LOGINPOV de MaëlysMadame Vidal s'effondre avant d'atteindre le mur du verger. Gabriel la rattrape par les épaules, mais ses genoux frappent tout de même la terre humide. La clé noire glisse de sa main et disparaît entre deux touffes d'herbe.Je descends par la fenêtre ouverte au lieu de perdre du temps dans le couloir. Mon épaule proteste lorsque je prends appui sur le rebord. Lucien jure derrière moi, puis ses mains se referment autour de ma taille et ralentissent ma chute. À peine mes pieds touchent-ils le sol qu'il me lâche. Il a compris assez vite que me retenir maintenant nous ferait seulement perdre quelques secondes de plus.Vidal respire. Chaque inspiration produit un sifflement humide. Le sang qui couvre sa blouse vient surtout de son flanc gauche, où un pansement a été arraché, et de deux entailles parallèles sur son avant-bras. Élodie traverse le verger avec sa mallette, suivie de deux soigneurs et d'un garde portant une civière.— Ne la déplacez pas encore, ordonne-t-elle en s
POV de MaëlysDire cela me fait mal. Je refuse pourtant de transformer mon frère en saint parce qu’il est mort. Il a protégé des témoins et pris des risques immenses ; il a aussi pu menacer une femme déjà prise dans le programme. Cette complexité ne rend pas son meurtre moins réel.Une fiole porte mon ancien numéro de chambre et une date correspondant à ma première crise après la mort d’Élise. Le liquide a séché en un dépôt argenté. Quand je l’approche, le fragment sous ma cicatrice se met à pulser.Je repose aussitôt la fiole.— Personne ne l’ouvre ici.Gabriel la place dans un caisson isolé. Lucien tend la main pour m’aider à me relever, mais attend que je la prenne. Une odeur d’antiseptique remonte du compartiment et déclenche un souvenir sans image : une femme me chante quelque chose pendant qu’une aiguille entre dans mon cou.Je ne sais pas si la voix appartient à Vidal, à Agnès ou à ma mère.Sur la paroi intérieure, un plan grossier indique un bassin inférieur relié à une pièce
POV de MaëlysLa porte de Madame Vidal est ouverte lorsque nous revenons au Val d’Argent.Gabriel nous a précédés avec la photographie de Chloé et un mandat signé par Augustin, l’avocat humain et moi. Il devait empêcher toute destruction supplémentaire avant de demander à Agnès pourquoi elle se trouvait à l’inauguration du programme alpin. Vidal, de son côté, devait être placée sous protection jusqu’à son audition sur les comprimés et les faux rapports de Noah.Sa chambre est vide.Le lit est défait, un tiroir pend hors de la commode et la fenêtre donnant sur le verger reste entrouverte. Aucune trace de lutte n’apparaît. Une tasse de thé froid attend sur la table de nuit. Vidal a laissé ses chaussures de marche, son manteau et les médicaments qu’elle prend pour l’arthrite.— Elle n’est pas partie volontairement pour longtemps, dis-je.Gabriel examine la serrure.— Aucun forçage. Son badge a ouvert la porte à onze heures quarante-sept. Ensuite, plus rien.— Qui l’a vue en dernier ?— U
POV de MaëlysLucien observe les feuilles depuis l’autre côté de la pièce. L’option la plus sûre pour son enquête serait le sanctuaire, où Gabriel pourrait joindre Chloé rapidement. Il n’essaie pas de l’orienter vers elle.Chloé choisit la protection humaine. Elle barre elle-même la case autorisant les gardes du Val à connaître la destination finale. Puis elle demande que ses parents reçoivent deux téléphones différents, l’un pour la famille et l’autre pour la justice.— Noah avait fait pareil, dit-elle. Il changeait de carte dès qu’il parlait de la clinique.Elle se souvient soudain d’un numéro qu’il composait toujours depuis une cabine près de la gare. Inès vérifie les relevés disponibles : plusieurs appels aboutissaient à un standard aujourd’hui fermé, rattaché à l’ancien établissement du Vercors.Cette piste pourrait justifier de retarder le départ de Chloé. Je lui demande si elle veut encore répondre.— Non. J’ai donné ce que je pouvais aujourd’hui.Nous la laissons partir avec c
POV de MaëlysAugustin refuse de nous laisser approcher le sanatorium avant d’avoir examiné Camille, les prisonniers et moi.— Une route clandestine a fonctionné sous mon territoire pendant des années, dit-il. Je n’ajouterai pas des morts à mon ignorance pour satisfaire l’impatience d’un Alpha.Lucien se tient au milieu de l’infirmerie du sanctuaire avec un tee-shirt prêté trop étroit sur ses épaules. La formulation lui déplaît, mais il ne conteste pas. Ses hommes gardent les assaillants dans une salle séparée, sous l’autorité conjointe de Gabriel et d’Augustin. Toute intervention sur le site de C-17 attendra un mandat humain, un relevé aérien et la confirmation qu’aucun patient ne s’y trouve encore.Je suis allongée sous un appareil d’imagerie mobile pendant qu’Anaël cherche le dispositif qui transmettrait mon rythme cardiaque. Mon bras a perdu deux points dans l’accident. Élodie suit l’examen par vidéo depuis le Val d’Argent et donne des instructions à une jeune médecin du sanctuair
POV de MaëlysCe n’est qu’une partie de la vérité. Son frère a accepté de me tuer avant de céder les informations qui permettent de la sauver. Elle apprendra le reste quand son corps pourra le supporter.Anaël lui montre chaque étape, explique le nom du produit et demande son accord. Camille finit par tendre le bras. L’injection ralentit les spasmes sans les faire disparaître.Une balle frappe la carrosserie.Gabriel nous pousse au sol. Trois tireurs apparaissent sur la route derrière le véhicule accidenté. Les deux premiers assaillants n’étaient qu’un verrou destiné à nous maintenir au centre de l’embuscade.— Prenez Camille et descendez le talus ! ordonne-t-il.Anaël détache la civière. Je saisis une poignée avec mon bras valide. À nous deux, nous la faisons glisser hors de l’ambulance. Le poids manque de m’entraîner, mais une force soudaine remonte de mes jambes. Pendant une seconde, la civière paraît plus légère.Sous mes côtes, la présence murmure encore.Cours.Nous descendons e







