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Chapitre 4

last update Tanggal publikasi: 2026-03-27 18:37:59

CHAPITRE 4 

LE POINT DE VUE DE LYSANDER 

Je compose le numéro sans réfléchir.

C’est une habitude. Un réflexe. Quand le vide devient trop grand, quand la maison est trop silencieuse, quand je sens que je vais perdre pied, j’appelle Juliette. Elle vient. Elle ne demande rien. Elle repart. C’est propre, efficace, sans conséquences.

Ce soir, le vide est plus grand que d’habitude.

Je suis dans mon bureau, dans le noir, le téléphone à la main. La journée a été… étrange. Cette fille. Salomé. Elle a laissé quelque chose dans l’air de la maison, une odeur de lavande et d’insolence, un silence qui n’est pas le silence habituel. Je l’ai vue dans la cuisine, ce matin. Ses pieds nus sur le carrelage. Ses cheveux mouillés qui dégoulinaient sur ses épaules. Le tee-shirt blanc trop large qui laissait deviner la courbe de ses seins quand elle se penchait sur la poêle.

J’ai voulu la toucher.

Je ne veux pas vouloir la toucher. Elle est nounou. Elle est employée. Elle est là pour Élise, pas pour moi.

Juliette répond à la deuxième sonnerie.

— Lysander, dit-elle, la voix déjà chaude. Je commençais à croire que tu m’avais oubliée.

— Je n’oublie jamais rien.

Ma voix est basse, posée, celle que j’utilise pour les contrats. Mes doigts tapotent sur la table. Un tic nerveux. Je déteste ce tic.

— Je passe dans une heure, je dis.

— Je t’attends.

Je raccroche.

Une heure plus tard, elle est là.

Je l’entends garer sa voiture dans l’allée. Le claquement de la portière. Ses talons sur les marches. Quand j’ouvre la porte, elle se tient dans l’embrasure, blonde, parfaite, parfumée. Une robe courte qui moule ses hanches. Un décolleté qui montre ce qu’elle veut montrer.

Je la connais par cœur. Je connais son corps, ses gestes, ses bruits. Je sais exactement ce que je vais obtenir d’elle.

— Lysander, dit-elle avec ce sourire que je connais.

Elle entre sans attendre. Ses talons claquent sur le marbre du hall. Elle pose ses mains sur mes épaules, se hausse sur la pointe des pieds, et m’embrasse.

Je réponds au baiser. Mes mains trouvent sa taille, ses hanches, ses fesses. Je la soulève un peu, la plaque contre le mur. Elle rit contre ma bouche.

— Tu as faim, dit-elle.

— Tais-toi.

Je l’embrasse plus fort. Sa langue cherche la mienne. Ses doigts remontent sous ma chemise. Je tire sur sa culotte, elle gémit déjà.

— Pas ici, murmure-t-elle. La nounou…

Je m’arrête une seconde.

La nounou. Salomé. Elle est là-haut, quelque part. Je l’imagine dans sa chambre, allongée dans le lit trop grand, peut-être déjà endormie. Peut-être pas. Je l’imagine avec ses cheveux défaits, ses yeux bleus fermés, ses lèvres entrouvertes. Je l’imagine sans ce tee-shirt blanc qui laissait deviner ses seins.

Je serre les dents.

— La nounou dort, je dis.

Je prends Juliette par la main, je la tire vers l’escalier. Elle fait du bruit — ses talons, son rire, son souffle haletant. Je ne lui dis pas de se taire. Je ne sais pas pourquoi.

Dans le couloir, je m’arrête devant la chambre de Salomé.

La porte est fermée. Aucun bruit. Aucune lumière. Elle dort, peut-être. Ou elle fait semblant. Ou elle écoute, immobile dans le noir, le cœur battant.

Je reste une seconde de trop.

— Lysander, souffle Juliette contre mon oreille. Viens.

Je l’entraîne dans la chambre d’à côté.

Elle ne m'a pas laissé le temps de réfléchir. Dès que la porte s'est refermée, elle était sur moi. Ses mains ont défoncé ma ceinture avec une urgence qui m'a coupé le souffle. Le cliquetis du métal a résonné dans le silence de la chambre, un son violent qui a fait monter le sang à mes tempes. Elle a ouvert ma braguette d'un geste sec, et ses doigts ont glissé sous ma chemise, cherchant ma peau à nu. Elle connaît mon corps, elle le connaît mieux que moi parfois. Elle sait exactement où poser ses doigts pour que je perde tous mes moyens, où appuyer pour arracher un gémir de ma gorge. Je l'ai laissée faire. Je me suis simplement abandonné, les yeux fermés, me concentrant uniquement sur la sensation de ses onnes qui traçaient des motifs brûlants sur mon torse et mon abdomen.

