MasukMonsieur Marcoy resta plusieurs secondes sans bouger, comme s’il n’avait pas réellement compris ce que sa fille venait de dire.
— Quoi ? Louane baissa les yeux avant de les relever vers lui. — J’ai dit que j’acceptais. — Louane, tu as entendu ce que ta sœur vient de dire ? — Oui j’ai entendu — Tu sais ce que ce mariage implique ?tu ne sais même pas si tu pourras continuer tes études, Jennifer elle ne fait rien de sa vie, elle peut très bien se marier au lieu de passer ses journées à dépensé le reste d’argent qui nous reste ! — Oui. Elle hocha lentement la tête. Je sais ce que cela implique mais je ne peux pas rester les bras croisés, Jennifer a déjà refusé et tu la connais elle ne le fera pas. Son père contourna son bureau et s’approcha d’elle, visiblement inquiet. — Tu n’as pas besoin de faire ça pour moi, tu as un avenir brillant devant toi, et tu ne peux simplement pas décider de tout jeté pour te marier ! — Je ne le fais pas uniquement pour toi. Cette réponse surprit son père. — Alors pourquoi je ne comprends pas ? Louane resta silencieuse.Elle ne pouvait évidemment pas lui dire toute la vérité, Elle ne pouvait pas lui avouer qu’elle aimait Richard depuis des années, qu’elle avait conservé dans sa mémoire chaque petite conversation qu’ils avaient eue, chaque sourire qu’il lui avait adressé lorsqu’elle était enfant, chaque fois où elle l’avait aperçu dans une réception familiale sans jamais trouver le courage de s’approcher suffisamment de lui. Elle ne pouvait pas lui dire qu’au fond d’elle, malgré son accident, malgré tout ce qu’elle avait entendu sur son état, Richard était toujours le même homme à ses yeux.Celui qu’elle avait aimé avant même de comprendre ce qu’était l’amour. — Je veux aider notre famille, répondit-elle simplement. Monsieur Marcoy secoua la tête.Louane détourna le regard, Son père l’observa longuement. Il connaissait suffisamment sa fille pour comprendre qu’elle lui cachait quelque chose, mais il savait aussi qu’insister ne servirait à rien. — Louane, tu es ma fille. Je ne veux pas que tu acceptes quelque chose que tu regretteras toute ta vie. Elle esquissa un faible sourire. — Et si je le regrettais, je pourrais toujours revenir chez toi. — Ce n’est pas aussi simple. — Je sais. Elle prit une profonde inspiration. — Mais je veux essayer. Son père passa une main sur son visage. La situation était déjà difficile, mais il ne s’attendait certainement pas à ce que Louane accepte aussi facilement. — Je vais contacter les Reid demain matin, finit-il par dire. Louane acquiesça. — D’accord. — Et tu dois savoir une chose. Elle releva les yeux. — Richard n’est plus le même homme. Son cœur se serra légèrement. — Je sais je… — Non, tu ne sais pas. La voix de son père devint plus grave. — Avant son accident, Richard était un homme extrêmement indépendant. Il dirigeait déjà une partie des affaires de sa famille, voyageait énormément et détestait dépendre des autres. Après l’accident, il a complètement changé. — Il refuse presque toute aide. Il s’énerve facilement. Il ne supporte pas qu’on parle de son état. Sa famille a même engagé plusieurs personnes pour l’aider, mais beaucoup n’ont pas tenu plus de quelques semaines. — Pourquoi ? — Parce qu’il les renvoie. Louane serra légèrement ses doigts. — Je ne suis pas une infirmière, papa. — Justement, Je ne veux pas que tu entres dans cette maison en pensant que tu vas sauver Richard. Ce genre de choses n’existe pas toujours dans la réalité. Louane baissa la tête. — Je ne pense pas pouvoir le sauver, je veux simplement aider notre famille, je ne vais pas le gêner, ne t’en fait pas. Elle marqua une pause.Monsieur Marcoy soupira. — Alors prépare-toi, ça risque d’être très mouvementée. ——- Le lendemain matin, la nouvelle du mariage se répandit rapidement entre les deux familles.Les Reid acceptèrent sans difficulté.Pour eux, cette union représentait une occasion de consolider leurs relations avec les Marcoy tout en permettant à Richard de bénéficier d’une épouse qui pourrait l’accompagner dans sa nouvelle vie. Du moins, c’était ce que Louane croyait. Elle