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Chapitre 2 – Le premier appel

last update Terakhir Diperbarui: 2026-01-30 10:08:44

Guylaine resta assise par terre pendant ce qui lui sembla une éternité. La carte noire était toujours sur la console, innocente en apparence, mais elle la fixait comme si c’était une bombe à retardement. Le numéro gravé en argent semblait pulser sous la lumière jaunâtre de l’ampoule du plafond.

Elle finit par se lever, les jambes encore faibles. Elle prit la carte entre deux doigts, comme si elle pouvait la brûler, et la glissa dans la poche de son jean. Puis elle alla dans la salle de bain, ouvrit le robinet d’eau froide et se passa le visage pendant de longues minutes. L’eau glacée ne chassa pas la chaleur qui persistait dans son ventre.

Elle se regarda dans le miroir. Ses yeux étaient grands ouverts, brillants d’une peur mêlée à autre chose qu’elle refusait de nommer. Ses lèvres étaient encore gonflées du souvenir de ce baiser volé trois semaines plus tôt.

« Ressaisis-toi, Guylaine. C’est juste un riche taré qui joue au dominateur. »

Elle prononça les mots à voix haute, mais ils sonnaient faux même à ses propres oreilles.

Elle se déshabilla, entra sous la douche et laissa l’eau chaude couler sur sa peau jusqu’à ce que la salle de bain soit remplie de vapeur. Mais même là, l’odeur de Damien semblait s’accrocher à elle – ce mélange de musc et de forêt sombre qui lui donnait le vertige.

Quand elle sortit enfin, enveloppée dans une serviette, son téléphone vibra sur la table basse. Un message d’Awa.

« T’es rentrée safe ? T’as pas répondu à mon dernier texto. J’espère que t’as pas fini dans les bras d’un inconnu sexy cette fois lol »

Guylaine sourit malgré elle, mais le sourire s’effaça vite. Elle tapa une réponse rapide.

« Oui rentrée. Crevée. Bisous. »

Elle posa le téléphone face contre table, comme si Awa pouvait voir à travers l’écran ce qui se passait dans sa tête.

Elle alla se coucher sans manger. Le sommeil mit longtemps à venir. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle revoyait les yeux dorés de Damien, sentait ses mains sur ses poignets, entendait sa voix grave murmurer « ma petite louve ».

Quand elle se réveilla, il était sept heures trente. La lumière du matin filtrait à travers les rideaux fins. Elle avait mal partout, comme après une nuit de fièvre.

Elle se leva, prépara du café, alluma la radio pour combler le silence. Les infos parlaient d’un rachat d’entreprise par Blackwood Group. Le journaliste mentionna le nom de Damien avec admiration.

« …le visionnaire qui ne rate jamais une opportunité… »

Guylaine coupa la radio d’un geste sec.

Elle passa la journée au bureau comme un zombie. Monsieur Koffi lui demanda si elle allait bien. Elle répondit oui, sourire plaqué. Elle tapa des rapports, répondit à des mails, mais son esprit était ailleurs. La carte noire brûlait dans sa poche.

Le soir, rentrée chez elle, elle la sortit enfin.

Elle la posa sur la table de la cuisine, à côté d’un verre d’eau. Elle la fixa pendant dix minutes.

Puis elle prit son téléphone.

Ses doigts tremblaient quand elle composa le numéro.

Une sonnerie. Deux. Trois.

« Guylaine. »

Sa voix. Grave. Calme. Comme s’il savait exactement qui appelait et à quel moment précis.

Elle déglutit.

« Comment saviez-vous que c’était moi ? »

Un petit rire bas à l’autre bout du fil.

« Je sais toujours quand c’est toi. »

Silence.

« Pourquoi m’avoir donné cette carte ? » demanda-t-elle enfin.

« Parce que tu en auras besoin. Bientôt. »

« Je n’ai besoin de rien de vous. »

« Tu mens encore. »

Elle serra le téléphone plus fort.

« Arrêtez de dire ça. Vous ne me connaissez pas. »

« Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même. »

Elle ferma les yeux.

« Qu’est-ce que vous voulez de moi ? »

Nouveau silence. Plus long cette fois.

« Toi. »

Un mot. Simple. Brutal.

