LOGINPOINT DE VUE D'OXANE
Le chemin vers le Maître est long et tortueux, une procession silencieuse à travers les entrailles de cette forteresse improbable. Torres marche devant, ses pas résonnant avec une régularité militaire sur les dalles de pierre polie. Les deux gardes massifs me suivent, leurs présences créant une bulle de pression oppressante. Nous montons des escaliers en colimaçon, empruntons des couloirs qui alternent entre le style médiéval sombre et des sections ultramodernes, parsemées de dalles de verre et d’acier brossé. L'endroit est un labyrinthe, une fusion étrange d'histoire et de technologie de pointe. On dirait que ce bâtiment est conçu pour cacher, protéger, et surtout, contenir. Je sens l'effet du sérum d'Elia. Il ne m'a pas donné une force supplémentaire, mais il a rempli les réserves que j'avais épuisées, me donnant un sentiment de plénitude énergétique. Mes sens sont affûtés ; j'entends l'écho lointain de machines en fonctionnement, je peux sentir l'air climatisé et même une odeur subtile de cyprès et de tabac qui semble provenir des étages supérieurs. Nous arrivons devant une double porte immense en métal sombre. Elle n'a pas de poignée, pas de charnière visible. Torres s'arrête et place sa main sur une dalle invisible sur le mur. Une lumière bleue balaie ses empreintes digitales, et la porte coulisse silencieusement, révélant un bureau d'une opulence et d'une taille sidérantes. La pièce est au dernier étage, et la façade entière est faite de verre blindé, offrant une vue imprenable sur la ligne d'horizon de Manhattan, maintenant baignée par les couleurs douces du lever du soleil. Au centre se trouve un bureau gigantesque, en bois sombre et laqué. Derrière, se tient le Maître. Il n'est pas ce que j'imaginais. Pas un vieil homme ridé et voûté. Au contraire, il est relativement jeune, peut-être dans la fin de la quarantaine. Il a des cheveux gris argenté coupés court, un costume ajusté d'une coupe impeccable, et son visage, bien que marqué par l'autorité, est étonnamment charismatique. Il dégage une aura de calme, de contrôle absolu. Il me rappelle une araignée au centre de sa toile, patiente et mortelle. Maître : Bienvenue, Oxane. Ou devrais-je dire... l'Alpha Incontrôlable. Sa voix est douce, polie, mais elle porte un poids qui me glace le sang. Oxane : Je n'aime pas ce nom. Et je ne suis pas une prisonnière de guerre. Je veux savoir pourquoi je suis ici. Le Maître me fait signe d'approcher, désignant un siège en cuir face à son bureau. Maître : S'il te plaît, assieds-toi. Nous avons beaucoup à discuter. Torres, vous pouvez rester. Les autres, à vos postes. Les deux gardes se retirent, se positionnant à côté de la porte. Torres, lui, reste debout, légèrement en retrait derrière le Maître, comme une ombre protectrice. Je m'assois, sentant le cuir froid sous mes mains. Je ne veux pas montrer de faiblesse. Maître : Tu as du cran. J'apprécie. La plupart des personnes que nous amenons ici sont... plus dociles. Mais toi, tu as un feu en toi. Un feu qui menace de te consumer, et, par extension, de tous nous consumer. Oxane : Je ne consume personne. Je me défends. Maître : Certes. Mais ta défense est, par nature, destructrice. Tu es un prédicat. Un événement qui, s'il n'est pas géré, conduira à la destruction de l'ordre que nous avons mis des siècles à construire. Tu es l'Alpha d'une race que l'on croyait éteinte. Oxane : Quelle race ? Arrête de parler en énigmes ! Et qu'est-ce que l'Alpha Incontrôlable ? Le Maître sourit légèrement, un sourire froid et détaché. Maître : L'Alpha Incontrôlable. C'est le titre que t'ont donné ceux qui te craignent. Tu appartiens à la lignée des Électriks, les êtres dotés de la capacité de manipuler l'énergie électrique, la force brute et la bio-électricité. Mais contrairement aux autres lignées, ta puissance ne connaît pas de plafond. Elle augmente de manière exponentielle. Tes ancêtres ont été capables de raser des villes entières. Et toi, tu es la plus forte de tous. Le potentiel, du moins. Je suis sous le