Home / Romance / LE PRIX DE SA VENGEANCE / CHAPITRE 121— LE CAFÉ

Share

CHAPITRE 121— LE CAFÉ

Author: Déesse
last update publish date: 2026-11-06 09:06:22

— Ellie

Je suis dans la bibliothèque depuis le matin, les plans étalés devant moi, la lumière de la fenêtre qui tourne lentement sur le papier, et je ne vois pas le temps passer. Je suis dans cette zone où tout s'aligne, où les lignes répondent aux lignes, où les volumes s'emboîtent, où je ne suis plus Ellie, je ne suis plus Madame Sterling, je ne suis plus rien d'autre qu'une femme qui travaille et qui sait ce qu'elle fait. J'ai la nuque raide, les doigts tachés d'encre, et une
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 121— LE CAFÉ

    — EllieJe suis dans la bibliothèque depuis le matin, les plans étalés devant moi, la lumière de la fenêtre qui tourne lentement sur le papier, et je ne vois pas le temps passer. Je suis dans cette zone où tout s'aligne, où les lignes répondent aux lignes, où les volumes s'emboîtent, où je ne suis plus Ellie, je ne suis plus Madame Sterling, je ne suis plus rien d'autre qu'une femme qui travaille et qui sait ce qu'elle fait. J'ai la nuque raide, les doigts tachés d'encre, et une crampe dans le dos qui me rappelle que je suis restée trop longtemps dans la même position, mais je ne veux pas m'arrêter, je veux finir, je veux trouver la solution, je veux que ça tienne.Je ne l'entends pas entrer. Je ne l'entends pas poser la tasse sur la table, à côté de mon coude, et je sursaute quand je vois la vapeur monter dans mon champ de vision.Je lève la tête. Alexander est là, debout, à une distance raisonnable, et il tient une seconde tasse dans sa main, la sienne, et il

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 120— LA PASSION 2

    Elle hausse les épaules, ce geste qui chez elle signifie à la fois je ne sais pas et ça n'a pas d'importance, et je vois qu'elle ne veut pas s'expliquer, qu'elle ne veut pas se justifier.— Je ne sais pas. Peur, peut-être. Peur que ce ne soit pas assez bien. Peur qu'on me dise que ce n'est qu'un passe-temps, que ce n'est pas sérieux, que je ferais mieux de m'occuper d'autre chose.Je regarde les feuilles, les livres, la tasse froide, et je me dis que je ne savais pas, que je n'avais pas vu, que j'étais trop occupé à organiser, à contrôler, à imposer, pour remarquer qu'elle travaillait, qu'elle créait, qu'elle avait un monde à elle. Un monde où je n'étais pas invité, un monde qu'elle protégeait, un monde que je viens de voir par hasard et qui me bouleverse plus que je ne veux l'admettre.— Ce n'est pas un passe-temps.Elle me regarde, et je vois dans ses yeux cette chose qui brille, cette chose qui ne demande qu'à être vue, qu'à être reconnue.— Tu pense

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 118 — CE QU'IL VOIT

    — AlexanderJe la regarde traverser le hall avec ses dossiers dans les bras, et je ne devrais pas m'arrêter, je ne devrais pas la suivre des yeux, je ne devrais pas remarquer la façon dont elle tient ses papiers contre sa poitrine, la façon dont elle marche, droite, décidée, la façon dont elle ne se retourne pas pour vérifier si je la regarde. Elle ne vérifie plus. C'est nouveau. Avant, elle vérifiait, elle cherchait mon regard, elle attendait mon approbation. Maintenant, elle traverse, elle passe, et je reste là, dans l'embrasure de la porte, à la regarder s'éloigner.Je retourne à mon bureau, et je ne parviens pas à me concentrer. Les chiffres se brouillent, les rapports se confondent, et je vois son visage, son menton levé, cette façon qu'elle a eue de me dire non, de claquer la porte, de me tenir tête. Je vois la scène dans le bureau, la façon dont elle a refusé de plier, dont elle a posé sa limite, dont elle m'a dit je me sens plus otage qu'épouse. La phrase m

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 119 — LA PASSION

    — AlexanderJe rentre tard, plus tard que d'habitude, avec cette fatigue qui me colle à la peau et cette odeur de cigare et de whisky que les réunions laissent dans les vêtements, et je traverse le hall sans allumer, guidé par la lueur qui filtre sous la porte de la bibliothèque. Je m'arrête. La lumière est faible, jaune, hésitante, pas celle qu'on allume pour lire tranquillement, plutôt celle d'une lampe posée près d'un fauteuil, et je me dis qu'Ellie a oublié d'éteindre avant de monter, et je pousse la porte pour le faire.Elle est là. Je la vois avant qu'elle me voie, cette seconde de sursis où je peux la regarder sans qu'elle se referme, et je m'arrête dans l'embrasure, la main encore sur la poignée, et je ne bouge plus.Elle est assise par terre, pas dans un fauteuil, par terre, les jambes repliées sous elle, les cheveux attachés avec ce qui ressemble à un crayon, et elle est penchée sur des feuilles étalées devant elle, des plans, des croquis, des notes g

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 117— UN PAS EN AVANT, DEUX EN ARRIÈRE

    — Ellie Il y a des jours où je crois que nous allons y arriver, et des jours où je me dis que c'est impossible, que nous sommes trop différents, que rien de ce que nous construisons ne tiendra. Ce jour-là, c'est un jour des deux à la fois, et je le sens dès le matin, dans cette façon qu'a Alexander de m'éviter, de ne pas croiser mon regard, de s'enfermer dans son bureau avec ses papiers. Je le trouve à midi, dans le jardin, près de l'écurie, et je vois qu'il vient de s'occuper du poney, qu'il a de la paille dans les cheveux, une tache sur son pantalon, et je ne peux pas m'empêcher de sourire, même si je ne veux pas. — Tu as l'air d'un homme qui a passé la matinée à faire quelque chose de concret. Il lève la tête, me voit, et je vois dans son visage cette hésitation, cette façon de ne pas savoir si je plaisante ou si je me moque. — Je tiens ma promesse. — Je vois. Il s'essuie les mains sur son panta

  • LE PRIX DE SA VENGEANCE    CHAPITRE 116 — L'ÉDUCATION

    — EllieLa dispute éclate un dimanche, à table, devant Theo, ce qui est la pire chose qui puisse arriver, et je m'en veux immédiatement, mais je ne peux pas la retenir. Theo parle de l'école, de ce qu'il a appris, de ce qu'il aimerait faire plus tard, et Alexander dit une phrase, une phrase anodine, une phrase qui ne devrait pas avoir d'importance.— Tu pourrais avoir des professeurs particuliers. Ici. Tu n'aurais plus besoin d'aller à l'école.Je pose ma fourchette. Le bruit de l'acier contre la porcelaine est net, sec, et je vois Theo lever les yeux, surprendre quelque chose dans mon visage.— Non.Alexander tourne la tête vers moi.— Ce n'est qu'une idée.— C'est une mauvaise idée.— Maman...— Theo. Mange.Il baisse les yeux, mais je vois qu'il écoute, qu'il n'en perd pas une miette, et je sens la colère me monter, cette colère qui ne vient pas seulement d'Alexander mais de tout ce qu'il représente, de tout ce qu'il croit pouvoir

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status