Guylaine sentit son pouls s’affoler.

« Je ne suis pas à vendre. »

« Je ne t’achète pas. Je te réclame. »

Elle rit nerveusement.

« Vous êtes fou. »

« Peut-être. Mais toi aussi, tu l’es un peu. Sinon tu n’aurais pas composé ce numéro. »

Elle ne répondit pas.

« Où es-tu ? » demanda-t-il soudain.

« Chez moi. »

« Seule ? »

« Oui. »

« Bien. »

Un bruit de fond – comme s’il marchait, comme s’il était déjà en mouvement.

« Je viens te chercher dans vingt minutes. »

« Quoi ? Non ! Je n’ai pas dit oui ! »

« Tu n’as pas dit non non plus. »

« Damien… »

C’était la première fois qu’elle prononçait son prénom à voix haute. Ça sonna intime. Trop intime.

Il marqua une pause.

« Dis mon nom encore. »

Elle rougit malgré elle.

« Non. »

« Tu le diras. Bientôt. »

Elle entendit le bruit d’une portière qui claque, puis un moteur qui ronronne.

« Attendez… vous êtes sérieux ? Vous venez vraiment ? »

« Je suis déjà en route. »

Panique.

« Je ne veux pas vous voir. »

« Menteuse. »

Il raccrocha.

Guylaine fixa l’écran noir de son téléphone pendant plusieurs secondes.

Puis elle se leva d’un bond.

Elle courut dans sa chambre, enfila un jean slim noir, un haut ample blanc, des baskets. Elle attacha ses cheveux en queue-de-cheval haute. Elle attrapa son sac, ses clés.

Elle hésita devant la porte.

Puis elle sortit.

Elle descendit les escaliers quatre à quatre. Dehors, la nuit était tombée. L’air était frais, chargé d’odeur de bitume humide après la pluie de la veille.

Une berline noire, vitres teintées, était garée juste devant l’immeuble. Le moteur tournait doucement.

La portière arrière s’ouvrit avant même qu’elle arrive.

Damien était là, assis sur la banquette en cuir, costume anthracite cette fois, chemise blanche ouverte au col. Il la regardait avec cette même intensité animale.

« Monte. »

Guylaine resta figée sur le trottoir.

« Je ne monte pas dans la voiture d’un inconnu. »

« Je ne suis plus un inconnu. »

Il tendit la main. Grande. Puissante.

« Monte, Guylaine. Ou je descends te chercher moi-même. »

Elle déglutit.

Son cœur cognait si fort qu’elle l’entendait dans ses oreilles.

Elle fit un pas.

Puis un autre.

Elle monta dans la voiture.

La portière se referma avec un claquement doux.

L’habitacle sentait le cuir neuf et son parfum à lui.

Damien ne dit rien tout de suite. Il se contenta de la regarder.

Puis il murmura :

« Tu as mis du temps à appeler. »

« Je n’aurais pas dû. »

« Mais tu l’as fait. »

Le chauffeur démarra sans un mot. La voiture glissa dans la circulation nocturne.

Guylaine serrait son sac sur ses genoux.

« Où allons-nous ? »

Damien sourit légèrement.

« Chez moi. »

Elle tourna la tête vers lui, les yeux écarquillés.

« Je ne vais pas chez vous. »

« Si. »

Il se pencha vers elle, envahissant son espace sans la toucher.

« Parce que ce soir, petite louve… tu vas comprendre pourquoi ton corps tremble chaque fois que je suis près de toi. »

Il posa une main sur sa cuisse – légère, mais possessive.

Guylaine sursauta, mais ne le repoussa pas.

« Et pourquoi je devrais vous croire ? »

Il approcha son visage du sien, jusqu’à ce que leurs souffles se mêlent.

« Parce que tu le sens déjà. Au fond de toi. »

Ses lèvres effleurèrent presque les siennes.

« Tu es à moi. »

La voiture accéléra sur l’autoroute.

Guylaine ferma les yeux, le cœur en feu.

Et au fond d’elle, cette même petite voix murmura à nouveau : Il dit la vérité. Et tu le sais.

La berline s’enfonça dans la nuit, vers un domaine immense que personne ne connaissait vraiment.

Vers le territoire de l’Alpha.

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