choc. Des Électriks ? Des lignées ? Mon monde, déjà précaire, vient de s'effondrer une fois de plus pour révéler une réalité encore plus complexe. Oxane : Si je suis si puissante, pourquoi suis-je ici, prisonnière ? Torres intervient, sa voix sèche. Torres : Parce que le pouvoir sans contrôle n'est que destruction. Nous avons vu le désastre dans la ruelle. Tu aurais pu tuer des dizaines de civils. Maître : Torres a raison. Ton titre, Incontrôlable, n'est pas un honneur. C'est une description. Mon but est de t'apprendre à maîtriser cette puissance, à la canaliser, à en faire une couronne plutôt qu'une chaîne. C'est ton destin, Oxane. Et je suis ton guide. Oxane : Je n'ai pas besoin de guide, et je ne te crois pas. Si tu voulais m'aider, tu ne m'aurais pas kidnappée. Maître : J'ai agi par nécessité. Tu étais en fuite, une cible facile pour les Dissidents. Ils t'auraient utilisée comme une arme de destruction massive contre moi. Ce complexe est le seul endroit au monde capable de contenir ta puissance si elle devait s'échapper. Et c'est aussi le seul endroit où tu pourras t'entraîner en toute sécurité. Il se lève et se dirige vers la grande baie vitrée, contemplant la ville qui s'éveille. Maître : Regarde, Oxane. Tu as la capacité de tout changer. De tout détruire. Ma mission est de m'assurer que tu choisisses la première option. Oxane : Les Dissidents ? Qui sont-ils ? Maître : Ils sont ceux qui croient que le monde doit être régi par le chaos et la domination par la force. Ils chassent les êtres comme nous, non pas pour les contrôler, mais pour les éliminer ou les transformer en outils. Ils veulent ta mort, ou ta soumission totale. C'est pourquoi j'ai envoyé Torres te chercher, pour te soustraire à leur influence. Je le regarde, essayant de déchiffrer la vérité dans son discours. Est-il mon sauveur, mon geôlier, ou les deux ? Oxane : Et si je refuse de collaborer ? Le Maître se retourne, son sourire s'effaçant. L'air dans la pièce devient instantanément plus froid. Maître : Alors, tu seras éliminée. Maîtriser ta puissance est le seul moyen pour toi de survivre ici. Si tu restes incontrôlable, tu es une menace pour nous tous. C'est ma responsabilité. Il tape deux fois des mains. Torres s'avance immédiatement. Torres : Maître ? Maître : Il est temps de voir où elle en est. Torres, amène-la au Dôme. Elle va passer son premier test. Un petit échauffement pour juger de sa récupération. Et toi, Oxane, si tu échoues, tu auras le droit de retourner dans ta cellule pour réfléchir. Si tu réussis, nous entamerons l'entraînement intensif. Oxane : Quel genre de test ? Torres : Un test de contrôle. Et de survie. Torres me fait un signe de tête sec, m'ordonnant de me lever. Je me lève, le cœur battant, mais non sans une certaine excitation. L'idée de pouvoir utiliser ma puissance, même dans un environnement contrôlé, me donne un élan d'adrénaline. Le sérum d'Elia a fait son travail. Je suis prête à me battre. Nous sortons du bureau. La descente est encore plus silencieuse. Nous empruntons un ascenseur en verre qui nous emmène vers les profondeurs de la forteresse. POINT DE VUE DE TORRES L'Alpha Incontrôlable. Je la regarde dans le reflet du verre de l'ascenseur. Elle est jeune, à peine plus qu'une enfant, mais l'énergie qu'elle dégage est palpable, même éteinte. Le Maître a raison. Elle est un danger absolu. Et la façon dont elle l'a confronté, sans peur, m'impressionne malgré moi. Torres (pensées) : Elle a du feu. C'est bien. Un Alpha sans feu n'est qu'un loup blessé. Maître : Torres, je veux que tu ailles doucement avec elle. Le but n'est pas de la briser. Le but est de la faire plier. Torres : Je sais. Mais elle a besoin de comprendre la gravité de sa situation. La peur est le meilleur des professeurs. Maître : La peur engendre le chaos, et le chaos, tu le sais, fait exploser les Électriks. Je veux le contrôle, pas l'explosion. Elle est trop précieuse pour être perdue. Torres : Elle a eu de l'aide. Maître : Elia. Je m'en doutais. Elle est imprudente, mais son aide nous donne une