Compartir

CHAPITRE 3

Autor: Joseph
last update Fecha de publicación: 2026-09-29 08:19:35

La colère d'Isabella vibrait encore sous sa peau comme une corde tendue, mais à mesure que sa maison apparaissait au loin, la rage laissa place à une inquiétude piquante.

La porte d'entrée était grande ouverte, battant l'air au gré du vent sur ses gonds en fer. Isabella ralentit le pas.

— Papa ? appela-t-elle en franchissant le seuil.

Le silence était presque suffocant. Elle s'avança un peu plus dans la pièce principale, et son souffle se bloqua dans sa gorge. La pièce était un champ de ruines. Les étagères avaient été arrachées des murs de pierre, éparpillant sur le plancher un désastre de fioles en verre brisées et de pots en terre cuite. La lavande séchée, la racine de sang écrasée et les teintures renversées se mêlaient en une pâte sombre et boueuse près du comptoir. La table en bois sur laquelle Santiago préparait ses baumes était renversée sur le côté, ses tiroirs arrachés et vidés sur le sol.

— Papa ! hurla Isabella, la voix empreinte de panique.

Elle se précipita vers les appartements du fond, ses bottes crissant sur le verre pilé, mais la petite chambre de son père était tout aussi ravagée. Le matelas avait été éventré, la paille s'en échappait sur le sol, et son lit de camp était vide.

Isabella tourna sur elle-même, le cœur martelant ses côtes comme un oiseau piégé. Alors qu'elle reculait vers l'entrée, une ombre coupa la lumière du jour, la faisant sursauter et attraper le premier morceau de bois qui lui tomba sous la main.

— Isabella ! Oh, ma fille, pose ça !

Une femme âgée entra précipitamment, serrant un épais châle autour de ses épaules tremblantes. C'était Madame Hyacinthe, leur voisine. Elle avait le visage blême et les yeux écarquillés par une terreur encore vive tandis qu'elle balayait la pièce du regard.

— Madame Hyacinthe, souffla Isabella en laissant tomber le bois pour se précipiter vers elle, lui saisissant les mains glacées. Que s'est-il passé ici ? Où est mon père ?

— Non, non... c'est pire, ma fille. Bien pire, bégaya Madame Hyacinthe, la voix si tremblante qu'elle articulait à peine.

Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule en direction de la route, comme si elle craignait d'être observée.

— C'étaient les soldats de la meute royale. Ils sont venus juste après l'aube... menés par Lord Gonzalo en personne.

Isabella se figea, son esprit luttant pour assimilated ce nom. Lord Gonzalo était le haut commandant de la garde royale, un homme impitoyable, et le cousin du Prince Héritier Rodrigo. Il mettait rarement les pieds dans les secteurs frontaliers de la basse classe, sauf lorsqu'il s'agissait d'exécuter des ordres de mise à mort.

— Lord Gonzalo ? chuchota Isabella, la poitrine oppressée. Pourquoi viendrait-il ici ? Qu'est-ce que mon père aurait bien pu faire ?

— C'est sa femme, ma fille... Lady Evelyn, pleura Madame Hyacinthe en pressant un coin de son châle contre sa bouche. Elle était enceinte jusqu'aux yeux et a pris mal ce matin. Les hommes de Lord Gonzalo sont venus chercher Santiago pour la soigner, mais... mais ton père n'était pas là !

Un effroi glacial envahit l'estomac d'Isabella.

— Il n'était pas là pour s'occuper d'eux...

— Quand Santiago a atteint le domaine ce matin, il était trop tard, chuchota Madame Hyacinthe, des larmes montant dans ses yeux ridés. Lady Evelyn et l'enfant à naître sont décédés. Lord Gonzalo est devenu fou de douleur et de rage. Il a accusé ton père de... de meurtre ! Il a dit que le retard de Santiago avait tué sa femme et son héritier. Ils l'ont emmené enchaîné dans le fer, Isabella ! Il saignait à la tête, et Lord Gonzalo a juré qu'il serait exécuté avant le coucher du soleil !

— Non, souffla Isabella, le monde basculant dangereusement sous ses pieds. Non, mon père n'est pas un meurtrier ! Il soignait des loups blessés à la maison de meute de Mainstream ! Il ne pouvait pas les abandonner !

— Raisonner un homme en deuil, c'est comme parler à un incendie, Isabella, insista Madame Hyacinthe en lui serrant fermement les poignets. Tu dois fuir. Quitte le secteur avant qu'ils ne reviennent te chercher !

— Je ne fuirai pas, dit-elle, sa panique se durcissant en une résolution froide et féroce.

