source de pouvoir pur. Pour lui, cela équivaut à un objet de grande valeur. Tes sentiments, ta petite quête... ils sont insignifiants ici.

Il se retourne enfin, son regard glacial me transperçant.

Torres : J'ai mis des heures à te traquer à travers trois états. J'ai repoussé les Chasseurs du Maître pour t'amener ici intacte. Ne me teste pas, Oxane. Ma patience est encore plus courte que ton temps de sommeil. Tu vas manger, te reposer, et attendre sagement. C'est le prix de ta liberté... ou du moins, le prix que tu paies pour n'avoir pas été tuée par les autres.

Oxane : Pourquoi m'avoir sauvée des autres Chasseurs si tu n'es qu'un de leurs hommes ?

Torres : Je ne suis pas leur homme. Je suis son homme. Il y a une différence. Les autres t'auraient livrée en morceaux. Moi, je t'ai livrée entière. C'est une question d'efficacité.

Il ramasse le pain qui est tombé au sol et me le tend. Je refuse de le prendre, les bras croisés.

Oxane : Je préfère mourir de faim.

Torres : C'est une idée stupide.

Il pose le pain sur le lit.

Torres : Il reviendra à l'aube, dans environ quatre heures. D'ici là, je serai là, juste de l'autre côté de cette porte, à écouter chacun de tes mouvements. Ne fais rien de stupide.

Il sort et la lourde porte se referme, scellant ma prison. Le bruit du loquet qui se met en place est le son le plus désespérant que j'aie jamais entendu. Je me précipite vers la porte et je frappe, frappant mes poings contre le bois dur et inflexible.

Oxane : Laisse-moi sortir ! Lâche-moi ! Tu n'as pas le droit !

Torres (à travers la porte) : Si, j'ai le droit. Ce droit m'a été donné. Maintenant, arrête de faire du bruit. J'ai du travail.

Je m'adosse à la porte, glissant au sol, les larmes de frustration et de rage coulant sur mes joues. C'est pire que d'être seule et pourchassée. Être prisonnière, c'est la privation totale de l'espoir.

Je fixe le pain sur le lit. Il y a une guerre en moi entre ma fierté et mon instinct de survie. La fierté me dit de refuser tout ce qui vient de cet homme. La survie me hurle que je dois être forte pour me battre, et que la force vient de la nourriture.

Je finis par me traîner jusqu'au lit. Le pain est rassis, le fromage fade, mais je mange, chaque bouchée étant une promesse silencieuse de vengeance. Pendant que je mange, mes yeux parcourent la pièce, cherchant le moindre détail, la moindre faille. C'est une pièce de cellule, mais elle a des airs de salle de garde médiévale. Il n'y a rien à part le lit, la table et le seau dans le coin pour les besoins.

Je me lève et je me dirige vers la fenêtre. Elle est trop haute, et trop étroite pour que je puisse m'échapper. Mais de là, je peux apercevoir un peu de l'extérieur. Je vois une cour intérieure, elle aussi faite de dalles de pierre, entourée de bâtiments encore plus hauts. L'architecture est un mélange improbable de styles : des gargouilles en pierre, des façades de verre modernes et des murs de briques centenaires. Ce lieu est une monstruosité architecturale, et cela me confirme qu'il est bien plus qu'une simple cachette.

Je retourne m'asseoir. Le temps passe incroyablement lentement. Je me force à me calmer, à canaliser mon énergie mentale. La panique est l'ennemie de la raison. Je dois penser.

Torres est là pour le Maître. Le Maître me veut parce que je suis l'Alpha Incontrôlable. Qu'est-ce que cela signifie ? J'ai ces pouvoirs électriques, cette force brute qui m'échappe. Mais « Alpha » ... ce terme évoque la dominance, le leadership. Dans quel monde suis-je censée être l'Alpha ? Je n'ai suivi personne et je n'ai dirigé personne.

Je me souviens des murmures dans mon passé, des gens qui disaient que j'étais la première de mon genre depuis des décennies. La « nouvelle race », disaient-ils. Et qu'elle serait la plus forte.

Je me lève et je me dirige vers le mur le plus éloigné de la porte, le talon de ma botte raclant la pierre. Il faut que je sache s'il est possible de l'entendre. Je colle mon oreille contre le mur froid. Rien. Le silence.

Soudain, une idée me traverse l'esprit. Mon Talisman. Je sors la pierre de mon sac à dos. Elle est froide au toucher, mais au fur et à mesure que je la serre, une chaleur faible en émane. C'est la seule chose que ma mère m'a laissée. Un jour, alors que je m'entraînais à contrôler mes premières décharges d'énergie, je m'étais rendu compte que la pierre absorbait le surplus, me permettant de reprendre mon souffle.

Je ferme les yeux, concentrant toute ma volonté pour générer une petite impulsion électrique, juste un filet, pas une vague. C'est difficile, comme essayer de remonter un poids lourd avec une corde fine. Après plusieurs minutes de concentration intense, je sens un picotement familier dans mes mains. L'énergie est là, faible, hésitante.

Je touche le talisman avec le bout de mes doigts. La pierre s’illumine d’une lueur dorée, le talisman absorbant l'énergie comme une éponge. J'ai une brève vision, non pas avec mes yeux, mais dans mon esprit. Une vague d'images chaotiques, de visages inconnus, de champs de bataille anciens. Et au milieu de tout ça, un homme, le visage masqué par l'ombre, qui tient un talisman similaire au mien. Le Maître ?