avance. Laissons-la jouer à la rebelle, tant qu'elle ne compromet pas la mission. Torres : Et le talisman ? Maître : L'objet le plus important. C'est son ancre et son amplificateur. C'est ce qui a permis à sa mère de la cacher pendant si longtemps. Nous le lui laisserons pour l'instant. Nous aurons besoin de ce qu'il contient plus tard. L'ascenseur s'arrête. Nous sommes dans une vaste chambre souterraine, un dôme de béton de la taille d'un stade, avec des murs recouverts de plaques de métal épais. C'est une arène. Au centre, un cercle de pierre est délimité par une lumière rouge clignotante. Torres : Nous sommes arrivés. Oxane : Impressionnant. Un terrain de jeu pour Alpha. Torres : Non. C'est une prison conçue pour contenir ta folie. POINT DE VUE D'OXANE Le Dôme. L'énergie dans cet espace est dense, lourde, comme de l'air saturé d'électricité. Le Maître est resté en haut, dans la cabine d'observation, comme un empereur romain regardant les jeux du cirque. Torres me fait entrer dans le cercle de pierre. Les deux gardes restent à l'extérieur. Torres : Voici la tâche. Tu restes dans ce cercle. Tu ne dois pas bouger. Si tu mets un pied à l'extérieur, tu échoues. Oxane : Et le test ? Torres : Le test, c'est moi. Il fait un pas en arrière et sort une arme. Ce n'est pas une arme à feu, mais un dispositif technologique sophistiqué, une sorte de projecteur qui pulse d'une lumière violette menaçante. Torres : Cette arme tire des rafales d'énergie cinétique. Elles ne sont pas létales, mais elles font mal. Ton but est d'utiliser ton pouvoir, ton électricité, pour créer un bouclier, une barrière qui va dévier mes tirs. Tu ne dois pas utiliser ta force physique. Seulement ton pouvoir. Compris ? Oxane : Je dois rester immobile et me défendre contre tes tirs ? C'est stupide. Pourquoi ne pas m'apprendre à attaquer ? Torres : Tu n'as pas besoin d'apprendre à attaquer, Alpha. Tu ne sais faire que ça. La vraie force est dans le contrôle, dans la discipline, dans la défense. Si tu ne peux pas protéger un simple cercle de deux mètres autour de toi, comment peux-tu espérer protéger quoi que ce soit ? Il lève l'arme. Ses yeux froids m'indiquent qu'il n'hésitera pas. Torres : Prête ? Oxane : Plus que tu ne le penses. Je serre mon talisman dans ma main, le contact me donnant un petit choc de confiance. Je me concentre. Je me rappelle la sensation de la vague de chaleur de tout à l'heure, l'énergie qui se réveille. Je ne dois pas la laisser exploser. Je dois la dompter, la faire vibrer juste autour de mon corps. La lumière violette sur l'arme de Torres s'intensifie. Torres : Début du test. Il tire. La première rafale arrive à une vitesse effrayante, un éclair violet qui fend l'air avec un bruit sec. Je n'ai pas le temps de réfléchir. L'instinct prend le dessus. L'énergie amplifiée par le sérum se déploie. Au lieu de se libérer en un éclair désordonné, elle forme une vague bleutée, un champ de force subtil qui entoure mon corps. La rafale violette heurte ce champ avec un bruit de claquement. Elle n'est pas déviée, elle est absorbée, l'énergie électrique de mon bouclier neutralisant l'énergie cinétique de l'arme. Torres : Intéressant. Il tire à nouveau, cette fois, deux fois plus vite. Clac ! Clac ! Les deux rafales sont absorbées. Mais je sens l'effort. C'est comme retenir un poids lourd. Torres : Ce n'est pas suffisant, Alpha. La défense doit être naturelle, un réflexe. Tu penses trop. Il change son fusil d'épaule et tire une série rapide de cinq tirs, visant cette fois mes jambes. Je serre les dents, forçant mon bouclier à s'épaissir au niveau des points d'impact. L'énergie électrique de mon corps est sollicitée à la limite, et je sens une légère crampe dans mon ventre. Oxane : Tu ne crois pas que c'est un peu brutal pour un premier entraînement ? Torres : La vie des Électriks est brutale, Oxane. C'est le prix de la couronne. Il vide le reste du chargeur, une douzaine de rafales successives. Je n'ai plus le temps de penser. Je me concentre sur la sensation, sur le besoin de survie. Mon