INICIAR SESIÓNLe soleil de fin d'après-midi filtrait à travers les stores du bureau d'Ethan, dessinant des raies dorées sur le parquet ciré. La pièce était silencieuse, presque trop silencieuse. Seul le bruit du clavier, sec et régulier, rythmait les minutes qui s'égrenaient. Ethan était plongé dans un rapport financier, les sourcils froncés, la mâchoire serrée. Les chiffres dansaient sous ses yeux sans qu'il parvienne à les aligner correctement. Son esprit était ailleurs. Toujours ailleurs.La porte s'ouvrit sans qu'il ait entendu frapper.« Monsieur Blackwell ? »Il leva la tête, surpris. La nouvelle secrétaire, se tenait sur le seuil, un dossier serré contre sa poitrine. Brune, les cheveux attachés en un chignon strict, le regard hésitant. Elle était là depuis trois semaines. Trois semaines d'essai, trois semaines d'ajustements, trois semaines à essayer de remplacer l'irremplaçable.« Vous avez décalé ma réunion de 15 heures à 17 heures sans me prévenir ? »Sa voix était plus dure qu'il ne l'aur
Sa voix était calme. Presque trop calme. Il y avait un sous-entendu dans ses mots, une question qu'elle ne posait pas ouvertement mais qui flottait dans l'air comme une promesse de tempête.Amelia inspira profondément.« C'était Lucas. »« On a vu que c'était Lucas, Amelia. » Lola croisa les bras, un sourire en coin, mais ses yeux, eux, ne riaient pas. « Ce qu'on veut savoir, c'est pourquoi vous êtes si… comment dire… complices ? »« On n'est pas complices. On est… professionnels. »« Professionnels ? » Chloé éclata de rire, un rire un peu trop sonore qui attira quelques regards. « Il te propose de t'aider à approcher un mec qu'il connaît, il te fait un clin d'œil, il te dit “tu me remercieras”… » Elle leva les mains en l'air. « Si c'est pas de la complicité, je ne m'y connais rien. »Amelia secoua la tête, gênée. Ses joues s'étaient empourprées, et elle maudit sa peau qui trahissait ses émotions.« Ce n'est pas ce que vous croyez. Il est… gentil, avec moi. C'est tout. »« Gentil ? »
Amelia n’eut pas le temps de reculer. Ni de réfléchir. Ni de trouver une excuse pour disparaître. Lucas était déjà là, devant elle, son ombre découpée par le soleil de l’après-midi. Il souriait, ce sourire qu’elle lui avait vu au déjeuner, ce sourire différent de celui des débuts. Plus doux. Plus humain.« Oh, Amelia. Quelle surprise. »Sa voix était chaude, presque amusée. Il la regarda comme si c’était la chose la plus naturelle du monde de la croiser ici, au milieu de cette foule chic et de ces chevaux de course. Derrière lui, la femme en robe rouge l’attendait, patiente, élégante.« Lucas… » Amelia s’éclaircit la gorge, se força à sourire. « Quelle surprise aussi. Qu’est-ce que tu fais là ? »« Vincent m’a invité. » Il désigna la tribune principale d’un geste vague. « On travaille ensemble sur un projet. Je le rejoins tout à l’heure. » Puis il se tourna vers ses amies. « Bonjour, Mesdames. »Lola et Chloé répondirent en chœur, un peu intimidées, un peu curieuses. Elles n’avaient j
Le domaine équestre s’étendait à perte de vue, un écrin de verdure vallonné où des chevaux de sang traçaient des ombres fuyantes sous le soleil de printemps. Les gradins étaient bondés d’une foule élégante, femmes en robes légères et chapeaux extravagants, hommes en costumes clairs, lunettes de soleil et champagne à la main. L’air sentait le foin, le cuir, et ce parfum sucré des fleurs fraîchement coupées qui ornaient les loges privées.Amelia n’avait jamais mis les pieds dans un endroit pareil. Elle se sentait aussi à sa place qu’un canard dans un salon de coiffure.« Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté », soupira-t-elle en ajustant le bord de sa robe longue, une soie bleu pâle que Lola lui avait prêtée. « Mon patron m’a dit textuellement : “Vous devez vous habituer à côtoyer ce genre d’endroit et ce genre de personnes.” Et il m’a collé un objectif : approcher Vincent Delaunay. »Chloé, vêtue d’une robe corail qui lui allait à ravir, leva les yeux au ciel. « Vincent Delaunay ? Le fa
