MasukGuylaine se réveilla en sursaut, le cœur battant à tout rompre. La chambre était plongée dans une pénombre douce, seulement éclairée par la lueur argentée de la lune qui filtrait à travers les rideaux transparents. Elle était nue sous les draps noirs, la veste de Damien encore drapée sur ses épaules comme une couverture improvisée.
Elle se redressa lentement. Son corps lui semblait différent : plus léger, plus sensible. Chaque muscle vibrait d’une énergie nouvelle. Elle toucha son cou, là où elle sentait encore la marque invisible du lien – une chaleur diffuse qui pulsait doucement. Un bruit léger à la porte. Un grattement discret, comme des griffes sur le bois. Guylaine se figea. La porte s’entrouvrit sans un bruit. Une silhouette féminine entra, refermant derrière elle avec précaution. La femme était grande, élancée, peau caramel, cheveux noirs lisses cascadant jusqu’à la taille. Elle portait une robe rouge sang moulante qui soulignait chaque courbe. Ses yeux, verts comme ceux de Guylaine mais plus froids, plus calculateurs, la fixèrent avec un mélange de curiosité et de mépris. « Tu es réveillée. Parfait. » Sa voix était douce, presque chantante, mais il y avait une lame dessous. Guylaine remonta les draps contre elle. « Qui êtes-vous ? » La femme s’approcha du lit, s’arrêta à un mètre. Elle croisa les bras. « Elena Rossi. Fiancée officielle de Damien Blackwood depuis trois ans. Ou du moins, c’est ce que tout le monde croit encore. » Guylaine sentit son estomac se nouer. « Fiancée ? » Elena sourit, un sourire qui n’atteignait pas ses yeux. « Oh, il ne t’a pas dit ? Typique de Damien. Il garde ses petits secrets jusqu’au dernier moment. » Elle fit un pas de plus, s’assit au bord du lit sans y être invitée. « Tu es la nouvelle Luna, c’est ça ? La petite humaine qui s’est révélée louve par miracle. Comme c’est… touchant. » Guylaine serra les dents. « Sortez de ma chambre. » Elena rit doucement. « Ta chambre ? Dans ce manoir, rien n’est à toi tant que Damien ne l’a pas décidé. Et crois-moi, il décide très vite quand il s’agit de moi. » Elle pencha la tête, examinant Guylaine comme un objet. « Tu sais pourquoi il t’a ramenée ici si rapidement ? Pas par amour. Par nécessité. Le lien de mates est trop fort, il le rend faible. Et un Alpha faible, c’est une meute vulnérable. Surtout avec les Rossi qui rôdent aux portes. » Guylaine fronça les sourcils. « Les Rossi ? » « Ma famille. Mafia italienne, loups hybrides, rivaux des Blackwood depuis des décennies. Damien m’a promise pour sceller une alliance. Et puis tu arrives, toi, la petite orpheline qui sent le destin. » Elena se leva, fit le tour du lit. « Il va te garder, te marquer officiellement, te faire porter son héritier. Et moi ? Je deviens la maîtresse oubliée. Ou pire. » Guylaine sentit une colère monter. « Si vous êtes si importante, pourquoi il m’a choisie moi ? » Elena s’arrêta net. Son sourire disparut. « Parce que le mate bond ne ment pas. Et parce que tu portes déjà quelque chose en toi. » Elle posa une main sur le ventre de Guylaine, par-dessus le drap. Guylaine sursauta, repoussa sa main violemment. « Ne me touchez pas ! » Elena recula, les yeux brillants. « Tu ne le sens pas encore ? Ton odeur a changé. Plus douce. Plus fertile. Tu es enceinte, Guylaine. De l’héritier de l’Alpha. » Guylaine posa les deux mains sur son ventre. Une chaleur étrange, presque familière, irradiait là. Non. Impossible. Pas si vite. Elena se dirigea vers la porte. « Profite bien de ta nuit, petite louve. Parce que demain, quand Damien apprendra la nouvelle, tout va changer. Et moi… je ne compte pas disparaître sans me battre. » Elle s’arrêta sur le seuil. « Oh, et une dernière chose. Si tu