énergie jaillit de mes mains et de ma poitrine, enveloppant tout le cercle de pierre. C'est un bouclier total. Les tirs de Torres sont maintenant déviés vers les murs du Dôme, explosant en étincelles inoffensives sur le métal. Je halète, mais je suis toujours debout, mon bouclier vibrant. Torres : Très bien. Fin du test. Il abaisse son arme, le silence revenant dans le Dôme. Mon bouclier s'éteint, laissant mes muscles tremblants. Le Maître, depuis la cabine, applaudit lentement. Le son est amplifié et résonne dans tout le dôme. Maître (voix amplifiée) : Exceptionnel, Oxane ! Tes réserves sont plus profondes que je ne l'imaginais. L'amplificateur d'Elia a fait des merveilles, mais ton potentiel est indéniable. Tu es, en effet, la plus forte. Torres : Elle a réussi. Maître : Avec brio. Ce n'était que le premier pas. Maintenant, le véritable entraînement commence. Torres, à partir de maintenant, ton rôle n'est plus seulement de la garder. Tu es son mentor. Torres se tourne vers moi, l'air sombre. Cette nouvelle responsabilité ne semble pas lui plaire. Torres : Mentor ? Maître : Oui. Tu as été le premier à la toucher, à contenir son explosion. Vous avez un lien, une résonance que nous ne pouvons ignorer. Tu es celui qui peut la faire plier à ma volonté. Et, Oxane, ton premier exercice, en tant qu'Alpha en formation, sera de comprendre Torres. Il est l'homme le plus loyal de ce complexe, mais aussi le plus dangereux. Apprends à décrypter sa force. Et lui apprendra à décrypter la tienne. Le Maître appuie sur un bouton. Une nouvelle porte s'ouvre. Ce n'est pas la sortie vers ma cellule, mais vers ce qui ressemble à une salle de sport high-tech. Maître : Va te reposer, Oxane. Et ensuite, Torres t'attendra pour ta première véritable leçon. Tes chaînes sont devenues une couronne. Ne gâche pas cette chance. Torres me fait un signe pour me diriger vers la nouvelle salle. Je suis épuisée, mais le sentiment d'avoir réussi, d'avoir tenu tête à Torres, et d'avoir forcé le Maître à revoir ses plans, est une victoire en soi. Je n'ai pas gagné ma liberté, mais j'ai gagné du temps et, peut-être, un peu de respect de la part de mes ravisseurs. Je suis l'Alpha Incontrôlable. Et mon règne ne fait que commencer.[Six mois après la chute du Maître et la libération des Alphas]La ville de Néo-Phénix était un labyrinthe de néons et de gratte-ciel scintillants, mais pour Oxane, elle n'était qu'une toile de fond pour la chasse. Le petit groupe de survivants avait établi une base temporaire dans un entrepôt désaffecté, loin des regards curieux des humains. Six mois s’étaient écoulés depuis la chute de l'Institution, et la "liberté" était un mot dont la définition changeait chaque jour.Oxane n'était plus l’Alpha-07. Elle était la figure de proue d'une petite cellule, la seule ancre dans l'océan de confusion des Alphas libérés. Les autres l'appelaient, la cherchaient, car son énergie Électrik était devenue un phare subtil, une fréquence à laquelle les autres ne pouvaient s’empêcher de répondre.« Deux cent douze Alphas recensés ayant utilisé leurs pouvoirs en public le mois dernier, » annonça Kéros, projetant les données directement dans le champ de vision d'Oxane. Elle était assise su
L’air était lourd, saturé de l'odeur métallique de l'énergie Électrik dissipée et de la poussière froide des décombres. Oxane, ses muscles hurlant après l'effort, s'effondra sur ce qui avait été le sol immaculé de la Chambre du Cœur. Elle avait réussi. Le Maître n'était plus, réduit à un vague souvenir énergétique dans le grand tissu des Fréquences. Le silence qui s’installa n’était pas paisible, mais immense ; le bruit assourdissant d’un univers qui venait de perdre son axe.« Bravo, Alpha-07. Je me demande si je dois t’appeler l’Incontrôlable, la Libératrice, ou simplement la Gamine qui n'écoute jamais, » ironisa Kéros, sa voix résonnant avec une clarté inhabituelle dans son esprit.Oxane sourit faiblement, un mouvement qui lui tira les lèvres. « Je préfère Oxane, Kéros. Juste Oxane. »La victoire était amère. Elle avait atteint son objectif, mais à quel prix ? Elle avait déchaîné une vague de Fréquence qui avait brisé les chaînes de centaines d'Alphas prisonniers, mai