Quelques jours avaient passé depuis l'échange de numéros dans le couloir. Amelia avait rangé son téléphone, noté le contact de Lucas dans sa liste, et s'était promis de l'appeler dès qu'elle aurait un moment. Mais les jours s'étaient enchaînés, les dossiers s'étaient accumulés, et sa promesse était restée lettre morte.Ce jeudi-là, elle sortait d'une réunion éprouvante quand elle le vit. Lucas était adossé au mur près de l'ascenseur, une tasse de café à la main, l'air patient. Quand il l'aperçut, un sourire étira ses lèvres.« Amelia. Enfin. »Elle s'approcha, surprise. « Lucas ? Vous m'attendiez ?»« Je vous ai attendue, oui. » Il marqua une pause, prenant un air faussement offusqué. « Vous ne m'avez pas contacté. Je suis plutôt déçu. »Amelia ouvrit la bouche pour s'excuser, mais il éclata d'un rire léger.« Non, je plaisante. Je sais que vous êtes débordée. C'est pour ça que je suis monté. »Il se redressa, posa sa tasse vide sur un présentoir près de l'ascenseur. « Je voulais vous
Amelia traversait le couloir du troisième étage, une liasse de dossiers serrée contre sa poitrine, l'esprit encore habité par la conversation avec Camille. Les mots de sa sœur résonnaient en elle, mêlés à la fatigue de cette semaine harassante. Elle devait absolument récupérer les informations du service juridique avant la fin de la journée, sinon elle ne pourrait pas finaliser son analyse pour la réunion de lundi.Elle tourna au bout du couloir, la tête baissée, concentrée sur ses notes, quand elle heurta presque quelqu'un.« Pardon, je suis désolée, je ne regardais pas… »Elle releva les yeux.Lucas.Il était là, vêtu d'un costume bleu marine impeccable, une tablette à la main, son regard gris posé sur elle avec une expression qu'elle n'aurait su décrire. Pas la froideur habituelle. Presque une douceur.« Amelia. »« Lucas. » Sa voix trembla légèrement. « Qu'est-ce que tu fais là ? »« J'attends de voir Hartwell pour un projet. » Il désigna la porte du bout du couloir. « Et toi ? »
Le lendemain matin, je me réveillai avec une boule au ventre qui n'avait pas disparu pendant la nuit. Elle était là, installée, dense, comme un organe supplémentaire que la vie m'aurait greffé sans mon consentement. J'avais à peine dormi, les yeux rivés au plafond de ma chambre, repensant à chaque
« Ma mère a un cancer du poumon. Stade 4. » Les mots étaient toujours aussi durs à prononcer. « Elle est faible, elle maigrit, elle dort tout le temps. Et en même temps, elle est agitée. Elle s'est échappée l'autre nuit pour fumer, elle a failli se faire renverser par une voiture. »Lola posa sa ma
L’après-midi s’écoula dans une sorte de transe professionnelle, un ballet de sourires polis et de poignées de main fermes qui masquaient à peine la tempête intérieure qui faisait rage en moi. Nous étions passés en mode networking « libre » : des petits groupes se formaient et se défaisaient comme d
Le métro de 19 h 15 est bondé, mais je suis ailleurs.Je reste debout, accrochée à la barre froide, le regard perdu dans le reflet de la vitre noire.Mon visage est encore parfait : rouge à lèvres intact, eyeliner sans bavure, cheveux toujours souples.Je ressemble à une publicité de luxe.Et pourt







