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Chapitre 4 : Son regard

ผู้เขียน: Adelina Beston
last update วันที่เผยแพร่: 2026-07-17 16:57:19

POV de Maëlys

La porte se referme. Deux verrous glissent presque aussitôt dans le couloir.

Élodie examine mon visage.

— Tu n’as pas l’intention de rester dans ce lit.

— Je suis blessée, pas mystérieuse.

Elle soupire et prépare deux comprimés.

— L’un réduit l’inflammation. L’autre devrait t’endormir pendant six heures.

Je prends le premier et laisse le second dans sa paume.

— Si Lucien revient, vous pourrez lui dire que j’ai refusé.

— Il m’accusera de t’avoir laissée partir.

— Vous pouvez fermer la porte. Je ne passerai pas par là.

Son regard se déplace vers la fenêtre entrouverte de la salle de bain. Nous sommes au rez-de-chaussée ; la gouttière descend à moins d’un mètre du rebord. Élodie pourrait appeler les gardes. Au lieu de cela, elle retire une écharpe de laine dans son armoire et la noue autour de mes épaules pour soutenir mon bras.

— Tu as dix minutes d’avance avant que je constate officiellement ta disparition, dit-elle. Si tu tombes dans le jardin, je dirai à tout le monde que je t’avais prévenue.

— Vous pourrez même l’écrire dans mon dossier.

Je passe par la fenêtre avec beaucoup moins d’élégance que je l’avais imaginé. Mon épaule proteste dès que mes pieds touchent la terre détrempée. Je reste accroupie entre deux massifs jusqu’à ce que la nausée s’apaise, puis je longe le mur du pavillon en évitant les fenêtres éclairées.

L’archive privée se trouve dans le bâtiment principal, de l’autre côté de la cour. Lucien et Gabriel emprunteront le corridor intérieur qui relie les deux ailes. Leur trajet est plus court, mais Gabriel s’arrêtera pour faire ouvrir les trois grilles de sécurité. Noah m’avait montré une autre entrée lorsqu’il avait seize ans et qu’il volait les registres de patrouille pour suivre son père dans les cols.

Une ancienne porte de service se dissimule derrière le lierre, près des cuisines. La serrure résiste jusqu’à ce que j’y glisse la chaîne du médaillon. Le sceau de Lucien active le mécanisme avec un déclic qui me donne une seconde de satisfaction, suivie d’un malaise plus profond. Porter son emblème me permet de franchir des portes qui m’étaient interdites hier. Chaque liberté obtenue de cette façon dépend encore de lui.

Je traverse un office vide, monte l’escalier des domestiques et atteins la galerie au moment où des voix approchent par le corridor principal. Une porte s’ouvre plus loin. Gabriel ordonne aux gardes de vérifier les fenêtres.

Ils ont découvert ma fuite plus vite que prévu.

Je me glisse dans l’ancien fumoir. Une seconde issue mène directement au couloir des archives. Lorsque les pas de la patrouille s’éloignent, je gagne la dernière porte, dont le battant renforcé porte le croissant noir réservé aux documents de l’Alpha.

Elle est entrouverte.

Je cesse de respirer pendant quelques secondes. Lucien n’aurait jamais laissé cette porte ainsi. Une odeur de cire chaude flotte encore dans le passage, mêlée à celle du papier humide.

La salle a été fouillée. Des boîtes sont renversées sur la table, plusieurs tiroirs pendent hors de leurs rails et des feuilles couvrent le sol. La pluie entre par une fenêtre brisée. Je marche avec précaution entre les éclats, en cherchant l’étagère où Lucien rangeait ses enquêtes en cours avant son départ.

L’emplacement marqué du nom de Noah est vide.

Un bruit de pas lourd retentit derrière moi.

Lucien remplit l’encadrement de la porte. Il a retiré son pull mouillé et porte une chemise sombre ouverte au col, mais la tenue plus propre ne diminue en rien sa colère. Gabriel apparaît à son épaule, essoufflé d’avoir tenté de suivre son allure.

— Dix-sept minutes, dit Lucien. Tu as réussi à désobéir à un ordre médical, tromper deux gardes et entrer sur une scène d’effraction en dix-sept minutes.

— Le dossier a disparu.

— Je vois cela.

Il s’avance et prend mon menton entre ses doigts pour examiner mes pupilles. Je repousse sa main.

— Vous pourrez me gronder après avoir regardé la serrure.

Gabriel s’accroupit près du battant. La plaque n’a pas été forcée. Autour du réceptacle de sang, une couche de cire noire porte l’empreinte nette d’un loup entouré de trois griffes.

Je connais cet emblème. Il figure sur les lettres que Lucien m’envoyait du Nord, celles que je prétendais ne pas attendre.

— C’est votre sceau privé, dis-je.

Lucien se place devant la marque. Son visage se vide de toute expression.

— Ce sceau ne quitte jamais ma main.

Il lève le poing droit. La bague d’argent est toujours à son index, tachée de la boue du poste nord.

Gabriel approche une lampe de la cire. Au centre de l’empreinte, un fil rouge est pris dans la matière, comme si celui qui l’avait posée avait voulu imiter jusqu’au sang exigé par la serrure.

— Quelqu’un a ouvert cette archive avec ton autorité, dit-il. Les gardes n’ont donc pas vu un intrus. Ils ont senti l’Alpha.

Lucien ramasse une feuille près de ses bottes. Il la retourne, puis me la tend sans la lâcher. Le papier ne contient qu’une ligne, écrite de la main nerveuse de Noah :

S’il manque le dossier, cherche celui qui peut emprunter le visage d’un chef.

Je relève les yeux vers Lucien. Son pouce écrase le bord de la page, et l’or de son loup envahit lentement ses iris.

Quelqu’un, au cœur du Val d’Argent, sait reproduire le sceau, le sang et même la présence de l’Alpha.

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