MasukCHAPITRE 5
LE POINT DE VUE DE LYSANDER
Le bois du cadre du lit craqua sous mes jointures, un avertissement que j'ignorai délibérément. Je regardais Juliette sous moi, offerte et tremblante, ses genoux enfoncés dans le drap à fleurs fanées. Sa position, ce dos cambré et cette chatte ouverte qui m'attendait, était une invitation trop tentante pour la prudence. J'ai posé ma main gauche sur sa hanche, la peau chaude et lisse sous ma paume, et j'ai senti qu'elle retenait son souffle.
Je n'ai pas attendu. J'ai guidé ma bite vers son entrée, la tête déjà douloureuse de tension. Le contact fut électrique. J'ai poussé mes hanches en avant, enfonçant ma queue dans sa chatte humide d'un coup sec. Elle a laissé échapper un cri étouffé contre l'oreiller, ses doigts se crispant sur le tissu. La chaleur l'était intense, un étau serré qui m'a englouti jusqu'aux couilles. Je me suis arrêté un instant, savourant cette sensation de plénitude absolue, la façon dont ses parois internes s'adaptaient à ma forme, pulsant autour de moi.
Puis, j'ai commencé à bouger. D'abord lentement, voulant prolonger l'agonie délicieuse de chaque glissement. Mais la demande de son corps était pressante. Elle a reculé ses fesses contre moi, cherchant à m'engloutir plus profondément, me suppliant par ses mouvements d'accélérer. C'était tout ce qu'il me fallait. Ma main droite s'est jointe à la gauche sur ses hanches, les verrouillant fermement. J'ai resserré ma prise, mes doigts s'enfonçant dans la chair ferme de ses fesses, la marquant de mon emprise.
Le rythme s'est accéléré, transformant les caresses en coups de boutoir réguliers. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquaient, clac, clac, clac, a rempli la pièce, rythmé et grossier. Chaque fois que je m'enfonçais en elle, un gémissement s'échappait de sa gorge, guttural et incontrôlable. Je regardais mon sexe disparaître et réapparaître, brillant de ses lubrifiants, un spectacle hypnotique qui me poussait à bout.
L'excitation du risque, cette pensée obsessionnelle de la nounou juste de l'autre côté de la cloison mince, brûlait dans mes veines comme de l'essence sur un feu. Chaque coup que je portais était un défi silencieux lancé à l'extérieur. J'ai voulu que ça s'entende. J'ai voulu que le bois du lit grince, que la tête de lit tape contre le mur, que les claquement de ma peau contre la sienne résonnent comme des coups de feu dans le silence de la maison.
« Plus fort, Lysander ... » a-t-elle murmuré, la voix déformée par le plaisir et l'essoufflement.
Je n'ai pas hésité. J'ai redoublé d'intensité. Mes hanches sont devenues un moteur, un piston fou. Je la prenais comme une bête, sans douceur, guidé uniquement par l'instinct primaire de la possession. Elle a commencé à trembler sous moi, ses jambes s'écartant davantage pour me donner tout l'accès possible. J'ai senti son cul vibrer à chaque impact, les ondes de choc parcourant son corps jusqu'à mes mains.
Le bruit devenait assourdissant, une symphonie obscène de respirations sifflantes, de cris sourds et de chair mouillée. J'ai jeté un coup d'œil furtif vers la porte fermée, imaginant la scène de l'autre côté. Est-ce que la nounou était à l'écoute ? Est-ce qu'elle avait posé son verre, le cœur battant, en reconnaissant les sons de l'adultère ? L'idée m'a fait grincer des dents. J'ai enfoncé ma queue encore plus profondément, visant ce point qui la ferait hurler.
Elle a relevé la tête, le cou tendu, les cheveux collés à son visage par la sueur. « Oh putain... oui... » Ses mots étaient décousus, des fragments de phrases perdus dans la tempête. Je l'ai sentie, ses muscles se contracter autour de moi, se resserrant dans une étreinte féroce. Elle était proche. Très proche.
Je n'ai pas ralenti. Au contraire, j'ai maintenu ce tempo frénétique, refusant de lui laisser la moindre seconde de répit. Je voulais la faire jouir ici et maintenant, dans ce lit conjugal, avec le risque constant d'être découvert. C'était une ligne que nous franchissions, un interdit qui rendait chaque sensation dix fois plus vive.
