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Chapter 95

Author: S.j maria
last update publish date: 2026-09-19 19:54:57

La Fondation Castellan

Six mois après cette conversation initiale, la famille Castellan officialisa la création de leur propre fondation caritative, dédiée à soutenir la médiation familiale et la réconciliation entre familles divisées par des conflits anciens et profonds.

— Nous avons choisi de l'appeler simplement « La Fondation du Jardin », annonça Gabriel lors de la cérémonie d'inauguration, organisée naturellement dans le jardin familial lui-même, transformé pour l'occasio
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  • L'Antre du Lion   Chapter 640

    Sept ans de NoéLe deux août, dans la cour de la maison de la grande table, Noé, sept ans ce jour-là, trônait sur une chaise ornée de ballons, une couronne de carton sur la tête. Il avait exigé que le gâteau, au chocolat, soit surmonté d'un nombre exact de bougies : sept, ni plus ni moins. Autour de lui, les cousins, les amis, les voisins chantaient.— Joyeux anniversaire, Noé ! cria Gabriel.— Merci.— Sept ans !— Je sais.— C'est l'âge de raison.— C'est quoi, la raison ?— Quand on sait ce qu'on fait.— Je le sais depuis longtemps, dit Noé. Mais merci de me le dire.Capucine, assise sur le muret, le regardait avec une tendresse amusée. À côté d'elle, Lucas, une tasse de thé à la main, observait les enfants qui s'agitaient. Il se pencha vers elle.— Tu as le cadeau ?— Oui.— Tu le lui donnes quand ?— Après le gâteau.— Il l'attend ?— Il attend tout, dit Capucine. Il est né pour attendre.Le gâteau fut apporté dans une grande clameur. Noé, solennel, souffla les sept bougies d'un

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    Les lettres de la citéLe quinze juillet, dans l'abri de bois de la cité des Acacias, Capucine, assise à la grande table, lisait à voix haute une lettre devant une dizaine d'enfants rassemblés. Mehdi, au premier rang, les yeux brillants, suivait chaque mot du bout du doigt.— « Cher Mehdi, lut-elle. Je m'appelle Joana. J'ai dix ans. Je vis à Lisbonne, dans un quartier avec des escaliers. Capucine m'a parlé de toi. Elle dit que tu plantes des haricots et que tu comptes les lettres. »— Je ne compte pas les lettres, dit Mehdi.— Elle dit que tu les comptes.— Je compte les mots.— C'est pareil.— Non.— Laisse-moi lire. « Moi, je compte les tomates. J'en ai trente-sept. Elles sont vertes. J'attends qu'elles rougissent. Seu Armando dit que la patience, c'est de la vitesse lente. »— Qui est Seu Armando ? demanda un petit.— Un vieux monsieur, dit Capucine. Il garde un jardin.— Il est gentil ?— Il est très gentil.— Comme monsieur Tran ?— Comme monsieur Tran.— « J'espère que tu vas bi

  • L'Antre du Lion   Chapter 638

    Le jardin de la cuisinièreLe lendemain matin, aux aurores, Capucine se rendit dans « le fond », derrière la maison de la grande table. Elle s'arrêta, saisie. En deux mois, le petit jardin de Fatima s'était métamorphosé. Les quatre plates-bandes étaient pleines. Du basilic, de la menthe, du persil, de la coriandre, de la ciboulette, du thym, formaient des tapis verts. Entre eux, des fleurs comestibles, œillets, bourraches, soucis, dessinaient des taches de couleur. Au centre, la capucine Karim, immense, avait envahi le carré de terre, étalant ses longues tiges, ses larges feuilles, ses dizaines de fleurs orange.— Elle est énorme, souffla-t-elle.— Elle a faim de soleil, dit une voix.Nour, en tablier, un panier au bras, venait de surgir derrière un buisson de romarin. Elle souriait, les yeux brillants.— Tu as fait tout ça ?— Avec les enfants.— Chaque matin ?— Chaque matin, dit Nour. Noé arrose, Riette compte, Rose cueille.— Rose cueille ?— Elle ne cueille que ce qu'on lui perme

  • L'Antre du Lion   Chapter 637

    Le retour à la maisonLe cinq juillet, en début de soirée, la voiture de Malik, qui était venu les chercher à l'aéroport, s'engagea dans le chemin du village. Capucine, sur la banquette arrière, la tête contre la vitre, regardait défiler les champs, les haies, le petit pont de pierre. Lucas, à côté d'elle, somnolait.— On y est presque, dit Malik.— Je sais.— Tu es fatiguée ?— Un peu.— Tu as faim ?— Pas encore.— Nour a préparé un couscous.— Le dimanche ?— Aujourd'hui, c'est lundi.— Alors c'est exceptionnel.— C'est pour toi, dit Malik.Elle sourit, ferma les yeux. La voiture, bientôt, s'immobilisa devant la maison de la grande table. Une petite foule, massée devant la porte, attendait. Les enfants, les premiers, se ruèrent vers la portière.— Capucine ! cria Riette.— Capucine ! cria Noé.— Capucine ! cria Rose.— Je suis là, je suis là, dit Capucine, en ouvrant la portière.Elle fut aussitôt assaillie de bras, de baisers, de rires. Derrière eux, un peu à l'écart, une petite s

  • L'Antre du Lion   Chapter 636

    Les adieux de la collineLe quatre juillet, à six heures du soir, une petite foule se pressait dans le jardin de la colline. Des voisins, des enfants, des vieillards, tous en tenue de fête, entouraient une grande table sur laquelle Rita avait disposé des gâteaux, des fruits, des boissons. Au centre, un grand tournesol, déjà haut d'un mètre, se balançait doucement.— Armando est beau, dit Joana, en le montrant du doigt.— Il grandit vite.— Comme moi.— Plus vite, dit Capucine.— Je ne grandis pas aussi vite.— Non, dit Capucine. Mais tu grandis mieux.Elle regarda le jardin une dernière fois. Les haricots, les fèves, les tomates, la rangée de capucines, le piquet « F. », la cabane, le mur de pierres sèches. Tout lui paraissait plus beau qu'au premier jour. Elle sentit sa gorge se serrer.— Il faut que je dise quelque chose, dit-elle.— Ne fais pas de discours, dit Teresa.— Un petit.— D'accord. Mais court.Elle monta sur un tabouret, regarda l'assemblée. Une cinquantaine de visages a

  • L'Antre du Lion   Chapter 635

    La proposition de TeresaLe vingt juin, dans la petite cabane du jardin, Teresa, assise sur un tabouret, regardait Capucine avec un petit sourire mystérieux. Sur la table, entre elles, un plat de pasteis de nata, encore tièdes, dont l'odeur sucrée emplissait l'espace.— J'ai une idée, dit-elle.— Je vous écoute.— Mais d'abord, mangez.— J'ai déjà mangé.— Mangez encore.Capucine, en riant, prit un pastel, croqua dans la pâte croustillante. Teresa la regarda faire, satisfaite, puis se pencha en avant.— Vous partez le cinq juillet.— Oui.— Vous reviendrez ?— Oui. Pour les vacances, peut-être.— Ce n'est pas assez.— Je sais.— Alors voilà. J'ai pensé à quelque chose.— Dites.— Un jumelage.— Un jumelage ?— Entre notre jardin et le vôtre.— Lequel ?— Celui de votre cité, les Acacias. Et celui de votre famille, avec le tilleul.— Un jumelage de jardins ?— Pourquoi pas ?— Ça existe ?— Pas encore, dit Teresa. Mais je veux l'inventer.— En quoi ça consisterait ?— Un échange. Chaqu

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