登入Nous travaillons côte à côte, penchés sur les mêmes plans de développement. Nos épaules se frôlent, nos mains se rencontrent sur la souris de l'ordinateur, nos silences sont des conversations. Je la regarde, concentrée, ses beaux yeux plissés par la réflexion, et une bouffée d'amour et de gratitude me submerge. Elle est si brillante, si forte, si compétente. Elle n'est pas là pour décorer, elle est là pour décider. Parfois, elle me contredit, elle me challenge, elle me pousse dans mes retranchements, et je l'écoute, parce qu'elle a souvent raison. Elle m'a appris l'humilité. Mon empire change de nature. Il mue. Il devient un organisme vivant avec une conscience sociale. Nous créons des fondations pour les mères isolées, pour celles qui ont dû élever seules un enfant dans le désespoir, un hommage silencieux et vibrant à la femme brisée qu'elle a été. Nous imposons des chartes éthiques d'une rigueur draconienne, des verrous anti-corruption, d
Mon cœur s'arrête. Il ne bat plus, il chute dans un abîme de silence. Une peur panique, primitive, me cisaille les entrailles. Un espoir insensé, gigantesque, me tord l'estomac. — Alexander ? Sa voix n'est pas sa voix. C'est un murmure, un filet d'air si ténu, si fragile, qu'il se brise au milieu de mon prénom, qu'il se désagrège en poussière de son. Un filet qui tremble, qui supplie. Je suis debout, je ne sais pas comment. Le drap tombe. Je suis nu, vulnérable, en équilibre au bord du monde. — Qu'est-ce qu'il y a ? Ma propre voix est un aboiement de peur, une prière rauque. Qu'est-ce qui ne va pas ? — Rien ne va mal. Elle sourit, et en même temps, une cascade de larmes cristallines jaillit de ses yeux, roule sur ses joues pâles, s'écrase sur le bâtonnet blanc. Elle sourit, elle pleure, elle tremble. Rien ne va mal, Alexander. Mon Dieu, tout va bien. Tout va merve
Nous n'émergeons pas, nous renaissons. Nous gisons là, flottant dans une bulle hors du temps. Plusieurs minutes, une éternité, passent dans un silence seulement troublé par nos respirations qui s'apaisent et le crépitement du feu. Il n'est plus un prédateur. Je ne suis plus un masque. Dans cette chambre nuptiale, deux êtres qui se sont haïs à en crever viennent de s'aimer pour la première fois de leur vie. Vraiment. Totalement. Pour toujours. Mais la nuit ne fait que commencer, et mon corps, même repu, est déjà en manque, déjà affamé. Après un long silence, sa main bouge à nouveau, elle glisse sur ma hanche, remonte lentement sur ma taille, s'aventure vers la courbe de mes seins. Un frisson me parcourt. — Encore, murmure-t-il d'une voix sourde, pleine d'une faim nouvelle, insatiable, une faim qui ne s'éteindra jamais. Et je souris dans la pénombre. Je me tourne vers lui, je capture ses lèv
Il frémit sous mes caresses. Ses abdominaux se contractent violemment, un gémissement rauque, profond, animal, s'échappe de sa gorge. C'est le son le plus magnifique du monde. Je continue ma descente, je défais sa ceinture, le pantalon tombe au sol, il les enjambe. Sa peau a le goût du sel et du feu, le goût de l'homme que j'aime depuis le premier jour sans jamais oser me l'avouer, le goût de la vie, le goût du futur. Ses mains, ses grandes mains puissantes de prédateur repenti, se posent sur mes hanches, ses doigts s'enfoncent dans ma chair avec une possessivité qui n'est plus de la violence, mais de la passion. Il me serre contre lui, et je sens son désir, dur, impérieux, brûlant comme une barre de fer chauffée à blanc, pressé contre mon ventre à travers le dernier voile de dentelle. Nous tombons sur le lit, les draps de soie crèment sous le poids de nos deux corps enlacés. Le baldaquin de velours pourpre se referme sur nous comme le rideau d'un th
Il n'est qu'un homme. Je ne suis qu'une femme. Un homme et une femme qui ont traversé l'enfer, qui se sont déchiquetés avec les armes de la haine et de la trahison, et qui, par un miracle que ni Dieu ni le Diable n'auraient osé prévoir, se retrouvent ici, ce soir, tremblants, vulnérables, ressuscités. Il fait un pas. Un seul pas, lent, contrôlé, comme s'il marchait sur un fil au-dessus du vide. Le parquet de chêne craque sous son poids, un bruit délicieusement humain. Il lève la main droite, et son geste est d'une lenteur insoutenable, une lenteur de procession, une lenteur de rite. Il écarte des voiles invisibles, il repousse des strates de souffrance, il traverse les couches sédimentaires de notre passé chaotique. Le bout de ses doigts effleure ma joue. Le contact est à peine esquissé, une plume d'ange sur de la soie, une brise sur un lac, et pourtant, c'est une détonation intérieure. Une décharge électrique pure, d'une puissan
Puis, je prends son visage entre mes mains. Mes pouces caressent ses pommettes, essuient ses larmes, tracent le contour de ses lèvres. Elle ferme les yeux, elle s'abandonne, et je l'embrasse, je l'embrasse comme je ne l'ai jamais embrassée, comme on boit de l'eau après une traversée du désert, comme on respire de l'air après une noyade, comme on embrasse ce qu'on a cru mort et qui est revenu à la vie. Ce baiser est un sceau, une signature au bas d'un contrat sacré. Ce n'est plus un acte de possession, ce n'est plus un geste de désespoir, c'est un don, une offrande, une prière exaucée. En me retournant, je croise le regard de Dimitri. Il n'a pas bougé, il est toujours là, dans l'ombre, figé. Mais ses yeux sont humides, des larmes coulent sur ses joues rudes, sans qu'il ne fasse rien pour les essuyer. Il hoche la tête, un geste lent, profond, solennel. Il sourit, un sourire qui est un cadeau, un sourire qui est une absolution. Il est le témoin
AmeliaJe n'ai pas dormi.Les draps sont enroulés autour de mes jambes, trempés de sueur, et le jour qui filtre à travers les rideaux a cette couleur grise de l'aube qui n'arrive pas à percer. Mon corps tout entier est une plaie à vif, chaque nerf tendu vers un seul point, une seule absence, une se
Amelia Ce n'est pas que physique. Si c'était que ça, je ne serais pas dans cet état. Je ne serais pas furieuse contre lui, certes, mais surtout contre moi-même. Je ne serais pas en train de repasser chaque mot, chaque regard, chaque micro-expression sur son visage.Ce n'est pas que physique parce
AMELIAJ'ouvre les yeux. Il me regarde, à genoux entre mes jambes, ses doigts toujours en moi, et son visage... son visage est une prière et une revendication.— Vous voyez ? dit-il doucement. Vous pouvez me dire d'aller me faire voir. Vous pouvez me gifler. Vous pouvez me crier que vous ne serez j
Roy — C’est trop tard, Ivy ou Amelia. Peu importe ton nom. Je t’aime. Je suis tombé amoureux de la femme qui se battait pour survivre. De la force qui refusait de s’éteindre. Et même… même de la froide détermination qui a pris sa place. Je t’aime. La vraie toi, celle qui est piégée à l’intérieur d