POINT DE VUE D'OXANELe sol de la chambre du Cœur tremblait comme une feuille, répondant à l'agonie du Maître et à la libération des milliers de fréquences Alpha. La Cathédrale, qui avait été une ancre, était devenue un cercueil.Oxane : Kéros, où est la sortie ?Kéros : « La structure interne s'effondre. Le puits vertical. Remonte le long de la fréquence de résonance. VITE ! »Je me précipite vers l'entrée par laquelle j'étais arrivée. La porte d'Ambre avait fondu, ne laissant qu'une ouverture béante sur la cage d'escalier monumentale qui menait au fond. Je n'ai plus la force de m'envoler. J'active l'Électrik dans mes pieds, non pas pour voler, mais pour me propulser verticalement par impulsions, sautant de débris en débris.Des poutres en basalte de la taille d'autobus s'écrasent autour de moi. La lumière s'éteint, remplacée par le crépitement de l'énergie résiduelle du Cœur.Finalement, j'atteins la trappe d'accès, celle du Palier de la Furtivité. Je la fo
POINT DE VUE D'OXANELa porte d'Ambre s'ouvre sans bruit, aspirant l'énergie Électrik que je porte. Je pénètre dans la chambre finale : le Cœur de la Cathédrale.Ce n'est pas une chambre, c'est une matrice. L'espace est gigantesque, une immense caverne dont le plafond semble s'élever jusqu'au ciel nocturne, mais qui est totalement artificielle. Des milliers de lignes d'énergie, comme des fils optiques luisants, convergent vers le centre de l'espace. Au centre exact, flotte un unique objet : une sphère lumineuse de la taille d'une voiture, pulsant d'une lumière blanche-bleutée régulière. C'est le réacteur, le nexus où toutes les fréquences sont gérées.Et il est là.Le Maître.Il se tient juste sous le Cœur, une silhouette mince et d'apparence fragile, vêtue d'une armure d'un blanc pur et lisse qui absorbe la lumière. Il ne me regarde pas avec hostilité, mais avec la calme déception d'un père face à un enfant désobéissant. Il ne porte pas d'arme. Il n'en a pas bes
POINT DE VUE D'OXANELe couloir vertical s'ouvre sur la troisième et dernière arène : le Palier de la Connaissance.Ce n'est pas une caverne, ni une crypte. C'est un vide. Un espace noir absolu où seule la lumière tremblotante émise par mes propres mains me donne une illusion de forme. Le sol est doux et silencieux, comme du velours.Oxane : (à Kéros) C'est... le néant ?Kéros : « Attention. Le néant n'est pas une absence de danger ici, Alpha. C'est l'absence de réalité. Morpheus manipule les signaux neurologiques. Regarde le vide. Ne lui donne aucune forme. »Mais c'est trop tard. Dès que Kéros prononce le mot « forme », le vide répond.Une lumière douce et dorée apparaît, balayant l'obscurité. Le sol velouté se transforme en parquet ciré. Les murs noirs reculent pour révéler des tapisseries douillettes et des étagères remplies de livres. L'air, qui était lourd et métallique, s'emplit d'une odeur de cannelle et de miel.Je me retrouve dans ma cuisine. Ma
POINT DE VUE D'OXANEJe suis à bout de souffle, mais l'adrénaline efface la douleur dans mon épaule. L'information de Kéros résonne : le Maître a déjà la première des trois portes. Ce n'est plus une course pour arriver première, c'est une course pour l'arrêter.Je glisse le cylindre gravé dans la fente lumineuse du terminal, arraché à la porte. L'Électrik résiduelle de ma confrontation avec Sydra est encore palpable, un faible bourdonnement entre mes doigts.Oxane : Kéros, j'ai besoin que tu transmettes la séquence volée.Kéros : « Transférant les données... Le protocole de sécurité est complexe. Il s'agit d'une clé de force brute couplée à une résonance vibratoire. Attention, Alpha. Une fois cette porte ouverte, elle se scellera définitivement derrière toi. Il n'y aura pas de retour. »Un rugissement mécanique déchire le silence de la crypte. Le sol tremble. La porte en fer martelé du Palier de la Foi se désolidarise de ses gonds avec un grincement d'agonie. Ell