parles de moi à Damien ce soir, il pensera que tu mens pour le manipuler. Il déteste les mensonges. Et il me croira moi. Toujours. » La porte se referma doucement. Guylaine resta figée, les mains toujours sur son ventre. Enceinte. Le mot tournait en boucle dans sa tête. Elle se leva, alla jusqu’à la baie vitrée. La forêt était calme maintenant. Mais elle sentait les regards. Des yeux jaunes dans l’ombre. La meute veillait. Ou guettait. Elle posa son front contre la vitre froide. Des larmes coulèrent sans bruit. Elle n’était plus seulement une louve. Elle était une mère. Dans un monde qu’elle ne comprenait pas encore. Et Damien… savait-il déjà ? Un bruit de pas dans le couloir. Lourds. Assurés. La porte s’ouvrit. Damien entra, torse nu, pantalon de jogging noir. Ses cheveux étaient humides, comme s’il sortait de la douche. Il s’arrêta net en la voyant près de la fenêtre. « Tu ne dors pas. » Guylaine se tourna vers lui. Ses yeux étaient rougis. « Elena est venue. » Damien se raidit. « Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? » Guylaine hésita. Les mots d’Elena résonnaient : il me croira moi. Toujours. « Rien d’important. Juste… qu’elle existe. » Damien s’approcha lentement. « Elena est le passé. Une alliance politique. Rien de plus. » Il posa une main sur sa joue. « Tu trembles. » Guylaine ferma les yeux. « J’ai peur. » « De moi ? » « De tout ça. De ce que je suis. De ce qui va arriver. » Il l’attira contre lui. Son torse était chaud, dur, rassurant malgré tout. « Tu n’es pas seule. Plus jamais. » Il la souleva doucement, la porta jusqu’au lit, la déposa avec précaution. Il s’allongea à côté d’elle, sans la toucher, mais assez près pour qu’elle sente sa présence. « Dors. Demain, je te montrerai le reste. La meute. Le territoire. Et je répondrai à toutes tes questions. » Guylaine se tourna vers lui. « Promets-moi une chose. » « Tout ce que tu veux. » « Ne me mens pas. Jamais. » Damien la regarda longuement. « Je te le promets. » Il posa une main sur son ventre, sans savoir – ou peut-être en sachant déjà. Guylaine sentit les larmes revenir. Elle se blottit contre lui. Pour la première fois, elle se laissa aller. Mais au fond d’elle, la petite voix murmura : Elena n’a pas menti. Et Damien cache encore des choses. Dehors, dans la forêt, un loup solitaire hurla une fois. Court. Aigre. Plein de haine. La guerre n’avait pas encore commencé. Mais elle approchait.Guylaine se réveilla en sursaut, le cœur battant à tout rompre. La chambre était plongée dans une pénombre douce, seulement éclairée par la lueur argentée de la lune qui filtrait à travers les rideaux transparents. Elle était nue sous les draps noirs, la veste de Damien encore drapée sur ses épaules comme une couverture improvisée.Elle se redressa lentement. Son corps lui semblait différent : plus léger, plus sensible. Chaque muscle vibrait d’une énergie nouvelle. Elle toucha son cou, là où elle sentait encore la marque invisible du lien – une chaleur diffuse qui pulsait doucement.Un bruit léger à la porte. Un grattement discret, comme des griffes sur le bois.Guylaine se figea.La porte s’entrouvrit sans un bruit. Une silhouette féminine entra, refermant derrière elle avec précaution.La femme était grande, élancée, peau caramel, cheveux noirs lisses cascadant jusqu’à la taille. Elle portait une robe rouge sang moulante qui soulignait chaque courbe. Ses yeux, verts comme ceux de Gu
