INICIAR SESIÓNLe lendemain matin, le mariage eut finalement lieu.
Il n’y eut ni grande cérémonie, ni invités par dizaines, ni musique, ni réception somptueuse comme on aurait pu s’y attendre pour l’union de deux familles aussi importantes que les Marcoy et les Reid. Tout fut étonnamment simple. Une petite salle de mairie avait été réservée pour l’occasion, quelques proches étaient présents, ainsi que le maire et les témoins nécessaires à la signature des documents. Louane était assise à côté de son père, vêtue d’une robe blanche élégante mais discrète. Ses mains reposaient sur ses genoux tandis qu’elle regardait régulièrement vers la porte, attendant l’arrivée de Richard. Elle avait passé une grande partie de la nuit à réfléchir à ce qui était en train de se produire. La veille encore, elle était une jeune femme célibataire vivant chez ses parents. Aujourd’hui, elle allait devenir l’épouse de l’homme qu’elle aimait depuis son enfance. Elle aurait voulu ressentir de la joie. Mais une étrange appréhension s’était installée dans son cœur. Lorsque la porte s’ouvrit enfin, tous les regards se tournèrent vers Richard.Il entra accompagné de son père. Assis dans son fauteuil roulant, il portait un costume noir parfaitement ajusté, son visage fermé ne laissant rien paraître de ce qu’il ressentait.Louane le regarda avec attention. Richard ne lui adressa même pas un regard.Son père, en revanche, affichait un sourire qu’il n’arrivait visiblement pas à dissimuler.Il s’approcha de son fils et posa affectueusement une main sur son épaule. — Je suis heureux de te voir ici, mon fils. Richard hocha simplement la tête.Son père regarda ensuite Louane. — Et je suis heureux que vous soyez là — Merci, monsieur Reid. Dit-elle en lui adressant un sourire timide. Il lui répondit avec bienveillance. — Appelez-moi simplement père maintenant. Cette phrase surprit légèrement Louane. Mais elle hocha la tête. — D’accord. Le maire commença alors la cérémonie. Tout alla très vite. Les deux familles écoutèrent les quelques paroles officielles, puis le maire demanda à Richard s’il acceptait de prendre Louane Marcoy pour épouse. — Oui. Sa voix était neutre.Aucune émotion. Puis vint le tour de Louane. — Oui, j’accepte. Sa voix trembla légèrement. Elle baissa les yeux vers le document qui se trouvait devant elle.Quelques secondes plus tard, elle signait, Richard prit ensuite le stylo et signa à son tour. Deux signatures.Quelques témoins. Quelques mots officiels.Et leur mariage était désormais réel. Le père de Richard applaudit discrètement, un sourire sincère sur le visage. — Enfin, souffla-t-il. Richard tourna légèrement la tête vers lui. — Enfin quoi ? Son père eut un petit rire. — Enfin, tu acceptes de laisser quelqu’un entrer dans ta vie Richard resta silencieux.Son père regarda Louane avec une certaine affection. — J’espère que cette jeune femme réussira à te faire sortir un peu de cette carapace dans laquelle tu t’es enfermé depuis ton accident. Richard ne répondit pas.Il fit simplement avancer son fauteuil. Louane se leva immédiatement pour le suivre.Elle pensa qu’il allait au moins lui adresser quelques mots. Il n’en fit rien.Il traversa la pièce, passa devant elle et quitta la mairie sans même lui accorder un regard. Louane resta immobile Son père posa doucement une main sur son épaule. — Ne t’inquiète pas. Elle força un sourire. — Je vais bien. Mais elle ne savait pas si elle disait la vérité. ⸻ Quelques heures plus tard, ils étaient de retour chez Richard. Richard se dirigea directement vers ses quartiers. Louane le suivit à distance, ne sachant pas vraiment où elle devait aller ni ce qu’on attendait d’elle. Lorsqu’elle arriva devant sa porte, Richard était déjà à l’intérieur. La porte se referma devant elle. Elle resta quelques secondes dans le couloir. Puis la mère de Richard s’approcha. — Louane, on va rester avec vous aujourd’hui pour voir si tout ce passe bien, normalement Richard vit seul avec servants et ne veux absolument as être dérangé, il travaille à la maison depuis son accident. La jeune femme se retourna. — Oui, je comprends tout à fait madame La mère de Richard lui adressa un sourire doux. — Ne prends pas son comportement personnellement, s’il te plaît. Louane baissa les yeux. — Je sais qu’il a beaucoup changé depuis son accident. — Il lui faudra du temps. Elle