Share

CHAPITRE 90— LA TRAQUE

Penulis: Dledition
last update Tanggal publikasi: 2026-10-16 08:05:43

Ève

Marc a parlé un mardi. Je l'ai su un mardi à quinze heures, par Kellerman, qui a les oreilles de la police depuis que le procureur a compris que la fondation pouvait lui être utile. Marc a donné l'adresse en échange d'une réduction de peine, l'entrepôt du port, l'ancien hangar de pièces détachées, rue Hochelaga. Il a donné aussi les habitudes, les heures, le fait qu'elle dort peu, qu'elle sort jamais, qu'elle a fait venir de la nourriture par un coursie
Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi
Bab Terkunci

Bab terbaru

  • L'HÉRITIÈRE QU'ON CROYAIT MORTE    CHAPITRE 99— LA DÉCLARATION

    Gabriel Ma mère vient deux jours après mon réveil, dans son fauteuil, poussée par sa gouvernante, et elle entre dans ma chambre comme une reine qui aurait troqué son trône contre des roulettes. Elle me regarde longuement. Je suis assis dans le lit, pâle, une perfusion dans le bras, vivant. Puis elle regarde Ève, qui s'est levée pour lui laisser la chaise près du lit, et qui fait mine de se retirer. — Reste, dit ma mère. C'est à vous deux que je veux parler. Ève s'arrête. Elle se tient près de la fenêtre, un peu en retrait, comme quelqu'un qui n'est pas sûr d'avoir sa place. Ma mère tourne son fauteuil vers elle, et pendant un moment, elle ne dit rien. Elle la regarde. Elle la regarde comme je n'ai jamais su la regarder, moi, pendant vingt ans : entièrement. — Je t'ai accusée d'avoir voulu me tuer, dit-elle enfin. Du haut de mon escalier, à moitié morte, la première chose que j'ai faite a été d

  • L'HÉRITIÈRE QU'ON CROYAIT MORTE    CHAPITRE 98 — LE CHEVET DE L'AMOUR

    Ève L'hôpital sent l'antiseptique et le café froid, et je connais maintenant chaque carreau du couloir du quatrième étage. Gabriel est dans le coma. Pas un coma comme le mien, pas trois semaines, les médecins sont prudents mais raisonnablement confiants, la balle a traversé le flanc sans toucher l'essentiel, deux centimètres, toujours ces deux centimètres qui tiennent à rien et à tout. Mais il a perdu beaucoup de sang, beaucoup, et son corps a décidé de se fermer quelques jours pour réparer. Alors je veille. Je ne quitte pas son chevet. La nuit, je dors sur la chaise d'inconfort, celle qui vous casse le dos en trois parties, et je me réveille toutes les heures pour vérifier que les moniteurs chantent toujours leur petite musique régulière. Le jour, je travaille depuis la chambre, Viger m'apporte les dossiers, je signe, je renvoie, et entre deux dossiers je lui parle. À lui. À l'homme endormi.

  • L'HÉRITIÈRE QU'ON CROYAIT MORTE    CHAPITRE 97— LE CRI D'ÈVE

    Ève Le silence qui suit le coup de feu est la chose la plus bruyante que j'aie jamais entendue. Tout s'arrête. La police au seuil, les lampes, Sabrina sous moi qui ne se débat même plus. Tout s'arrête parce que Gabriel est au sol, et qu'il y a du sang, et que le sang s'élargit sur sa chemise claire comme une tache d'encre sur du buvard, lent et inexorable, lent et beaucoup trop rapide. Des hommes me dégagent de Sabrina. On la relève, les menottes claquent, on l'emporte. Je ne la regarde même pas. Elle n'existe plus. Rien n'existe, sauf l'homme par terre et la distance entre lui et moi, trois mètres, un océan. Je cours. Je me laisse tomber à genoux près de lui, et mes genoux heurtent le béton, et je ne sens rien. Mes mains se plaquent sur son flanc, là où le sang sort, je comprime, comme Karl me l'a appris, comme on comprime, les deux mains, tout mon poids, et le sang est chaud, si chaud, il coule entre mes d

  • L'HÉRITIÈRE QU'ON CROYAIT MORTE    CHAPITRE 96— LA CHUTE DE GABRIEL

    Gabriel Je ne devais pas être là. C'est la première chose que je me dis, et c'est déjà un mensonge, parce que si, je devais y être, j'aurais dû y être depuis vingt ans. Ève est entrée seule. C'était le plan, son plan, approuvé par tout le monde sauf par moi. J'ai tenu dix minutes derrière le cordon de police, dix minutes à regarder la porte de l'entrepôt, et puis j'ai fait ce que je fais quand il s'agit d'elle, j'ai cessé d'obéir. La porte latérale. La galerie technique que mon grand-père avait fait construire. Je connais ces murs mieux que les policiers qui les entourent. Alors je suis là, dans l'ombre d'un pilier, à vingt mètres d'elles, et j'entends tout. Je ne devais pas entendre ça. Voilà la vérité. Il y a des phrases qu'on porte ensuite toute sa vie comme des éclats de verre sous la peau. — Je t'ai fabriqué, dit Sabrina. Vingt ans. J'ai choisi tes mots, tes humeurs, je t'ai dit qui haïr.

  • L'HÉRITIÈRE QU'ON CROYAIT MORTE    CHAPITRE 95— LA MENACE DE DERNIÈRE MINUTE

    ÈveTout Montréal en parle. Bien sûr que tout Montréal en parle.L'héritière ressuscitée et le veuf de sa propre femme qui se remarient entre eux, c'est le genre d'histoire que la ville ne lâchera pas avant des années. Les journaux mondains font leurs unes, les bookmakers des salons prennent des paris sur la date, et mon téléphone ne désemplit pas de félicitations de gens qui m'ignoraient quand je valais trente-sept dollars.Nous choisissons les alliances un mardi après-midi, chez un bijoutier de la rue Sherbrooke qui a fermé sa boutique pour nous. Gabriel tient chaque anneau à la lumière avec un soin absurde. Moi, je choisis vite, un ruban d'or tout simple, parce que j'ai appris que les choses qui comptent n'ont pas besoin d'être compliquées.— Tu es sûre ? demande-t-il. Tu peux prendre quelque chose de plus...— La dernière fois, j'avais une bague que je n'avais pas choisie et un mari qui ne m'avait pas choisie. Cette fois, j'ai les deux. C'est suffisant.Léo sera le témoin d'honneu

  • L'HÉRITIÈRE QU'ON CROYAIT MORTE    CHAPITRE 94— LE RETOUR À LA VIE

    ÈveAu domaine, les jours s'organisent autour de choses minuscules, et c'est exactement ce dont nous avions besoin.Le matin, la neige. Léo sort emmitouflé comme une expédition polaire, et Gabriel, qui n'a pas le droit de courir à cause de son flanc, se promène avec lui à pas lents, et ils suivent des traces d'animaux, et Léo commente chaque empreinte avec l'autorité d'un naturaliste. Un lièvre, papa. Non, attends. Un renard. Non, un lièvre-renard.— Ça n'existe pas, un lièvre-renard.— Ici, si.Gabriel apprend. C'est ça qui me bouleverse le plus, à les regarder depuis la fenêtre : il apprend. Il apprend que les histoires du soir se lisent avec les voix, sinon elles ne comptent pas. Que les tartines se coupent en triangles. Que Tchou le train dort à gauche de l'oreiller, jamais à droite. Il apprend avec cette application qu'il mettait autrefois à ses bilans, sauf que cette fois, quand il réussit, sa récompense est un rire de quatre ans qui résonne dans toute la maison.L'après-midi, p

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status