Elle dégaga ses mains, le regard brûlant d'une détermination pure.

— Il n'a rien fait de mal. Je vais à la Maison de Meute Royale.

— Isabella, non ! Tu es une défaillante ! Tu n'as aucun rang, aucun loup, aucune protection à la cour royale ! supplia Madame Hyacinthe en attrapant son vêtement. Ils vont te briser !

Le trajet jusqu'à la Maison de Meute Royale sembla durer une éternité agonisante. Le soleil montait haut dans le ciel, écrasant de chaleur les routes poussiéreuses, mais Isabella était complètement engourdie par la souffrance. Son esprit défilait d'images terrifiantes de son père fragile, enfermé dans un cachot sombre et froid, face à la lame du bourreau pour un crime qu'il n'avait jamais commis. Lorsque les immenses murs de pierre sombre du Domaine Royal se dressèrent enfin devant elle, Isabella haletait, sa robe trempée de sueur et souillée par la poussière du chemin. Le grand domaine s'étendait à perte de vue, bâti comme une forteresse inexpugnable avec de hautes grilles en fer et des piliers de pierre imposants, patrouillé par des gardes royaux armés jusqu'aux dents.

Alors qu'elle contournait le dernier virage menant à la grande cour en pierre de l'entrée, ses pas chancelèrent.

Se tenant juste à côté des massives grilles en fer, entouré de quatre soldats lourdement armés, se trouvait son père. Santiago était à genoux, les mains étroitement liées dans son dos par des chaînes en fer qui lui entamaient les poignets. Du sang séché incrustait son front et emmêlait ses cheveux gris, tandis que sa tunique en lin était déchirée et maculée de terre. Debout juste au-dessus de lui se tenait Lord Gonzalo.

Gonzalo était imposant, ses larges épaules drapées dans une sombre cape doublée de fourrure, ses mains reposant lourdement sur la garde d'une épée à deux mains. Son visage arborait un masque d'une arrogance froide et létale, ses yeux sombres creusés par le deuil et déformés par une soif insatiable de vengeance.

— Papa ! hurla Isabella, s'élançant dans une course frénétique vers les grilles.

— Isabella ! Non ! Reste en arrière ! enroua Santiago, la voix rauque alors qu'il tentait de lever la tête, secoué par une toux violente.

Deux gardes royaux se dressèrent immédiatement sur son chemin, croisant leurs lourdes piques pour lui bloquer l'accès, mais Gonzalo leva une main gantée de cuir, interrompant leur geste.

Son regard sombre glissa vers elle, l'évaluant alors qu'elle se tenait haletante sur le seuil, le menton levé malgré les larmes qui lui brûlaient les yeux.

— Ainsi, dit Gonzalo, sa voix un ronronnement grave et rocailleux qui traversa la cour, la fille défaillante arrive.

— Laissez-le partir ! exigea Isabella, la voix tremblante de rage alors qu'elle foudroyait le seigneur du regard. Mon père est innocent. Il soigne les malades ! Il a été appelé pour une escarmouche à la frontière hier soir par vos propres officiers, il ne pouvait pas laisser mourir des loups blessés ! Il n'a pas tué votre femme !

L'expression de Gonzalo ne s'adoucit pas. Au lieu de cela, il fit un pas lent et délibéré vers elle, ses bottes claquant sèchement sur les pavés.

— Ma femme est morte, fille. Mon enfant, l'enfant qui aurait porté mon sang, n'a jamais poussé un seul soupir. Ton père a été mandé, et il ne s'est pas présenté quand ma famille avait besoin de lui. Aux yeux de la loi, sa négligence est une trahison. Et la trahison se paie par le sang.

— Il ne l'a pas négligée ! s'écria Isabella en s'approchant malgré les piques des gardes. Vous le savez bien ! Vous voulez simplement que quelqu'un paye pour votre deuil !

Un sourire cruel et à peine perceptible étira les lèvres de Gonzalo. Il pencha la tête, la fixant d'une lueur calculatrice et sinistre dans les yeux. Il se pencha légèrement, baissant la voix de manière que seules la jeune femme et la garde puissent l'entendre.

— Tu parles avec beaucoup d'audace pour une fille qui ne possède rien, murmura-t-il doucement. Mais tu as raison sur un point, Isabella. Exécuter un vieil homme fragile ne me rendra pas ma femme. Cela ne réparera pas non plus l'insulte faite à mon nom.

Isabella plissa les yeux, son pouls battant la chamade dans sa gorge.

— Qu'est-ce que vous voulez dire ?

