LOGINJe ne savais pas à quel moment je m’étais endormie. Je me sentais si fatiguée et froide. Sans le manteau qu’Hermès m’avait donné, je n’aurais même pas eu un peu de chaleur. Mes pensées dérivèrent vers mon compagnon et mon estomac se noua.
C’était un homme puissant. Un homme très puissant. J’avais espéré un compagnon, mais je ne m’attendais pas à quelqu’un avec autant de pouvoir. D’après son regard, il était évident que je le dégoûtais. Et de ce qu’ils avaient dit, il les avait crus complètement. Son attitude me donnait déjà l’impression qu’il ne m’accepterait pas. Mais pourquoi alors voulait-il que je reparte avec lui ? J’étais incertaine de tout, mais reconnaissante d’être loin de Kaden et de sa meute maléfique. Là où ils ne pourraient plus jamais me toucher. Le carrosse s’arrêta brusquement et je basculai en avant, cognant mon visage contre la paroi. La portière s’ouvrit d’un coup et Hermès se tenait devant moi. J’aperçus mon compagnon, il s’éloignait du carrosse à un rythme très rapide. Il ne se retourna même pas une seconde pour voir si j’étais descendue. Mon loup gémit et j’eus l’impression qu’on m’avait poignardée mille fois dans le cœur. Hermès suivit mon regard et ricana. « Le voyage a été très éprouvant. Viens avec moi. Je vais t’emmener là où tu vas rester. » Hermès m’aida à descendre du carrosse et je le suivis à l’intérieur. Le château était la plus grande chose que j’aie jamais vue. Mais il dégageait une sensation froide. Pas à cause du froid extérieur, il semblait juste vide. Hermès me conduisit le long du couloir jusqu’à la porte de droite. Il marchait devant moi et je ne voyais rien d’autre que son large dos. « Que voulez-vous ? » Je me penchai par-dessus son épaule pour apercevoir le propriétaire de la voix. À quelques mètres de nous se tenait une femme imposante qui attendait avec un air impatient. « J’étais déjà endormie. » « Ordres du roi. Comptez-vous lui désobéir ? » L’air furieux de son visage disparut instantanément et elle força un sourire. « Bien sûr que non. Pourquoi le ferais-je ? Que dois-je faire ? » « Voici Nevaeh », dit-il en s’écartant, me révélant à la femme. Intimidée par sa taille, je me recroquevillai. Elle me regarda de haut en bas, me scrutant. « Qui est-elle ? » Il y eut un long silence de la part d’Hermès et le froncement de sourcils de la femme s’accentua. « Le roi a ramené une autre putain ? » demanda-t-elle d’un ton condescendant. Une autre putain ? Est-ce qu’il ramenait souvent des femmes ? L’idée me perça le cœur d’une douleur aiguë. « Ce n’est pas une putain. » « Alors qu’est-ce qu’elle est ? À la regarder, elle n’a pas l’air de grand-chose. Bien différente de ce que le roi ramène habituellement. » Plus elle parlait, plus j’avais l’impression que mon cœur allait se déchirer en mille morceaux. Comment arrêter ce sentiment ? Je ne voulais absolument pas me sentir ainsi. Il était évident qu’il ne m’aimait pas et qu’il ne voulait rien avoir à faire avec moi. Je ne voulais rien ressentir non plus envers lui. Peu importe à quel point mon loup était têtu, j’allais faire comme si je n’avais pas de compagnon, parce que je ne finirais que blessée si je le faisais. « Elle doit rester avec les serviteurs. » « Les serviteurs ? Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle. Il n’y a pas de place pour une nouvelle servante. » « Ce sont les ordres du roi, Martha. Je ne vais pas discuter avec toi. Si tu as un problème avec elle, prends-en avec le roi. » « Ce sera difficile de lui trouver une place. » « Trouve un putain de moyen. » Hermès se tourna vers moi et sourit doucement. « Elle s’occupera de tout ce dont tu as besoin. Repose-toi. » Puis il s’éloigna, me laissant avec cette femme effrayante. Je gardai les yeux fixés au sol, mais je sentais son regard sur moi. « Es-tu la putain d’Hermès ? » Pourquoi était-elle si convaincue que j’étais une putain ? Hermès lui avait déjà dit que non. « N-Non », répondis-je. « Alors qu’es-tu ? Pourquoi t’a-t-il amenée ici ? » « Je ne sais pas », dis-je honnêtement. Je ne m’attendais pas à être envoyée dans les quartiers des serviteurs dès mon arrivée. « Merde. Je déteste ça. Pourquoi est-ce que je dois être celle qui doit gérer ça ? » murmura-t-elle en s’éloignant d’un pas lourd. Je restai plantée là, ne sachant que faire. « Eh bien, tu ne vas pas venir ? » aboya-t-elle et je courus après elle. « Parfait. Tu es aussi stupide. Je déteste vraiment ça et j’aimerais bien dire sa vérité au roi, mais j’aime bien la position actuelle de ma tête. Ne rends pas ça plus stressant que ça ne l’est déjà. Tu comprends ? » « Oui », murmurai-je clairement et je la suivis. Nous avancâmes plus loin dans le premier couloir et arrivâmes à une paire de doubles portes au bout. Elle les ouvrit et passa, et je la suivis de près. Il y avait des portes de chaque côté du couloir et nous les passâmes toutes. Enfin, nous arrivâmes au bout du couloir et il y avait une porte à gauche. Elle l’ouvrit et entra. Je la suivis. La pièce était encombrée de beaucoup de choses. Des boîtes et des matelas empilés les uns contre les autres. « Ceci sert habituellement de débarras pour les objets inutilisés. Il n’y a pas d’autre endroit où te caser cette nuit, alors tu resteras ici. Demain, je ferai enlever tout ça par les gardes pour que tu aies de la place. » Une fois qu’elle eut fini de parler, elle disparut. J’étais déjà trop épuisée et je soupçonnais que c’étaient les premières heures du matin. J’avais besoin de dormir. Les matelas n’étaient pas en bon état, je ne pouvais donc pas m’y endormir. Le manteau que j’avais était ma seule option, alors je le posai sur le sol froid et m’allongeai, me recroquevillant en position fœtale. Les larmes vinrent en pensant à ma situation actuelle, mais je les essuyai avec colère. Maudit soit le moment où la déesse m’a fait naître dans cette vie.CINQ ANS PLUS TARD Des cris aigus atteignirent mon oreille et j’entendis le bruit de petits pieds courant vers mon bureau. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne fassent irruption dans mon bureau. Jaden fut le premier à entrer en trombe par la porte et Alaric le suivit quelques minutes plus tard, haletant lourdement. « Je suis le premier arrivé. Tu dois faire ce que je dis », dit Jaden avec un large sourire, excité d’avoir gagné le pari qu’ils avaient fait. Alaric peinait encore à reprendre son souffle et je m’inquiétai. Je me dirigeai immédiatement vers eux, m’agenouillant devant lui. « J… je vais bien. » Alaric me tendit la main. « Je t’ai dit de ne pas courir. C’est mauvais pour ta santé », le grondai-je doucement. Alaric n’avait jamais complètement guéri et ses poumons n’avaient pas progressé. Les activités vigoureuses étaient trop dures pour lui et même quand j’essayais d’être indulgente et de le laisser faire ce qu’il voulait, on finissait par le regretter. Il
Deux jours plus tard, j’étais allongée dans le lit avec Tyron. Il avait quitté son bureau pour passer quelques minutes loin de tout le travail, mais ça avait fini par se transformer en heures. Ses doigts jouaient sur mon ventre et il me touchait légèrement. Depuis la nouvelle, je le surprenais à toucher mon ventre inconsciemment tout le temps. Sa main était toujours là. Et s’il n’y avait rien pour me convaincre, ça suffisait. Il aimait l’idée d’un enfant. Et je savais que je n’avais rien à craindre : avec lui et son soutien, je serais la meilleure des mères. Il se raidit sous moi et je me redressai lentement de sa poitrine. « Quelque chose ne va pas ? » demandai-je, et il secoua la tête. « Patrick est là. » Je me sentis soudain tendue à cette nouvelle. « I-il est là ? » « Oui. Allons-y. » Il était temps de enfin savoir si j’étais bien enceinte. « Ce sera une bonne nouvelle. » Tyron me releva le menton, mais je détournai les yeux. « Et si ce n’est pas le cas ? Tu as été tellement
