Home / Mafia / LA FEMME DU PARRAIN / Chapitre 9 : Le Conseil des Ombres

Share

Chapitre 9 : Le Conseil des Ombres

Author: Déesse
last update publish date: 2026-10-20 07:48:49

Sofia

Lucia Moretti ne fait rien à moitié, et surtout pas les présentations.

La convocation arrive un jeudi : pas une invitation, une convocation, sous la forme d'un simple message, une heure, un jour, un lien sécurisé. Réunion, dit le message. Sois seule. Sois prête.

Le vendredi à vingt et une heures, je suis dans mon bureau, la porte verrouillée, et l'écran s'allume sur une mosaïque de visages que je connais par les journaux, par les dossiers, par les rumeurs : Lucia au centre, dans ce qui se
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • LA FEMME DU PARRAIN    CHAPITRE 37 — LE PARDON

    Je le regarde. — Je ne te pardonne pas. Mais je comprends. Il ne dit rien. Il ne cherche pas à se défendre. Il ne cherche pas à expliquer. Il ne me dit pas que je me trompe, que j'exagère, que j'ai tort de garder tout ça. Il me regarde, et il attend. — C'est plus que ce que j'espérais. Sa voix est basse. — Tu espérais quoi ? — Rien. — Rien ? — Rien. Je secoue la tête. Je ne sais pas ce que je ressens. Ce n'est pas de la colère, ce n'est pas de la pitié, ce n'est pas de l'amour, pas encore, pas comme il faudrait. C'est quelque chose de plus trouble, de plus lent, de plus profond. C'est la fatigue de trois nuits sans sommeil, et la peur qui ne me quitte pas, et cette chose qui s'est déplacée entre nous, cette chose qui n'a pas de nom. — Tu es fatigué. — Oui. — Tu devrais dormir. — Je sais. Il ne bouge pas. Il ne se lève pas. Il me regar

  • LA FEMME DU PARRAIN    CHAPITRE 36 — LA CONVALESCENCE 2

    Je me lève. Je marche jusqu'à la fenêtre. Je regarde la ville qui dort, les lumières, les toits, les rues vides. Le ciel commence à pâlir à l'est, une ligne grise qui annonce le matin. Je pose mon front contre la vitre. Le verre est froid.Cinq ans.Il a cherché cinq ans.Il a cru que j'étais morte, et il a continué, et quand je suis revenue, il m'a dit qu'il ne me laisserait pas partir. Il l'a dit comme on pose une limite. Il l'a dit comme on plante un drapeau. Il ne l'a pas dit comme on dit je t'aime.Mais je viens de l'entendre. Dans son délire. Dans cette nuit qui n'en finit pas. Je viens de l'entendre, et je ne sais pas ce que je vais en faire.Quand je me retourne, il est réveillé.Il me regarde. Ses yeux sont clairs, fatigués, mais présents. Il a émergé du délire sans que je le voie, et maintenant il est là, dans ce lit, et il attend.— Tu es restée.Sa voix est rauque, sèche, à peine audible. Je m'approche du lit.— Je te l'avais

  • LA FEMME DU PARRAIN    CHAPITRE 35 — LA CONVALESCENCE

    — Sofia Je ne dors pas. La nuit s'étire dans la chambre d'hôpital, blanche et silencieuse, découpée par le bourdonnement régulier du moniteur et par le passage des infirmières dans le couloir. Je suis assise sur la chaise de plastique, la nuque contre le mur, les jambes étendues devant moi, et je compte les respirations de Dante pour ne pas compter les minutes. Une. Deux. Trois. Quatre. Sa poitrine se soulève sous le drap, retombe, remonte, et chaque cycle me dit qu'il est encore là, qu'il n'est pas parti, que la nuit n'a pas encore réussi à me le prendre. Je ne dors pas parce que si je dors, il pourrait arrêter de respirer et je ne le saurais pas. C'est absurde. Il y a des machines pour ça. Il y a des infirmières, des médecins, tout un système humain et technique qui veille sur lui. Mais les machines ne l'ont pas empêché de se jeter dans cet entrepôt. Les machines ne l'ont pas empêché de tomber. Les machines ne savent rien de ce qu

  • LA FEMME DU PARRAIN    CHAPITRE 34 — L'ATTENTAT 4

    Je compte les carreaux.Vingt-trois. Vingt-quatre. Vingt-cinq.Le couloir est long, éclairé par des néons qui bourdonnent, et je ne sais pas combien de temps je reste assise sur cette chaise de plastique bleu qui craque sous moi à chaque mouvement. Mes mains sont posées sur mes cuisses. J'ai fini par les essuyer. Le sang est parti, mais il reste quelque chose, une couleur plus sombre au creux des ongles, une trace qui ne veut pas céder quand je gratte.Je gratte.— Tu vas te faire mal.La voix vient de ma droite. Je lève les yeux.Un des capitaines est là. Je ne me souviens pas de son nom. Il est grand, fatigué, il a une entaille au-dessus du sourcil et il n'a pas pris le temps de la faire soigner. Son visage est fermé, comme tous les visages des hommes qui travaillent pour Dante, mais il y a dans ses yeux quelque chose que je ne lui connaissais pas.— Comment il va ?— On ne sait pas encore.Il hoche la tête. Il ne s'assoit pas. Il rest

  • LA FEMME DU PARRAIN    CHAPITRE 33 — L'ATTENTAT (SUITE)

    Ce n'est pas une question. C'est une constatation, et elle me frappe en plein ventre, et je me déteste de ne pas pouvoir la nier.— Je ne tiens pas à toi.— Tu es en train de pleurer.— Ce n'est pas pour toi.— Alors pour qui ?Je ne réponds pas. Les secours arrivent. Je les entends, je les vois, je m'écarte pour les laisser faire, et je reste là, debout, les mains couvertes de son sang, à regarder les hommes qui s'affairent autour de lui. Ils parlent vite, ils donnent des ordres, ils le soulèvent, et je les suis, et je ne le lâche pas. Le sang sèche sur mes mains, sur mon jean, sur mes manches. Je ne l'essuie pas. Je le garde. Je le garde comme une preuve, comme une marque, comme une chose qui me dit que tout ça est réel, qu'il est réel, qu'il est vivant.Il est vivant.Il est vivant.Je me répète ces mots, encore et encore, comme une prière, comme une formule, comme si le fait de les penser pouvait les rendre plus vrais. Le brancard roule sur le bit

  • LA FEMME DU PARRAIN    CHAPITRE 32 — L'ATTENTAT

    — SofiaLe téléphone sonne et je sais, avant de décrocher, que quelque chose est arrivé.Ce n'est pas une intuition. C'est la façon dont Dante se fige au milieu de la pièce, la façon dont son visage se vide, la façon dont sa main se referme sur l'appareil jusqu'à faire blanchir ses jointures. Je le regarde. Je vois ses lèvres qui bougent, mais je n'entends pas les mots. Je vois ses yeux qui se durcissent. Je vois ses épaules qui se raidissent, cette raideur qui n'était pas là il y a une seconde, cette raideur que je connais maintenant, celle qui précède les mauvaises nouvelles.Il raccroche.— L'entrepôt. Une bombe.Je me lève. Je ne pose pas de question. Je n'en ai pas besoin. Je le suis jusqu'à la porte, jusqu'à l'escalier, jusqu'à la voiture. Il ne me dit pas de rester. Il ne me dit rien. Il conduit comme un homme qui n'a plus de temps, et je m'accroche à la poignée, et je regarde la ville défiler, et je prie pour que nous arrivions assez tôt. Les lampada

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status