LOGINAmelia / IvyJe suis restée dans cette chambre d'hôtel pendant des jours, peut-être des semaines, je ne sais plus, je ne compte plus, je flotte dans cet espace anonyme comme une âme en peine, comme un fantôme qui ne sait pas qu'il est mort, comme une femme qui a tout perdu et qui attend que quelque chose arrive, que quelqu'un vienne, que la mort vienne, que l'oubli vienne.Les jours passent, les nuits aussi, et je ne fais rien, je ne mange pas, je ne dors pas, je ne vis pas, je reste là, allongée sur ce lit défait, à regarder le plafond, à compter les fissures, à suivre du regard les ombres que projettent les rideaux quand le vent les soulève, et je pense à eux, à Alexander, à Dimitri, à tout ce que j'ai détruit, à tout ce que j'ai perdu, à tout ce que je ne retrouverai jamais.Mon téléphone sonne parfois, d
Mais je sais que ce jour n'est pas aujourd'hui, pas ce soir, pas maintenant, et je reste là, seule, dans cette chambre d'hôtel, à pleurer, à me souvenir, à me perdre, et je me demande si un jour, enfin, je pourrai me pardonner, si un jour, enfin, je pourrai être heureuse, si un jour, enfin, je pourrai aimer sans détruire, être aimée sans mentir, vivre sans me perdre.Je me lève, je vais à la fenêtre, j'ouvre les rideaux, la nuit est tombée, la ville est noire, les lumières s'éteignent une à une, les vies s'arrêtent une à une, les rêves meurent une à une, et je reste là, à regarder ce monde qui continue sans moi, qui m'oublie, qui me laisse, qui m'abandonne.— Qu'est-ce que tu as fait, Ivy ? murmuré-je dans le silence de la chambre, et ma voix résonne comme celle d'une étrangèr
Je l'embrasse, un dernier baiser, un baiser qui goûte les larmes, le pardon, l'amour, un baiser qui efface tout, le passé, la vengeance, les mensonges, un baiser qui nous réconcilie, qui nous rassemble, qui nous sépare, pour toujours, à jamais, et je reste dans ses bras, je reste contre lui, je reste avec lui, cette dernière fois, cette seule fois, ce dernier instant, avant de partir, avant de disparaître, avant de m'oublier.— Je t'aime, murmure-t-il dans mes cheveux, et sa voix est douce, très douce, comme une prière, comme un adieu, comme un amour qui ne demande rien, qui n'attend rien, qui ne veut rien d'autre que d'être aimé, lui aussi, lui aussi, lui aussi. Je t'aime, Ivy, je t'aimerai toujours, même après tout ça, même après toutes ces trahisons, toutes ces ruines, toutes ces cendres, je t'aime, je t'aime, je t'aime.— Je sais, r&e
Ils me regardent, ils ne disent rien, ils ne font rien, ils restent là, immobiles, silencieux, brisés, et je vois dans leurs yeux la même douleur, la même rage, le même désespoir, le même amour, et je sais, je sais que c'est le seul choix possible, que c'est la seule décision juste, que c'est la seule façon de les sauver, de me sauver, de nous sauver tous.— Adieu, Alexander, dis-je, et je l'embrasse, un dernier baiser, un baiser qui goûte les larmes, le pardon, l'amour, un baiser qui efface tout, le passé, la vengeance, les mensonges, un baiser qui nous réconcilie, qui nous rassemble, qui nous sépare, pour toujours, à jamais.— Adieu, Dimitri, dis-je, et je l'embrasse, un dernier baiser, un baiser qui goûte les larmes, le pardon, l'amour, un baiser qui efface tout, le passé, la vengeance, les mensonges, un baiser qui nous réconcili
Il encaisse, il encaisse mes coups, il ne se défend pas, il ne riposte pas, il reste là, immobile, silencieux, brisé, et je le frappe encore, encore, encore, jusqu'à ce que mes poings soient en sang, jusqu'à ce que mes bras soient lourds, jusqu'à ce que mes jambes fléchissent, jusqu'à ce que je n'aie plus de force, plus de rage, plus de vie.— Ça suffit, dit-il, et il attrape mes poings, il les bloque, il me regarde, ses yeux sont calmes, trop calmes, et je vois, je vois dans ses yeux la même douleur que la mienne, la même rage, la même haine, le même désespoir, et je comprends, je comprends que nous sommes pareils, que nous avons aimé la même femme, que nous avons perdu la même femme, que nous sommes en train de mourir de la même mort.— Elle n'est à personne, répète-t-il, et sa voix est douce, trè
AlexanderJe me suis réveillé seul, ce matin-là, le lit était vide, ses draps étaient froids, son oreiller ne portait plus l'odeur de ses cheveux, de sa peau, de son parfum, et je suis sorti, je l'ai cherchée, je l'ai appelée, je l'ai trouvée dans le salon, en larmes, les vêtements en désordre, les cheveux emmêlés, les yeux rouges, et j'ai su, j'ai su tout de suite ce qui s'était passé, ce qu'elle avait fait, ce qu'elle m'avait fait, encore une fois, toujours une fois de plus.— Il est venu, dit-elle, et sa voix est brisée, épuisée, désespérée, comme si elle avait crié trop fort, trop longtemps, trop souvent. Dimitri est venu, on a parlé, on s'est disputés, on s'est... on a fait l'amour, une dernière fois, pour se dire adieu, pour se pardonner, pour se perdre, pour toujours.Je n
AmeliaSes lèvres sont douces.C'est la première chose qui me frappe, cette douceur que je n'attendais pas, cette tendresse dans la façon dont il m'embrasse, comme si j'étais précieuse, comme si j'étais fragile, comme si j'étais tout pour lui.Je devrais le repousser. Je devrais mettre fin à cette
AmeliaJe secoue la tête, incapable de parler.— Parce que je t'ai montré. Parce que tu sais maintenant. Parce que cette peur dans tes yeux, cette rage, cette confusion... c'est la preuve que j'ai réussi. Tu ne peux plus nier ce que tu ressens.— Tu es monstrueux.— Je sais. Mais je suis ton monstr
AmeliaJe n'ai pas dormi.Les draps sont enroulés autour de mes jambes, trempés de sueur, et le jour qui filtre à travers les rideaux a cette couleur grise de l'aube qui n'arrive pas à percer. Mon corps tout entier est une plaie à vif, chaque nerf tendu vers un seul point, une seule absence, une se
Amelia Ce n'est pas que physique. Si c'était que ça, je ne serais pas dans cet état. Je ne serais pas furieuse contre lui, certes, mais surtout contre moi-même. Je ne serais pas en train de repasser chaque mot, chaque regard, chaque micro-expression sur son visage.Ce n'est pas que physique parce







