MasukLe point de vue de CAITLIN
Le regard de Diablo exsudait une intensité brute. Son souffle chaud venait caresser ma peau. Ses mains parcouraient mon corps, m'imprégnant de sa présence comme pour s'assurer que je ne tenais pas de l'illusion. Durant un bref instant, je surpris mon esprit à accorder du crédit aux paroles de Caspian, à une nuance près : Diablo m'avait appelée Laura. Pourquoi ce prénom ? Aussi soudainement qu'il m'avait enserrée, il se détacha de moi. Ses pupilles arboraient une teinte plus sombre encore que durant tout le reste de la soirée. D'un ton sans réplique, il ordonna l'évacuation de la pièce. Réagissant d'instinct pour saisir cette opportunité d'évasion, je forçai mes jambes flageolantes à se mettre en mouvement. « Pas toi. Où penses-tu aller comme ça, Caitlin ? » Pourquoi pas moi ? Il m'était évidemment impossible de réclamer des explications. Je gardai la tête basse, mes doigts trituralant machinalement l'étoffe de ma tenue. La façon dont mon prénom s'articulait sur ses lèvres possédait une résonance singulière. L'aura qu'il dégageait rendait l'air moite et pesant. Chaque inspiration devenait un combat. Les rumeurs ne mentaient pas à son sujet. Cet homme n'avait nul besoin de se démener pour insuffler une terreur pures dans vos veines. « Viens ici. » Sa voix était basse, mais saturée d'une autorité naturelle. Mon corps semblait avoir oublié le mécanisme de la marche. Je me concentrai sur chaque mouvement pour ne pas m'effondrer sous le poids de la frayeur. Un pas après l'autre. Il siégeait là, un bras étendu sur le dossier du canapé. Ses jambes allongées et son regard fixé sur ma personne me figeaient à sa merci. « Assieds-toi. » Je me laissai glisser à ses côtés sur le cuir du canapé, trop heureuse d'offrir un répit à mes membres tremblants. « Quel était le plan, petit oiseau ? » *Petit oiseau ?* Il n'y avait absolument rien de frêle chez moi. « Pourquoi Caspian t'a-t-il amenée ici ? » réitéra-t-il calmement, descendant son regard vers ma poitrine avant de remonter vers mes yeux. La situation semblait l'amuser. Je secouai la tête et fermai les paupières, résignée à attendre le coup de grâce. Je n'étais pas assez naïve pour croire que Caspian m'avait déposée ici sans m'équiper d'un traqueur ou d'une puce pour vérifier l'exécution de ma tâche. Diablo inspirait une frayeur monumentale, mais Caspian relevait de la pure démence. Il n'hésiterait pas à s'en prendre à Vivian si je venais à le vendre. Diablo me toisa, le visage impassible. Un coin de ses lèvres s'étira imperceptiblement. « Déshabille-toi. » Son expression demeura d'un sérieux absolu après une exigence aussi révoltante. « Non ! » protestai-je avant d'avoir pu brider ma langue. Et s'il cherchait uniquement à m'humilier ? Ou alors… Non, il était absurde d'imaginer que Diablo puisse ressentir un désir quelconque à mon égard. Mais au vu de la lueur dans ses yeux… si cette hypothèse s'avérait exacte, j'étais prête à tenter le tout pour le tout. Au diable le marché de Caspian. J'allais appliquer ma propre stratégie. Retenant mon souffle, je mis ma poitrine en valeur tout en feignant de chercher la fermeture éclair dans mon dos. Ses orbes se rivèrent sur mon décolleté. Je me penchai légèrement en arrière, jouant l'innocence. Je levai les yeux vers lui : la tactique portait ses fruits. Réfrénant un sourire victorieux, je simulai une difficulté supplémentaire. « Je… je n'y arrive pas. C'est— » « Laisse-moi faire. » Sa voix s'était faite rauque. Ses bras m'envolèrent et remontèrent le long de ma colonne vertébrale. Ses doigts effleurèrent la fermeture éclair, frôlant ma peau et m'expédiant un frisson électrique le long de l'échine. La sensation s'avérait délicieuse. Le souffle chaud de Diablo balayait mes épaules. Cette proximité