Mes mains, elles, ont voulu tout prendre à la fois. J'ai plongé mes doigts dans ses cheveux, soyeux et emmêlés, tirant légèrement pour exposer son cou. Sa peau était chaude, pulsante de vie. J'ai glissé mes mains le long de sa nuque, sentant les frissons qui la parcouraient sous mes touches, puis j'ai remonté sous sa robe. Le tissu était fin, une barrière insignifiante entre nous. J'ai senti la courbe de ses reins, puis la fermeté de ses fesses. Elle a haleté contre mon cou, son souffle chaud et irrégulier.

Je ne pouvais plus attendre. J'ai saisi ses cuisses, la soulevant sans effort comme si elle ne pesait rien. Elle a enroulé ses jambes autour de ma taille, m'attirant contre elle. Je l'ai portée jusqu'au lit et je l'y ai posée doucement, comme on dépose une offrande. Le matelas a craqué sous notre poids combiné. Je me suis penché sur elle et je l'ai embrassée avec une faim dévorante. Ce n'était pas un baiser tendre, c'était une agression, une revendication. Ma bouche a quitté la sienne pour descendre le long de sa mâchoire, m'attarder sur la peau sensible de sa gorge, sentant son cœur battre la chamade sous mes lèvres.

J'ai continué ma descente, attirant par l'odeur de son désir. J'ai baisé la peau de son décolleté, puis le galbe de ses seins. Elle s'est cambrée sous moi, son corps se tendant comme un arc. Un gémir s'est échappé de ses lèvres, un son rauque et rempli de supplication.

— Lysander … a-t-elle murmuré, mon nom sur sa langue comme une prière.

Le son de ma voix l'a ramenée à la réalité, ou peut-être l'a-t-il plongée plus profondément dans le fantasme. Elle a éclaté de rire, un rire bas, complice, qui a vibré contre ma poitrine. Ce rire me gratte toujours les nerfs de la meilleure des façons. C'est le rire de quelqu'un qui détient un secret, une arme.

— Tu as peur qu'elle t'entende ? La petite nounou ? a-t-elle chuchoté, ses yeux brillants de malice.

Le prénom de la nounou a agi comme un seau d'eau glacée, mais pas pour éteindre mon désir. Au contraire. L'image de la nounou, juste de l'autre côté de la cloison, peut-être déjà endormie, peut-être éveillée et tendant l'oreille, a électrisé tout mon corps. J'ai senti une bouffée d'adrénaline pure monter le long de mon échine. Je n'ai pas peur. Je ne crains pas la découverte. Ce que je ressens est plus complexe, plus sombre. C'est l'excitation du risque, la transgression pure et simple.

— Je n'ai pas peur, ai-je répondu.

Ma voix était froide, plus que je ne l'avais prévu. Je n'aime pas qu'on me pose ce genre de questions, pas maintenant. Je n'aime pas qu'on me parle d'elle à ce moment précis, comme si son fantôme pouvait s'inviter dans notre lit. Juliette a dû sentir le changement de mon humeur, le durcissement de mon regard, mais elle n'a pas reculé. Au contraire, elle s'est enfoncée davantage dans le jeu.

— Alors fais taire cette petite nounou, a-t-elle lancé avec un défi mordant. Fais-moi du bruit.

C'était trop. La provocation, l'audace, la mention explicite de l'autre femme. Quelque chose en moi a cédé. Le contrôle que je m'efforçais de maintenir s'est brisé. Je l'ai attrapée par les hanches avec une force brutale, laissant des empreintes de doigts sur sa peau pâle. Je l'ai retournée d'un geste sec, la mettant à quatre pattes au centre du lit. Elle n'a pas résisté, elle a suivi le mouvement, offrant son dos, son cul, sa vulnérabilité.

Je l'ai plaquée contre le matelas, mon poids écrasant le sien dans les draps froissés. J'ai passé mon bras autour de sa taille, la tirant fermement contre mon bassin. Elle était prête. Elle est toujours prête pour moi, humide et ouverte, impatiente de me prendre. J'ai senti sa chaleur contre moi, une invitation silencieuse que je n'avais aucune intention de refuser. J'ai ajusté ma position, mon sexe dur et pulsant cherchant son entrée, prêt à la prendre, prêt à tout oublier sauf le friction de nos corps et le risque fou de nous faire surprendre

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