Il me posa au sol en arrivant dans la pièce et ferma la porte, me tirant par les cheveux pour m’embrasser à nouveau, mais je l’arrêtai. « Alaric… » « Hermes s’occupe déjà de lui. Arrête de t’inquiéter. » Il embrassa mes joues. Me sentant enfin détendue qu’Alaric n’était pas seul. Je me haussai sur la pointe des pieds et l’embrassai fort sur les lèvres, enfonçant ma langue profondément dans sa bouche. Un sentiment de désir que j’avais toujours ressenti avec lui se répandit dans mon corps. Quand notre baiser se brisa, je glissai ma tête vers le bas et commençai à tirer sur le bouton de son pantalon, libérant rapidement sa bite qui durcissait. Il gémit bruyamment, sa queue pulsant dans ma prise, et je tombai à genoux. Mon désir de le goûter était irrésistible, alors je mis sa bite dans ma bouche et suçai fort. Tandis qu’elle grandissait, j’en pris davantage dans ma bouche et bientôt je balançais ma tête de haut en bas, sucant sa queue avec toute la luxure que j’avais. Je suçais et pre
La vie n’a fait que s’améliorer à partir de là. Après que j’aie parlé avec Tyron de son attitude et que j’aie réussi à le convaincre d’arrêter de se sentir coupable, il a complètement cessé de m’éviter. Je le voyais à chaque instant. Il abandonnait tout ce qu’il faisait pour passer du temps avec nous. Alaric et moi. J’étais heureuse… libre. Je n’avais plus aucune raison d’avoir peur ou de me cacher. Tous mes tortionnaires avaient disparu. Eunice et sa famille étaient enfermées dans les donjons d’une autre meute. Notre ancienne meute avait été fusionnée avec un parc voisin et la meute n’existait plus dans les registres. Je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qu’ils ressentaient face à ce qui s’était passé. J’aurais voulu me sentir mal pour eux à cause du changement qu’ils allaient devoir endurer, mais je n’y arrivais pas. Je ne ressentais aucune pitié pour eux, pas même la moindre, et peut-être que ça faisait de moi une personne terrible, mais je m’en fichais. Tous avaient fermé l
POINT DE VUE DU ROI TYRON Il était tard dans la nuit et j’étais encore occupé à travailler. La meute de Kaden avait besoin d’un remplaçant, mais mes options étaient limitées. Une autre option que j’avais était simplement de fusionner la meute avec une autre et d’en finir. Avec la façon dont ça se passait, cette dernière serait ma décision finale. Je devais encore m’asseoir avec les conseillers et en débattre, cependant. Je déplaçai la pile de papiers et m’attaquai à une autre quand la porte de mon bureau s’ouvrit soudain. Je levai les yeux, surpris, et vis Hermes. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit encore debout, vu qu’il était très tard dans la nuit. « As-tu besoin de quelque chose, Hermes ? » « Je me demandais si tu avais besoin d’aide avec le travail. Tu fais des nuits blanches depuis quelques jours et je me demande si la charge de travail est si importante. » « Non. Je peux gérer. Va te coucher », dis-je en le congédiant. Au lieu de partir comme je le voulais, Hermes s’av
Ses paroles résonnèrent dans la grande salle et partout le silence tomba. Je pouvais sentir tous les regards sur moi, me jugeant… mes voies respiratoires se fermèrent et j’eus du mal à respirer. Je ne pouvais plus rester là. Je me levai de mon siège et me précipitai hors de la salle. J’ignorai mon nom qu’on appelait et courus plus vite, mon cœur battant tandis que j’essayais de m’échapper. Des larmes montèrent dans mes yeux, brouillant ma vision tandis que je fuyais. Des mains fortes saisirent mon bras supérieur et me firent m’arrêter. À son odeur, je sus que c’était Tyron. J’essayai de me dégager de son emprise, mais il resserra sa prise. « Regarde-moi, Nevaeh », commanda-t-il, mais je ne pus pas. « Regarde-moi, Nevaeh… s’il te plaît. » Sa voix était plus douce cette fois, suppliante au lieu d’être autoritaire. Je levai la tête et croisai ses yeux, les larmes brouillant encore ma vision. « Que voulait dire Eunice par ce qu’elle a dit ? » Ma tête retomba. Il n’y avait aucune émotion