posa une main sur son bras. — Richard était très indépendant avant. Il avait l’habitude de tout contrôler. Aujourd’hui, il doit demander de l’aide pour certaines choses qu’il faisait autrefois sans réfléchir. C’est très difficile pour lui. Louane hocha doucement la tête. — Je comprends. — Alors laisse-lui du temps. Louane regarda la porte derrière laquelle son mari venait de disparaître. — Je vais tout faire pour qu’il me fasse confiance et me laisse m’occuper de lui. La mère de Richard lui sourit avant de s’éloigner. Louane entra finalement dans la chambre qui lui avait été préparée. Elle posa son sac sur le lit et s’assit quelques secondes.Elle venait à peine de retirer ses chaussures lorsque son téléphone se mit à sonner. Jennifer. Louane soupira avant de décrocher. — Allô ? La voix de sa sœur explosa immédiatement à l’autre bout du téléphone. — Tu es complètement folle ! Louane éloigna légèrement l’appareil de son oreille. — Bonjour à toi aussi. — Ne plaisante pas avec moi ! Tu t’es mariée ! — Oui. Repondit-elle brièvement — Avec Richard Reid ! — Oui. — Et tu ne m’as même pas prévenue ! Louane resta silencieuse quelques secondes. — Je pensais que papa t’avait informée. — Informée ?! Jennifer semblait encore plus furieuse. — J’ai appris aujourd’hui que ma petite sœur s’était mariée avec un homme que je devais épouser à ma place ! Louane soupira. — Jennifer, tu avais refusé. — Je sais que j’ai refusé ! Mais je pensais que vous alliez encore discuter, négocier, chercher une solution ! — Il fallait sauver l’entreprise. — Et tu as décidé de sacrifier ta vie à ma place ? Louane regarda la fenêtre.La pluie avait recommencé à tomber dehors. — Ce n’est pas un sacrifice. Jennifer resta silencieuse Puis sa voix se fit plus méfiante. — Pourquoi tu as accepté aussi rapidement ? Louane ne répondit pas. — Louane ? — Je dois te laisser. — Non, attends ! Mais Louane avait déjà raccroché. Elle posa son téléphone sur le lit et resta immobile.Sa sœur ne pouvait pas comprendre.Personne ne pouvait comprendre. Parce que si elle avait dit la véritable raison pour laquelle elle avait accepté ce mariage, Jennifer aurait probablement été la première à lui dire qu’elle était complètement inconsciente. Louane ouvrit doucement son sac À l’intérieur se trouvait une vieille photographie. Elle la sortit et la regarda.Richard, plusieurs années plus tôt, Elle passa doucement son doigt sur la photo. Puis elle murmura : — Je sais que tu n’es plus le même Mais moi, je t’aime toujours. De l’autre côté du couloir, derrière une porte fermée, Richard était assis seul dans sa chambre. Il ferma les yeux.Pour lui, ce mariage n’était qu’un arrangement. Et il comptait bien le lui faire comprendre.Le vendredi soir, Louane venait à peine de terminer son dîner lorsqu’elle entendit les roues du fauteuil de Richard avancer dans le couloir, et quelques secondes plus tard, il apparut dans l’encadrement de la porte avec cette expression neutre qu’elle avait déjà appris à reconnaître, celle qui annonçait généralement qu’il avait quelque chose à lui dire et qu’il n’attendait pas réellement son avis. — Demain, nous irons dîner chez mes parents. Louane releva les yeux vers lui, Il marqua une courte pause avant d’ajouter : — Sois prête à dix-huit heures trente. Louane hocha simplement la tête. — D’accord. Richard repartit aussitôt, sans demander si elle avait quelque chose de prévu ou si elle souhaitait venir, comme si sa présence à ce dîner allait de soiLe lendemain, à l’heure prévue, ils quittèrent la maison ensemble. Pendant tout le trajet, Richard resta silencieux, les yeux fixés sur la route à travers la fenêtre, tandis que Louane regardait discrètement son reflet dans la vit
Deux jours plus tard, alors que Louane était assise dans le petit salon en train de feuilleter distraitement un magazine qu’elle ne lisait même pas réellement, la gouvernante vint lui annoncer que sa sœur était arrivée, et pendant quelques secondes, un véritable soulagement traversa son visage, car depuis son mariage, Jennifer était probablement la personne dont la présence lui manquait le plus, celle devant laquelle elle n’aurait pas besoin de prétendre que tout allait bien, celle qui connaissait ses silences suffisamment bien pour comprendre lorsqu’un sourire n’était qu’une manière de cacher une douleur. — Madame Louane, votre sœur est là. Louane se leva immédiatement, Elle n’attendit même pas que la gouvernante lui réponde avant de se diriger vers l’entrée. Quelques secondes plus tard, Jennifer apparut dans le salon, un petit sac à la main, et dès qu’elle aperçut sa sœur, elle ouvrit les bras. — Louane ! Les deux sœurs se serrèrent longuement dans leurs bras, Louane ferma les y