Mes mains glissèrent sur son dos, lissant la sueur qui perlait sur sa peau, avant de revenir agripper ses épaules pour la tirer vers moi à chaque nouvelle pénétration. J'étais perdu dans la friction, dans cette chaleur humide et serrée qui m'engloutissait. Le monde extérieur n'existait plus. Il n'y avait plus que ce trou, ce rythme, et cette femme qui prenait tout ce que je lui donnais avec une avidité dévorante.
Le cadre du lit a heurté le mur avec un coup sourd qui a dû résonner dans toute la maison. Ni l'un ni l'autre ne s'est arrêté. C'était le point de non-retour. Nous étions des animaux dans une cage de verre, nous exposant délibérément au regard invisible, transformant notre peur en carburant sexuel pur. J'ai senti mon propre orgasme pointer à l'horizon, une marée montante que je ne pourrais pas contenir longtemps, mais d'abord, je voulais la sentir s'effondrer sous moi, je voulais l'entendre crier mon nom quand elle perdrait tout contrôle.
Le silence revient.
Je reste un instant en elle, le souffle court, les mains tremblantes. Puis je me retire. Je me tourne sur le dos. Je fixe le plafond.
Juliette rit doucement. Elle se blottit contre moi.
— Tu avais besoin de ça, dit-elle.
Je ne réponds pas. Je pense à la chambre d’à côté. Je pense à cette fille. Je pense à ce qu’elle fait, en ce moment même. Est-ce qu’elle dort ? Est-ce qu’elle écoute ? Est-ce qu’elle pense à moi, comme je pense à elle ?
Je n’ai pas le droit de penser à elle. Elle est nounou. Elle est employée. Elle est là pour ma fille.
— Je devrais y aller, dit Juliette.
— Reste.
— Non, tu sais bien. Je ne reste jamais.
Elle se lève. Elle va à la salle de bain. Je l’entends ouvrir l’eau, se laver, se recoiffer. Je reste allongé, les yeux fixés au plafond. La main posée sur mon ventre encore chaud.
Quand elle ressort, elle est habillée. Parfaite. Impeccable.
— À bientôt, Lysander.
Elle se penche, m’embrasse sur le front. Je hoche la tête. Elle sort.
Je reste seul.
L’odeur de sexe et de parfum flotte dans les draps. Je devrais dormir. Je ne dors pas. J’écoute le silence.
CHAPITRE 56 : EPILOGUE Cinq ans plus tard.Le jardin japonais est en fleurs. Les érables sont rouges, les cerisiers sont roses, les pierres grises brillent sous la pluie fine du printemps. La maison est pleine de rires. De cris. De pas qui courent. De portes qui claquent.— Léo, ne cours pas comme ça !— Maman, il m'a pris ma poupée !— C'est moi qui l'avais en premier !— Les enfants, calmez-vous !La vie.Elle a éclaté dans cette maison comme une tempête de joie, de bruit, de désordre. Les murs blancs sont couverts de dessins d'enfants. Le canapé en cuir porte les traces de feutres indélébiles. La cuisine sent le chocolat et la pâte à crêpes.Je ne reconnais plus cette maison.Je ne reconnais plus ma vie.Je ne reconnais plus celle que j'étais, il y a sept ans — celle qui est entrée dans cette maison avec ses Docs Martens usées, ses cheveux défaits, sa valise pleine de doutes.Je suis devenue quelqu'un d'autre.Une mère. Une compagne. Une femme.Peut-être même une épouse, bientôt.
