تسجيل الدخولChapitre 39SofiaAu réveil, une lumière pâle et froide filtre à travers les rideaux de velours de la chambre principale, dessinant des motifs mouvants sur le satin blanc des draps. Les premiers rayons de l'aube caressent les meubles anciens, les boiseries sculptées, les tapisseries aux tons pastel qui recouvrent les murs, et jettent des reflets dorés sur le miroir en pied de l'armoire. Adrian n'est plus dans le fauteuil près de la cheminée où il s'est endormi cette nuit. Sa place vide, les coussins de velours grenat encore marqués par le poids de son corps, les bras du fauteuil où ses mains se sont posées pendant des heures tandis que nous parlions à voix basse, me serre le cœur plus que je ne veux l'admettre. La place à côté de la mienne sur le lit est froide, les draps intacts, le feu dans l'âtre s'est éteint de
Chapitre 38AdrianLe soir venu, après un dîner silencieux que nous avons partagé dans la salle à manger aux boiseries sombres, j'installe Sofia dans la chambre principale de la résidence. C'est une pièce immense, la plus belle du manoir, celle que Nathan réservait autrefois aux invités de marque et que j'ai fait préparer pour elle avec un soin particulier. Le lit à baldaquin en bois sculpté trône au centre, drapé de satin blanc et surmonté d'un ciel de lit en soie brochée qui retombe en cascades légères. Les fenêtres à meneaux donnent sur le parc où la lune éclaire les cyprès centenaires d'une lumière argentée, et un feu crépite dans la cheminée de marbre blanc veiné de gris, projetant des ombres dansantes sur les murs tendus de tapisseries aux tons pastel.
Chapitre 37SofiaLe mariage civil est célébré dans la plus stricte discrétion, un mardi matin gris et froid, dans une petite mairie de quartier choisie pour son anonymat. La salle des mariages est une pièce modeste aux murs couverts de boiseries claires, décorée de drapeaux de la République et de bustes en plâtre, avec des chaises en velours rouge alignées en rangs serrés devant l'estrade où officie le maire. Il n'y a presque personne. Marcus, le bras toujours en écharpe, se tient debout près de la porte, massif et silencieux comme un gardien de pierre, ses yeux perçants balayant constamment la salle. Maître Dumont est là, ses doigts tachés d'encre serrant un dossier contre sa poitrine, le dos plus voûté que jamais. Quelques hommes d'Adrian, discrets, vigilants, leurs vestes sombres dissimulant leurs armes
Chapitre 36AdrianEn enquêtant sur les anciennes affaires de Nathan Black, je passe des nuits entières dans mon bureau, entouré de dossiers poussiéreux exhumés des archives du groupe, de coupures de presse jaunies par le temps, de rapports de police classés sans suite depuis des décennies. Les boiseries sombres de la pièce absorbent la lumière de la lampe Tiffany, et le tic-tac de l'horloge comtoise dans le hall rythme mes heures de lecture comme un compte à rebours obsédant. Marcus m'a apporté ces documents hier soir, une caisse entière découverte dans un coffre oublié de la banque privée où Nathan conservait ses secrets les plus sombres, ceux qu'il n'avait jamais confiés à personne, pas même à moi, pas même à son notaire, pas même à son journal intime.
Chapitre 35SofiaLa signature du contrat de mariage a lieu dans le grand salon du manoir, une pièce que l'on a transformée pour l'occasion en bureau officiel. Les tentures de velours pourpre ont été tirées, laissant entrer une lumière grise et froide qui filtre à travers les hautes fenêtres à meneaux et qui se reflète sur le parquet marqueté avec une tristesse solennelle. La table en acajou qui trône au centre de la pièce est couverte de documents notariés, de registres reliés en cuir, de parapheurs et de stylos en argent disposés avec une précision cérémonielle, comme les instruments d'un rituel ancien. Des chandeliers en bronze ont été allumés, leurs flammes vacillant sous les courants d'air qui se faufilent sous les portes.Maître Dumont est pr&eac
Chapitre 34AdrianJe précise une seule règle avant que nous ne scellions définitivement cet accord. Elle est assise dans le fauteuil de velours grenat, les yeux rougis par les larmes qu'elle n'a pas versées, qu'elle a retenues avec cette force de caractère que j'admire tant et qui me serre le cœur chaque fois que je la vois à l'œuvre. Ses mains sont crispées sur les accoudoirs comme si elle s'agrippait au bastingage d'un navire en pleine tempête, ses jointures sont blanches, ses doigts tremblent légèrement. Sa robe bleu marine, celle qu'elle portait lors de l'attaque, est encore maculée de poussière et de traînées de sang qui ne sont pas le sien, le sang de Marcus qui a traversé l'habitacle quand la balle a traversé son bras. Ses cheveux défaits cascadent sur ses épaules en vagues emmêlées, que