physique embrasait mon corps. Peut-être la faute à des mois d'abstinence forcée, à moins que ma chair ne trahisse simplement ma volonté face à un monstre d'une telle beauté. Lentement, il se pencha. Son visage ne se trouvait plus qu'à quelques millimètres du mien. Il frôla mes lèvres des siennes et je me pétrifiai, incapable de démêler la surprise du désir. La manœuvre fonctionnait… et j'y prenais goût, aussi étrange que cela puisse paraître. Il engouffra sa langue dans ma bouche tandis que sa main caressait mon dos nu. Un gémissement m'échappa, m'inondant de honte face à une telle réactivité. Déposant une traînée de baisers mordants dans mon cou, il mordilla et aspira la chair tendre tout en pressant ma poitrine libérée. Mon Dieu, je le désirais — un péché capital au vu de son identité. « Dieu que j'aime tes gémissements. » Ces mots m'arrachèrent un nouveau plainte étouffée. Sa main glissa sous l'étoffe de ma robe, s'immisçant entre mes cuisses pour remonter vers mon intimité. Son toucher associait la douceur à une intensité dévastatrice. Puis il se détacha à une vitesse fulgurante. Sa respiration était saccadée. Passant une main nerveuse dans ses cheveux, il traversa la pièce pour établir une distance de sécurité entre nous. La porte pivota pour révéler une jeune femme aux cheveux chatains et aux yeux clairs saisissants. « Vous m'avez fait appeler, Don. » J'ignorais à quel moment il avait donné cet ordre, sans doute trop submergée par la frayeur pour m'en rendre compte. Elle s'avança vers Diablo et lui tendit un carnet accompagné d'un stylo. Il y griffonna quelques mots avant d'approcher de mon siège pour me tendre le matériel. Il n'avait pas oublié sa question. Il nourrissait des soupçons mais m'offrait une opportunité de me racheter. De cette façon, Caspian n'en saura rien. Je consignai l'intégralité des faits — l'enlèvement, le marché —, en occultant soigneusement les volets « séduire Diablo » et « m'aider à le détruire ». J'allais mener cette mission à bien pour assurer ma survie, ou du moins vivre assez longtemps pour retenter ma chance… d'une autre manière. Mais je finirais par le briser. Un jour. Je brandis le stylo pour signaler la fin de ma rédaction. Maintant une certaine distance, il lui fallut une poignée de secondes pour s'en aviser. « Parfait, tu as terminé. » Il parcourut mes lignes d'un regard perçant. Puis, un sourire étira ses lèvres. Ses yeux trahissaient une émotion indécodable. « Tina, confisque son sac, ses bijoux… la totalité de ses affaires, y compris ses vêtements. » *Bordel, non.* J'aurais préféré une balle dans le crâne. S'attendait-il à me voir quitter ces lieux dans le plus simple appareil ? « Je vous en prie… » Je doute qu'il ait prêté attention à ma complainte. Il s'interrompit néanmoins, arborant un rictus moqueur. « Laisse-lui ses vêtements, contente-toi d'une fouille corporelle minutieuse », lança-t-il avec une pointe d'amusement. Il se versa un verre de whisky tandis que Tina s'exécutait. Un coup sec ébranla la porte. « Gustavo, j'ai pourtant dit— » « C'est moi, le colosse ! » La voix joyeuse traversa le bois. Diablo manifesta une surprise immédiate avant de se tendre. Qui pouvait bien être cette femme ? « Donne-moi une minute ! » annonça-t-il, vérifiant scrupuleusement que rien ne traînait. Tout s'avérait sous contrôle, à mon unique exception. Ces derniers jours avaient représenté une succession de chaotiques péripéties, et les dernières minutes venaient de couronner l'ensemble. Resserrant sa tenue, il se précipita vers l'accès et l'entrebâilla. « Ma petite cousine. » Je n'avais pas saisi l'intégralité des échanges, mais ce détail ne m'échappa pas. Une femme magnifique pénétra dans le salon. Ses yeux se rivèrent sur moi avant de s'écarquiller sous le coup de la surprise. « Tu étais effectivement très occupé, Esteban. » *Esteban ?