Guylaine ne toucha presque pas à son assiette. Les plats étaient exquis – filet mignon saignant, légumes rôtis, sauce au vin rouge – mais chaque bouchée avait un goût de cendre. Elle reposa ses couverts, les mains tremblantes.Le hurlement des loups s’était tu depuis quelques minutes, mais l’écho résonnait encore dans sa poitrine. Elle se leva, alla jusqu’à la baie vitrée de la salle à manger. Dehors, la lune était presque pleine, un disque argenté qui baignait le domaine d’une lumière froide.Elle posa une main sur la vitre. Le verre était frais. Son reflet la fixait : yeux agrandis, lèvres pâles, épaules crispées.Un bruit de pas derrière elle.Damien était revenu. Il s’arrêta à quelques mètres, les mains dans les poches de son pantalon.« Tu n’as rien mangé. »« Je n’ai pas faim. »Il s’approcha lentement.« Ton corps a besoin de forces. La transformation arrive. »Elle se retourna d’un bloc.« Quelle transformation ? Arrête avec tes histoires. »Il la regarda sans ciller.« Ce soi
La berline glissait sur l’autoroute comme un prédateur silencieux. Les lumières de la ville s’estompèrent peu à peu, remplacées par des routes plus sombres, bordées d’arbres hauts et denses. Guylaine gardait les yeux fixés sur la vitre, mais elle sentait le regard de Damien sur elle. Constant. Brûlant.Sa main était toujours posée sur sa cuisse. Pas lourde, pas insistante, mais présente. Possessive. Elle n’avait pas osé la repousser. Pas encore.« Où est-ce qu’on va exactement ? » demanda-t-elle enfin, la voix plus faible qu’elle ne l’aurait voulu.« Chez moi. »« Tu l’as déjà dit. Mais où ? »Il tourna légèrement la tête vers elle. Un sourire en coin.« Un endroit où personne ne viendra te chercher si tu décides de partir. Mais tu ne partiras pas. »Elle déglutit.« Tu parles comme si j’étais déjà prisonnière. »« Tu l’es depuis la nuit où tu m’as laissé t’embrasser. »Guylaine sentit ses joues chauffer. Elle détourna le regard.« C’était une erreur. J’avais bu. »« L’alcool ne ment
Guylaine resta assise par terre pendant ce qui lui sembla une éternité. La carte noire était toujours sur la console, innocente en apparence, mais elle la fixait comme si c’était une bombe à retardement. Le numéro gravé en argent semblait pulser sous la lumière jaunâtre de l’ampoule du plafond.Elle finit par se lever, les jambes encore faibles. Elle prit la carte entre deux doigts, comme si elle pouvait la brûler, et la glissa dans la poche de son jean. Puis elle alla dans la salle de bain, ouvrit le robinet d’eau froide et se passa le visage pendant de longues minutes. L’eau glacée ne chassa pas la chaleur qui persistait dans son ventre.Elle se regarda dans le miroir. Ses yeux étaient grands ouverts, brillants d’une peur mêlée à autre chose qu’elle refusait de nommer. Ses lèvres étaient encore gonflées du souvenir de ce baiser volé trois semaines plus tôt.« Ressaisis-toi, Guylaine. C’est juste un riche taré qui joue au dominateur. »Elle prononça les mots à voix haute, mais ils so
La pluie martelait les vitres du taxi comme si le ciel voulait noyer la ville entière. Guylaine serra son sac contre elle, les phalanges blanchies par la tension. Vingt-trois heures trente-sept. Elle avait raté le dernier bus, encore une fois, à cause de cette maudite réunion qui s’était éternisée jusqu’à vingt-deux heures. Son patron, Monsieur Koffi, avait insisté pour qu’elle reste « juste cinq minutes de plus » pour relire le dossier de la campagne publicitaire. Cinq minutes qui s’étaient transformées en trois heures.Elle soupira, frottant ses tempes. Ses boucles noires, qu’elle avait soigneusement attachées en chignon ce matin, s’étaient rebellées depuis longtemps ; quelques mèches collaient maintenant à sa nuque humide.« Vous descendez où exactement, ma belle ? » demanda le chauffeur en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur. Sa voix était rauque, fatiguée, comme s’il conduisait depuis le début de la semaine.« Rue des Baobabs, juste après le grand rond-point. Merci. »Il hoc