Lorsqu’ils rentrèrent à la maison après la séance de rééducation, Richard fut immédiatement accueilli par la gouvernante qui s’approcha de lui pour l’aider à rejoindre son fauteuil habituel, tandis que Louane, elle, resta quelques secondes en retrait avant de monter silencieusement dans sa chambre, comme elle avait pris l’habitude de le faire chaque fois qu’elle sentait qu’elle n’avait pas sa place auprès de lui. À peine avait-elle refermé la porte derrière elle que son téléphone se mit à sonne, elle répondit immédiatement à son père. — Allô, papa ? — Louane, comment vas-tu ? Je voulais simplement prendre de tes nouvelles, dit-il d’une voix qui trahissait une certaine inquiétude, Comment se passent les choses chez les Reid?Louane s’assit sur le bord de son lit et regarda quelques secondes le sol avant de répondre. — Tout va bien, papa. Elle mentait, Elle savait qu’elle mentait, et son père aurait probablement compris la vérité s’il avait pu voir son visage à cet instant, mais e
Le lendemain matin, Louane comprit qu’elle allait devoir apprendre à vivre dans dans une maison où on ne voulait pas forcément d’elle , mais malgré cela , elle avait déjà décidé de la place qu’elle devait occuper.Elle venait à peine de terminer son petit-déjeuner lorsque la gouvernante s’approcha d’elle avec une expression légèrement gênée, comme si elle s’apprêtait à annoncer quelque chose qu’elle aurait préféré ne pas avoir à dire. — Madame Louane, Monsieur Reid m’a demandé de vous transmettre certaines consignes concernant votre installation dans la maison. — Des consignes ? Demanda -t-elle en se levant de la chaise — Oui, madame. La gouvernante sortit alors une petite feuille qu’elle tenait entre ses doigts et commença à parler avec le plus grand sérieux. — Premièrement, vous ne devez pas entrer dans le bureau de Monsieur Reid, même lorsqu’il est absent. — Deuxièmement, vous ne devez toucher à aucune de ses affaires personnelles, qu’il s’agisse de ses documents, de ses vêt
Cette nuit-là, Louane n’arrivait pas à dormir. Elle avait passé des heures à fixer le plafond, incapable de chasser de son esprit les paroles de Richard. Tu es ici pour être mon épouse. Pas pour construire une carrière. Elle avait essayé de ne pas y penser, mais plus elle cherchait à dormir, plus elle ressentait cette boule désagréable dans sa poitrine. Finalement, elle se redressa.Elle avait soif. Louane enfila rapidement une robe de chambre et quitta sa chambre afin d’aller chercher un verre d’eau. La maison était plongée dans le silence. Elle descendit quelques marches, puis s’arrêta brusquement lorsqu’elle remarqua une porte légèrement entrouverte à l’étage. C’était celle de Richard, Louane resta immobile. Elle savait qu’elle aurait dû continuer son chemin. Elle savait qu’elle n’avait aucune raison d’entrer.Pourtant, après quelques secondes d’hésitation, elle s’approcha. Elle poussa doucement la porte, La chambre était plongée dans une faible obscurité.Richard semblai
Le lendemain matin, lorsque Louane ouvrit les yeux, la première chose qu’elle remarqua fut le silence qui régnait dans la maison. Elle resta quelques secondes allongée dans son lit, encore plongée dans le sommeil, avant de se redresser lentement.Elle regarda autour d’elle. Depuis son arrivée chez les Reid, elle avait eu l’impression que la maison était constamment très calme , comme ci tout le monde ne voulait pas être dans les pattes de Richard, Louane se leva, se prépara rapidement et quitta sa chambre. En descendant les escaliers, elle aperçut la gouvernante qui s’occupait de la maison. — Bonjour. — Bonjour, madame Reid Louane lui adressa un sourire avant de demander : — Les parents de Richard sont déjà sortis ? — Oui. Monsieur et madame Reid sont partis tôt ce matin. Louane hocha la tête. Elle ne savait pas pourquoi, mais cette information la rendit légèrement nerveuse. Elle se retrouva soudain seule avec Richard. Après ce qui s’était passé la veille, elle ne savait pas v