* C'était donc le véritable nom du Diable ? « Ne devrais-tu pas être au lit ? » s'enquit Diablo, la fixant avec un mélange d'impatience et d'affection. Elle ne manifestait pas la moindre appréhension à son égard. « Je suis enceinte, pas en phase terminale. » À ces mots, mon regard dévala vers son abdomen. Elle m'adressa un doux sourire. Pour une raison obscure, son visage me rappelait quelqu'un… Le couple de la piste de danse ! Rien d'étonnant à ce que Diablo les ait observés avec tant d'insistance. Il veillait sur les membres de sa famille. Quelque chose dans la posture d'Esteban me fit frissonner. Mes actes comprenaient une gravité extrême — bien trop extrême. Mes pensées tournaient en boucle, échafaudant divers scénarios d'exécution. Le claquement de la porte me ramena brutalement à la réalité. Sa mâchoire se crispa, ses poings se fermèrent. Chaque pas dans ma direction relevait d'une préméditation glaciale. « Di— Diablo ? » bégayai-je en reculant jusqu'à heurter la cloison. « J'ai bien peur de ne pouvoir te laisser repartir », lâcha-t-il d'un ton d'une gravité absolue. « Allez-vous… allez-vous m'exécuter maintenant ? » Je fermai les yeux, redoutant la sentence. Une affirmation. Contre toute attente, un rire étouffé franchit ses lèvres. « Pas tout de suite, chaton. Tu dois d'abord m'accorder une danse. » Une danse ? Pourquoi donc ? J'aurais dû ressentir un soulagement, mais ma détresse ne fit que croître. Pourquoi différer l'échéance s'il comptait de toute façon m'ôter la vie ? Ce suspens me torturait.Le point de vue de CAITLINEn appuyant sur le bouton d'enregistrement, j'ai commencé à évoquer l'attaque de l'hôpital — le peu que j'en savais. Puis j'ai marqué une pause.« Tu as quelque chose à voir là-dedans ? » ai-je laissé échapper.Pourquoi cela me me souciait-il autant ?Lâchant un doux soupir, j'ai posé la question qui me brûlait les lèvres depuis le début.« Comment va Viv ? »Une partie de moi voulait supplier à nouveau, mais je savais que cela ne servirait à rien. La dernière chose à faire était de braquer ce salaud d'équilibré.J'ai coupé l'enregistrement et me suis adossée à la chaise, me demandant comment — et dans combien de temps — il allait me répondre.J'ai attendu ce qui m'a semblé être une éternité, mais toujours aucune réponse.Éteignant le petit enregistreur, je l'ai enveloppé dans le tissu avant de le dissimuler sous le lit. Je suis ensuite sortie de la pièce, venant percuter de plein fouet un véritable mur humain.« Aïe ! » ai-je sifflé alors qu'une douleur irr
Le point de vue d'ESTEBANTambourinant des doigts contre la table, j'ai dévisagé la femme assis face à moi. Des traînées de larmes séchées mélangées à du mascara lui donnaient une mine affreuse. La dernière fois que nous avions fait face à face, je l'avais laissée filer, mais cette fois-ci, je ne commettrais pas la même erreur.Glissant un doigt sous mon masque, j'ai gratté ma cicatrice qui me démangeait.« Je vais te le demander une toute dernière fois », ai-je dit calmement, le visage impassible, même si ma patience s'amenuisait.Elle a secoué la tête et a fermé les yeux très fort. Des larmes ont roulé sur ses joues.Elle semblait anéantie… désolée, mais pour quoi ? Pour s'être fait attraper ? Dans le refuge, elle semblait pourtant folle de joie à l'idée de mettre la main sur mon cousin. Même s'il m'était impossible de lui faire confiance, je devinais que ses actes cachaient autre chose. D'après le rapport de Fabian, elle était devenue hystérique en apprenant comment Victor était mo
