LOGINLe retour au Cameroun n'avait rien d'une retraite. Six mois s'étaient écoulés depuis le sacrifice de l'Antarctique. Là où se dressaient autrefois les ruines fumantes de la base de Ngaba, une structure révolutionnaire émergeait désormais de la forêt tropicale. Ce n'était plus du béton et de l'acier, mais une fusion de polymères biosourcés et de cristaux résonnants, une architecture qui semblait respirer avec la jungle.
Ngaba se tenait sur le balcon de commandement, surplombant le chantieLe mont Fuji se dressait, impérial, sous un ciel d'acier. Mais la neige éternelle de son sommet était désormais zébrée de veines de lumière pourpre. Le quatrième Cœur, le Noyau de l'Ombre, battait dans les entrailles du volcan.À bord du Prométhée, l'ambiance était funèbre. Les consoles de Silas n'affichaient plus les graphiques élégants d'Oxane, mais des lignes de code brutes et instables. Ngaba, assis dans le noir, fixait ses mains. Sans le murmure constant de l'IA dans son esprit, le silence était assourdissant.— On entre dans l'espace aérien japonais, annonça Silas. Les forces d'autodéfense sont dépassées. Des créatures... des sortes de spectres de fumée noire sortent des fumerolles du volcan. Ils les appellent les Onis d'Ébène.— Prépare-toi au largage, Silas, dit Ngaba. Shana, tu restes en support. Sans Oxane pour coordonner nos tirs, on doit fonctionner à l'ancienne. Des signaux visuels, rien d'autre.Ngaba sauta du vaisseau à trois mille mètres d'altitu
Ngaba flottait, immobile, devant la sphère pulsante du Cœur d'Atlantis. Autour de lui, des milliers de capsules de cristal abritaient des hommes, des femmes et des enfants en état de stase cryogénique. Certains portaient des vêtements de l'époque coloniale, d'autres des parures antiques, et quelques-uns des uniformes de pilotes disparus durant le XXe siècle.— Silas ! Shana ! hurla Ngaba dans son canal neural. Oubliez l'assaut ! Le Cœur est une arche de secours. Si je le brise, je commets un génocide historique.— Ngaba, répondit Silas, sa voix grésillant sous la pression acoustique, si on ne désactive pas le Cœur, la faille tectonique de l'Atlantique va s'ouvrir. Le tsunami fera plus de victimes que ce que contient cette salle !— On va faire les deux, intervint Shana. Silas, utilise le rayon tracteur du Prométhée pour créer un couloir de décompression. Ngaba, tu dois utiliser la Lance d'Orion pour "hacker" les capsules et les transférer vers le vaisseau.— C'e
Le Prométhée ne ressemblait plus au fier vaisseau spatial qui avait défié l'Arche lunaire. Silas, aidé par les robots de maintenance de la Citadelle, avait recouvert la coque d'une couche de polymères auto-réparateurs capables de résister à une pression de 11 000 mètres sous le niveau de la mer.— On entre dans la zone de silence, annonça Silas, les yeux rivés sur les sonars. On a dépassé la zone aphotique. À partir d'ici, il n'y a plus de lumière, seulement ce que nos projecteurs au cristal peuvent révéler.Ngaba était debout au centre du cockpit, la Lance d'Orion vibrant à l'unisson avec les courants marins. Depuis qu'il avait absorbé l'Ancien de Gizeh, son lien avec la Terre s'était intensifié. Il ne voyait plus avec ses yeux, il ressentait les masses d'eau comme des flux de données.— Shana, prépare les torpilles à impulsion de vide, ordonna Ngaba. L'Ancien de l'Atlantique, le Gardien des Abysses, ne se matérialisera pas par le sable. Il est fluide. Il est l'océan lui-même.—
L'onde de choc générée par la Lance d'Orion se propagea à travers le calcaire millénaire du Sphinx comme un éclair dans une bouteille. Ce n'était pas une explosion de destruction, mais une impulsion de résonance. Le sol de Gizeh se mit à vibrer sur une fréquence si basse qu'elle fit s'effondrer les boucliers technologiques de Malick instantanément.— Qu'est-ce que tu as fait ? hurla Malick, sa plateforme vacillant alors que les systèmes anti-gravité s'éteignaient.— J'ai rendu à cette terre son propre rythme, répondit Ngaba, se relevant au milieu de la poussière.Sous l'effet de la Lance, le mécanisme de drainage qui emprisonnait Tanko s'arrêta net. Les chaînes énergétiques se dissipèrent. Tanko, bien qu'affaibli, roula sur le côté, échappant à la zone de décharge du laser orbital qui s'éteignit dans un gémissement métallique.Mais la victoire fut de courte durée. En coupant l'énergie du Conseil, Ngaba avait involontairement libéré le verrou qui maintenait l'Ancien du Gizeh dans
Le désert égyptien défilait sous les ailes du Prométhée. Le Grand Sphinx et les Pyramides de Gizeh n'étaient plus des monuments touristiques, mais les épicentres d'une tempête de sable artificielle. Le Conseil, morcelé mais désespéré, avait transformé le plateau en une forteresse technologique.Ngaba serrait la Lance d'Orion contre lui. L'arme vibrait d'une fureur sourde, comme si elle reconnaissait le sol de l'Égypte.— Silas, dépose-moi à un kilomètre. Je ne veux pas que le vaisseau soit une cible facile, ordonna Ngaba. Shana, tu restes en couverture aérienne. S'ils tentent quoi que ce soit, rase les batteries de défense.— Reçu, Ngaba. Fais attention, le signal de Tanko vient du cœur même de la Grande Pyramide. C'est un nid de guêpes là-dedans.Ngaba marcha seul vers les monuments de pierre. Le vent cinglait son visage, mais le Sang d'Ébène maintenait sa température corporelle. Soudain, le sable devant lui se souleva. Des dizaines de soldats en exosquelettes de sable — une tec
Le Prométhée survolait les plateaux éthiopiens, là où les montagnes de Simien déchiraient les nuages comme des dents de géants. Silas luttait avec les commandes, car l'atmosphère était devenue instable : des vortex d'énergie émanaient directement du sol, perturbant les systèmes de navigation.— Les capteurs deviennent fous, Torres ! s'écria Silas. On ne capte plus de signal satellite, mais on reçoit des échos magnétiques qui semblent... chanter.— C'est le chant des montagnes, répondit Ngaba, ses yeux fixés sur les sommets enneigés. Oxane, localise l'église de Lalibela. C'est là que le contact de la Reine Idia nous attend.— Analyse en cours, Ngaba. Je détecte une anomalie thermique massive sous l'église de Saint-Georges. Ce n'est pas de la lave... c'est une accumulation d'énergie d'Ébène concentrée.Ils se posèrent en catastrophe dans une vallée isolée. Ngaba, Shana et Silas durent finir l'ascension à pied. Arrivés devant les célèbres églises monolithiques, ils ne trouvèrent pas