Gonzalo se tourna vers Santiago, poussant le flanc du vieil homme du bout de sa botte, ce qui lui arracha un faible gémissement de douleur.

— Je dis, reprit Gonzalo en ancrent de nouveau son regard sombre sur Isabella, que la vie de ton père est entièrement entre tes mains.

Isabella sentit l'air quitter ses poumons.

— Que voulez-vous ?

Gonzalo s'avança jusqu'à la grille de fer, la toisant à travers les barreaux.

— Tu resteras dans la maison de meute à partir d'aujourd'hui et tu feras exactement ce que je t'ordonne. En échange, ton cher papa restera en vie dans une cellule. Si tu réagis mal, ou si tu piques une crise ne serait-ce qu'une fois... sa tête roulera au bas du bloc avant le coucher du soleil.

La poitrine d'Isabella se soulevait à un rythme frénétique. Elle regarda par-dessus l'épaule de Gonzalo l'endroit où son père gisait sur les pierres, couvert de bleus, sanglant et tremblant sous le poids de ses chaînes. Santiago la regardait, secouant la tête frénétiquement.

— Ne... ne fais pas ça, Isabella... hoqueta Santiago, des larmes traçant des sillons propres dans la poussière de son visage. Ne te vends pas à lui...

Isabella reporta son regard sur Gonzalo. Ses yeux étaient froids, morts et totalement dénués de merci. Elle savait qu'il ne s'agissait pas d'une menace en l'air. Si elle se retournait et partait, son père serait mort dans l'heure. Cette certitude s'abattit sur elle comme un lourd linceul de fer. Elle était piégée.

— Si je fais ce que vous exigez de moi, monsieur, murmura Isabella, sa voix tremblant légèrement avant qu'elle ne la force à se stabiliser, vous lui fournirez de la nourriture, des soins, et la promesse qu'il ne lui sera fait aucun mal.

Gonzalo sourit, une expression terrifiante et triomphante qui lui glaça le sang.

— Tu as ma parole de Seigneur.

Il fit un signe à ses gardes.

— Emmenez le vieil homme dans les cellules souterraines. Donnez-lui un chiffon pour sa tête.

— Isabella ! s'écria Santiago alors que les gardes le redressaient par les bras, traînant ses pieds enchaînés sur les pavés en direction des sombres escaliers du donjon. Isabella !

— Papa, je suis tellement désolée, chuchota-t-elle dans son souffle, le regardant jusqu'à ce que sa silhouette fragile disparaisse dans les ombres du domaine.

Gonzalo franchit les grilles de fer, s'arrêtant juste devant elle. Il détailla ses cheveux humides, sa robe en lin sale, et le feu pur et dangereux qui brûlait toujours derrière ses yeux.

— Bienvenue à la Maison de Meute Royale, Isabella, dit Gonzalo.

Elle fut emmenée directement dans la résidence de Gonzalo et installée dans une pièce somptueuse pour s'y reposer. Mais à peine s'était-elle installée qu'une équipe de servantes arriva pour la préparer en vue d'une soirée royale prévue ce soir-là. Isabella fut lavée, baignée et frottée avec soin. Ses cheveux furent brossés en mèches soyeuses, et elle fut drapée dans une soie fine, parée de bijoux magnifiques et pourvue d'une pochette assortie.

Ainsi vêtue de cette robe à couper le souffle, elle descendit retrouver Lord Gonzalo, et tous deux prirent la direction du bal royal.

La grande salle regorgeait de membres de la haute société, tous vêtus avec une élégance exquise et accompagnés de ravissants partenaires. Partout dans la pièce, elle remarqua des loups possessifs aux griffes partiellement sorties, une démonstration subtile de jalousie dès que quelqu'un fixait leur âme sœur un peu trop longtemps. En tant que défaillante, Isabella ne se sentait concernée par aucune de leurs dynamiques primales ni par la traction du lien, et se contentait donc de regarder le spectacle en étrangère.

Soudain, les lourdes portes s'ouvrirent et le Prince Héritier Rodrigo fit son entrée. Le silence s'abattit sur la salle alors que tout le monde se levait pour s'incliner, y compris Gonzalo. Alors que Rodrigo balayait la foule du regard, ses yeux se posèrent directement sur Isabella, et il leva un sourcil par curiosité. Voyant cet échange, Gonzalo lui attrapa immédiatement le poignet pour la rapprocher de lui. Isabella pensa pousser un petit cri sous le choc de cette emprise brutale.

Le Prince Héritier salua l'assemblée, entouré de ses royaux parents, et la fête commença pour de bon.