La vision est courte, brutale, et s'éteint aussi vite qu'elle est apparue, me laissant avec une migraine lancinante. Je me laisse tomber sur le lit, ma respiration saccadée. Ce talisman est plus qu'un simple absorbeur d'énergie. Il est un récepteur, peut-être une clé pour un passé que je ne connais pas.

L'aube est proche. La lumière à travers la fenêtre haute devient moins grise, tirant vers un jaune pâle et incertain. Je dois être prête. Prête à affronter ce Maître et à exiger des réponses, même si je dois le faire avec un corps épuisé et une force quasi inexistante.

Je me lève et je me change. Mes vêtements sont humides et sentent mauvais. Je les remplace par les seuls propres que j'ai. C'est une maigre préparation pour ce qui m'attend, mais c'est tout ce que j'ai.

J'entends un bruit différent à la porte. Ce n'est pas le grincement lent de Torres qui revient, mais le son d'un second loquet, plus petit. La serrure est déverrouillée. Mon cœur se met à battre la chamade. Est-ce l'heure ?

La porte s'ouvre. Ce n'est pas Torres. C'est une femme. Elle est petite, le visage doux encadré de longs cheveux d’un brun cuivré, mais ses yeux sont vifs, intelligents, et ne manquent pas de détermination. Elle est vêtue d'une sorte de tenue de travail noire, pratique et simple.

Femme : Oxane ?

Oxane : Qui êtes-vous ?

Femme : Mon nom est Elia. Je suis ici pour t'aider.

Oxane : M'aider ? Mais tu travailles pour le Maître, n'est-ce pas ?

Elia : Je travaille ici. Mais cela ne signifie pas que j'adhère à la manière dont Torres gère les choses. Il est trop brutal. Le Maître préfère la subtilité.

Elia s'avance, et son regard se porte sur le talisman que je serre inconsciemment dans ma main. Elle ne dit rien à ce sujet.

Elia : Je ne peux pas te faire sortir d'ici. C'est impossible. Les protections sont trop puissantes. Mais je peux te donner un avantage.

Elle sort de sa poche un petit flacon en verre contenant un liquide brillant et visqueux.

Elia : Ceci est un amplificateur temporaire. Il va t'aider à te remettre sur pied plus vite et à récupérer une partie de ton énergie. Mais utilise-le avec parcimonie. Torres va te surveiller. Si tu te retrouves en situation de faiblesse, le Maître pourrait décider que tu n'es pas digne de son temps.

Oxane : Qu'est-ce que tu gagnes à m'aider ? Pourquoi faire ça ?

Elia : Je crois à la liberté de choix, Oxane. Et je crois que tu n'as pas eu le tien. De plus, j'ai mes propres raisons de vouloir voir l'ordre établi ici... bousculé. Et tu es la seule qui peut le faire.

Elle me tend le flacon. Je l'hésite, les yeux fixés sur le liquide brillant. Est-ce un piège ? Ou une aide inespérée ? Je n'ai pas le temps de réfléchir.

Elia : Torres revient dans quelques minutes. Bois-le, ou laisse-le. Mais décide vite.

Je prends une profonde inspiration et j'arrache le flacon de sa main. Si c'est un piège, je pourrai peut-être utiliser ma réaction à la drogue pour me battre. Si c'est un allié, je suis gagnante. Je débouche le flacon et j'avale le contenu d'un coup. C'est doux, avec un goût de miel et de sève de pin.

Immédiatement, je sens une chaleur se répandre dans ma poitrine. Ce n'est pas la chaleur chaotique de ma puissance désordonnée. C'est une chaleur apaisante, régénératrice. Mes muscles se détendent, la migraine disparaît et, plus important, l'énergie électrique latente en moi se réveille, comme un filament qui s'allume. Elle n'est pas encore au maximum, mais elle est là, prête à être utilisée.

Oxane : Merci, Elia.

Elia : Ne me remercie pas. Fais en sorte que ça en vaille la peine. Et souviens-toi : Torres n'est que la première ligne de défense. Le Maître... il est le véritable danger.

Elle se dirige vers la porte.

Elia : Il faut que j'y aille. Sois forte, Alpha Incontrôlable. Montre-leur qui tu es vraiment.

Elle sort et referme la porte juste au moment où j'entends un bruit de pas lourds et réguliers. Torres. Il était en effet tout près.

La porte s'ouvre à nouveau. Torres entre, cette fois accompagné de deux autres hommes massifs vêtus de noir. Ils ressemblent à des gorilles, avec des visages vides d'expression.

Torres : Debout, Oxane. L'aube est là. Le Maître est arrivé et il veut te voir.

Je me lève, le flacon vide serré dans ma main. La chaleur de l'amplificateur me donne une confiance nouvelle. Je ne suis pas encore vaincue. Je suis prête.

Oxane : Je suis là. Dis au Maître que s'il veut me voir, il ferait mieux d'être prêt pour une discussion... animée.

Torres me regarde, et pour la première fois, je décèle un petit éclair de quelque chose qui ressemble à du respect dans son regard froid.

Torres : J'ai hâte de voir ça.

Il me fait signe de le suivre. Les deux gorilles se positionnent derrière moi. Je marche, mes pas résonnant sur le sol de pierre, vers ce qui sera, je le sais, le véritable commencement de mon histoire.

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