MasukL'appartement de Chloé était chaud, lumineux, baigné dans cette lumière douce et jaune des lampes en rotin. Des coussins étaient éparpillés sur le canapé, des bougies brûlaient sur la table basse, et l'odeur du thé à la menthe flottait dans l'air. Amelia s'était affalée sur le canapé, les jambes repliées sous elle, un mug fumant entre les mains. Elle avait encore les joues rougies par le froid, le cœur qui battait un peu plus vite que la normale, comme s'il n'avait pas tout à fait retrouvé son rythme.Lola et Chloé étaient assises en face d'elle, les yeux brillants de curiosité, les oreilles grandes ouvertes. Une bouteille de vin était déjà ouverte, et deux verres étaient à moitié vides.« Alors, raconte, dit Lola en se penchant en avant. On veut tout savoir. »Amelia but une gorgée de thé, posa son mug sur la table, et laissa les mots couler.« Je suis arrivée chez Lucas, je l'ai aidé à se poser, il était complètement ivre, il a fini par s'endormir. Et puis, la porte a sonné. »« Et
Amelia marchait d'un pas rapide dans les rues de New York, le téléphone collé à l'oreille, le cœur encore battant. La nuit était fraîche, les lumières de la ville scintillaient autour d'elle, mais elle ne voyait rien. Elle était encore dans cet appartement, encore face à Ethan, encore à entendre ses mots résonner en elle.Elle composa le numéro de Lola, puis ajouta Chloé en appel groupe. Les deux sonneries se mêlèrent, puis les voix de ses amies éclatèrent.« Amelia ! » s'exclama Lola. « Qu'est-ce qui se passe ? »« T'as découvert une pièce secrète où ils torturaient des gens ou un truc comme ça ? » demanda Chloé, un sourire dans la voix.Amelia rit, un rire un peu nerveux. « Non, pire. »« Pire ? » répétèrent-elles en chœur.« Les filles… Ethan s'est pointé. »Le silence, puis Lola : « Quoi ? »« Ethan ? » demanda Chloé, incrédule.« Oui, lui-même. »« Mais qu'est-ce qu'il foutait là-bas ? » demanda Lola.Amelia prit une inspiration. « Lucas lui a envoyé un message vocal complètement
L'apparition de Lucas dans l'embrasure de la porte avait brisé la bulle. Amelia se tourna vers lui, un sourire aux lèvres, soulagée de voir qu'il avait repris quelques couleurs. Il avait les cheveux encore humides, les yeux moins rouges, et son regard, bien que fatigué, semblait plus lucide.« Tu t'es réveillé, dit-elle. T'as l'air d'aller mieux. »Lucas esquissa un sourire timide. « Oui, un peu. Je te remercie encore, Amelia. Vraiment. »« Ce n'est rien. »Il tourna son regard vers Ethan, un pli perplexe sur le front. « Mais qu'est-ce que tu fais là, toi ? Tu l'as appelé ? »Amelia secoua la tête. « Non, je ne l'ai pas appelé. »Ethan intervint, un sourire en coin. « C'est toi, l'idiot. Tu m'as envoyé un message vocal. Complètement bourré, tu bredouillais, je n'ai pas compris un mot. Alors je suis venu ici. »Lucas cligna des yeux, puis porta une main à son front, massant ses tempes comme pour faire revenir des souvenirs épars. « Ah, merde. Je pensais que je l'avais envoyé à David. »
« Oui. Pour la façon dont je t'ai parlé. Pour t'avoir fait sentir que tu n'avais pas le droit de vouloir autre chose. Pour avoir été un gros con, en fait. »Elle le regarda, touchée par sa franchise. « Ce n'est pas grave, Ethan. »« Si, c'est grave, insista-t-il. T'as le droit de vouloir une carrière, de vouloir ta liberté. Je n'avais pas à m'énerver comme ça. » Il baissa la voix. « J'étais juste… paumé. Et j'ai pris ça sur toi. »« On a tous fait des erreurs, murmura-t-elle. J'aurais dû mieux te parler. »« On en a fait tous les deux, c'est vrai. »Ils restèrent silencieux un instant. Amelia le regarda, ses doigts jouant avec le bord de son pull. La lumière de la ville éclairait son visage, adoucissant ses traits. Elle avait presque oublié à quel point il pouvait être beau, à quel point sa présence pouvait à la fois la rassurer et la troubler.« Alors, comment ça va ? demanda-t-elle, la voix prudente. Vraiment. »Il la regarda, un sourire aux lèvres. « Ça va. Mieux que ça, même. Je m