Au fil de la soirée, Isabella se sentit épuisée par cette atmosphère étouffante. Prétextant un besoin d'utiliser les cabinets, elle s'éclipsa de la salle principale. Son évasion fut cependant rapidement interrompue lorsqu'elle aperçut une table croulant sous un choix incroyable de gâteaux délicats et de pâtisseries. Affamée et submergée, elle commença aussitôt à se remplir la bouche.

Elle en était à sa cinquième bouchée lorsqu'une voix grave et fluide fendit le calme du couloir.

— Personne n'aurait imaginé qu'une dame de cette trempe puisse être aussi affamée... ou peut-être aussi mal élevée.

Isabella rouspéta et redressa brusquement la tête, se retrouvant nez à nez avec le Prince Héritier Rodrigo.

— Qu'est-ce que vous voulez maintenant, Monsieur le Frimeur ? Laissez-moi manger !

— Pardon ? demanda-t-il, une lueur amusée dans les yeux.

— Je ne vois pas du tout ce que vous faites là à me coller, grogna-t-elle, la bouche encore pleine. Oui, j'ai faim, mais en quoi cela vous regarde-t-il ?

Rodrigo pencha la tête.

— Tu ne sais vraiment pas comment parler à ton Alpha ?

— Vous devriez peut-être vous comporter comme un Alpha d'abord et vous mêler de vos affaires, répliqua-t-elle en fourrant distraitement une autre douceur dans sa bouche tout en jetant un coup d'œil autour d'elle pour s'assurer que personne n'approchait.

Elle désigna le plateau de desserts.

— Vous en voulez un ?

Les sourcils de Rodrigo se levèrent, témoignant d'une surprise véritable.

— Tu m'en proposes un ? Étonnant. Eh bien, je ne m'adonne pas à ces habitudes peu saines. Poursuis donc.

Isabella leva les yeux au ciel, attrapa un gâteau à la vanille et se le fourra dans la bouche. Mais au moment même où elle avalait, l'écho de pas lourds retentit dans le couloir. Paniquée à l'idée d'être surprise à s'empiffrer de pâtisseries, elle fit un rapide pas en arrière, trébucha dans la traîne de sa robe et vacilla.

Avant qu'elle ne touche le sol, les bras de Rodrigo la rattrapèrent sans effort.

Les pas devenaient plus forts, et Isabella se figea, douloureusement consciente de leur proximité, et de la tournure désastreuse que cette scène prendrait pour quiconque entrerait à ce moment-là.

— Reculez dans le coin ! chuchota-t-elle en urgence en le poussant au niveau de la poitrine.

— Et pourquoi ferais-je cela ? répondit calmement Rodrigo en ne bougeant pas d'un pouce. Je n'ai pas mangé de gâteau.

— Ça n'a rien à voir avec le gâteau, espèce d'imbécile ! Je suis... je suis censée être avec votre cousin ! Nous avons un arrangement, et s'il me voit ainsi... Pouvez-vous simplement bouger maintenant ?

Elle le poussa plus fort, le tirant avec elle dans les ombres profondes d'une alcôve en retrait.

Les pas s'arrêtèrent juste devant l'entrée.

— Qui est là ? Isabella, c'est toi ?

C'était la voix de Lord Gonzalo.

Le cœur d'Isabella manqua un battement. Cédant à son pur instinct, elle plaqua fermement sa paume sur la bouche du Prince Héritier pour l'empêcher de prononcer le moindre mot. Elle remercia les cieux de le voir rester immobile, ses yeux sombres ancrés dans les siens dans la pénombre.

Gonzalo continua d'appeler son nom tout en s'avançant directement vers leur couloir. Il balaya la zone du regard, mais les ombres épaisses les dissimulaient parfaitement dans leur coin. Ne trouvant rien, ses pas lourds finirent par faire demi-tour et s'éloignèrent en direction de la salle de bal.

Une fois le son de ses bottes totalement éteint, Isabella laissa échapper une respiration qu'elle ne savait pas avoir retenue et retira sa paume de son visage.

Rodrigo la fixa, haussant un sourcil.

— À quoi rimait tout cela ?

— Taisez-vous, chuchota-t-elle entre ses dents serrées.