Le point de vue de CAITLINDes bras puissants se sont enroulés autour de ma taille pour m'attirer contre lui. Esteban a enfoui son visage dans mon cou, murmurant un doux « Bonjour ».Son membre déjà rigide pressait fortement contre mes fesses. Je me suis figée. Pour une raison quelconque, je m'attendais à ce qu'il se comporte différemment avec moi. J'aurais pu jurer qu'il nourrisse des soupçons à mon égard. Ou l'avais-je simplement imaginé ?Sa main a glissé sous ma robe, caressant mes hanches. J'ai tourné la tête pour croiser son regard. Ses yeux étaient mi-clos, ses lèvres entrouvertes alors que ses yeux s'attardaient sur la courbe des miennes. J'ai fermé les yeux très fort avant de les rouvrir, laissant ma vue s'adapter à la clarté qui traversait les fenêtres.« Esteban… » ai-je soufflé, sachant pertinemment ce que signifiait ce regard.Il a plaqué ses lèvres sur les miennes dans un baiser brûlant, désespéré — dominateur. Sa main est remontée vers ma poitrine, piquant mon téton ent
Le point de vue de CAITLIN« Arrêtez ! » La voix d'Esteban a fendu l'air pesant.Il apparaissait éprouvé. De la suie sombre maculait son visage, et ses yeux semblaient éteints, profondément enfoncés dans leurs orbites. Miranda s'est précipitée vers son fils, l'enlaçant dans une étreinte serrée. Elle laissait échapper de doux sanglots — des pleurs de pur soulagement.Se reculant légèrement, elle a essuyé ses larmes avant d'ancrer son regard dans celui de son fils.« Memo ? » a-t-elle demandé à voix basse.Eliana, quant à elle, demeurait assise en silence, les larmes coulant le long de ses joues.« Je n'ai pas pu le voir », a-t-elle chuchoté.« Parce que, petite cousine, il ne s'y trouvait pas. » La voix d'Esteban trahissait une immense fatigue.Le regard d'Eliana s'est décalé. Elle a fixé Esteban intensément, penchant la tête sur le côté.« Que veux-tu dire ? » a-t-elle questionné.Il a posé ses mains sur les épaules de Miranda, a déposé un baiser sur ses cheveux et lui a murmuré quelq
Le point de vue d'ESTEBANS'il y a bien une chose dont je me suis toujours interdit de douter, c'est de mon instinct. J'ai rejeté une nouvelle bouffée de fumée, le regard perdu dans l'obscurité de la nuit. L'air frais peine à apaiser la tension qui me tord les entrailles.« Des gens qui veulent ma chute », ai-je ricané en me remémorant les paroles de Fabian.Nombreux sont ceux qui rêvent de me voir disparaître, mais bien peu ont la témérité de passer à l'acte.J'ai déverrouillé mon téléphone pour consulter les dernières mises à jour concernant la cession des actifs de Scott. Les Greystones avaient soumis une offre — une somme dérisoire. Pour qui se prenaient-ils ? S'imaginaient-ils participer à une vente aux enchères caritative où l'on débute par la mise la plus basse ?Le plan déroulait son cours, pourtant une ombre me chiffonnait. Les Grey semblaient étrangement sereins pour des gens prêts à tout pour faire main basse sur ce patrimoine.La vérité m'a soudain frappé. Soit ils avaient
Le point de vue de CAITLINEsteban est resté éveillé la majeure partie de la nuit. Je m'étais assoupie, puis réveillée un bref instant lorsqu'il s'était glissé à mes côtés au milieu de la nuit.Le lendemain matin, la chambre était vide. Vide d'Esteban, du moins. Je me suis étirée dans le lit en étouffant un bâillement. Mon téléphone a émis un signal sonore. D'un geste paresseux, j'ai tendu le bras vers la table de chevet.Une notification s'affichait à l'écran : un nouveau message. J'ai balayé l'écran et cliqué sur le courriel.L'expéditeur s'intitulait Clickbait. Qui pouvait bien se cacher derrière ce pseudonyme ?MESSAGE :Chère Caitlin,J'ai cru comprendre que tu avais égaré les termes de notre accord. Qu'à cela ne tienne, voici une petite stimulation visuelle ci-dessous.Caspian.****Mon cœur s'est serré. J'ai appuyé sur la vidéo, retenant mon souffle pendant le chargement.« Lâchez-moi ! » La voix familière a jailli du haut-parleur.« Viv ? » ai-je murmuré, la voix tremblante.L