Amelia resta figée, la main encore posée sur la poignée de la porte, le souffle suspendu dans sa gorge. Ethan était là, debout sur le palier, son regard plongé dans le sien. La lumière tamisée du couloir dessinait des ombres sur son visage, creusant ses traits, soulignant la fatigue qui s'y lisait. Il avait l'air aussi surpris qu'elle, comme si cette rencontre était la dernière chose à laquelle il s'attendait. Ses cheveux étaient légèrement en désordre, comme s'il avait couru, et il portait ce manteau noir qu'elle lui connaissait si bien, celui qu'il mettait quand il avait besoin de disparaître dans la nuit.« Amelia ? » Sa voix était un murmure, incrédule. « Qu'est-ce que tu fais là ? »Elle soutint son regard, la gorge serrée, le cœur battant à tout rompre. Les semaines de silence, les non-dits, les blessures encore fraîches tout remontait à la surface en une vague déferlante. Elle aurait voulu trouver une phrase, une explication, mais les mots s'étaient figés dans sa bouche.« Ren
Le salon était silencieux, presque trop silencieux. Amelia s'était levée du canapé, les jambes engourdies par l'immobilité. Elle avait besoin de bouger, de faire quelque chose, de se changer les idées. La cuisine l'attirait, immense et lumineuse, avec ses plans de travail en marbre et ses rangements impeccables.Elle y entra, ses pas résonnant sur le sol en bois clair. Elle ouvrit quelques placards, machinalement, observant l'ordre parfait des verres, des assiettes, des tasses. Rien ne dépassait. Tout était à sa place. On aurait dit une cuisine de magazine, une cuisine qui n'avait jamais vraiment servi. Pas un éclat, pas une trace de vie. Elle ouvrit le réfrigérateur, trouva une bouteille d'eau, et but quelques gorgées, le regard perdu dans le vide.L'appartement était immense, luxueux, d'une élégance froide. Des murs blancs, des meubles design, des œuvres d'art accrochées aux murs. Un appartement de rêve, pour certains. Mais Amelia, elle, n'y voyait qu'une prison dorée, un endroit où
L’après-midi s’écoula dans une sorte de transe professionnelle, un ballet de sourires polis et de poignées de main fermes qui masquaient à peine la tempête intérieure qui faisait rage en moi. Nous étions passés en mode networking « libre » : des petits groupes se formaient et se défaisaient comme d
Le métro de 19 h 15 est bondé, mais je suis ailleurs.Je reste debout, accrochée à la barre froide, le regard perdu dans le reflet de la vitre noire.Mon visage est encore parfait : rouge à lèvres intact, eyeliner sans bavure, cheveux toujours souples.Je ressemble à une publicité de luxe.Et pourt
Le lendemain matin, je me réveillai avec une boule au ventre qui n'avait pas disparu pendant la nuit. Elle était là, installée, dense, comme un organe supplémentaire que la vie m'aurait greffé sans mon consentement. J'avais à peine dormi, les yeux rivés au plafond de ma chambre, repensant à chaque
« Ma mère a un cancer du poumon. Stade 4. » Les mots étaient toujours aussi durs à prononcer. « Elle est faible, elle maigrit, elle dort tout le temps. Et en même temps, elle est agitée. Elle s'est échappée l'autre nuit pour fumer, elle a failli se faire renverser par une voiture. »Lola posa sa ma