Continúa leyendo este libro gratis
Escanea el código para descargar la App

Último capítulo

  • L'Alpha Roi est mon âme sœur.   CHAPITRE 4

    Isabella redressa sa robe, lissant la soie fine et peu familière qui lui pesait tant sur la peau, et s'avança vers la sortie du balcon, une alcôve ombragée et calme où personne de la salle de bal animée ne s'attardait vraiment. La douce brise de la nuit offrit un fugace moment de répit, mais le bruit lourd des bottes de cuir derrière elle brisa sa tranquillité presque instantanément.Elle pouvait entendre le Prince Héritier marcher juste derrière elle.— Où vas-tu maintenant ? demanda-t-il, sa voix basse, exigeante et suintant l'arrogance naturelle attendue d'un roi loup-garou.— Rappelle-moi en quoi tout cela te regarde ? rétorqua-t-elle sans prendre la peine de se retourner, gardant les yeux fixés sur la cour baignée de lune en contrebas. Elle en avait tellement assez et... et Annie lui manquait terriblement. La nouvelle de sa liaison avec Gonzalo avait probablement fait le tour et Annie l'avait sûrement entendue, mais elle prévoyait quand même de se faufiler jusqu'à la rivière dema

  • L'Alpha Roi est mon âme sœur.   CHAPITRE 3

    La colère d'Isabella vibrait encore sous sa peau comme une corde tendue, mais à mesure que sa maison apparaissait au loin, la rage laissa place à une inquiétude piquante.La porte d'entrée était grande ouverte, battant l'air au gré du vent sur ses gonds en fer. Isabella ralentit le pas.— Papa ? appela-t-elle en franchissant le seuil.Le silence était presque suffocant. Elle s'avança un peu plus dans la pièce principale, et son souffle se bloqua dans sa gorge. La pièce était un champ de ruines. Les étagères avaient été arrachées des murs de pierre, éparpillant sur le plancher un désastre de fioles en verre brisées et de pots en terre cuite. La lavande séchée, la racine de sang écrasée et les teintures renversées se mêlaient en une pâte sombre et boueuse près du comptoir. La table en bois sur laquelle Santiago préparait ses baumes était renversée sur le côté, ses tiroirs arrachés et vidés sur le sol.— Papa ! hurla Isabella, la voix empreinte de panique.Elle se précipita vers les appa

  • L'Alpha Roi est mon âme sœur.   CHAPITRE 2

    — Qu'est-ce qui vient de se passer ? hoqueta Annie, se plaquant pratiquement le dos contre le mur en bois alors que les pas lourds des chevaux royaux commençaient à s'éteindre au loin. Elle tourna des yeux écarquillés d'incompréhension vers la fenêtre.— Tu as vu ça ? Le Prince Héritier... il a regardé droit vers cette fenêtre !Isabella se força à hausser les épaules, faisant jouer ses omoplates pour chasser le frisson soudain qui lui parcourait la colonne vertébrale.— Tu te fais des idées, Annie. Le soleil tape sur les lattes en bois. Il vérifiait probablement juste qu'il n'y avait pas de tireurs d'élite à la frontière, il ne regardait pas à l'intérieur de la chambre d'un apothicaire.Elle s'efforça de donner à sa voix son ton plat et indifférent habituel, mais sous ses côtes, son cœur martelait un rythme frénétique et irrégulier. Une pensée troublante lui traversait l'esprit. Il lui semblait familier.— Il y a quelque chose de bizarre chez lui, murmura Isabella à haute voix en s'é

  • L'Alpha Roi est mon âme sœur.   CHAPITRE 1

    S'il y avait bien une chose dont Isabella se savait incapable de se passer, c'était le sexe. Ça ne la dérangeait absolument pas de se taper toute la meute, tant qu'ils avaient une bonne bite, pas nécessairement énorme ou longue, mais simplement très efficace.Et là, alors qu'elle s'efforçait de bien équilibrer son poids sur ses jambes pliées sous la force folle avec laquelle cette verge épaisse s'enfonçait en elle, elle savait qu'elle ne pouvait pas y renoncer.C'était une vraie traînée.— Putain !Elle hurla lorsqu'il lui flanqua une fessée.Le bois brut du mur extérieur de la cabane lui entrait dans les omoplates, mais cette morsure du bois ne la dérangeait pas.Le soldat pressé contre elle, un garde frontière de bas rang, Marcus ou peu importe son nom, haletait contre son cou. Ses mains se montraient maladroites sur sa taille, guidées par une force de loup pressée et sans le moindre raffinement.— Tu es vraiment une vicieuse, hein ? Tu sais comment l'encaisser, gémit-il, le souffle

Más capítulos
Explora y lee buenas novelas gratis
Acceso gratuito a una gran cantidad de buenas novelas en la app GoodNovel. Descarga los libros que te gusten y léelos donde y cuando quieras.
Lee libros gratis en la app
ESCANEA EL CÓDIGO PARA LEER EN LA APP
DMCA.com Protection Status