n’avait encore jamais rencontré Richard depuis son accident.La dernière fois qu’elle l’avait vu, il était encore debout.C’était avant cet accident qui avait bouleversé sa vie. Quelques jours plus tard, Louane se retrouva devant la grande demeure des Reid.Elle resta quelques secondes devant le portail, le cœur battant si fort qu’elle avait l’impression que tout le monde pouvait l’entendre. Elle avait imaginé cette rencontre des centaines de fois.Mais jamais comme ça.Jamais avec un mariage déjà décidé.Une employée vint l’accueillir et la conduisit jusqu’au salon,Louane s’assit en silence.Ses mains étaient froides. Elle entendit alors un bruit dans le couloir. Des roues Son cœur se mit à battre plus rapidement La porte s’ouvrit.Richard entra, Assis dans un fauteuil roulant. Louane cessa presque de respirer, Il avait changé. Son visage était plus mince et fermé, ses traits plus durs et son regard beaucoup plus froid que dans ses souvenirs. Mais malgré cela, elle le reconnut immédiatement. Richard s’arrêta lorsqu’il la vit. Son regard parcourut rapidement son visage avant de se poser sur elle avec une indifférence déconcertante. — C’est elle ? Sa mère, qui se trouvait derrière lui, hocha la tête. — Oui. Louane Marcoy. Richard la regarda encore quelques secondes. — Où est Jennifer je pensais que c’était elle la femme avec qui je devais me marier ? Louane sentit son cœur se serrer.Sa mère répondit calmement : — Jennifer a refusé. Un silence. Richard eut un léger rire sans joie. — Évidemment, qui voudrait d’un homme Comme moi. Louane ne dit rien. Il fit avancer son fauteuil et passa devant elle. Puis il s’arrêta. — Alors ils ont envoyé la deuxième fille. — Je ne suis pas ici parce qu’on m’a envoyée. Richard tourna lentement la tête vers elle. — Ah bon ? Et pourquoi tu es là alors ? — J’ai accepté de venir Parce que Jennifer a refusé, et j’ai accepté pour sauver ma famille, dit-elle sans trembler. Richard eut un sourire froid. — Tu ne sais même pas ce que tu veux. Puis il continua son chemin. Louane resta seule dans le salon. Elle sentit ses yeux lui piquer, mais elle refusa de pleurer, elle savait que ça n’allait pas être facile mais elle ne savait pas que ça serait autant difficile.Le vendredi soir, Louane venait à peine de terminer son dîner lorsqu’elle entendit les roues du fauteuil de Richard avancer dans le couloir, et quelques secondes plus tard, il apparut dans l’encadrement de la porte avec cette expression neutre qu’elle avait déjà appris à reconnaître, celle qui annonçait généralement qu’il avait quelque chose à lui dire et qu’il n’attendait pas réellement son avis. — Demain, nous irons dîner chez mes parents. Louane releva les yeux vers lui, Il marqua une courte pause avant d’ajouter : — Sois prête à dix-huit heures trente. Louane hocha simplement la tête. — D’accord. Richard repartit aussitôt, sans demander si elle avait quelque chose de prévu ou si elle souhaitait venir, comme si sa présence à ce dîner allait de soiLe lendemain, à l’heure prévue, ils quittèrent la maison ensemble. Pendant tout le trajet, Richard resta silencieux, les yeux fixés sur la route à travers la fenêtre, tandis que Louane regardait discrètement son reflet dans la vit
Deux jours plus tard, alors que Louane était assise dans le petit salon en train de feuilleter distraitement un magazine qu’elle ne lisait même pas réellement, la gouvernante vint lui annoncer que sa sœur était arrivée, et pendant quelques secondes, un véritable soulagement traversa son visage, car depuis son mariage, Jennifer était probablement la personne dont la présence lui manquait le plus, celle devant laquelle elle n’aurait pas besoin de prétendre que tout allait bien, celle qui connaissait ses silences suffisamment bien pour comprendre lorsqu’un sourire n’était qu’une manière de cacher une douleur. — Madame Louane, votre sœur est là. Louane se leva immédiatement, Elle n’attendit même pas que la gouvernante lui réponde avant de se diriger vers l’entrée. Quelques secondes plus tard, Jennifer apparut dans le salon, un petit sac à la main, et dès qu’elle aperçut sa sœur, elle ouvrit les bras. — Louane ! Les deux sœurs se serrèrent longuement dans leurs bras, Louane ferma les y