CHAPITRE 5509 MOIS PLUS TARD Troisaucunes.C'est le nombre de nuits blanches que j'ai passées à regarder mon ventre, à écouter les coups de pieds, à imaginer son visage. Un garçon. Nous avons appris il y a quatre mois. Un petit garçon. Lysander pleurait debout dans la salle d'échographie, ses mains sur ma peau, ses yeux rivés sur l'écran.Un fils.Il avait déjà une fille. Élise. Ma fille, aussi, maintenant. Mais un fils. Un petit garçon qui porterait peut-être son prénom, ou celui de son père, ou un autre, un nouveau, un juste à lui.Aujourd'hui, c'est le jour.Je le sens. Depuis ce matin, des contractions. Légères. Espacées. Puis plus rapprochées. Puis plus fortes.— C'est pour aujourd'hui, j'ai dit à Lysander.— T'es sûre ?— Mon ventre se contracte depuis six heures. Je suis sûre.Il a posé sa main sur mon ventre. Il a attendu. Une contraction est venue. Ses yeux se sont écarquillés.— Je vais chercher le sac, il a dit.Il est parti en courant. Comme un dératé. J'ai ri. Malgré la
CHAPITRE 54 LE POINT DE VUE DE Salomé — Fais le test.— Non.— Salomé…— Je ne peux pas, Lysander. Je ne peux pas affronter ça. Pas maintenant. Pas après tout ce qu’on a traversé.Il me prend dans ses bras. Il me serre contre sa poitrine. Sa peau est chaude, rassurante.— Tu n’es pas seule, dit-il.— Je sais.— Je suis là. Je serai là. Quoi qu’il arrive.— Tu dis ça parce que tu veux un enfant.— Je dis ça parce que je t’aime. Parce que si tu es enceinte, c’est notre enfant. Parce que je serai le père qu’il mérite. Parce que tu seras la mère qu’il mérite. Parce qu’on est une équipe, toi et moi.Je lève la tête. Mes yeux sont humides.— Tu crois que je vais être une bonne mère ?— Tu es déjà une mère pour Élise. Et elle ne s’en est jamais plainte.— Élise, ce n’est pas ma fille.— Pour elle, si.Je pose ma main sur mon ventre. À plat. Mon ventre est encore plat. Mais il y a peut-être quelque chose là-dessous. Une vie. Une petite vie qui grandit sans que je le sache.— Tu vas faire le
CHAPITRE 53 LE POINT DE VUE DE SALOMÉ Ses mots flottaient dans l'air humide, suspendus entre nous comme une condensation impossible à essuyer. T'es enceinte. La phrase résonnait dans ma tête, faisant écho au battement de mon cœur qui s'était emballé contre mes côtes. Je ne pouvais pas le regarder. Si je croisais son regard, si je voyais cette certitude plantée dans ses iris, tout deviendrait réel, tangible, définitif. J'ai détourné les yeux, fixant le carrelage froid où une goutte d'eau tremblait avant de glisser vers la bonde.Mes jambes ne me portaient plus. Je me suis éloignée de lui, d'un pas maladroit, traînant la lourdeur de ce moment, pour aller m'asseoir sur le rebord de la baignoire. La porcelaine était glacée sous mes cuisses nues, un choc brutal qui me traversa l'épine dorsale. Je me suis laissée tomber, le dos voûté, les coudes posés sur mes genoux, le visage enfoui dans mes mains. L'odeur de vanille et de sueur, si envoûtante quelques minutes plus tôt, me tournait maint
CHAPITRE 52SALOMÉ La respiration de Lysander s'était calmée contre mon cou, son corps lourd et chaud encore étreignant le mien. Nous restions ainsi, enlacés dans la pénombre dorée de la chambre, nos peaux collées l'une à l'autre par la sueur et l'huile vanillée qui imprégnait l'air. Je sentais encore les spasmes de mon sexe autour de sa queue, le souvenir de sa chaleur se répandant au plus profond de moi. Mais ce moment de quiétude, cette apaisée satiété, fut de courte durée.Lysander ne se retira pas. Au lieu de laisser la fatigue nous gagner, il redressa la tête et je vis briller dans ses yeux une lueur nouvelle, farouche, une faim qui n'était pas apaisée par sa première décharge. Sans un mot, il attrapa mes poignets et les écarta de chaque côté de ma tête, plaquant mon dos contre le drap froissé.— On ne s'arrête pas là, murmura-t-il, sa voix grave, rauque de désir.Il commença à boucer ses hanches, sa bite encore dure réveillant instantanément mes nerfs à vif. Ce n'était plus la
CHAPITRE 51 LE POINT DE VUE DE SALOMÉ Il traverse la cuisine.Je ne sais pas où il va. Je m'en fous. Il est là, ses mains sous mes cuisses, ma poitrine contre la sienne, nos souffles mêlés.La chambre.La porte. Il la pousse du pied. Elle claque. Nous sommes seuls. Vraiment seuls.Il me jette sur le lit.Pas doucement. Pas comme une princesse. Comme une femme qu'il veut dévorer. Le matelas grince sous mon poids. Mes cheveux se répandent sur l'oreiller. Mon tee-shirt a remonté sur mon ventre. Il me regarde.Ses yeux gris parcourent mon corps comme s'il le voyait pour la première fois. Ses mains tremblent. Lui — l'homme d'acier, le milliardaire, celui qui contrôle tout — il tremble.— Tu es belle, dit-il.— Tu l'as déjà dit.— Je le répéterai jusqu'à mon dernier souffle.— Alors dépêche-toi de le dire, parce que j'ai besoin de toi.Il sourit. Un vrai sourire. Pas le sourire du manipulateur. Pas le sourire du prédateur. Un sourire d'homme heureux.— J'arrive.Il enlève son tee-shirt. S







