LOGINÀ quatre heures du matin, bravant les interdictions de vol et échappant aux radars civils grâce à un transpondeur militaire piraté, un jet d’affaires non identifié arracha ses roues du tarmac. Destination : une citadelle fortifiée sur les falaises escarpées de Tanger, hors de portée des traités d’extradition européens. Adrian observait les lumières de la France s’éloigner par le hublot, un rictus de vengeance collé aux lèvres. Il avait échoué à tuer Nina ce soir-là, mais il l’avait laissée pour morte. Il reprenait le large pour réarmer ses mercenaires et structurer la frappe finale.Pendant ce temps, dans le bloc opératoire ultramoderne aménagé dans les locaux sécurisés du groupe Leroy-Vane, l’équipe de chirurgiens venait de réussir l’impossible. La balle de gros calibre avait frôlé l’artère fémorale sans la sectionner.Lorsque les sédatifs finirent par dissiper leur voile toxique, Nina rouvrit lentement les yeux.La douleur au flanc était une lame acérée, mais son esprit, lui, était
Le rugissement du fusil d’assaut d’Elias fit trembler les parois blindées du centre de commande. Deux détonations lourdes pulvérisèrent le pilier en béton derrière lequel Adrian venait de se jeter dans une roulade désespérée. Des éclats de pierre et de verre sillonnèrent l’air saturé de fumée.Elias ne laissa aucun répit à son adversaire. Avançant d’un pas lourd et mesuré, il balayait l’espace avec une précision clinique, prêt à exécuter l’ancien milliardaire. Mais en arrivant à la hauteur de la table centrale dévastée, son regard croisa le corps de Nina, baigné dans une flaque de sang écarlate qui ne cessait de s’étendre.Ses yeux papillonnaient. Sa respiration n’était plus qu’un sifflement rauque et superficiel.— Elias... murmura-t-elle dans un souffle agonisant.C’était le dilemme absolu. S’il poursuivait Adrian dans les dédales sombres du sous-sol, Nina viderait son sang en moins de deux minutes. S’il s’arrêtait pour la sauver, le monstre s’échapperait à nouveau. Pour Elias, le c
Profitant de la fraction de seconde où l’attention d’Adrian était détournée, Nina bondit en avant. Saisissant un poinçon de sécurité en acier posé sur le plan de travail, elle le planta de toutes ses forces dans la clavicule d’Adrian.Le colosse lâcha un rugissement de douleur, mais l’impact ne suffit pas à le stopper. Rendue aveugle par la rage, sa main libre enserra la gorge de Nina et la projeta violemment contre la grande table de verre, qui explosa dans un fracas assourdissant.Sonnée, le souffle coupé, Nina essaya de ramper au milieu des éclats tranchants.Adrian se posta au-dessus d’elle, le visage tordu par la souffrance et la démence. Il réaligna lentement le canon de son arme directement sur le flanc de Nina. Il n’y avait plus de spectacle, plus de grand discours. Juste l’aboutissement d’une obsession sanglante.— C’est ici que ton histoire s’arrête, Nina.Le coup de feu retentit, étouffé mais dévastateur.La balle de gros calibre perfora le flanc droit de Nina. Une douleur
Entourée d’Elias et d’une équipe de sécurité privée surarmée, Nina supervisa le déploiement du commando chargé d’investir la planque.— On verrouille toutes les issues, ordonna Elias en ajustant sa radio tactique. Marc coupe le réseau local dans trois minutes. Tu restes dans le véhicule blindé avec moi, Nina.— Non, Elias. Je veux voir son visage quand il comprendra qu’il est coincé, répondit-elle d’une voix glaciale.Mais alors que les hommes de tête s’infiltraient dans le complexe industriel silencieux et que les caméras thermiques confirmaient la présence d’une forme humaine à l’intérieur, Marc laissa échapper un juron.— Attendez... stop ! hurla Marc depuis sa console. La signature thermique... elle ne bouge pas. C’est un leurre ! Un émetteur de fréquence simulé !Au même instant, dans la pénombre du sous-sol du centre de commandement, les portes de l’ascenseur privé de la tour Leroy-Vane s’ouvrirent dans un souffle métallique.Le signal GPS qu’ils pistaient depuis le matin n’étai
Elias se posta immédiatement aux côtés de Nina, le visage sombre, réajustant d’un geste réflexe le holster sous sa veste.— On verrouille l’immeuble, ordonna Elias d’un ton sec. J’engage la garde rapprochée de niveau un. On te transfert dans le bunker sous la résidence de Bretagne dès maintenant.— Non, répondit Nina.Sa voix était d’un calme saisissant, dénuée de la moindre panique. La Nina de jadis aurait tremblé, cherchant un endroit où se terrer. La femme debout face à la baie vitrée de Paris ne reculait plus.— Adrian a passé deux ans dans une cellule de béton à ruminer sa haine, reprit-elle en se tournant vers ses alliés. S’il s’est évadé, ce n’est pas pour fuir à l’autre bout du monde avec une fausse identité. Ce n’est pas pour profiter d’une retraite dorée en Amérique du Sud.Soudain, le téléphone satellite ultra-sécurisé posé sur le bureau en verre de Nina — un appareil dont la ligne n’existait sur aucun annuaire et ne traversait que des serveurs cryptés — émit un bip striden
Nina avait conquis tout ce qu’on avait cherché à lui voler : son nom, la justice pour les siens, une fortune colossale et la liberté d’élever la petite Élise dans un monde où personne ne pouvait plus les atteindre. Elle était devenue plus forte, plus riche et plus influente que tous ses anciens bourreaux réunis.Pourtant, à deux cents kilomètres de là, dans la nuit noire qui enveloppait la maison d’arrêt de très haute sécurité de Vendin-le-Vieil, le destin s’apprêtait à renverser l’échiquier.À trois heures du matin, sous une pluie battante, une coupure de courant d’origine inconnue plongea le quartier d’isolement dans une obscurité totale. Les générateurs de secours, censés prendre le relais en trois secondes, s’éteignirent les uns après les autres, piratés par un protocole fantôme injecté depuis l’extérieur.Pendant Exactement quatre minutes de black-out absolu, les portes blindées à verrouillage magnétique de la cellule 412 s’ouvrirent dans un déclic quasi inaudible.Lorsque les pr