Lorsqu’ils rentrèrent à la maison après la séance de rééducation, Richard fut immédiatement accueilli par la gouvernante qui s’approcha de lui pour l’aider à rejoindre son fauteuil habituel, tandis que Louane, elle, resta quelques secondes en retrait avant de monter silencieusement dans sa chambre, comme elle avait pris l’habitude de le faire chaque fois qu’elle sentait qu’elle n’avait pas sa place auprès de lui. À peine avait-elle refermé la porte derrière elle que son téléphone se mit à sonne, elle répondit immédiatement à son père. — Allô, papa ? — Louane, comment vas-tu ? Je voulais simplement prendre de tes nouvelles, dit-il d’une voix qui trahissait une certaine inquiétude, Comment se passent les choses chez les Reid?Louane s’assit sur le bord de son lit et regarda quelques secondes le sol avant de répondre. — Tout va bien, papa. Elle mentait, Elle savait qu’elle mentait, et son père aurait probablement compris la vérité s’il avait pu voir son visage à cet instant, mais e
Le lendemain matin, Louane comprit qu’elle allait devoir apprendre à vivre dans dans une maison où on ne voulait pas forcément d’elle , mais malgré cela , elle avait déjà décidé de la place qu’elle devait occuper.Elle venait à peine de terminer son petit-déjeuner lorsque la gouvernante s’approcha d’elle avec une expression légèrement gênée, comme si elle s’apprêtait à annoncer quelque chose qu’elle aurait préféré ne pas avoir à dire. — Madame Louane, Monsieur Reid m’a demandé de vous transmettre certaines consignes concernant votre installation dans la maison. — Des consignes ? Demanda -t-elle en se levant de la chaise — Oui, madame. La gouvernante sortit alors une petite feuille qu’elle tenait entre ses doigts et commença à parler avec le plus grand sérieux. — Premièrement, vous ne devez pas entrer dans le bureau de Monsieur Reid, même lorsqu’il est absent. — Deuxièmement, vous ne devez toucher à aucune de ses affaires personnelles, qu’il s’agisse de ses documents, de ses vêt
Cette nuit-là, Louane n’arrivait pas à dormir. Elle avait passé des heures à fixer le plafond, incapable de chasser de son esprit les paroles de Richard. Tu es ici pour être mon épouse. Pas pour construire une carrière. Elle avait essayé de ne pas y penser, mais plus elle cherchait à dormir, plus elle ressentait cette boule désagréable dans sa poitrine. Finalement, elle se redressa.Elle avait soif. Louane enfila rapidement une robe de chambre et quitta sa chambre afin d’aller chercher un verre d’eau. La maison était plongée dans le silence. Elle descendit quelques marches, puis s’arrêta brusquement lorsqu’elle remarqua une porte légèrement entrouverte à l’étage. C’était celle de Richard, Louane resta immobile. Elle savait qu’elle aurait dû continuer son chemin. Elle savait qu’elle n’avait aucune raison d’entrer.Pourtant, après quelques secondes d’hésitation, elle s’approcha. Elle poussa doucement la porte, La chambre était plongée dans une faible obscurité.Richard semblai
Le lendemain matin, lorsque Louane ouvrit les yeux, la première chose qu’elle remarqua fut le silence qui régnait dans la maison. Elle resta quelques secondes allongée dans son lit, encore plongée dans le sommeil, avant de se redresser lentement.Elle regarda autour d’elle. Depuis son arrivée chez les Reid, elle avait eu l’impression que la maison était constamment très calme , comme ci tout le monde ne voulait pas être dans les pattes de Richard, Louane se leva, se prépara rapidement et quitta sa chambre. En descendant les escaliers, elle aperçut la gouvernante qui s’occupait de la maison. — Bonjour. — Bonjour, madame Reid Louane lui adressa un sourire avant de demander : — Les parents de Richard sont déjà sortis ? — Oui. Monsieur et madame Reid sont partis tôt ce matin. Louane hocha la tête. Elle ne savait pas pourquoi, mais cette information la rendit légèrement nerveuse. Elle se retrouva soudain seule avec Richard. Après ce qui s’était passé la veille, elle ne savait pas v







